La France qui s’expatrie

La plupart des expatriés ne reviennent pas ! Et quand ils reviennent, c’est pour trouver un véritable ENFER bureaucratique.

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La France qui s’expatrie

Publié le 16 janvier 2019
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Par Frédéric Duval.

Si vous me lisez  régulièrement, vous savez peut-être que j’ai vécu plusieurs années à Prague.

Durant mon séjour, je fus surpris du nombre impressionnant de Français habitant dans la ville aux mille clochers.

 

Lorsque je sortais pour partager une pivo avec mes amis Tchèques, je me retournais régulièrement au doux son de ma langue maternelle. N’y tenant plus j’ai fini par en interpeller un : que faites-vous dans ce quartier, loin des touristes ?

Qui sont ces candidats à l’exil ?

La plupart sont des jeunes en début de carrière. Ils ont fait des études et ne trouvent pas d’opportunités intéressantes en France. Beaucoup veulent changer d’air.

Ils parlent parfois une ou plusieurs langues étrangères et trouvent très facilement du travail dans cette ville en plein boom.

Contrairement à la France, la République Tchèque peut se vanter d’avoir le quasi plein emploi : moins de 3 % de chômage alors que la France se rapproche des 10 %.

D’ailleurs, à Prague, on ne se prive pas pour changer de poste régulièrement tant l’offre est forte sur le marché du travail. Et on en profite forcément pour négocier avec l’employeur un salaire revu à la hausse.

Quelle différence avec la France !

Alors oui, les salaires sont plus bas qu’en France… Mais dans un pays où tu paies un euro ta bière et moins de 800 euros un deux pièces en plein centre d’une des plus belles villes du monde, tu ne te plains pas !

Où vont-ils ?

Sans étonnement, les Français vont là où l’économie tourne, et où il reste des opportunités à saisir ! La Suisse est en tête du classement, suivie des États-Unis et du Royaume-Uni :

 

Les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’exiler parce qu’ils crèvent d’envie de bosser !

Les destinations « à la mode » sont des pays à l’économie performante. On ne se rend pas en Angleterre pour le beau temps et la gastronomie. Pour preuve, l’Italie et l’Espagne perdent de leur attrait.

 

 

Combien sont-ils à prendre la poudre d’escampette ?

Un peu moins de deux millions d’inscrits dans les consulats… mais l’INSEE pense qu’un expatrié sur deux ne s’enregistre pas.

On est sans doute proche des 4 à 5 millions. Cela fait environ 5 % de la population française… soit une personne sur 20. Des chiffres effrayants… et qui ne cessent de progresser. Mais pourquoi partent-ils en masse ?

La France tu l’aimes… et tu la quittes

Ces jeunes que l’on appelle souvent « expats » sont souvent partis pour des raisons purement économiques, loin du cliché de l’exilé fiscal qu’on entend en permanence dans les médias.

Les politiques nous disent que c’est un bon signe : « Les jeunes vont faire leurs armes à l’étranger pour revenir avec de nouvelles connaissances qui feront la grandeur de la France de demain ! »

La vérité est que la plupart ne reviennent pas ! Et quand ils reviennent, c’est pour trouver un véritable ENFER bureaucratique.

Certains qui envisageaient de rentrer ont même renoncé tant c’est un parcours du combattant.

Ne serait-ce que pour acquérir un logement, il vous faut :

  • Un avis d’imposition français,
  • Une fiche de salaire française,
  • Un contrat de travail,
  • Etc…

Comment voulez-vous avoir tout cela lorsque vous revenez de plusieurs années à l’étranger ? Dans un marché immobilier complètement fermé, même si vous avez un bon capital, la plupart des agences immobilières refusent simplement d’étudier votre dossier !

Et là je ne parle que du logement… Je vous épargne les démarches administratives (type maison des fous) de l’État français.

C’est tragiquement simple : Marianne chasse ses propres enfants

Quand je compare à Prague où il suffit de payer en cash deux loyers au moment de la signature du contrat, le contraste est saisissant. Le seul papier administratif nécessaire ? Une copie de ma carte d’identité. Et c’est tout !

Pour l’emploi, c’est encore plus impressionnant : deux entretiens et on signe un CDI directement.

C’est là qu’on réalise que notre pays n’est plus une destination pour travailler !

