Sur la planète Mars, la société sera capitaliste et libérale ou elle ne sera pas

Découvrez pourquoi la société martienne devrait être capitaliste et libérale plutôt qu’étatiste et socialiste.

Par Pierre Brisson.

Pour les gens raisonnables, l’établissement de l’homme sur Mars sera une aventure folle et il est fort probable que, de ce fait, son moteur sera bien davantage les grands capitalistes américains que les agences spatiales appartenant aux États (ce qui n’exclut pas que les agences y participent).

Une fois sur place les contraintes environnementales très particulières (éloignement de la Terre, très faible population, production d’énergie difficile, absence de ressources manufacturées, ressources alimentaires limitées, atmosphère irrespirable et de pression très basse, radiations solaires et galactiques peu filtrées et températures très froides) imposeront des règles de vie d’économie et de solidarité1.

La vie sur Mars : des relations monétarisées ou non ?

Cependant, une fois leurs besoins vitaux assurés (volume viabilisé habitable, air respirable, nourriture, eau potable, température douce, hygiène, accès à l’information), les nouveaux Martiens auront le choix entre des relations entre eux et avec la Terre, non monétarisées (« à chacun selon ses besoins ») ou monétarisées (« à chacun selon ses moyens », l’argent étant le mode d’expression des choix d’activité et plus généralement, de vie).

S’ils choisissent dans leur relation avec la Terre (ou n’ont pas d’autres solutions que) d’être financés exclusivement ou principalement par les budgets des États (via les agences), ils s’exposent à voir leurs ressources (nécessaires aux importations donc vitales) se tarir car il est plus que probable que les contribuables des pays correspondants se lassent au bout de quelques années (érosion de la nouveauté martienne !) de payer pour des gens très loin d’eux et qu’ils peuvent considérer ne pas leur apporter grand-chose (même s’ils se trompent).

Les risques d’une vie sans valorisation monétaire

S’ils choisissent de renoncer dans le cadre de leurs relations entre eux en surface de Mars à la valorisation monétaire, ils s’exposent à pâtir de tous les défauts d’une société égalitariste et notamment :

  • à une affectation des ressources rares en fonction des relations particulières que les uns et les autres peuvent avoir avec la Direction de la Colonie ;
  • à l’arbitraire dans le choix des investissements effectués par les autorités et au manque d’imagination ou de réalisme dans ces choix ;
  • au parasitisme de certains dont les besoins seraient évalués non en fonction de leur contribution (technique, intellectuelle ou financière) au bien commun mais en fonction de leur position dans la structure administrative de la Colonie ;
  • à la démotivation ; l’effort, la créativité et la prise de risques n’étant ni récompensées, ni encouragées.

Sur le web

  1. On se situe au démarrage de la colonisation de Mars, avec une population qui se situe entre 1 000 et 50 000 personnes. On peut toutefois envisager que les principes ici décrits se perpétuent par la suite et même qu’ils s’appliquent un peu avant.