Le « changement climatique » ne cause pas de disparition d’espèces

Ne mettons pas toujours le climat à toutes les sauces, ici manifestement il n’a rien à voir avec le problème.

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Cacatoès des Philippines by Brian Henderson(CC BY-NC 2.0)

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Le « changement climatique » ne cause pas de disparition d’espèces

Publié le 24 mars 2019
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Par Paul Berth.

Contrairement à ce que les médias tentent de vous faire croire, le changement climatique global n’est pas une cause majeure de disparition d’espèces. Une récente étude publiée en mars 2019 dans le journal Frontiers in Ecology and the Environment vous le démontre : la cause majeure d’extinction est l’introduction d’espèces exotiques envahissantes (EEE) dans les écosystèmes.

Ce phénomène, bien connu des biologistes et confirmé par l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), est malheureusement peu connu du grand public.

En cause : les déplacements de l’être humain

En se déplaçant d’un continent à l’autre, l’être humain a toujours emmené avec lui toute une série de plantes et d’animaux qui se retrouvaient ainsi en dehors de leurs limites biogéographiques habituelles. Avec le développement du commerce international ce phénomène ne fait que s’amplifier.

Par exemple, à l’intérieur de l’Union Européenne, le nombre d’EEE aurait augmenté de 76% entre 1970 et 2007. Bien que l’impact écologique de la plupart des espèces introduites est inconnu ou semble négligeable, il est démontré que certaines introductions d’espèces ont provoqué des changements substantiels dans des écosystèmes1. Ces changements incluent souvent la disparition d’espèces locales2.

On a d’abord pensé que ces phénomènes d’extinction étaient exagérés et que des espèces locales pouvaient également être à la base d’extinctions3, et certains auteurs pensent même que les efforts déployés pour contrôler ou éradiquer les espèces étrangères introduites ne seraient pas nécessaires4.

Cependant, personne n’a jamais vraiment testé si les espèces introduites provoquaient plus ou moins d’extinctions par rapport aux espèces locales ou aux autres causes d’extinctions. Cette question a donc été étudiée par l’équipe de Tim Blackburn (University College London, UK) dans une récente publication de mars 20195. Ils ont pour cela utilisé la base de données des extinctions globales fournie par l’IUCN.

Méthodes employées par l’équipe de Blackburn

Les chercheurs ont utilisé les données 2017 de la liste rouge de l’IUCN (IUCN Red List database). Cette liste énumère les espèces éteintes depuis 1500. Il s’agit de 782 espèces d’animaux et de 153 espèces de plantes (donc, 935 au total). Pour chaque espèce éteinte, la liste de l’IUCN fournit le ou les phénomènes ayant provoqué l’extinction. Au total, il y a 12 phénomènes pouvant provoquer des extinctions (Threats Classification Scheme – version 3.2) :

  1. Le développement résidentiel et commercial ;
  2. L’agriculture et l’aquaculture ;
  3. La production d’énergie et l’exploitation minière ;
  4. Les transports et les corridors de service ;
  5. L’utilisation des ressources biologiques (chasse, pêche, coupe de forêts) ;
  6. Les perturbations et intrusions humaines (activités récréatives, guerres, etc.) ;
  7. Modifications des écosystèmes (feux, barrages, etc.) ;
  8. Espèces invasives et autres espèces problématiques, introduction de gènes et de pathogènes ;
  9. La pollution ;
  10. Les évènements géologiques (activité volcanique, tsunamis, avalanches, etc.) ;
  11. Changements climatiques et météo extrême (sécheresses, tempêtes, etc.) ;
  12. Autres.

Les chercheurs ont retenu ces 12 critères et ont simplement subdivisé le critère 8 en deux catégories : (1) « Espèces invasives » (c-à-d les EEE) et (2) « Autres espèces problématiques » (c’est-à-dire espèces locales). 13 causes d’extinctions sont donc envisagées. Pour chaque espèce disparue une ou plusieurs causes d’extinction sont renseignées. Ensuite des tests statistiques sont effectués par les auteurs afin de déterminer quelles étaient les causes principales d’extinctions.

Résultats

Pour 782 extinctions animales, 261 extinctions (33,4 %) avaient pour cause l’introduction d’une EEE dans l’environnement (Figure 1). D’autres causes sont parfois associées comme par exemple la pollution. Pour les plantes disparues, 39 extinctions sur 153 (25,5 %) avaient pour cause l’introduction d’une EEE. Les EEE représentent en fait la toute première cause d’extinction pour les animaux, bien devant la 2e catégorie (chasse et pêche) qui concerne 18,8 % des extinctions. Les EEE sont également la cause majeure d’extinction pour les plantes, la 2e cause étant ici l’emploi des ressources biologiques (23,5 % des extinctions) et la 3e cause l’agriculture (19,6 % des extinctions).