Du coup il ne faut pas s’étonner qu’ils aillent voir si l’herbe n’est pas plus verte chez nos voisins…

Prendre son destin en main

Après discussion avec ces jeunes échappés, je suis resté dépité… et admiratif. Ils ont pris une décision difficile. Ils se sont levés et ont quitté leur cocon, leur confort, et accepté de prendre un risque. J’ai ressenti chez eux cette envie de réussir, cette hargne de celui qui veut faire sa place dans le monde.

Ils pourraient être en France, au chômage, passer leurs journées devant des jeux vidéo et des séries Netflix et n’avoir comme exigence que des visites régulières à Pôle Emploi ; une situation précaire certes, mais sans risque.

Quand on est jeune, sans enfant et sans responsabilité financière, il est possible de vivre avec un tout petit revenu. Vous vous faites un plat de spaghettis et vous passez vos journées à regarder des séries ou à jouer à des jeux. Au XXIe siècle, il est difficile de s’ennuyer devant la pléthore d’offres de divertissement bon marché.

Mais ces jeunes expats ont compris qu’on ne doit pas gaspiller sa vie.

Suivant les conseils de Macron 1er, ils se sont levés et ont traversé… la frontière.

Plus sérieusement ils ont compris qu’il n’y a rien à attendre dans notre pays, et qu’il vaut mieux aller chercher meilleure fortune ailleurs.

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  • Excellent.

    Suis partis depuis 1995 et ne reviendrais pas.

    • Même parcours.
      Parti au pays du diable en 1986 pour finir mes études, revenu en 1991, pourquoi je ne sais une erreur sans doute.
      Parti définitivement en 1993 retour vers le diable et Asie, maintenant en Europe centrale depuis 13 ans avec un départ probable vers HKG pour 4 ans et retour au pays du diable après avant de tirer ma révérence.

  • L’article aurait dû être intitulé : « Ces jeunes français qui s’expatrient ». Parce question émigration, il y a aussi les retraités et les ni jeunes, ni retraités. Le rond-point : un beau symbole de la France qui n’avance pas.

  • je comprend mieux l’insistance de ce gouvernement à laisser rentrer tant d’étrangers en France ; notre pays se vide de ses cerveaux , de ses travailleurs , il faut bien les remplacer , mais la qualité ne sera pas au rendez vous ;

  • J’ai terminé une thèse en économie il y a deux mois, après un master en grande école. Près de 50 candidatures en un mois, principalement en région Parisienne, 3 réponses, pour moins de 2400 euros/mois à chaque fois.
    J’ai commencé les démarches pour le Canada, déjà plusieurs réponses pour des salaires quasiment triplés. Chaque jours qui passe me convainc de plus en plus au départ…

    • Dur dur , après avoir fait des hautes études en France, de se convaincre de partir, alors que vous avez été abreuvé des qualités de notre fameux système que le monde entier nous envie.

      Beaucoup plus facile pour mon fils aîné qui , après avoir un CAP de cuisinier, puis de pâtissier dans la foulée, est parti dès la fin de son service militaire (mess des officiers brigade franco-allemande Strasbourg).
      C’était il y a 22 ans , et ne conçoit même pas une possibilité de retour…
      Mon deuxième travaille aussi à l’étranger depuis 18 ans, mais subit néanmoins les tracasseries de l’administration française, puisqu’il est resté pour ne pas se faire retirer le droit de garde de ses enfants…

    • Pour ma part j’ai aussi postulé pour le canada, en tant que PVT pour débuter et rejoindre mon frère, et si cela me plait j’aimerai aussi y créer ma société.
      Chose que j’ai laissé tombé en France, préférant rester salarié mais sans avenir radieux… donc le choix a vite été fait.

  • ayant vécu et travaillé à Prague, je ne peux que confirmer ce qui est dit dans cet article. On pourrais y ajouter qu’étant donné les charges peu élévées, ce n’est pas très cher de manger à l’extérieur de chez soi, que les pistes de ski sont à une heure de voiture de Prague et que là aussi, ça ne vous coutera pas un bras. Malheureusement le nouveau système de parking payant du centre ville vous posera des problèmes pour vous garer avec vos plaques françaises je pense… quant à apprendre le Tchèque, il faut s’accrocher un peu là aussi, avec le benefice de vivre dans une des plus belle Capitale d’Europe, cela va sans dire.

