La rentabilité, condition de la pérennité d’une colonie martienne

Seul un mode de fonctionnement rentable, basé sur le fonctionnement du capitalisme, permettra à l’Homme de rester durablement dans une Colonie installée sur Mars.

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La rentabilité, condition de la pérennité d’une colonie martienne

Publié le 21 mars 2019
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Par Pierre Brisson.

Les peuples se lassent, les philanthropes meurent. Une colonie humaine sur Mars ne pourra être assurée de sa pérennité que si elle trouve un moyen d’être rentable sur le plan économique. Il faut être réaliste et ne pas compter sur des subventions et des dons sans limites dans le temps.

Mars présente par rapport aux autres astres des atouts exceptionnels pour la création d’une colonie, mais elle impose également des contraintes fortes qui posent un défi majeur à nos expertises, notre logistique, nos capacités d’innovation et donc à nos possibilités de financement. Richard Heidmann, ingénieur polytechnicien français, a étudié les aspects techniques d’un tel défi et sur ces bases, nous avons mené ensemble une réflexion économique qui nous a confortés dans notre sentiment que le projet d’une telle Colonie ne peut se concrétiser et se poursuivre dans le temps long que s’il débouche sur une capacité commerciale, la vente de produits martiens (principalement des services de résidence, des logiciels ou des brevets et marginalement quelques biens tangibles) permettant à la Colonie de financer ses dépenses externes, qu’il s’agisse de générer des revenus pour importer les biens qui ne peuvent être produits sur Mars ou de faire face aux charges financières (dividendes, intérêts) résultant de la construction et du développement des structures viabilisées, de leur équipement et de leur desserte.

C’est l’esprit capitaliste qui pérennisera la présence humaine sur Mars

Dans cet esprit il me semble très clair que, même si la phase de construction de la Colonie nécessite un investissement de base dont la rentabilisation ne sera possible qu’après une longue période de grâce sans paiement de dividende (nous espérons 20 ans), un rendement couvrant les frais variables (fonction de la vie « de » et « dans » la Colonie) doit être réalisable et offrir des perspectives encourageantes pour la couverture des frais fixes dans le long terme et cela d’autant plus que le démarrage de cette méga réalisation technologique et logistique se sera concrétisé.

Essentiellement deux propositions « économiques » ont été faites dans le passé mais ni l’une ni l’autre ne sont réalistes. Il n’est en effet pas raisonnable de dire aujourd’hui que nous importerons du deutérium de Mars sur Terre car il est 5 fois plus abondant dans l’eau martienne que dans l’eau de nos océans (qu’en ferions-nous sans savoir générer de l’énergie à partir de la fusion nucléaire ?), ou que nous allons exploiter les ressources de la Ceinture d’astéroïdes car ils sont riches en métaux (les technologies nécessaires seraient encore plus difficiles à concrétiser que celles nécessaires à la construction d’une base à la surface de Mars qui dans ce cas de figure serait quand même un préalable !). Considérer comme une première étape les activités économiques possibles au sein d’un petit établissement à la surface de Mars est ce que nous pouvons envisager aujourd’hui de plus sérieux, en nous confortant par ailleurs sur les intentions et la capacité apparente de SpaceX à assurer les transports. Il s’agit donc d’imaginer pour la Colonie des activités de production et de commercialisation de biens et de services à des prix pour lesquels il y aura soit un marché sur Mars (réduisant les importations), soit un marché sur Terre (permettant les exportations).

Sans rentabilité économique, pas de survie possible sur la planète rouge

Pour qu’un nombre suffisant de candidats demandent/acceptent l’offre de voyage et de séjour, il faut imaginer dans quel état d’esprit ils seront. Mars ne sera pas un lieu habité comme un autre, en raison de son éloignement, de la durée obligatoirement longue du séjour, des conditions environnementales particulièrement dures et du très faible peuplement associé à la promiscuité. Il faudra donc que ces candidats trouvent effectivement dans cette aventure une satisfaction suffisante (monétaire et/ou non monétaire) pour en surmonter les différents aspects stressants et qu’ils puissent compter sur une possibilité de retour sur Terre (évidemment de moins en moins immédiate pour tous, au fur et à mesure de l’augmentation de la population, car tous les vaisseaux disponibles ne pourront rapatrier en une seule fois tout le monde).

