La France sur le point d’abolir les passeports ? Un espoir perdu

Introduits en temps de guerre, longtemps contestés parce qu’ils constituent une entrave à la liberté de circulation, les passeports sont aujourd’hui incontournables.

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Passeport français (Crédits : Steven Jambot, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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La France sur le point d’abolir les passeports ? Un espoir perdu

Publié le 13 novembre 2018
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Par Speranta Dumitru.
Un article de The Conversation

À l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, Emmanuel Macron a rappelé aux chefs d’État « l’immense responsabilité de transmettre à nos enfants le monde dont les générations d’avant ont rêvé ». « Additionnons nos espoirs au lieu d’opposer nos peurs », a-t-il ajouté.

L’un des espoirs des générations d’avant fut le rétablissement de la liberté de circulation qu’elles connurent avant la guerre. Mais aujourd’hui, on se rappelle à peine que l’obligation d’avoir un passeport pour traverser la frontière est une institution de guerre, que des générations de chefs d’État tentèrent maintes fois d’abolir.


Conférence des passeports, Paris 1920. Extrait d’un document de la SDN.

DR

 

 

 

 

 

 

À la fin de la guerre, l’opinion publique suit avec impatience les négociations internationales. En 1919, le Traité de Versailles prévoit un retour à la liberté des communications et du transit. La Société des Nations (SDN), ancêtre de l’ONU, crée une commission à cet effet. En 1920, la première Conférence sur les passeports est organisée à Paris. Mais les États décident de reporter « l’abolition totale des restrictions et le retour complet au régime d’avant-guerre ».

Partout, les journaux parlent des passeports comme d’une « nuisance » ou d’une « peste ». En 1921, le journal français Le Temps publie un article sur La suppression des passeports. Le New York Times reprend l’information et titre France to propose passport abolition. Le ton est sans ambiguïté :

L’une des pires pestes que nous devons à la guerre est le rétablissement du passeport. Pendant cinquante ans, cette formalité pénible avait été oubliée […] Aujourd’hui le passeport est rétabli. Il est une grande cause d’ennui pour les touristes et les commerçants, sans être une mesure de sécurité pour les États. Remis en vigueur en 1914, le passeport subsiste encore dans la plupart des pays. Tout le monde proteste contre ce régime […]

En lisant la presse d’il y a 100 ans, on réalise qu’en acceptant le contrôle des passeports, on a aussi perdu un certain sens de l’honneur.

Migrer sans passeport ?

Il est difficile aujourd’hui d’imaginer ce que ressentaient les générations d’avant en perdant leur liberté de circulation. Nous nous sommes habitués à croire que pour traverser les frontières, il faut y être autorisé. Nous considérons aujourd’hui qu’il revient à chaque État de décider de qui entre sur son territoire. Or, comme le rappelle en 1922 un rapport officiel du Bureau international du Travail :

Durant tout le XIXe siècle, la migration était, en général, sans entrave et chaque émigré pouvait décider du moment de son départ, de son arrivée ou de son retour à sa convenance […] La guerre qui a éclaté en 1914 de manière inattendue a soudainement tari bon nombre de sources d’émigration et a brisé des relations vénérables, en altérant la direction de grands courants migratoires ou en les bloquant.

Le New York Times annonce l’arrivée des 12 668 en un seul jour le 4 avril 1903.

 

Il est difficile aussi d’imaginer ce que ces grands courants migratoires signifiaient autrefois. Car à la fin du XIXe siècle, la migration transatlantique fut facilitée par le développement du transport en bateau à vapeur. En 1903, par exemple, pas moins de neuf bateaux pouvaient arriver en un seul jour dans le seul port d’Ellis Island, dans la baie de New York. Comme le relate le New York Times, ces neuf bateaux emmenèrent sur place plus de 12 000 étrangers en provenance des ports européens.

À l’époque, cette arrivée était perçue comme importante, mais ne déclenchait pas de « crise des migrants ». La gestion de l’accueil peut étonner aujourd’hui. Le commissaire de l’immigration, arrivé pour superviser l’enregistrement, avait commencé par laisser débarquer seulement 5 000 étrangers. Mais la gestion fut si efficace qu’à la fin de la journée, 5 800 avaient pu être enregistrés. Les 7 000 migrants restants devaient attendre le lendemain sur le bateau. L’attente n’était pas facile après une à deux semaines de voyage en bateau.

