Qui paie ses salariés au Smic ?

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Qui paie ses salariés au Smic ?

Publié le 17 décembre 2018
- A +

Par Guillaume Nicoulaud

J’ai posé cette question :

Nicou capture ecran

Pour ne pas faire durer inutilement le suspens, la bonne réponse était la première, les entreprises de moins de dix salariés, aussi connues sous le nom de Très Petites Entreprises (TPE).

Voici, en fonction du nombre de collaborateurs par entreprise, la proportion de salariés rémunérés au Smic en 2010 selon la DARES et l’Insee1 :

Nicoulaud2
En % Source : DARES / Insee

Comme vous pouvez le constater, 23,6 % des salariés de TPE sont rémunérés au Smic tandis que, dans les grandes entreprises2, seuls 4,2 % des salariés sont concernés. Si vous y réfléchissez, c’est assez logique : non seulement les grands groupes ont des moyens que les TPE n’ont pas mais aussi, leurs grilles de rémunérations ont souvent fait l’objet de négociations internes ou d’accords de branche ce qui fait que le salaire minimum chez Axa, Danone ou Renault est toujours supérieur au Smic, ne serait-ce que légèrement.

Autre détail intéressant : les TPE, l’air de rien, représentent 18,6 % des salariés du secteur privé (hors agriculture) ce qui fait que, sur 100 salariés payés au Smic pas moins de 41,4 travaillent pour une TPE. En d’autres termes et contrairement à ce qu’une solide proportion de participants semble penser, ce ne sont pas les grands groupes qui sont les plus impactés par une hausse du salaire minimum légal mais les toutes petites entreprises ; le « patronat » qui va payer, ce ne sont pas les dirigeants du CAC 40 mais plutôt le restaurateur du coin de la rue, votre garagiste ou l’agence immobilière d’en face.

Cet article a été publié une première fois en 2016

Sur le web

  1. Voir DARES analyses, Les emplois rémunérés sur la base du Smic en 2012, décembre 2012 ; notez qu’il existe un rapport plus récent mais dans lequel ne sont analysées que les entreprises de 10 salariés et plus (DARES analyses, Les emplois du privé rémunérés sur la base du Smic, mars 2016).
  2. La définition officielle d’une grande entreprise c’est plus de 5 000 salariés.
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  • En tout cas, une chose est sûr : en payant ses employés au minimum, on obtient des employés motivés au minimum qui travail au minimum.

    • Ben pas forcément il suffit de les intéresser au résultat 😉

    • quand on réfléchit au minium on obtient des commentaires d’une qualité au minimum.

      • Quand le résultat est maigre… La France a privilégiés une économie de bas salaires . Nous avons favorisé les services avec une faible possibilité de l’amélioration de la productivité etc.
        Le grands groupes font leur chiffre et leur marge à l’étranger …

      • Avec le minium la pensée rouille moins vite…

    • La motivation n’a rien à voir avec la rémunération, ça a été maintes fois prouvé aussi bien en psychologie qu’en pratique.
      Le travail minimum s’observe par exemple dans la fonction publique, sur-payée (même si elle pleurniche en permanence …) et bénéficiant d’augmentation automatique ou « politique » (vous croyez que l’augmentation annoncée du point d’indice va augmenter la motivation, réduire l’absentéisme, etc. ? LOL).

      • 1/ Les gens travaillent pour l’argent. Arrêter de payer 100 personnes, vous verrez combien continueront à venir travailler. L’argent n’est pas sale. Travailler pour l’argent n’est pas synonyme de mal travailler.
        Quand à vos prétendues études, j’attends de les voir pour juger sur pièces. Sans doute sont-elles plus du niveau d’un Picsou Magasine que d’un Science ou Nature.

        2/ Sous payer ses employés est le meilleur moyen de les démotiver et de les pousser à travailler plus ou moins n’importe comment. Sur payer ses employés n’est pas le meilleur moyen de les motiver.
        Vous confondez l’un et l’autre et m’attribuez des propos qui ne sont pas les miens.

        • Aqua, vous faites une erreur de raisonnement.
          S’il n’y avait pas de SMIC des gens seraient payés 500 euros, d’autres 800 euros, d’autres 1000 euros et ils seraient simplement payés au prix auquel le marché estime leur travail. Personne ne serait payé au minimum (qui n’existerait pas). Ca ne suffit peut être pas de votre point de vue à vivre (tout est relatif) mais ce n’est pas aux entreprises à supporter des choix de société.

          Pour vous convaincre que les employeurs ne paient pas au minimum, regarder les grilles de salaire des conventions collectives et vous verrez que beaucoup de personnes dans votre entourage sont payées largement au-dessus (50% au-dessus facile dans la métallurgie dans mon secteur qui n’est pas spécialement porteur).

          Pensez aussi que si un employeur est obligé de payer un salarié au SMIC alors que la valeur tiré de ce travail ne les vaut pas alors ce poste de travail disparaîtra ou alors ce sront les autres employés qui subventionnent cet emploi au SMIC : ça se voit beaucoup dans les métiers du bâtiment où un manoeuvre est payé au SMIC et un ouvrier avec un CAP aussi ou 50 euros au-dessus juste pour faire la différence. Celui qui a un CAP subventionne le manoeuvre. D’où le peu d’intérêt de se former. C’est le nivellement par le bas… et tout cela à cause du SMIC.

