État et SNCF : l’hubris du pouvoir

Il est temps que la concurrence arrive et il serait souhaitable que la SNCF soit privatisée.

Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Lors d’un déplacement dans les Vosges en avril 2018, Emmanuel Macron avait promis que la ligne Saint-Dié/Epinal resterait ouverte. Or, elle a été fermée en attendant la réparation du tunnel Vanémont (Vosges), qui menace de s’effondrer.

Mais peu importent la sécurité et l’état des voies face à la volonté présidentielle. Ainsi que le rapporte le journal Le Monde, devant des élus du Grand-Est, réunis mardi 26 février à l’Élysée dans le cadre du grand débat, Emmanuel Macron a affirmé que cette ligne rouvrirait : « c’est une bonne mesure de santé publique, parce que j’en ai assez que les gens ne se sentent pas concernés par ce qui est dit, y compris quand le président de la République dit des choses ». Et de poursuivre : « Jusqu’à preuve du contraire, c’est le contribuable, l’actionnaire de la SNCF. Et donc les engagements du président de la République sont aussi ceux des dirigeants de la société. »

Que la concurrence arrive

L’Élysée va donc s’empresser d’imposer la réfection rapide de la ligne SNCF Réseau, l’établissement de la SNCF qui gère l’ensemble de l’infrastructure ferroviaire française. Pourtant un service de cars a été mis en place et la décision doit légitimement s’inscrire dans le cadre du contrat de performance signé en 2017 entre l’État et SNCF Réseau pour que celle-ci remette en état en priorité les lignes les plus fréquentées, ce qui n’était pas le cas de la ligne Saint-Dié-Épinal, avec ses cinq trains par jour.

Il est temps que la concurrence arrive et il serait souhaitable que la SNCF soit privatisée. Le président de la République ne se prendrait plus ni pour son directeur général ni pour l’un de ses chefs de chantier.

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