Pour répondre à cet état d’esprit en se plaçant sur le plan économique, c’est-à-dire celui de la rentabilisation d’un investissement, les promoteurs d’une Colonie devront répondre en proposant aux candidats au départ temporaire ou définitif, une offre de logements et de services locaux qui permettent dans des conditions de vie et de confort acceptables, une activité rémunératrice pour eux-mêmes et pour la Colonie, suffisamment incitative.

Le processus de réalisation d’un tel projet devra être fondé sur

  1. la capacité de l’ensemble du système Starship/BFR d’Elon Musk (ou équivalent), en termes techniques (masse de la charge utile, temps de parcours, sécurité, disponibilité) ainsi qu’en termes de performance économique (coût d’exploitation, coût d’entretien, durée de vie), car ce système de transport devra fournir les équipements non productibles sur Mars et assurer le mouvement des personnes, de et vers la Terre ainsi que les déplacements planétaires ;
  2. la prise en compte des coûts de fonctionnement de la Colonie et de l’entretien de la structure et des services de support-vie ;
  3. la disponibilité de montants d’investissement suffisants ;
  4. la capacité des organisateurs de la Colonie et des investisseurs à identifier les concepts les plus potentiellement générateurs de profit.

Pour parvenir à structurer correctement la population de la Colonie dans cette perspective, il convient de la doter d’un minimum de personnel permettant de la faire fonctionner (et générant en même temps des dépenses) et d’accueillir un maximum de clients ou hôtes payants générant des revenus. Cela donnerait selon le modèle de Richard Heidmann et dans l’hypothèse d’une Colonie de 1 000 habitants, une population de 450 plus 550 personnes se répartissant comme suit :

  1. personnel (salarié ou sous-traitant) relevant de la direction de la Colonie, chargé soit de l’administration et du contrôle (personnes et biens), soit de satisfaire tout besoin jugé nécessaire au fonctionnement de la Colonie ;
  2. hôtes payants individuels, soit touristes (restant un cycle synodique sur Mars), soit chercheurs (restant le temps nécessaire, très probablement également un cycle synodique), soit oisifs ou retraités fortunés (restant sur Mars un ou plusieurs cycles synodiques) ;
  3. entreprises libres, qu’elles soient des sociétés ou des particuliers, poursuivant toutes un objectif économique propre générateur de profit, contribuant à la production sur Mars, soit pour le fonctionnement de la base, soit pour d’autres objectifs (proches ou non du premier). Dans le premier cas, elles pourraient être en concurrence avec une partie du personnel (en tant que start-up au cours de la première période synodique de leur exercice) et stimuler leur production vers une meilleure rentabilité.

La catégorie 1 se situe dans la population de 550 personnes mentionnée, la catégorie 2 dans la population de 450 personnes et la catégorie 3, sel de l’inventivité et de la créativité mais aussi aiguillon de la concurrence, se partage entre les deux. Les catégories 2 et 3 devront rémunérer la Colonie au moins jusqu’à hauteur du montant de ses frais variables majorés d’une marge (aussi élevée que possible !), permettant son fonctionnement, y compris le paiement de ses frais financiers (paiement des intérêts de sa dette et, dès que possible, de quelques dividendes sur les actions émises1). Elles devront se rémunérer soit directement sur leurs clients, martiens ou terrestres, soit par l’intermédiaire de la Colonie, qui refacturera à ses propres clients.

Ce schéma peut ne pas sembler très égalitaire et il ne l’est pas. Une telle Colonie ne peut être une entreprise sociale ou à but non lucratif  car sa première qualité doit être l’efficacité et le rendement financier, sinon les investissements pour la développer seraient impossibles à même envisager. Les critères d’admission des personnes dans la Colonie seront exclusivement leur utilité pour la Colonie (pour son entretien ou son développement), ce qui implique soit des capacités intellectuelles, des capacités physiques et/ou des capacités financières (nous estimons que le prix – non le coût – d’un séjour d’une période synodique avec transport aller et retour —donc sur 30 mois —, varierait entre 6 et 8 millions de dollars par personne. Pour comparaison, une place à bord de l’ISS coûte aujourd’hui plus de 50 millions de dollars à son éventuel acheteur).