 

 

 

 

 

 

 

Vue sur un bateau de migrants arrivant à Ellis Island. DR

 

Au total, 55 millions de migrants ont circulé entre l’Europe et les Amériques durant la période 1850-1914. Aux 55 millions de migrants européens, il faut ajouter les 100 millions d’Asiatiques qui ont pris les routes du Pacifique et de l’Océan indien entre 1840 et 1940.

Aujourd’hui, le nombre de migrants s’élève à 250 millions pour une population mondiale quatre fois supérieure à celle du siècle dernier. Des taux d’émigration de 50 ‰ par décennie et des taux d’immigration de 100 ‰ par décennie sont aujourd’hui rares, alors qu’ils étaient communs avant la Grande Guerre.

La migration de masse explique la croissance économique d’avant la guerre. Dans leur livre, l’Âge de la migration de masse : causes et impact économique, les économistes T. Hatton et J. Williamson soulignent ainsi que :

La migration de masse dans les quarante années précédant la guerre a augmenté d’un tiers la force de travail dans le Nouveau Monde et a diminué d’un huitième celle de l’Ancien Monde.

Selon ces économistes, la migration de masse a permis de diminuer les inégalités mondiales avant la Grande Guerre.

Les passeports : une mesure de guerre qui s’avère contagieuse

Les pays en guerre ont été les premiers à imposer l’obligation d’avoir un passeport pour pouvoir circuler. En France, le décret du 2 août 1914 exige de tout étranger de faire connaître son identité auprès de la police ou de la mairie. Le lendemain, un autre décret réglemente le nouveau régime des passeports.

Ministre de la Guerre, 2 août 1914.

 

La raison en est que les ressortissants des pays ennemis sont vus comme des ennemis. Le ministre de la Guerre, Adolphe Messimy, veut donc les « empêcher de nuire, de causer des désordres et de troubler la mobilisation ». Mais il lui paraît aussi « nécessaire » d’étendre le contrôle des déplacements aux « étrangers appartenant à des puissances neutres ». Femmes et enfants sont concernés.

La Grande-Bretagne suit le même chemin. En septembre 1914, elle interdit à tout étranger de débarquer dans ses ports sans passeport. Les consulats sont pris d’assaut partout en Europe. Les nouvelles sur les espions abondent dans les journaux. On durcit la délivrance et le contrôle des passeports.

Comme par contagion, le contrôle des passeports s’est répandu dans les pays qui n’étaient pas en guerre. Aux États-Unis, par exemple, le gouvernement commence par prévenir les voyageurs qu’il est désormais nécessaire de retirer un passeport pour aller en Europe. Mais en 1916, les compagnies de transport refusent déjà d’embarquer des passagers sans passeport, un an avant que les États-Unis n’entrent en guerre. La première base légale pour contrôler l’entrée et la sortie des citoyens et des étrangers est promulguée en 1918, quelques mois avant la fin de la guerre.

Le contrôle des passeports survivra à la guerre. Si certains pays ou régions du monde l’abolissent de temps en temps, la contagion n’aura fonctionné que dans un sens.

Prouvez que vous êtes respectables…

À la fin de la guerre, l’opinion publique espère l’abolition des passeports. Les journaux font écho à son exaspération. « Paperasserie internationale », titre le Petit Parisien en 1920, relatant que « depuis la guerre, le voyage à l’étranger est devenu un détestable supplice ». « La plus grande nuisance de l’Europe », renchérit le New York Times, expliquant pourquoi l’annonce de la première Conférence sur les passeports à Paris avait été reçue avec « des exclamations d’une grande joie ».

La nuisance que produisaient les passeports ne résidait pas simplement dans le ralentissement des voyages, le contrôle à chaque frontière, l’inspection des bagages. La nuisance ne se résumait pas non plus aux files d’attente qui se formaient partout : aux consulats, aux frontières, aux bureaux de délivrance des passeports.