          • Je ne parle pas de SMIC. Je parle de minimum.

            Cf. ma réponse à Théo31.

            • Payé au minimum ça ne veut rien dire… minimum de quoi ? De quel point de vue ? Eclairez moi.

              • Mon propos est très simple.

                Imaginons que vous proposez, en France et en 2016, un emploi pour 150 h/mois à 500 euros/mois. Quel genre d’individu allez-vous attirer ?

                1/ Celui qui n’a pas le choix.
                1a/ Le stagiaire en études qui est prêt à sacrifier sa rémunération financière par une rémunération en compétences, en réseau ou en espoir. Celui là travaillera correctement eu égard qu’il attend en réalité du travail que vous proposez, non pas une solde, mais des connaissances pratiques ou académiques (ex: apprendre une nouvelle recette de gâteau pour un patissier), des connaissances sociales (ex: rencontrer un parlementaire socialiste pour un « étudiant » de l’UNEF) ou des opportunités futures (ex: un travail dans l’entreprise où il fait son stage pour un étudiant ingénieur de troisième année). Dans tous les cas, ces individus sont prêts à limiter leur gain immédiat dans l’objectif de maximiser leurs gains futures.
                1b/ Le désespéré qui a faim mais qui présente les compétences pour remplir les tâches que vous voulez voir être remplies par votre employé. Celui là est pris à la gorge, soit il travail et il mange, soit il ne travail pas et il dort sous un pont. La misère que vous lui donnez est à peine suffisante pour survivre. Il sait très bien qu’il vaut plus. Vous le prenez pour un con mais vous êtes en position de force. Clairement, il ne l’est pas. Il s’écrase devant vous mais il l’a très mauvaise. Concrètement, il travaillera dans sa zone de confort sans se faire chier. Dès qu’il trouvera mieux, il se tirera.
                2/ Le tocard. Celui-là est un tocard. S’il postule chez vous alors que vous offrez une insulte en guise de rémunération, c’est parce que c’est un boulet que personne n’a été assez con pour employer. Même si sa vie en dépendait, il serait incapable de remplir correctement les tâches que vous lui confierez. Alors, certes, vous ne le payez pas plus que ce qu’il vaut. Faites vous pour autant une bonne affaire ? La réponse est non.

                La moralité est qu’on attrape pas les mouches avec du vinaigre. Vous donnez une misère, vous obtenez une misère. Sous payer ses employés est le meilleur moyen de tomber sur des tocards (que vous payez, alors, à leur juste valeur de tocard), des désespérés qui en feront le minimum et se barreront à la première occasion ou des gens qui cherchent un tremplin, par essence provisoire, et qui pilleront tous les actifs immatériels de votre entreprise pour au final se rémunérer à leur juste valeur.

                • Bonjour Agua
                  Je comprends bien votre discours, mais si l’employeur à besoin juste d’un tocard, pourquoi l’état interdirait à l’employeur et au tocard de travailler.
                  Parce que c’est le résultat. Soit on a un chômeur pauvre, soit un travailleur pauvre. Je préfère un travailleur pauvre, il a sa dignité et n’est pas dans une trappe à pauvreté.

                  • La différence étant que dans un cas c’est le patron qui l’exploite (oh, le gros mot!), tandis que dans l’autre c’est l’Etat qui en profite (enfin, le politique qui représente l’Etat et qui tient le vote du chômeur captif).
                    Vous n’allez jamais trouver un gauchiste accepter votre point de vue. Le chômage est mieux que ce qu’ils appellent « esclavage » (même quand le travail en question ne vaut pas du tout plus que ce qui lui a été payé).
                    Le problème qui leur saute maintenant à la figure, c’est que les intéressés ne semblent pas être forcément du même avis.

                • @agua , vous avez raison, quand les gens sont sous-payés pour un job de merde, c’est sûr il y a plein de jobs, mais vous vous retrouvez avec un turn-over fantastique, votre employé va se barrer du jour au lendemain, j’ai connu çà au Chili, vous arrivé sur le chantier le lundi matin et vous n’avez pas d’ouvriers, ils sont partis à la concurrence pour 1500 pesos de plus par jour, et là vous êtes dans la merde même si vous n’aviez besoin que d’un tocard. Là-bas, l’employeur peu virer son ouvrier quand il veux, mais l’employé peu s’en aller aussi quand il veux . C’est çà le vrai libéralisme, çà fonctionne dans les deux sens. Je pense que les libéraux sur ce site ne savent pas ce qu’est vraiment le libéralisme.

              • claude henry de chasne
                17 décembre 2018 at 16 h 52 min

                payer au prix ou les gens acceptent de travailler , et basta

    • Ils ne sont pas payés au minimum mais au SMIC.