La distinction entre les producteurs-consommateurs et les seuls consommateurs sera floue. Il se peut que certaines personnes décident de faire le voyage à leurs propres frais pour exercer leur métier de manière indépendante sur Mars. Il est également probable que certaines personnes venant à titre de touristes ou de retraités, voudront ne pas manquer une occasion de continuer à travailler à temps partiel ou éventuellement complet, d’exercer leurs compétences professionnelles et/ou de préciser de nouveaux concepts et d’être utiles à la communauté en les exploitant tout en se rémunérant. Il se peut également que certaines personnes faisant partie du personnel aient une activité intermittentes, sans tâches à effectuer continuellement en fonction de leur affectation principale (par exemple celles travaillant pour la liaison Terre/Mars/Terre qui ne pourra être activée qu’au début et en fin de période synodique). Dans ce cas, d’autres tâches leur seraient proposées ou, à défaut d’autre possibilité, assignées lorsqu’elles seront disponibles (dans le cas cité, transports planétaires pour desservir ou explorer des endroits lointains sur la planète). Si, pour quelque raison que ce soit, un travail prévu au moment de quitter la Terre devait être interrompu ou cesserait d’être nécessaire, les personnes recrutées pour ce travail devraient effectuer d’autres tâches si elles sont rémunérées sur le budget de la Colonie (et/ou si elles ne peuvent subvenir à leurs propres besoins en tant que personnes privées). Cela veut dire qu’il ne pourra y avoir de versement d’allocation-chômage sur Mars, sauf pour des raisons de santé invalidantes graves. En conséquence, les personnes incapables d’apporter de facto une contribution à la Colonie correspondant à leur coût, devront être renvoyées sur Terre, leur état de santé le permettant, lors du premier vol de retour.

Tous les métiers et activités nécessaires à la vie des résidents, du plus intellectuel au plus manuel, devront être représentés (et il faudra les sélectionner afin de s’organiser sur place, avant de quitter la Terre) car il faudra absolument (re)constituer sur Mars une biosphère viable et dynamisante. La sphère de l’activité publique n’est pas définie en termes absolus mais sera considérée comme permettant de prendre en charge toute fonction essentielle au cas où elle ne serait pas assurée par une entreprise privée (subsidiarité), ces dernières présentant la meilleure assurance d’efficacité, de réactivité et d’inventivité pour le moindre coût. En tout état de cause, les sociétés privées sous-traitantes ou les entreprises-libres devraient obtenir de la Colonie une licence leur permettant d’exercer leurs activités, dans la mesure où cela nécessitera des ressources rares de la Colonie et, ainsi que les autres résidents, ils resteront sous le contrôle de la Colonie pour la sécurité et la santé publique (ce qui revient en partie au même, en raison des risques de prolifération microbienne et de contagion).

Les rémunérations devront être exceptionnellement élevées pour tenir compte des contraintes et des risques pendant le voyage et le séjour, pour motiver les volontaires à « faire le grand saut » et aussi parce que le paiement de tout bien ou service sur place sera coûteux compte tenu des conditions dans lesquelles ils seront produits, des frais de location divers demandés par l’administration de la Colonie pour les habitats et équipements annexes qu’elle mettra à disposition, et de la taille, très petite, du marché. Ces rémunérations devront être négociées mais la demande devra pouvoir rencontrer l’offre à un prix permettant de couvrir les coûts. Heureusement, en raison de la part importante du coût du transport dans le coût total d’un séjour dans la colonie, le paiement de rémunérations élevées ne constituera pas un élément très sensible. Les négociations seront faites avant le départ mais la productivité et la créativité doit pouvoir permettre aux agents économiques d’espérer qu’elles soient éventuellement plus élevées. Inversement elles pourraient être effectivement moindres en cas de performances non satisfaisantes.