La nuisance ne se limitait pas seulement au fait que les gens devaient désormais prouver leur identité. On ne comprend plus aujourd’hui leur exaspération. Mais en 1923, un article du New York Times affirme que « sortir du pays est devenu le travail le plus difficile auquel se confrontent les citoyens américains ». La « mesure la plus vexante » était de devoir prouver son lieu de naissance. On raconte l’indignation d’une femme qui veut acheter un ticket pour rejoindre son fiancé en Angleterre :

Avez-vous votre passeport ?
– Non, je n’y ai pas pensé.
– Il vous faut un certificat de naissance.
– Pourquoi ? Je vis en Californie, je suis née là-bas […] Je ne pense pas avoir un certificat de naissance et je ne peux pas m’y rendre avant le départ du bateau.

La femme a dû annuler son voyage…

La véritable nuisance du régime des passeports est éthique. Les passeports changent nos rapports aux étrangers. Ils instituent le soupçon systématique à la frontière. Introduits pendant la guerre, ils devaient assurer que l’étranger n’était pas un ennemi. Après la guerre, le soupçon survit et se transforme.

Les gens doivent désormais prouver qu’ils sont respectables. En 1924, le journaliste du New York Times, ouvre le débat : « Qui est officiellement respectable ? » (pour obtenir un passeport). Et avec un brin d’humour, il constate l’absurdité des règles : « A-t-on déjà vu un philatéliste irresponsable ou un comptable frivole ? »

Le centenaire de la peur

Après la Grande Guerre, pas une année ne passe sans qu’une conférence internationale ne rappelle l’objectif de l’abolition des passeports. En 1920, 1922, 1924, 1925, 1926… on souhaite que l’obligation du passeport soit abolie aussitôt que possible. Dans les années 1930, les conférences sur les passeports deviennent moins fréquentes.

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’ONU réactive la question de l’abolition. En 1947, le groupe d’experts à la Conférence sur les passeports note que « le premier problème examiné fut la possibilité d’un retour au régime qui existait avant 1914 qui impliquerait l’abolition de toutes les dispositions exigeant que les voyageurs soient munis d’un passeport ». Il en sera de même, en 1963, lors de la Conférence sur le voyage international et le tourisme

À chaque fois, certains États suggèrent tantôt le danger du communisme ou de l’Union soviétique, tantôt la peur d’un voisin pour convaincre les autres que le moment d’abolir les passeports n’est pas encore venu.

Aujourd’hui, l’opinion publique ne fait plus pression pour abolir les passeports. À la frontière, chacun doit prouver son honneur. Cent ans après la guerre, personne n’est présumé respectable.

Speranta Dumitru, Associate professor, Université Paris Descartes – USPC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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  • On peut relire avec délice les mots de Bernanos (La France contre les robots, 1945) :

    J’ai vécu à une époque où la formalité du passeport semblait abolie à jamais. N’importe quel honnête homme, pour se rendre d’Europe en Amérique, n’avait que la peine d’aller payer son passage à la Compagnie transatlantique. Il pouvait faire le tour du monde avec une simple carte de visite dans son portefeuille. Les philosophes du XVIIIe siècle protestaient avec indignation contre l’impôt sur le sel-la gabelle-qui leur paraissait immoral, le sel étant un don de la Nature au genre humain. Il y a vingt ans, le petit bourgeois français refusait de laisser prendre ses empreintes digitales, formalité jusqu’alors réservée aux forçats. Oh ! oui, je sais, vous vous dites que ce sont là des bagatelles. Mais en protestant contre ces bagatelles, le petit bourgeois engageait sans le savoir un héritage immense, toute une civilisation dont l’évanouissement progressif a passé presque inaperçu, parce que l’État moderne, le Moloch technique, en posant solidement les bases de sa future tyrannie, restait fidèle à l’ancien vocabulaire libéral, couvrait ou justifiait du vocabulaire libéral ses innombrables usurpations. Au petit bourgeois français refusant de laisser prendre ses empreintes digitales, l’intellectuel de profession, le parasite intellectuel, toujours complice du pouvoir, même quand il paraît le combattre, rispostait avec dédain que ce préjugé contre la Science risquait de mettre obstacle à une admirable réforme des méthodes d’identification, qu’on ne pouvait sacrifier le Progrès à la crainte ridicule de se salir les doigts.

