Prospérité en Afrique : l’île Maurice donne la recette

Maurice a connu une transformation économique remarquable, passant d’une économie à faible revenu basée sur l’agriculture, à un pays diversifié à revenu moyen-supérieur qui attire des investissements étrangers considérables.

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Prospérité en Afrique : l’île Maurice donne la recette

Publié le 17 janvier 2019
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Par Jasson Urbach.
Un article de Libre Afrique

Selon le dernier rapport annuel sur la liberté économique dans le monde (EFW), le rang de l’Afrique du Sud en matière de liberté économique s’est considérablement détérioré, passant de la 46ème position en 2000 à la 110ème cette année. L’Île Maurice quant à elle troque désormais la 8ème place du classement général contre sa 26ème position en 2000. Si l’Afrique du Sud avait suivi la voie mauricienne et renforcé le niveau de liberté économique, les Sud-Africains seraient aujourd’hui en meilleure santé, plus riches et plus heureux.

Lorsque l’économiste britannique James Meade s’est rendu à Maurice en 1960, il en a conclu que son avenir était peu prometteur. Après, il a reçu un prix Nobel d’économie, en 1977, et le petit pays insulaire mauricien a montré au monde que de sombres prédictions économiques ne correspondent pas forcément à la réalité, en particulier lorsqu’il s’agit d’un peuple à fort esprit entrepreneurial.

Maurice a connu une transformation économique remarquable, passant d’une économie à faible revenu basée sur l’agriculture, à un pays diversifié à revenu moyen-supérieur qui attire des investissements étrangers considérables. Plus précisément, Maurice a opté pour la consolidation de la liberté économique en libéralisant son économie, reconnaissant qu’il s’agissait de la meilleure voie pour générer la prospérité future.

Duo liberté économique et recul de la pauvreté

L’un des objectifs clés de l’indice EFW est d’établir s’il existe un lien entre la liberté économique, la croissance économique et la richesse. Les conclusions du rapport confirment sans ambiguïté que la liberté économique est étroitement liée à la prospérité et à la croissance : les pays économiquement libres ont tendance à se développer plus rapidement et à être plus prospères.

Les pays du quartile supérieur du classement de liberté économique ont un PIB moyen par habitant de 40 376 dollars, contre 5 649 dollars pour les pays du quartile inférieur. Dans le quartile supérieur, le revenu moyen des 10 % les plus pauvres était de 10 660 dollars, contre 1 345 dollars pour les plus pauvres du quartile inférieur. Il est intéressant de noter que le revenu moyen des 10 % les plus pauvres des pays les plus économiquement libres est presque le double de celui des pays les moins libres. Cela montre que la liberté économique profite à tout le monde, aussi bien aux pauvres qu’aux riches.

L’impact de la liberté économique

Les personnes vivant dans les pays les plus libres peuvent également espérer vivre beaucoup plus longtemps, avec une espérance de vie moyenne de 79,5 ans, contre 64,4 ans dans le quartile inférieur.

Plusieurs autres indicateurs sont meilleurs dans les pays économiquement libres que dans ceux qui ne disposent pas de liberté économique. Par exemple, les libertés politiques et civiles sont considérablement plus élevées dans les pays économiquement libres que dans les pays non libres. L’égalité du genre est plus grande dans les pays économiquement libres ; et les niveaux de bonheur y sont aussi plus élevés.

Les progressions faramineuses de Maurice

En 1990, Maurice avait un PIB moyen par habitant de 7 387 dollars et une espérance de vie moyenne de 69,4 ans. En revanche, l’Afrique subsaharienne avait un PIB moyen par habitant de 9 696 dollars et une espérance de vie moyenne de 62,1 ans. À partir des années 1990, pour éviter le déclin économique, Maurice a connu d’importants changements qui ont nécessité des réformes radicales dans la politique gouvernementale et des adaptations rapides de la part du monde des affaires.

La manière dont les défis ont été relevés a montré la résilience du peuple mauricien et a permis de mieux comprendre les facteurs qui ont amené certains commentateurs à qualifier la performance de l’économie du pays au cours des dernières années de « miracle mauricien ».

