Sur Facebook, certains sujets de conversation sont interdits

Est-il normal qu’un puissant média comme Facebook s’arroge le droit de décider de quels sujets on parle de façon privée ? Une réflexion à mener pour ses 16 ans.

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Sur Facebook, certains sujets de conversation sont interdits

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 février 2019
- A +

Par Rick Falkvinge.

La communication, sur Internet et ses médias sociaux comme dans la vie, doit rester dans le cadre des lois. Mais est-il normal qu’un puissant média comme Facebook s’arroge le droit de décider, le plus souvent sans explication ni recours, de quels sujets on parle de façon privée ?

Dans le pire des cas il pouvait être interdit à nos parents de se rencontrer. Mais aujourd’hui, on empêche nos enfants de parler de certains sujets, une fois la conversation en cours. Cette évolution est effrayante.

Lorsqu’un lien vers The Pirate Bay est publié sur Facebook par nos enfants, une petite fenêtre fait son apparition à l’écran avec pour message

Le lien que vous venez de publier n’est pas approprié. Veuillez ne plus publier de tels liens.

Oui, même dans les conversations privées. Particulièrement dans les conversations privées.

Cela peut paraître anodin, c’est véritablement inouï. Les discussions de nos enfants ne sont pas restreintes en soi, mais elles sont en revanche contrôlées si elles abordent les sujets sensibles dont le régime ne souhaite pas qu’on discute et on les empêche d’en discuter. C’est bien pire que de simplement interdire à certaines personnes de se rencontrer.

L’équivalent analogique de cette pratique serait une conversation téléphonique classique de nos parents dans laquelle une troisième voix menaçante interviendrait, parlant lentement sur un ton assez doux pour être perçu comme une menace : « Vous avez fait mention d’un sujet interdit. Veuillez ne plus discuter de sujets interdits à l’avenir. »

Nos parents auraient été effrayés si cela s’était produit — et à juste titre !

Mais dans le monde numérique de nos enfants, au lieu d’être conspuée, cette pratique est acclamée par les mêmes personnes qui la réprouveraient si elles venaient à en être les victimes.

Dans le cas de notre exemple bien sûr, n’importe lequel des liens vers The Pirate Bay est considéré comme sujet interdit, selon le postulat — le postulat ! — qu’ils mènent à la production de copies qui seraient décrétées en violation du droit d’auteur par un tribunal.

La première fois que j’ai vu la fenêtre Facebook m’enjoignant à ne pas discuter de sujets interdits, je tentais de partager via The Pirate Bay du contenu à caractère politique que j’avais créé. Cette façon de faire s’est avérée très efficace pour partager des gros fichiers, c’est exactement la raison pour laquelle le site est très utilisé (qui aurait pensé à ça, hein ?), notamment par des personnes qui comme moi veulent partager de vastes séries de documents politiques.

Il existe des canaux de communications privés, mais très peu de personnes les utilisent, et les politiciens (oui, nos parents analogiques inclus) s’en réjouissent, à cause du « terrorisme » et autres épouvantails.

La vie privée demeure de votre responsabilité.

Sur le web

Cet article a été publié une première fois le 1 janvier 2018.

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  • Une entreprise privée fait ce qu’elle veut sur sa propre plateforme. Si ça ne vous plaît pas, changez-en. La loi du marché à tous les niveaux !

    La liberté d’expression doit être garantie en général. Cela ne veut pas dire qu’un organisme privé ne peut pas la restreindre dans ses propres limites, tant que celui qui veut s’exprimer n’est pas interdit de s’exprimer sur sa propre plateforme par exemple.

    • @Chiwaruchk: Quel était le point de vue des GAFAN sur la neutralité du net ? Ah oui, ne pas leur facturer leurs flux vidéo ou mise à jour système d’après leur rentabilité.

    • Il y a aussi la liberté de critiquer.

      C’est la base du marché de donner une critique d’un bien (ici d’un service).

    • Au fait, si confortablement assis dans un restaurant avec des convives dans un restaurant, la conversation roulant d’un sujet à l’autre, je donne telle ou telle référence pour étayer mes dire, le maître d’hôtel ou un serveur vient nous interrompre par un comminatoire: « La référence que vous venez de mentionner n’est pas appropriée. Veuillez ne plus mentionner de telles références »…

      … C’est également « la loi du marché à tous les niveaux » et « un organisme privé peut la restreindre dans ses propres limites, tant que celui qui veut s’exprimer n’est pas interdit de s’exprimer » dans son propre restaurant ?