Parfois, les EEE n’étaient pas la cause unique de disparition. Le plus souvent, une 2e cause était associée et agissait probablement en synergie : par exemple, environ 1/3 des extinctions dans lesquelles les EEE intervenaient (29 %) comportaient aussi l’utilisation des ressources biologiques (cause n°5) comme 2e facteur de disparition. De même, environ 1/5 des extinctions dans lesquelles les EEE intervenaient (21,7 %) comportaient l’agriculture (cause n°2) comme 2e facteur de disparition. De plus amples détails sont donnés dans la publication de Blackburn.

Figure 1. Nombre d’extinctions animales récentes (catégories IUCN « extinct » [EX] et « extinct in the wild » [EW]) pour différents groupes d’animaux (chiffres issus de la Table 3a de l’IUCN). Les couleurs renseignent sur les causes des extinctions (« Driver »); par exemple le mauve foncé est employé pour les EEE (« Alien »), les extinctions causées par des espèces locales (« Native ») sont en mauve clair. La catégorie « Neither » comporte les autres causes d’extinction ou alors des causes inconnues (source, Blackburn et al. 2019).

Les groupes d’animaux pour lesquels les EEE sont impliqués dans la majorité des extinctions (Figure 1) sont les araignées (Arachnida, 100 % des disparitions causées par les EEE), les mille-pattes (Diplopoda, 100 % des disparitions causées par les EEE), les oiseaux (Aves, 68,9 % des disparitions causées par les EEE), et les vers annélides (Clitellata, 50 % des disparitions causées par les EEE). Pour les reptiles, les EEE sont responsables de 42 % des extinctions et le chiffre monte à 47 % pour les mammifères.

Aucune des 935 extinctions n’a pour cause principale le changement climatique. Ceci est aussi confirmé par d’autres études concernant la perte de biodiversité, comme celle publiée récemment par le WWF.

Conclusions

  • La cause majeure de disparition des espèces n’est pas le changement climatique global ni le CO2. Les espèces disparaissent en premier lieu à cause de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. Méfions-nous donc des déclarations alarmistes véhiculées par les médias.
  • L’absence de lien avec la température globale n’est pas étonnant : si l’on prend l’exemple des zones tempérées, en une seule journée la température peut varier de 20°C entre le matin et le soir (par exemple au mois d’août). Toutes les espèces sont habituées à ces écarts. Alors que dire de +0.8°C en 138 ans… ou des 2°C de plus prévus par les modèles informatiques pour l’an 2100… Ne pensez-vous pas que les espèces animales et végétales résisteront ?
  • L’homme est cependant responsable de l’essentiel des disparitions animales, non pas par modification du climat ou l’émission de CO2, mais simplement parce qu’il modifie l’aire de répartition de certaines espèces (introduction d’EEE) mais aussi parce qu’il pêche, chasse, pollue, coupe des forêts et construit des routes. Ceci est également confirmé par une récente étude du WWF traitant de la biodiversité.

En conclusion finale, ne mettons pas (toujours) le climat à toutes les sauces, ici manifestement il n’a rien à voir avec le problème.

Sur le web

  1. Gandhi KJK and Herms DA. 2010. Direct and indirect effects of alien insect herbivores on ecological processes and interactions in forests of eastern North America. Biol Invasions 12: 389–405. Simberloff D, Martin J-L, Genovesi P, et al. 2013. Impacts of biological invasions: what’s what and the way forward. Trends Ecol Evol 28: 58–66.
  2. Clavero M and García-Berthou E. 2005. Invasive species are a leading cause of animal extinction. Trends Ecol Evol 29: 110. Bellard C, Cassey P, and Blackburn TM. 2016. Alien species as a driver of recent extinctions. Biol Lett-UK 12: 20150623. Doherty TS, Glen AS, Nimmo DG, et al. 2016. Invasive predators and global biodiversity loss. P Natl Acad Sci USA 113: 11261–65. Downey PO and Richardson DM. 2016. Alien plant invasions and native plant extinctions. AoB Plants 8: plw047.
  3. Sagoff M. 2005. Do non-native species threaten the natural environment? J Agr Environ Ethic 18: 215–36. Davis MA, Chew MK, Hobbs RJ, et al. 2011. Don’t judge species on their origins. Nature 474: 153–54. Pearce F. 2015. The new wild: why invasive species will be nature’s salvation. Boston, MA: Beacon Press.
  4. Marris E. 2011. Rambunctious garden: saving nature in a post-wild world. London, UK: Bloomsbury.
  5. Blackburn TM, Bellard C, Ricciardi A (2019) Alien versus native species as drivers of recent extinctions. Front Ecol Environ doi:10.1002/fee.2020.
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  • Disparition veut dire que l’espece n’est plus la ou on la recherche habituellement.
    Pour les gasteropodes, j’ai l’explication ,les merles en raffolent..si vous entendez un tac tac tac tac , c’est un merle cassant la coquille de son met prefere….mais a t il vraiment disparu ..non ils se reproduisent encore plus vite que les lapins .
    Et pour l’espece humaine , qu’en est il , ces chercheurs n’osent pas faire de recherches sur son cas, l’espece rurale est pourtant en disparition comme l’espece travailleuse disparait de france !