C’est ainsi, qu’en 2017, le PIB réel moyen par habitant de Maurice était de 20 293 dollars (soit une augmentation de 175 %) et l’espérance de vie moyenne était plus longue de cinq ans (74,4 ans). En Afrique subsaharienne, le revenu réel par habitant a augmenté de 27 % pour atteindre 12 295 dollars et l’espérance de vie moyenne a augmenté d’un maigre 0,7 ans pour atteindre 62,8 ans.

Ramakrishna Sithanen, vice-Premier ministre mauricien et ministre des Finances et du Développement économique, a décrit la situation économique dans les termes suivants:

«Nous sommes confrontés à un problème très simple : nous sommes comme un patient malade et qui doit prendre des médicaments, peut-être pour un certain temps. Le patient veut aller mieux, il n’aime pas être malade, mais il ne veut peut-être pas prendre le médicament. À un moment donné, nous devons prendre le médicament ».

Le gouvernement sud-africain doit reconnaître qu’il a le pouvoir de réformer directement l’économie nationale et d’adopter des politiques susceptibles d’accroître la croissance et de réduire la pauvreté. Alors que le reste du monde s’achemine vers une liberté économique et des libertés civiles accrues, l’Afrique du Sud suit la trajectoire opposée. Cela se reflète dans le déclin spectaculaire de la croissance économique et dans des taux de chômage toujours élevés, avec près de 10 millions de personnes au chômage et sans aucun espoir de trouver un emploi, et sans savoir pourquoi.

L’Afrique du Sud manque d’institutions favorables à la liberté économique qui incluent les fondamentaux : liberté de choix personnel, échange volontaire, liberté de concurrence et sécurité des droits de propriété. Sans le renforcement de ces libertés centrales, il est difficile de définir comment l’Afrique du Sud pourra se développer et devenir plus prospère.

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  • Article superficiel.

    C’est fort dommage car le cas de l’Île Maurice est intéressant : sa forte progression économique et sociale est incontestable alors que, a priori, ce pays cumule les handicaps :
    – isolement,
    – absence de ressources naturelles,
    – risque de surpopulation,
    – risques de tensions ethniques,
    – etc.

    Visiblement, les Mauriciens ont su surmonter cela et jouer les bonnes cartes :
    – tourisme de plus en plus haut de gamme,
    – instruction,
    – ardeur au travail,
    – esprit d’initiative et débrouillardise,
    – plurilinguisme,
    – diaspora qui n’oublie pas ses origines mais qui évite le piège de l’aumône tiers-mondiste,
    – etc.

    Au passage, nos compatriotes de la Réunion, île qui ressemble à Maurice sur de nombreux points, devraient en tirer quelques leçons.

    J’espère que quelqu’un connaissant bien le sujet nous fera part de son analyse et de ses réflexions.

    • @liger tres juste . L’article souligne peu un élément pourtant fondamental : la sécurité des biens et des personnes.La sécurité à Maurice a toujours été présente.

  • Article intéressant même si incomplet comme le souligne Liger.
    J’aurais une question: comment se gèrent les déchets de l’île ? J’ai lu pas mal de forums et d’articles sur la question et ça ne me paraît pas réjouissant.
    Qu’en pensez-vous ? Comment y faire face ? Ça me paraît dommage de saloper des paysages aussi magnifiques par du plastique.

    Merci ?

  • Le problème est de faire rentrer dans le tête des gens un minimum de connaissances en économie,en France au Zimbabwé ,ou au Vénézuéla