  • Attention à la précision. Ce n’est pas pour acquérir un logement qu’il faut un contrat de travail et le reste. Heureusement ! C’est pour louer. Il n’en reste pas moins que c’est effectivement une galère ! Vécu par un proche qui voulait monter sa boite, mais dont les enfants sont étudiants (et changent régulièrement de location selon lieux de stages). Il a préféré repousser son projet pour ne pas être coincé à chaque demande de location. Un salaire mensuel à 5 chiffres pourtant, et un gros patrimoine. Mais cela ne compte pas…

  • C’est vrais, autour de nous un gros tiers de nos enfants sont partis. Le schéma a souvent été le même, tout commence par un stage à l’étranger faute de trouver en France , puis un contrat de 3ans, un job, un/une copin (e) locale et c’est fini ils ne reviennent plus, ce pays ne les intéresse plus, pire ils le rejette. Il y a aussi les retraités je suis au Portugal, nous sommes de plus en plus nombreux et ne parlez pas d’exil fiscal !!! La plus part de ceux qui nous entourent ne payaient presque pas d’impôts, la première décision est de s’en aller pour ne plus voir ce que nous avons tant aimé partir à volo !! L’avantage fiscal n’est que la cerise sur le gâteau. Le pire, ce sont les plus talentueux, les plus entreprenants qui s’exilent,

    • Les frais de succession au Portugal sont moindre,qu’en France, quasiment inexistant. Pour la transmission de biens immobiliers c’est pas mal. Beaucoup de retraités liquident leur biens en France et investissent au Portugal pour cette raison. La loi sur les successions n’est pas la même. Si vous avez un bien 200k et que vous avez un enfant unique, c’est 100k pour lui, çà évite de filer à l’état Français un bon pourcentage de 100K restant.

      • Et non malheureusement, pour les enfants vivant en France, le vautour le fiscal applique les règles Francaises, donc il confisque même sur les biens au Portugal.

  • Malheureusement, l’auteur a parfaitement analysé la situation. Autour de moi beaucoup de mes amis et confrères sont partis exercer a l’étranger depuis 2012 (suisse, Canada principalement) J’estime le ratio a 10/100 environ, c’est énorme. Dans ma famille c’est pareil, les jeunes avec de l’ambition partent, notamment ceux ayant fait des études scientifiques. Par contre les branleurs ils restent.

  • Bel article, merci pour la précision de l’information.
    Il est incontestable que ce sont les forces vives qui renoncent et optent pour la fuite.
    Temps que la France n’aura pas opté pour un régime libéral au plan politique et au plan économique, le tendance à l’expatriation va s’amplifier!….

    • …tant que….sorry

    • Précision… Oui. Sauf pour l’estimation (probablement pas de l’auteur mais du site) : la PLUPART (c’est à dire la majorité) ne rentreraient pas. Ah bon. Je serais curieux de connaître la source de cette info…

      • Quand on parle d’émigrés (pas de détachés), c’est un fait qu’ils ne retournent que très rarement dans leur pays.
        Mon frère, ainsi que mon beau-frère retraités en Allemagne ne reviendront jamais, pas plus que mon fils qui a fondé une famille en Asie.
        Mes beau-parents allemands sont morts en France, les amis italiens de mes parents sont aujourd’hui, au pire, dans des ehpad français.
        Les enfants d’immigrés n’ont plus de lien avec l’ancien pays et les liens des parents avec les enfants prime sur la nostalgie.
        Même si certains enfants ‘retournent’ vers le pays de leurs ancêtres, il s’agit plus d’une nouvelle ‘émigration’ que d’un retour.

        Les émigrés de toutes nationalités que j’ai croisés dans ma longue carrière sont tous encore dans le coin qu’ils ont adopté.

        Un collègue andalou émigré en Suisse avec acheté une maison dans son coin la-bas pour y vivre sa retraite, car d’après lui ‘les Suisses tous des c…s’.
        Il est parti en 95 en faisant des doigts d’honneur au monde entier.

        En 2000, je le croise sur le ‘Marktplatz’ à Bâle, tout étonné de le voir là.
        Il est revenu, car ‘les Espagnols, tous des c..s’ !
        En résumé, habitué à l’efficacité suisse, il n’a pas supporté que là-bas quand il demandait des actes ou des services pour sa vie quotidienne, c’était toujours ‘mañana’ et trop souvent jamais…
        Wellcome back, Lopez…

  • Que l’ISF sur les valeurs mobilières et les avoirs bancaires soit rétabli et les retraités iront payer leurs impôts sous des cieux plus cléments et honnêtes fiscalement.
    Nos voisins européens devraient faire en sorte de profiter de cette aubaine si par malheur elle devait à nouveau se présenter.

  • Ils ont raison, travailler là où il y a du travail et surtout pas au pays des ponxionnaires-rois

  • Les commentaires sont fermés.

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