La Colonie ne s’engagera à fournir « gratuitement » (c’est-à-dire pour un prix inclus dans le prix de base du package vendu) qu’un support-vie de base à ses résidents (atmosphère respirable, température tempérée, lieu de repos/sommeil, eau, aliments de base, services de santé minimum). Toutes les autres commodités seront fournies à un prix qui sera payé avec de l’argent (devise à définir mais éventuellement martienne, basée sur un panier de monnaies des principaux pays participants) en partie avant de quitter la Terre (pour les dépenses prévues) ou sur place (pour les besoins variables). Les relations entre les résidents et entre les résidents et la Colonie seront monétarisées, c’est la seule façon d’orienter l’offre et d’éviter les gaspillages.

Ces exigences économiques ne plairont peut-être pas à tout le monde mais elles me semblent incontournables car elles seront la garantie du dynamisme de la communauté martienne et surtout, celle de la faisabilité de l’enclenchement du processus de colonisation au-delà de la construction des premiers éléments permettant la vie sur place.

Sur le web

  1. Le non-paiement de dividende n’exclut pas que les actions de la Colonie soit porteuses de plus-values dès les premières années et qu’elles aient du succès sur le marché financier. Après tout le PER (Price Earning Ratio) anticipe très longtemps à l’avance les profits (ou les conséquences de difficultés) d’une société. En 1997 on pouvait spéculer sur la valeur future d’Amazon qui ne devait commencer à devenir rentable que très marginalement fin 2001 (5 millions de dollars sur un chiffre d’affaires de 1 milliard). C’est en 1997 qu’il fallait acheter les actions d’Amazon ; c’est dès la mise sur le marché des actions de la Compagnie des Nouvelles Indes (petit clin d’œil à l’Histoire) qu’il faudra en acheter.
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  • Avant de coloniser mars ,utopie irrealisable aujourd’hui ou demain, colonisons le fo’d des oceans ….meme probleme mais bien plus simple a aborder et financierement rentable un jour…parlez en a la faune aquatique .premier signe de rentabilite a prendre en compte , estce vivable pour un organisme en toute autonomie.
    Mars ne peut donc etre colonisê que par des robots, point final a cette aventure..humaine.

    • LOL !

      On n’arrive déjà même pas à rentabiliser les dom-tom …

      Mais bon, Musk est peut-être plus malin que nous. Il devrait installer des chaines de montage de Tesla sur mars, afin d’atteindre les objectifs de production …

    • Absolument reactitude.
      Le capitalisme est royalement opérationnel depuis 200 ans et comme ça sent le roussi sur la planète T, on pense à s’expatrier sur la planète M.
      Ce coup ci, dans un environnement encore plus hostile, c’est sûr, il va réussir ! ENORME LOL
      Cette fuite en avant, sent plutôt le baroud d’honneur d’une idéologie obsolète face aux enjeux actuels.
      Idéologie fort lucrative, j’en convenir, si, pour certains, mais jusqu’à quand ?
      No limit ?
      Si justement , d’où la fuite, mais ce coup ci, Mars est très loin d’être les Amériques.
      Désole Mr Brisson, vous m’êtes sympathique, moi aussi je suis fan de science fiction, de progrès technologique quand il est utile et non mercantile. On peut rêver à…. mais ce projet est très utopiste, vu nos moyens techniques. La rationalité réclamerait déjà d’arriver à vivre décemment à 12 Mds sur une planète habitable, la planète T.
      Quand nous aurons la techno, pourquoi pas…mais au préalable, le capitalisme devra prouver qu’il est durable sur la planète T.
      Ça rêve beaucoup en Libéralie, la réalité n’est pas votre fort amis libéraux…

  • On n’y est pas encore car, désolé pour Musk, mais de nombreux problèmes restent à résoudre question santé humaine durant le voyage. Tant qu’il ne sera pas considérablement raccourci !