    Erreur profonde ! Ce n’était pas ses doigts que le petit bourgeois français, l’immortel La Brige de Courteline, craignait de salir, c’était sa dignité, c’était son âme. Oh ! peut-être ne s’en doutait-il pas, ou ne s’en doutait-il qu’à demi, peut-être sa révolte était-elle beaucoup moins celle de la prévoyance que celle de l’instinct.

    N’importe ! On avait beau lui dire : « Que risquez-vous ? Que vous importe d’être instantanément reconnu, grâce au moyen le plus simple et le plus infaillible ? Le criminel seul trouve avantage à se cacher… ». Il reconnaissait bien que le raisonnement n’était pas sans valeur, mais il ne se sentait pas convaincu. En ce temps-là, le procédé de M. Bertillon n’était en effet redoutable qu’au criminel et il en est de même encore maintenant. C’est le mot de criminel dont le sens s’est prodigieusement élargi, jusqu’à désigner tout citoyen peu favorable au Régime, au Système, au Parti, ou à l’homme qui les incarne. Le petit bourgeois français n’avait certainement pas assez d’imagination pour se représenter un monde comme le nôtre si différent du sien, un monde où à chaque carrefour la Police d’État guetterait les suspects, filtrerait les passants, ferait du moindre portier d’hôtel, responsable de ses fiches, son auxiliaire bénévole et public. Mais tout en se félicitant de voir la Justice tirer parti, contre les récidivistes, de la nouvelle méthode, il pressentait qu’une arme si perfectionnée, aux mains de l’État, ne resterait pas longtemps inoffensive pour les simples citoyens. C’était sa dignité qu’il croyait seulement défendre, et il défendait avec elle nos sécurités et nos vies. Depuis vingt ans, combien de millions d’hommes, en Russie, en Italie, en Allemagne, en Espagne, ont été ainsi, grâce aux empreintes digitales, mis dans l’impossibilité non pas seulement de nuire aux Tyrans, mais de s’en cacher ou de les fuir ? Et ce système ingénieux a encore détruit quelque chose de plus précieux que des millions de vies humaines.

    Le jour n’est pas loin peut-être où il nous semblera aussi naturel de laisser notre clef dans la serrure, afin que la police puisse entrer chez nous nuit et jour, que d’ouvrir notre portefeuille à toute réquisition. Et lorsque l’État jugera plus pratique, afin d’épargner le temps de ses innombrables contrôleurs, de nous imposer une marque extérieure, pourquoi hésiterions-nous à nous laisser marquer au fer, à la joue ou à la fesse, comme le bétail ? L’épuration des Mal-Pensants, si chère aux régimes totalitaires, en serait grandement facilitée.

  • Comparer les migrations intra-europeennes ou entre l’Europe et les Amériques au XIXeme et les phénomènes migratoires actuels est une arnaque phénoménale bien classique d’une certaine gauche. Faire exprès de feindre d’ignorer qu’il y a très peu de différences culturelles, finalement, entre un Italien et un Britannique et un abîme insondable entre un Somalien et un Danois c’est être malhonnête intellectuellement.
    Il est ‘amusant’ de constater que les mêmes gauchos qui traitent de fascistes ceux qui pointent cette différence culturelle entre migrants et autochtones, traitent ensuite de fascistes ceux qui demandent que les migrants s’adaptent aux coutumes locales (genre égalité homme femme). Ou bien il n’y a pas de différence culturelle significative et s’adapter aux us du pays d’accueil est un petit sacrifice qui peut être exigé, ou bien il y a un vide sidéral entre les cultures d’origine et d’accueil et comparer les Polonais et Italiens d’hier avec les Guinéens et Soudanais d’aujourd’hui est malhonnête et tordu en nous rebachant les oreilles avec « l’Europe terre d’immigration depuis Néandertal » (entendu sur Radio Gaucho ie France Inter).

    • « Aux 55 millions de migrants européens, il faut ajouter les 100 millions d’Asiatiques qui ont pris les routes du Pacifique et de l’Océan indien entre 1840 et 1940. »

      Vous avez dit « peu de différences culturelles » ?

