L’Urssaf devrait revoir ses méthodes pour devenir l’amie des entreprises

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Cowtown Beatdown By: John McStravick - CC BY 2.0

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L’Urssaf devrait revoir ses méthodes pour devenir l’amie des entreprises

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 octobre 2018
- A +

Une tribune du Cercle Lafay

Le 9 octobre 2018, à la Station F, intervenant après le témoignage d’un entrepreneur qui avait déclaré : « mon ennemi, c’est l’URSSAF », Emmanuel Macron a dit, devant un public pour le moins surpris : « votre amie, c’est l’URSSAF ».

Le problème, c’est que l’amitié ne se décrète pas. Il convient au contraire qu’elle ait des racines solides. Suite à cette affirmation, la twittosphère s’est emballée… et pas un message n’est venu défendre la thèse présidentielle !

Au hasard, nous relèverons certains propos : « l’URSSAF comme le fisc, ne sont pas les amis des entrepreneurs. Il suffit d’assister ces derniers lors des « contrôles-inquisitions » qu’ils subissent pour le comprendre ! » (@Virginiepradel) ou « l’Urssaf n’a jamais été l’amie des entrepreneurs… plutôt leur fossoyeur au moindre dérapage… à la différence du fisc plus « compréhensif » en cas de difficultés… » (@NinaBergamote). Même vos sympathisants semblent avoir pris un coup ; ainsi, pour @Dites____Moi, « j’aime beaucoup Emmanuel Macron, mais là franchement « l’URSSAF est votre amie » c’est absolument n’importe quoi »…

Les efforts de l’URSSAF

Certes, Emmanuel Macron soutient que, depuis quelques années, l’URSSAF tente de faire des efforts pour se montrer plus présentable vis-à-vis des entreprises. Mais quoi de plus normal lorsque l’on sait que 90 % des encaissements des URSSAF proviennent de ces mêmes entreprises…

L’URSSAF (gérée par les partenaires sociaux) aurait elle l’intention de maltraiter ceux qui les financent ?

Le think tank le Cercle Lafay, qui oeuvre pour améliorer les relations entre l’URSSAF et les entreprises, estime que le problème essentiel tient surtout sur la forme, la façon dont sont menés les contrôles des URSSAF .

Actuellement, les méthodes sont inacceptables, et cela détruit l’image de ces organismes.

Un chiffre, un seul : 90 % des PME vérifiées se font redresser. Ce qui reviendrait à dire que 9 dirigeants sur 10 sont des fraudeurs (car c’est ainsi que les URSSAF qualifient les « fautifs »).

URSSAF et travail dissimulé

L’arme préférée des URSSAF pour faire du chiffre est le « travail dissimulé« .

C’est au nom du travail dissimulé que « Mamie Bistro » a été poursuivie pour avoir aidé bénévolement son conjoint.

Lorsque des laissés-pour-compte d’une communauté Emmaüs reçoivent un modeste pécule, l’URSSAF est là qui guette pour requalifier ce montant de salaire et procéder à un redressement pour travail dissimulé.

Idem pour un voisin ou un frère qui donne un coup de main.

Que les juges annulent ces redressements n’empêche pas les agents des URSSAF de poursuivre des procédures qui les ridiculisent et ne contribuent pas à la faire passer pour des « amis » des entreprises.

Le Cercle Lafay plaide pour une modernisation du contrôle URSSAF et demande que soient enfin clarifiées les conditions des contrôles, en les fondant sur des textes respectueux des droits des cotisants ; qu’il en soit fini de l’absence de dialogue, des contrôles à l’arrache, des constations de travail dissimulé à tout-va, de l’insécurité juridique des chefs d’entreprise…

Régulièrement, notre Cercle propose des amendements en ce sens lors de la discussion de textes législatifs. Ce sera encore le cas lors de la discussion  du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Précisons que ces réformes de bon sens ne coûteraient pas un seul euro à la collectivité.

Monsieur le Président de la République, si vous avez l’intention que l’URSSAF devienne l’amie des entreprises, il ne suffit pas de le dire, il convient de mettre en œuvre les moyens pour atteindre cet objectif !

Voir les commentaires (13)

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  • l’Etat est là pour dépenser par pour gérer , vous rêver !!! plus vous lui donner de l’argent et plus il en a besoin … c’est un puit sans fond …

  • La fuite comme solution ? Déclarer son business au UK, et se déclarer aux URSSaf salarié unique d’une filiale d’entreprise étrangère. Ne se prendre que le minimum de salaire pour avoir une carte de Sécu, sous-traiter la paye. Prendre des sous-traitants, JAMAIS de salariés.

  • claude henry de chasne
    16 octobre 2018 at 8 h 22 min

    les allocations familiales vont a l’encontre des prospectives sur le réchauffement climatique , une france plus peuplée est une france avec plus d’assistés..
    A quand la remise en cause des allocations familiales

  •  » on ne mord pas la main qui vous nourrit « ……ha ben si , d’autant que l’exemple vient d’en haut……pourquoi l’urssaf se générait…..

  • C’est quoi cet article ???? Il faut accepter de se faire voler par l’ursaff mais avec le sourire ? on croit rêver !

  • URSS AF pardon

  • Il faut que les entrepreneurs aient le choix de ne plus cotiser au système moribond non concurrentiel de la sécu pour assurer au mieux leur propre risque. Demande à son bourreau de mettre de la mousse sur sa matraque ne fait que justifier l’existence de ce bourreau…

  •  » qu’il en soit fini de l’absence de dialogue, »
    C’est la façon d’exister de l’URSSAF : le coup de force, se traduisant par des exigences démesurées sans fondation sérieuse. Si l’otage (on dit le contrôlé) travaille bien et longtemps, il pourra éventuellement faire reconnaître par les différentes juridictions successives l’aberration de ces exigences. Il obtiendra donc un défraiement (toujours partiel) des sommes exigées, sans un mot d’excuses du malandrin.
    A l’usage, on s’aperçoit que ce malandrin (on dit un contrôleur) n’est qu’un petit bonhomme ridicule qui se venge de ses déboires existentiels en s’abritant derrière la puissance administrative.

  • l’URSSAF est une pieuvre , vous n’y échapper
    pas … mais elle a un défaut majeur, elle est inégal devant les entreprise elle est forte et destructif pour les faible et lâche vers les grandes entreprises…..
    elle n’est pas prête d’être aimée…

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Philippe Lacoude.

Au risque de surprendre, quand j’habitais Paris, j’adorais prendre le taxi. Bien sûr, ils sont chers, parfois dans un état discutable, mais avant les réseaux sociaux, ils étaient l’occasion de faire un vrai sondage de l’opinion publique et d’apprendre les théories les plus farfelues, sur tous les sujets.

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