    • Et sur mars on s’installe sur la face protegee des rayons comiques ?….
      Non , dans les films ils creusent creusent comme les shaddoks pompaient…

    • Les expériences biosphères ont fait long feu….
      Qu’on nous démontre un pilote opérationnel au milieu de l’Atacama en autarcie totale pendant 6 mois, et après je commencerai à écouter (un peu) les délires des vendeurs de rêves…

  • Je constate que les quatre premiers commentaires « postés » ne concerne pas le sujet traité qui est le fonctionnement d’une future économie martienne. C’est dommage.
    La faisabilité technique de l’implantation établissement c’est autre chose mais je trouve les commentateurs bien négatifs, non documentés et péremptoires. Je vais quand même y répondre succinctement:
    Pour ce qui est de coloniser le fond des Océans je ne suis pas certain que les problèmes de pression, de corrosion, et d’éclairage soient plus faciles à régler qu’en surface de Mars. Je passe sur le commentaire d’Alan qui est peut-être de l’humour. Le commentaire de Virgile mériterait d’être développé. Oui il y a des problèmes de santé; il s’agit principalement de l’exposition aux radiations (GCR et SeP) pendant le voyage, mais les doses seraient supportables pourvu que les voyageurs s’abritent dans des caissons pendant les éventuelles tempêtes solaires. Le problème n’est pas nouveau et Elon Musk en est informé, merci pour lui. Dernier commentaire: il n’y a pas de face protégée de Mars (Mars n’est pas la Lune) et les doses de radiations en surface de Mars sont de l’ordre de celles reçues au niveau de l’ISS soit moitié moins que dans l’espace interplanétaire. Il faudra se protéger, oui mais 40 cm de glace ou deux mètres de régolites seraient suffisants sur le très long terme et pour le court terme, rien n’interdira de sortir quelques heures en scaphandre tous les jours.

    • Au vu des conditions en surface (pression trop faible, absence d’oxygène) et transport couteux, je ne vois pas comment la colonisation de mars pourrait précéder la colonisation de l’antarctique (continent sur terre le plus similaire).
      L’antarctique possède lui aussi des gisement minéraux et fossiles inexploités. Il n’est recouvert qu’à 97% de glaces, cad 300000km^2 de zones exploitables. Pourtant toujours pas de domes, d’hotels de mines etc… Et ne me dites pas le « traité de l’antarctique », il y en a aussi un pour les corps extraterrestres. Ca n’a jamais arrêté personne. J’en conclus que ce n’est simplement pas financièrement intéressant (pour l’instant). Par contre pour le tourisme…

      • On peut aller et revenir de l’Antarctique relativement facilement. Il n’est possible d’aller sur Mars que tous les 26 mois (en raison de la position relative des planètes). Par ailleurs il y a un time-lag de 3 à 22 minutes dans un seul sens, ce qui empêche le contrôle en direct des robots, il est donc indispensable de s’installer sur Mars si on veut vraiment l’explorer. Par ailleurs, aller sur Mars n’empêche pas d’aller en Antarctique, je ne vois pas le problème. Les diverses société humaines sont capables de faire plusieurs choses à la fois. L’exploitation minière sur Mars ne serait pas intéressante, le transport vers la Terre serait trop cher. Il faut miser sur les productions non matérielles.

        • « Il faut miser sur les productions non matérielles. »

          Aujourd’hui, plus aucune activité non matérielle ne se conçoit sans consulter et publier constamment sur Internet. Avec 22 minutes de « round trip time », le chargement d’une page web moyenne doit prendre à peu près 10 heures.

          • C’est surtout que les gens qui produisent le « non matériel » préfèrent vivre dans des endroits sympas si possible. Aucune raison d’aller là bas pour ça donc. Sincèrement, à par le tourisme, je ne vois aucune raison (qui puisse se justifier financièrement).
            Pour internet, il faut un protocole réseau différent, avec un cache massif et des serveurs. Bref on en est pas encore là.

            • Qui vous dit que Mars n’est pas un « endroit sympa ». C’est un point de vue purement subjectif. Quand à Internet, il est certain qu’il faudrait l’adapter mais c’est technologiquement possible.

              • Mais la Terre n’a aucune raison d’adapter sa technologie à une colonie martienne.

                Tout est imaginable, mais il faudrait que la colonie martienne dépasse un point critique en infrastructure, population, richesses locale avant qu’une quelconque autonomie, rentabilité, économie locale et libérale ne soit envisageable. Ce sont des centaines de milliards à investir. Par qui ? pour quoi ?