      Idem pour un hôtel, un centre commercial, une piscine, un parc ? Et si je passe un coup de fil par l’intermédiaire d’une entreprise privée ? Idem ?

      Allez, l’ami, on peaufine un peu son argumentation…

      • Vu la concurrence, je pense que l’hotelier ou le restaurateut serait très mal inspiré de faire cela.

        • C’est bien là toute la difficulté. Facebook est un acteur dominant sur le marché. Celui lui donne la possibilité d’imposer ses vues sans trop craindre le retour de bâton de la concurrence.

    • Mais en tant que « entreprise privée », elle doit aussi il me semble être responsable de tout dommage causé à autrui. Ce qui signifie qu’avec tous les cas de harcèlement ayant conduit au suicide, elle peut mettre la clé sous la porte et devrait être interdite aux mineurs ?

    • Nope.
      L’exemple de la conversation téléphonique est parfaitement approprié. L’opérateur a-t-il oui ou non le droit de décider du contenu de vos conversations? Ou encore un hôtel qui veut bien que vous pratiquiez la position du missionnaire, mais pas la levrette, c’est la liberté d’entreprendre? Ou pourquoi pas une marque de pâtes halal qui vous fera un procès si vous les bouffez avec des lardons?

      On a la liberté ou on ne l’a pas. Le fait d’être sur un medium digital ne doit pas conduire à nous faire avaler des couleuvres.

      Il est proprement indécent que FB ou autres puissent s’ériger en censeurs. A partir du moment où ils mettent à disposition du public un outil de communication, ils ne devraient PAS
      1- S’ériger en surveillants ou censeurs et
      2- Corollaire: être tenus responsables des contenus publiés (puisque liberté = responsabilité), contrairement à ce que les nouilles gouvernementales de tout poil prétendent.

  • Haro sur Facebook …..et pourquoi seulement Facebook quand la règle tant à se généraliser surtout en France . Pourquoi faut’il avoir recours aux médias étrangers pour avoir des infos française pourtant véridiques ? Quand la presse s’autocensure et que les  » modérateurs  » de certains sites sont en fait des censeurs politiques on fait d’abord le ménage devant sa porte . Ensuite on peut parler des autres .

  • Comme entreprise privée Facebook a le droit de choisir ce qui se publie sur ses pages, la véritable censure ne peut être exercée que par des états.

    Si cela ne vous plait pas changez de crèmerie.

    Il reste tout de même un paradoxe dans cette situation, si Facebook est un éditeur (ayant le choix de publier ou pas certains contenus) alors il doit être redevable des droits d’auteur du contenu qu’il publie, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre…

    En passant, ce n’est pas mes enfants qui sont sur Facebook, mais plutôt ma grand-mère, ha ha !

  • Zuckerberg étant un escroc et de gauche, ce qui revient au même, il est normal qu’il impose le politiquement correct. Ces gens là haïssent la liberté, surtout celle d’expression!

  • Les GAFA sont au service du mondialisme (idéologie politique qui promeut une gouvernance mondiake avec un contrôle étendu des populations). Ce projet s’est développé dans les démocraties, depuis des décennies, grâce à un soft power médiatique, éducatif et culturel. Internet est à juste titre perçu comme un danger par les mondialistes. D’où les différentes censures, puisqu’il faut appeler les choses par leur nom.

  • oui, mais facebook a eu tellement de problemes avec la police en France… donc maitenant elle te dit tais toi!!

  • Si vous voulez ne pas être embêté par la censure, allez sur VK, le Facebook russe.

  • Ne pas oublier que Zuckerberg est un démocrate progressiste, donc la censure politiquement correcte sur Facebook n’est pas surprenante vu le sectarisme et l’intolérance régnant dans le milieu universitaire!

  • Je pense que Rick se trompe, on ne peut pas imposer à une société privée de revenir sur un contrat engagé entre Facebook et le client (gratuité du service contre vente de données privées) ce qui est plus choquant c’est la vente de ses données à des sociétés conniventes avec l’état sans le consentement de l’utilisateur. La vie privée relève d’un choix et d’une éducation. Le reste tout comme la fameuse neutralité du net c’est de la vaste supercherie de socialiste. Le simple droit constitutionnel devrait suffit à contenir les abus, ce qui n’est pas du tout le cas. La neutralité du net ce sont des idiots utiles pour des connivents qui vendent leur âme au « diable »…

  • Il faut laisser Facebook aux niais, aux immatures et aux sectaires et aller sur d’autres plateformes qui ne pratiquent pas la censure.

  • Les commentaires sont fermés.

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