    • J’ai assisté un jour à une conférence ou les conférenciers s’inquiétaient de la disparition du saumon dans la rivière Allier. Comme je travaillais dans les villages des vallées du Haute Allier, je leur ai dit que ce qui inquiétaient les maires c’était la disparition de l’homme dans les zones rurales et pas les saumons. C’est tout juste si l’on ne m’a pas jeté hors de la salle de conférence!!!!!!!

      • Il n’y avait pourtant pas d’opposition. Le retour du saumon aurait pu ranimer un tourisme basé sur la pêche, aurait relancé l’hôtellerie-restauration et retenu les gens.

  • ne confondez pas réalité scientifique et manipulation politico-spoliatrice

  • Mais pourquoi le monde n’est il pas simple comme un sermon de Nicolas Hulot ? Un problème (réel ou fantasmé, peu importe) ? … Hop, une explication unique culpabilisatrice pour l’homme blanc de 50 ans … Vlan, une taxe pour toute solution.

  • C’est sans compter les espèces disparues, mais qui sont ne simplement plus où on les cherche.
    Ce qui manque souvent devant la nature, c’est un peu d’humilité. On cherche à connaître, à comprendre, mais il faut admettre que beaucoup de choses nous sont encore inconnues.
    Evidemment ceux qui prétendent tout maîtriser, y compris l’ingénierie sociale, sont imperméable à cela.

    • @ La petite bête
      Nous sommes évidemment d’énormes ignares!
      Pour preuve, ce jeu stupide (ou pas tant que ça?) de l’enfant qui demande « pourquoi » à un de ses parents, puis le pourquoi du pourquoi … Au 3ème pourquoi, la réponse est bien souvent « parce que c’est comme ça! » qui ne signifie que notre ignorance!

  • L’effet observé des EEE sur les espèces locales paraît contradictoire avec l’effet de la sélection naturelle qui devrait au contraire donner l’avantage aux espèces locales, puisque ces dernières sont supposées être les mieux adaptées à l’environnement local. Ou alors, cela signifie que l’activité humaine favorise (involontairement) la sélection des espèces les plus adaptables et résistantes quel que soit le milieu naturel, bien plus efficacement que la sélection naturelle.

    • Votre raisonnement est incomplet : les espèces locales sont les plus adaptées parmi les autres espèces locales. Une plante qui vit pépère sous nos latitudes ne peut rien faire contre une plante exotique qui se développe 4x plus vite et l’étouffe. Le champion de D3 qui écrase la concurrence n’a aucune chance si le Real Madrid de Turin-Manchester vient jouer dans son championnat.
      Et l’activité humaine ne favorise pas la sélection, mais change la nature donc les facteurs de sélection.

    • Ou tout simplement les EEE ne sont pas (ou peu) soumis aux mêmes contraintes de l’écosystème local, par exemple pas de prédateurs ou de parasites, ce qui leur donne un avantage concurrentiel. Un nouvel équilibre s’installera mais il aura occasionné des perdants. Comme pour les sociétés humaines, colonisation des européens aux Amériques : armes, acier et germes ont eu raison des indigènes.

  • Si le contenu de l’article est valable, c’est plus douteux dans le chapeau et la conclusion. En fait concernant la perte de biodiversité, les ONG et les médias ne citent qu’exceptionnellement la cause climatique. Ce sont les activités humaines et surtout celles économiques qui sont dans incriminées.

    Franchement c’était pas utile de le rajouter, parce que cela aura un effet contre-productif.

  • L’Homme est la principale EEE.
    C’est une évidence pour qui a les yeux ouverts.
    Quand on écrit que la surpopulation humaine nuit fortement aux autres espèces, sur un site, en commentaire a un article affirmant que le réchauffement climatique est la cause de tout, on se fait facilement traiter de nuisible. C’est la vie.

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