Le parasitisme explique mieux que les théories du complot

Illuminati crédits John Urch (CC BY-NC-ND 2.0)

Arrêtons de brandir un improbable complot, arrêtons d’être effrayés par des modèles aussi simplistes que complexes, mais prêtons plutôt attention à la réalité des observations.

Par François Gauchenot.

Dès que l’on ose mettre en cause les prétendus consensus sur lesquels reposent les certitudes de la pensée commune, on voit quelques bons esprits brandir l’idée de la Théorie du complot.

Cette offuscation se heurte à la réalité observée aussi bien dans la vie sociale des hommes que dans celle de tous les organismes de la biodiversité ayant développé naturellement des comportements symbiotiques pour assurer leur survie.

Des milliards d’organismes au sein de la biosphère se comportent naturellement les uns en prédateurs partiellement généreux, les autres en parasites partiellement bienveillants, utilisant des bénéfices réciproques pour assurer leur survie mutuelle et leur développement.

Nombre de plantes exploitent le sol à travers le travail des champignons qui colonisent leurs racines, qui reçoivent à leur tour leur nourriture de ces plantes. Cette mutualisation symbiotique n’a pas besoin de comploteurs. Les fourmis et les termites s’engagent aussi dans une collaboration symbiotique avec les champignons, sans recours au complot.

Prédation et parasitisme

Les comportements symbiotiques s’apparentent à la prédation lorsqu’ils sont brefs, ils deviennent du parasitisme s’ils perdurent.

Pour faire un exercice de pensée, transposons cette propension symbiotique au domaine controversé de la science climatique.

Nul besoin non plus ici de faire intervenir la notion d’un complot, qui organiserait de main de maître la collusion entre des politiciens et technocrates avides de puissance et de taxes accrues, des scientifiques biaisés par leurs besoins de budgets, des affairistes assoiffés de subventions, et des journalistes friands de catastrophisme et nourris à la subvention par les politiques. C’est tout naturellement que ces penchants, s’ils existent, peuvent se développer et se nourrir en se renforçant mutuellement, le tout sur le terreau fertile des peurs populaires soigneusement cultivées. Là encore, pas besoin de complot.

Corporate governance

Une autre notion est utile à prendre en compte pour mieux comprendre les comportements des uns et des autres, celle qui s’apparente à ce que l’on nomme aux USA (excuse my english) la f… you money. En d’autres termes mieux choisis, cela signifie que quelqu’un est libre quand il a les moyens matériels d’envoyer paître celui qui le nourrit.

Une illustration de cette vérité profonde se trouve dans les principes généraux de bonne corporate governance. La recommandation est faite aux conseils d’administration d’accueillir en leur sein au moins deux administrateurs indépendants pour réduire le risque que le conseil emboîte le pas en permanence à son président. Et ces administrateurs indépendants ne le resteront que s’ils ont la liberté de s’opposer, et le cas échéant de démissionner, sans arrière-pensée ni inconvénient financier pour eux-mêmes.

Revenons sur ce point à la question de la compréhension climatique. Il est frappant de constater que parmi les milliers de scientifiques de haut rang qui osent remettre en cause les certitudes mises en forme par le GIEC, beaucoup sont à la retraite, et n’ont plus rien à craindre ni pour leur carrière ni pour leurs budgets, tout en ayant accumulé les expériences et les bagages scientifiques les plus solides. Ils sont ici parfaitement qualifiés pour jouer le rôle « anti-connivence » que l’on attend des administrateurs indépendants dans les Conseils d’Administration.

« Le propre de la vérité c’est de manquer de complaisance », a écrit Victor Hugo. Cette vérité commence à apparaître à travers l’accumulation des observations de la réalité, qui contredisent les simulations des modèles et les prophéties de malheur qu’on leur a fait produire, toujours fausses le moment venu, mais on oublie si facilement !

Alors arrêtons de brandir un improbable complot, arrêtons d’être effrayés par des modèles aussi simplistes que complexes, mais prêtons plutôt attention à la réalité des observations, et donnons du crédit à ceux qui en savent un peu plus que les autres, et qui ne craignent ni pour leur poste, ni pour leur budget.