  • Je peux donner quelques compléments à cet article. Mon fils vit à Maurice depuis 10 ans , est marié avec une Mauricienne et maintenant papa d’un petit garcon. Il travaille dans l’un des grand groupe Mauricien, le Groupe ENL (Appartenant à une trés ancienne falille de l’ile la famille Espitalier Noel) Coté à la bourse de Port Louis. J’y vais au moins une fois par an et je dois dire que j’ai de plus en plus de respect et d’admiration pour ce petit pays.
    Un petit rappel historique tout d’abord. Successivement colonie Hollandaire (jusqu’en 1710), puis Francaise (jusqu’en 1814), puis Britannique (jusqu’en 1968) sa principale activité économique a été tout d’abord le sucre et ses dérivés (celle-ci existe toujours) et , après l’indépendance le tourisme. A titre anecdotique on peut également mentionner la guerre de course (Surcouf) qui, pendant les guerres contre les Anglais, a considérablement enrichie l’ile. Les Anglais n’en ont d’ailleurs pas trop voulus aux Mauriciens puisqu’ils n’ont jamais réellement « colonisés » l’ile, laissant aux Français leurs terres, commerces ainsi que leur langue (et leur religion) en échange d’un serment de fidélité à la Reine. Il n’y a jamais eu de peuplement « Anglais » à Maurice mais seulement une administration Britannique.
    Depuis les années 90 se sont développés les services offshore , principalement à destination de l’Europe (Et de l’ile de la Réunion …). Il s’agit de services administratifs (paye, comptabilité …) réalisées par de nombreuses sociétés, dont certaines internationales. On peut citer Ernst & Young par exemple qui emploie plus de 300 personnes à Maurice dont des jeunes diplomés Français. Les Mauriciens sont pratiquement tous bilingues, bien que la langue la plus parlée à Maurice soit le Français. Officiellement 11.000 Français résident à Maurice mais il y en aurait en fait le double car beaucoup d’entre eux ne s’enregistrent pas au consulat de France.
    Voici un apercu des taux de prélèvement pratiqués à Maurice : Impot sur les sociétés , 15%, impot sur le revenu, 15%, TVA, 15%, pas d’ISF, pas d’impots fonciers, pas de taxe d’habitation. Pratiquement pas de cotisations sociales, pas (ou si peu) d’assurance chomage, pas (ou si peu) de cotisations retraite.
    Bien sur, chacun doit se préoccuper de sa retraite, et meme de la scolarité des enfants, payantes (et pas qu’un peu). Le prix du foncier est très élevé, (L’ile n’est pas si grande ,40KM sur 20) malgré les restrictions pour les étrangers qui ne peuvent pas acheter ce qu’ils veulent.
    Mais cette ile est en plein boum, ca se sent à tous les coins de rue, il y a du travail pour tout le monde. Evidemment l’éventail des salaires est très vaste, le salaire moyen doit etre de l’ordre de 250 €/mois. Mais tout le monde , ou presque, travaille, meme si ce sont de petits jobs, ils ont la fierté de ne rien recevoir de l’état mais de gagner eux-meme l’argent dont ils disposent. Et du coup la mentalité s’en ressent nettement, ils sont entreprennats ,la comparaison avec l’ambiance qui règne à l’ile de la Réunion (distante de 200 km) est édifiante.A noter que les cadres, eux, sont payés sur la base des salaires Européens, ce qui peut paraitre surprenant mais s’explique par le fait que ceux-ci ont été formés en Europe et que , faute d’avoir des conditions de salaire intéressantes ils y restent. Il y a donc des opportunités pour les jeunes diplomés Français qui trouvent sur place des jobs (et des conditions de vie) qu’ils ne peuvent pas obtenir en France. Les entreprises Francaises sont (et de loin) les premiers investisseurs à Maurice.
    Evidemment les infrastructures laissent quelquefois à désirer , malgré une nette amélioration ces dernières années, et le point le plus délicat reste la propreté, le service de ramassage des ordures étant plus ou moins défaillant. Ceci est visible un peu partout, on trouve de petits dépots d’ordures à tous les coins de rue et les plages publiques se transforment quelquefois, à la fin des weekend, en décharges. Il y a 1,2 Millions d’habitants sur l’ile et les 3 principales communautés (Indiennes, majoritaires, Créoles et Européennes) travaillent ensemble sans difficultés, bien que vivant séparées .
    Maurice est effectivement un pays en bonne santé économique, mais fragile bien sur parce que petit et dépendant largement de l’Europe et dans une moindre mesure de l’Afrique du Sud. Pour un Français il y a là bas un parfum de France très marqué mais aussi un petit vent qui sent bon la liberté …. C’est pour cela qu’on s’y sent bien.

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