                • Sauf si des Terriens veulent tenter l’aventure et il existe des Terriens qui ont cette envie notamment aujourd’hui, de grands capitalistes américains.
                  Ils peuvent avoir un rôle important à jouer pour le démarrage, en attendant que l’exploitation de la Colonie devienne rentable.
                  Ne vous trompez pas, il ne faudra pas des centaines de milliards mais plutôt quelques dizaines de milliards. Nous avons chiffré tout cela, approximativement bien sûr. Lisez mon blog.

          • C’est évident! Il faudra bien sûr que des data-centers soient installés sur Mars. De toute façon de nos jours, aucune activités ne serait possible sans ces stockages de données et sans les logiciels pour les exploiter.

        • La réponse sur les robots n’est pas pertinente. Je pense qu’il ne serait pas plus difficile de concevoir un robot autonome que de résoudre les problèmes de résidence humaine de longue durée.

          Même le « facteur humain » à lui seul multiplie les risques d’échec et donc le risque financier. Par exemple un colon devient fou, en tue un autre, et on rapatrie d’urgence toute la colonie.

          La bonne méthode me semble : on envoie des robots, puis on envoie une « leica », puis on envoie Elon Musk, et s’il est encore vivant au bout de 2 ans, on commence à lui envoyer de la compagnie.

          • Les robots peuvent être autonomes jusqu’à un certain point. Mais l’idée n’est pas de peupler la planète Mars de robots, elle est de tenter de faire vivre une colonie humaine sur Mars et mon arguments est que si l’on veut que cette colonie soit pérenne, elle doit devenir autonome, c’est à dire rentable dès que possible. Si vous n’acceptez pas mes hypothèses de départ, ce n’est pas la peine de discuter de la suite.
            Par ailleurs, je ne pense pas qu’on rapatrierait l’ensemble d’une colonie sur Terre sous prétexte d’un accident psychiatrique. Le risque psychiatrique est possible (et peut-être plus élevé que sur Terre compte tenu d’un environnement difficile) mais ce n’est qu’une des données de la viabilité d’une colonie en milieu extrême tant qu’il n’est pas généralisé.

    • Ma comparaison avec les dom-tom est tout sauf gratuite. Il me semble difficile de maintenir économiquement une île au milieu de l’océan : le transport des personnes et des marchandises coûtent cher, il y a rarement des ressources minières ou naturelle durable. Quand les îles sont petites seul le tourisme peut être une ressource, à condition d’investir énormément dans les infrastructures et d’avoir une population locale peu payée pour fournir les services.

      On est content d’avoir la Guadeloupe, la Martinique, la réunion, Tahiti rattachés à la France. Mais pourrait-ils vivre sans la France ? Une île dans la méditerranée oui, à 500 km du continent comme les Canaries peut-être, au millieu du Pacifique non. Alors une planète hostile ? Pourquoi pas un satellite artificiel tant qu’à faire. Quitte à vivre sous cloche, autant ne pas trop s’éloigner.

      • Mars n’est pas une île dans l’Océan, c’est une planète qui a été formée avec les mêmes éléments chimiques que la Terre et dont la minéralogie est très semblable. Les ressources qu’elle contient, y compris l’eau, pourront être exploitées pour les besoins locaux de tout ce qui est pondéreux et peu sophistiqué (murs, vitres, cadres, etc…) Il y aura utilisation large de l’impression 3D.

        • Une île dans l’océan à les mêmes éléments chimiques, ressources, eau. Cela ne suffit pas à faire une économie autonome. Qu’allez vous exporter pour compenser l’importation à prix d’or de tout ce qui manque ?

          • Certes mais les ressources d’une île sont forcément très limitées. Sur Mars ce qu’on peut vendre c’est la résidence. Cette résidence peut servir à accueillir des touristes, des chercheurs, des ingénieurs qui vont expérimenter des productions dans un milieu extrême, des artistes et n’importe qui voulant y aller…pourvu bien sûr qu’il en assume le coût (voyage et séjour).

    • Quel minerai est suffisament cher pour etre exploite ?
      Si pour ramener un tonne d’or i il en faut deux ,la planete terre sera vite epuisee !
      La seule chose envisageable actuellement est l’exploration dans le but d’y decouvrir LE filon avant de lancer la conquête et cette exploration n’a pas besoin d’hommes !
      Et cessons de rever il n’y a certainement pas de poule aux oeufs d’or dans ‘l’univers .

