Les manifestations populaires poussent l’Iran à l’extrême

Manif' Iran by Coralie LM (CC BY-NC-ND 2.0) — Coralie LM, CC-BY

Un ancien membre du « Comité de la mort » vient d’être nommé à la justice en raison de tensions dans le pays. Ebrahim Raïssi était le principal rival d’Hassan Rohani à l’élection de 2017 et entretenait des liens étroits avec l’ex-dirigeant suprême, Khomeiny.

Par Hamid Enayat.

La nomination de ce protégé du guide suprême, permet à ce dernier de poursuivre et d’accélérer sa politique de répression en interne. Amnesty International a estimé à 7 000, le nombre de dissidents arrêtés et emprisonnés en 2018.

Cette nomination pourrait présager d’un nouveau massacre et d’une ultime tentative visant à éliminer les membres de L’OMPI, une organisation qui a récemment joué un rôle de premier plan dans l’organisation de manifestations publiques et œuvrant depuis des années à un changement de régime.

Rappelons encore que Raïssi a surtout été procureur adjoint au tribunal révolutionnaire sanguinaire de Téhéran pendant la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988.

Des organisations de défense des droits de l’homme, des membres de l’opposition et des dissidents continuent de réclamer justice, après que ce tribunal est, sans procédure judiciaire régulière massacré plus de 30 000 prisonniers politiques en 1988.

Le prochain guide suprême ?

Depuis peu, les médias ont attribué à Raïssi le titre d’ayatollah, rang élevé dans la hiérarchie religieuse. Il est par ailleurs devenu membre du bureau de la présidence de l’Assemblée des experts, un organe chargé de nommer et éventuellement démettre le guide suprême. On lui prête aussi le désir d’occuper un jour cette fonction suprême.

Raïssi succède à Sadegh Amoli Larijani, qui a été nommé en décembre président du puissant conseil d’expertise. Khamenei a donné comme mandat à Raïssi celui « transformer le système judiciaire en fonction de ses besoins, de ses progrès et de ses défis”.

“Pour mener à bien cet acte crucial, je vous ai choisi, vous avez une longue expérience à différents niveaux de l’appareil judiciaire et vous êtes sensible à ses nuances », a déclaré Khamenei dans son communiqué.

Raïssi est une figure reconnue du clergé chiite d’Iran, mais il est surtout un haut responsable du système judiciaire depuis des décennies, qui a imposé la domination cléricale sur le pays depuis la révolution islamique de 1979. C’est l’un des piliers du pouvoir conservateur. Il porte d’ailleurs le titre de Hojjat al-Islam, rang hiérarchique sous l’Ayatollah dans la hiérarchie des clercs chiites. Il a été procureur général, superviseur de la radio D’État IRIB et procureur au tribunal spécial pour clercs.

En 2016, il a été choisi par Khamenei pour diriger le sanctuaire iranien de l’Imam Reza et pour diriger son immense conglomérat commercial, Astan Qods Razavi, qui s’intéresse à tous les domaines, des technologies de l’information à la banque, en passant par la construction et l’agriculture. Une structure trouble qui emploie des dizaines de milliers de personnes et qui vaudrait 20 milliards de dollars.