      • Il faut croire que ces immigrants avaient alors une mentalité bien différente car il s’avère que je vis dans le Pacifique (bam, un mec qui sait de quoi il parle, ya un Axs qui a perdu une occasion de se taire). Ici, les asiatiques s’appellent Laurent, Jean Christophe ou Jean Patrice (salut les gars) et les descendants d’Algériens exilés en 1870, Laurent (encore !) ou Jean… Ouais, j’ai un Jean El-Hadj Omar dans mes clients…
        Dommage…

        • Vous dites vous memes qu’il ne faut pas confondre les migrations du XIXe siècle avec celles du XXIe, car les « différences culturelles » d’alors étaient faibles : Italien / Britannique du XIXe siècle vs Danois / Somalien du XXIe siècle.

          Or dans l’article il est clairement précisé qu’à ce même XIXe siècle, la migration d’Asie vers l’Amérique a été encore plus massive que celle des Européens.
          Comme vous êtes spécialiste du pacifique, j’imagine que vous conviendrez que les cultures asiatiques sont plutôt très différentes des cultures européennes…et soyons fous, à peu près autant qu’entre en Danois et un Somalien…

          • @ AxS
            Oui, enfin bon! Ce que vous n’aimez pas c’est l’arrivée (assez modeste) en France de noirs africains! J’ai 10/10?
            (je vous rassure: jamais, je n’ai pensé que la France n’était ni raciste ni xénophobe, en moyenne haute!)

  • C’est impressionnant.
    En 2018, on a tellement l’habitude des passeports, ça a tellement « toujours existé » qu’on ne se pose même plus la question…
    « Mais comment on faisait, sans ? »
    Ben on faisait pas. Et c’était finalement mieux…

    J’ai beaucoup de mal à imaginer un monde sans passeports… et pourtant il a existé, très longtemps.

    Merci pour cet article.

    • « Ben on faisait pas. Et c’était finalement mieux… »

      Certes. Mais le monde sans passeports qui existait auparavant était également un monde sans voiture, sans bus et sans avion.

      C’était un monde ou chacun vivait dans son monde où seuls de rares marchands marchandaient par les mers, la masse complètement à la ramasse se contentant de marchander avec le voisin, demeurant ainsi à la masse.

      • Le train, la voiture, le paquebot existaient au XIXème siècle. C’est au moment où ils prenaient leur essor que le passeport a été aboli. Ce n’était déjà plus « un monde où chacun vivait dans son monde », mais bel et bien un monde dans lequel chacun circule librement partout. En témoignent les chiffres donnés dans l’article. Ils sont impressionnants à l’échelle de ce que nous vivons aujourd’hui. A ce titre, je vous suggère la lecture de l’article « Les migrations internationales à l’ère de la mondialisation industrielle, 1840-1940 » de Adam McKeown où ce dernier met en regard les flux migratoires de cette période et ceux de notre époque.
        Enfin, l’unique raison pour laquelle les passeports sont obligatoires dans le monde aujourd’hui est que L’État est toujours frileux de rendre sa liberté aux individus. Le contrôle étatique emprunte de multiple chemins, et le contrôle de la circulation en est un.
        Si vous êtes ici c’est certainement que vous avez une sensibilité libérale. Je vous suggère de la nourrir sans vous contenter de réfléchir sur des idées reçues.

        • @ LP
          Ben oui! Vous voyagez déjà dans les 28 pays de l’U.E., sans même sortir votre carte d’identité et peut-être encore plus avec l’espace Schengen!
          Je suis frontalier et je ralentis à peine à la frontière: c’est une zone habitée!
          Je n’ai pas renouvelé mon passeport depuis des lustres!
          Ça n’empêche pas l’état de connaitre mes caractères physiques (pas intimes ni médicaux) mais qui irait les lire? Je protège ma vie privée, évidemment. Mais mon état n’a pas vocation à chercher la petite bête! Et des impôts consentis à des taux raisonnables, on les accepte sans angoisses ni inquisition! Il est libératoire de déclarer sans devoir feinter! Ça, c’est quand vos impôts semblent justifiés! Ce n’est manifestement plus le cas en France! La loi de l’offre et de la demande, ça fonctionne aussi avec l’état!

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