      • Inutile de penser à Mars pour trouver de l’or et autres minéraux tel le platine et autres métaux rares, dont certains astéroïdes regorgent. La Terre épuisée, c’est eux que nos descendants exploiteront. Il est relativement facile de dévier un astéroïde qui flotte dans l’espace, car il n’y a pas de gravité à combattre contrairement à Mars. Ils sont littéralement des poules aux oeufs d’or !

      • La richesse n’est pas l’or, c’est la connaissance et la mise en oeuvre de cette connaissance. Il serait illusoire d’aller chercher des métaux précieux dans l’espace pour les rapporter sur Terre compte tenu du coût du raffinement sans aucune infrastructure locale et compte tenu du coût du transport. Par contre, développer des technologies adaptées aux environnements extrêmes, pourrait avoir un intérêt pour mieux vivre sur Terre et développer une infrastructure (minière et autres) sur Mars aurait un intérêt pour les gens qui s’installeront sur Mars.
        Je crois qu’il faut quitter la vision géocentrée que vous avez. Les ressources de l’espace ne vont pas être utilisées uniquement pour « alimenter » la Terre mais pour permettre l’épanouissement de l’espèce humaine où qu’elle se trouve, sur Terre mais aussi en dehors de la Terre et les personnes qui feront « travailler leurs méninges » en dehors de la Terre (sur Mars par exemple) pourront créer de nouvelles richesses pour l’humanité où qu’elle se trouve. Nous sommes déjà dans l’espace et la Terre n’est pas le centre du monde.

    • Pour parler d’économie martienne mon cher Pierre faut-il encore pouvoir y aller! Pour le moment c’est impossible. Puisque vous vous affirmez que nos commentaires ne sont pas documentés je vous précise quelques points.
      Après un séjour de plusieurs mois en apesanteur l’homme est incapable de rester ne serait ce que debout. Que fera-t-il en arrivant sur Mars où il lui faudra bouger pour survivre? Le second problème ce sont les rayons cosmiques qui cassent l’ADN, et enfin les éruptions solaires ! Sur l’ISS ils sont protégés en partie par le champ magnétique terrestre. Les caissons pourraient les protéger des tempêtes mineures mais pas d’une majeure, et n’oubliez pas que le voyage durera 8 mois! Ils vont en encaissez des doses.
      Elon est comme d’habitude trop optimiste! Il faut impérativement un moteur qui raccourcirait le voyage à un mois!

      • Apesanteur: nous (Mars Society) avons prévu de générer une gravité artificielle par mise en rotation de deux vaisseaux liés entre eux par un filin (Il y a d’autres possibilités).
        Les doses de rayons cosmiques (constantes) ne sont pas telles qu’elles risquent de tuer les voyageurs (il faudrait au moins trois voyages aller et retour successif pour que le risque de cancer soit porté de 0 à 3%).
        Tempêtes solaires (SPE): un caisson bénéficiant d’une protection d’une vingtaine de cm d’épaisseur d’eau (ou d’aliments) suffirait pour supporter les tempêtes les plus fortes et on peut aussi choisir de voyager pendant les minimum solaires où les risques sont moindres.
        Durée du voyage: on peut avec les technologies d’aujourd’hui, rejoindre Mars en 6 mois (plus d’énergie et moins de masse transportées mais plus de sécurité). Bien sûr si on peut descendre à 4 ce sera encore mieux; moins (un mois seulement), je ne pense pas que cela soit possible.
        Mais encore une fois ces questions techniques ne sont pas l’objet de mon article. Si le sujet vous intéresse, lisez mon blog exploration spatiale dans Le Temps.

        • J’aime l’apesanteur artificielle facon essoreuse a salades..on doit bien tenir 2 minutes avant de gerber ses rations spatiales paul Bocuse 🙂

          • Tout dépend de la longueur du filin liant les deux corps et de la vitesse de rotation du couple. Un filin avec bras de levier de 86 mètres et une rotation de deux tours par minutes pour le couple permettrait de restituer une gravité de type martien 0.38g), sans différentiel notable entre le sol et la tête.

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