    • il existe des tas de petits employeurs qui ne peuvent simplement pas employer au dessus du minimum(càd au smic, pas la peine de pinailler).
      C’est simplement une question de survie.

      Heureusement pour eux, beaucoup arrivent à trouver des « collaborateurs » efficaces et motivés malgré le niveau de salaire, avec qui ils travaillent parfois en tête à tête.

      A l’inverse, des salariés mieux payés, mais dans l’anonymat d’un grand nombre, se permettent souvent certaines dérives que l’on ne rencontre pas dans les tpe, qui ne peuvent se le permettre.

      • Ces employeurs n’auront d’autre possibilité que de licencier ou fermer boutique, car ils ne pourront suivre l’augmentation du SMIC

  • claude henry de chasne
    17 décembre 2018 at 16 h 50 min

    celui qui va payer au final c’est le client, y compris le smicard

  • Un poste est toujours proposé avec un salaire. On l’accepte ou pas. Si on n’a rien d’autre, on peut l’accepter le temps de trouver mieux et c’est ce qui arrive la plupart du temps aux gens motivés. En prenant de l’expérience, on « se vend » ailleurs à meilleur salaire.
    Mais si on accepte le poste avec le salaire au minimum, on travaille correctement, tel que signé et c’est d’ailleurs certainement un minimum. Parce que si on l’a accepté, c’est qu’on n’avait pas le choix et c’est déjà bien d’avoir cette possibilité de progresser.
    L’employeur n’est pas responsable du manque de choix de la personne dans un pays où école et formations professionnelles sont gratuites. (Et donc les charges sur les salaires élevées, ce qui fait que le smic coûte cher à l’entreprise).

    • En France cela peut durer longtemps, nous savons tous que notre économie est faible . Pas d’investissements ,faibles marges , etc. , donc changer est difficile .
      De plus il ne faut pas faire d’angélisme , un employeur avec de bonnes marges ne paiera pas plus un employé si l’offre d’employé qualifié est forte . Donc ailleurs sera à l’étranger pour les très qualifiés comme pour les plus dynamiques . Il nous reste ceux qui n’ont pas le choix , les moins motivés et les vieux … Tout ceci est malsain,favorise la rancœur , souvent la haine . Ce pays doit changer ou il est foutu ce qui est probable.

      • C’est faux, tout ce que vous dites est faux. Bien sûr qu’un employeur satisfait de son employé le paiera plus pour le garder. Vous croyez vraiment qu’un employeur s’amuse à changer de salarié pour le plaisir de maintenir des salaires faibles, sérieux ? C’est une légende. Un employeur qui a le salarié qui convient en terme de qualification, efficacité dans le poste, acceptera de le payer plus. Car le laisser partir signifie pour lui de repartir à la recherche d’un autre, passer du temps dans des entretiens d’embauche, embaucher en se demandant s’il a retenu le bon, former ce nouveau, bref des complications qui coûtent bien plus cher que d’augmenter le salarié qui tient la route.
        Ce qui favorise la rancoeur et la haine est d’attendre tout de l’employeur, tout en cherchant des prétextes pour ne pas se donner les moyens, tout en reprochant à l’employeur le résultat de l’absence d’efforts ! Je peux difficilement vous laisser dire qu’il ne reste plus en France que « ceux qui n’ont pas le choix, les moins motivés et les vieux »… c’est une insulte à tout ceux qui s’assument.

  • Les grands groupes vont se frotter les mains : la concurrence va être en partie détruite.

  • Je comprend très bien les propos d’Agua.

    Dans mon patelin à un jet de pierre de la Suisse et de l’Allemagne, nous avons un ehpad; les aides-soignantes y sont payées au Smic.

    Par la force des choses, celle qui parlent encore l’Alsacien (en général originaires des villages) vont bosser en Suisse (smic x3) ou en Allemagne (smic x2), et celles qui restent pour boucher les trous ont énormément de mal à communiquer avec des anciens qui ne parlent plus que l’alsacien *.

    Ce n’est pas l’attrait du smic qui les fait rester, mais la barrière de la langue qui les empêche de fuir, cette même barrière qui isole les résidents…

    * Pour rappel: la langue maternelle s’inscrit dans une partie différente du cerveau que les langues apprises; après un AVC, un Alzheimer ou autre affection cérébrale, seule la langue maternelle subsiste.

    • Dans une économie saine tout nos propos deviennent caduc .
      L’économie comme miroir de notre santé mentale …

      • Où avez vous vu une économie saine ? Quel pays ?
        Remarquer qu’avec le pacte de Marrakech et l’importation de main-d’oeuvre allogène, trouver un mec qui bosse pour 500 balles par mois ne devrait pas être un problème. Mr Gattaz disait que ce serait bon pour la France, 10 millions de péquins en plus, ce serait bien il parait. Les nouveaux négriers, çà c’est du libéralisme, sauf que là les esclaves se battent pour monter sur le bateau. Ironie de l’histoire. MDR.

  • Toujours intéressant d’avoir ces statistiques. Cependant le bon sens suggérait cette réponse dans la mesure où les TPE ne disposent pas de la c

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