La CGT encore une fois épinglée pour le traitement de ses salariés

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Par h16.

L’actualité n’est pas toujours réjouissante, mais il y a parfois de bonnes nouvelles. C’est grâce à quelques petits notules journalistiques commodément passés inaperçus – mais que je vais me faire une joie de relayer – qu’on apprend ainsi que le syndicalisme est bien vivant en France.

Et si quelques doutes avaient pu s’exprimer à ce sujet, qu’ils soient vite dissipés en rappelant d’une part la représentativité de ces syndicats dans le pays, qui n’est absolument plus à démontrer. Rappelons qu’en un peu moins de 75 ans, le taux de syndicalisation en France est passé d’un maigre 25 % des salariés à la Libération à un solide 11 % à présent, chiffre impressionnant qui doit d’ailleurs en grande partie aux 19 % de syndicalisation dans la seule fonction publique. Cette tendance illustre assez bien le succès de ces institutions et des bénéfices qu’elles offrent auprès des salariés, du patronat et des politiciens.

D’autre part, il serait dommage d’oublier que le syndicalisme français est toujours des bons combats et a toujours su défendre âprement les avantages des catégories qui lui sont les plus attachées, notamment cette fonction publique qu’il semble décidé à protéger contre l’ultralibéralisme galopant dans lequel s’enfonce le pays dans des petits « bloub bloub bloub » rassurants. On retrouvera sans mal cette même hargne au combat lorsqu’il s’agit de garantir les régimes spéciaux, l’exception et les traitements particuliers étant finalement la raison d’être du syndicalisme à la française.

Enfin, les syndicats français ont régulièrement fait preuve de cette finesse politique qui leur a permis de toujours rester aussi éloignés que possible des mouvements populaires (Bonnets Rouges, Gilets jaunes, même combat ont décrété les syndicalistes : loupons le coche, méprisons le mouvement, puis noyautons-le et enfin essayons de le récupérer). Cette conservation d’une séparation franche et quasi-hygiénique entre leurs propres mouvements et ceux, spontanés, du peuple a d’ailleurs amplement garanti le succès de ces syndicats auprès des politiciens.

Mais surtout, sur les 70 dernières années, le syndicalisme français en général et celui de la CGT en particulier auront été un vaste champ d’expérimentation des possibles en matière de frôlement de la légalité par le mauvais côté de la tangente.

Il ne sera pas très compliqué de documenter cette assertion tant les exemples sont nombreux et pourtant si vite oubliés par cette presse dont la parution, l’impression et la distribution dépendent directement – et de façon fort pratique – de ces syndicats. On pourrait évoquer la cache d’armes du Syndicat du Livre, les trafics en tous genres (les petites aventures à la SNCM valent plusieurs billets à elles seules), les détournements de fonds ou abus de confiance, les coups et blessures, l’intimidation, l’expulsion de sans-papiers (oui oui), et tant d’autres, mais pour revenir aux petits notules évoqués en introduction, je me contenterai de rappeler les malversations régulières des principaux syndicats envers leurs propres salariés (pas assez syndiqués, je présume), à l’instar d’un Marc Blondel (F.O.) qui fut condamné pour avoir exploité ses chauffeurs, ou encore lorsque l’ambiance au siège de la CGT était si détestable que cela avait fini par se savoir.

Eh oui. Alors que nos syndicalistes s’affichent, partout sur les plateaux-télé et dans les colonnes enfiévrées de journaux amicaux, comme les défenseurs de la veuve salariée et de l’orphelin sous contrat, toujours prompts à dénoncer les agissements supposément iniques de patrons aussi ignobles que fantasmés, la réalité est que loin de ces médias, ces syndicalistes se comportent finalement exactement à l’instar de leurs Némésis de cauchemar : Le Point révèle ainsi que le chauffeur de Philippe Martinez, l’actuel patron de la CGT, et deux autres salariés ont été licenciés au terme d’une procédure bancale qui emmène ce beau monde et le syndicat aux prud’hommes.

On se demande quel syndicat viendra aider les ex-salariés du syndicat à faire valoir leurs droits auprès du syndicat. Croustillant et parfaitement illustratif.

Cela pourrait amplement suffire à démontrer une fois encore que le sabotier est souvent le plus mal chaussé et qu’en matière de droit du travail, les syndicalistes sont plus prompts à venir l’utiliser contre les entreprises qu’à l’appliquer pour eux-mêmes. Cela démontre aussi la remarque habituelle que les plus grands moralisateurs sont généralement ceux qui ont le plus de choses à se faire reprocher, comme si leurs admonestations virulentes n’étaient là que pour camoufler leurs propres turpitudes.

Force est de constater que ceux qui dénoncent le plus telle injustice ou telle immoralité sont souvent les premiers acteurs de celles-ci quand tout le monde a le dos tourné, à la CGT comme ailleurs.

Mais s’arrêter en si bon chemin serait dommage d’autant qu’un autre fait divers vient ajouter de l’eau à mon moulin : pendant que le syndicat se dépêtre des accusations de procédures de licenciements mal boutiquées, son patron se trouve aussi emmêlé dans un montage financier particulièrement audacieux lui permettant de bénéficier de son généreux salaire.

Il apparaît en effet que la CGT fait actuellement payer un loyer très élevé à la maternité parisienne des Bluets dont l’actionnaire principal est… la CGT. Syndicat qui semble-t-il ne fait guère d’efforts pour garantir une bonne ambiance de travail et des relations apaisées au sein de l’établissement comme on pourra le constater dans ce témoignage :

Loyer très élevé qui provoque donc tensions et plans sociaux, et dont la raison semble être… de coquets salaires pour les dirigeants syndicalistes : selon le rapport de l’Igas, cette maternité financerait ainsi indirectement le salaire de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui a perçu 55 000 euros sur l’année, 6 000 euros de plus que l’année précédente.

Pour les habitués de ces colonnes, ces faits divers n’étonneront pas : les syndicats français ne sont plus qu’une forme différente de mafia, plus ou moins institutionnalisée et tolérée tant par l’État officiel, qui y trouve son compte, que par les salariés eux-mêmes qui n’ont de toute façon pas le choix et dont certains continuent de croire les balivernes médiatiques qu’on tartine à leur sujet.

Pour les autres, ces mésaventures constitueront d’excellents rappels à la réalité : le pays a été mis en coupe réglée par les collectivistes, qu’ils soient dans les administrations, véritables colonisateurs du pays, ou dans les syndicats, mafia discrète mais très efficace pour elle-même.
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