Les « prix Nobel » d’économie 2018 récupérés par l’idéologie climatique

Les deux « Prix Nobel » d’économie sont loin d’être des soutiens inconditionnels de l’alarmisme climatique.

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Les « prix Nobel » d’économie 2018 récupérés par l’idéologie climatique

Publié le 12 octobre 2018
- A +

Par Rémy Prud’homme.

Le prix Nobel d’économie 2018 a été décerné à deux économistes américains très connus et très respectés : William Nordhaus et Paul Romer. Peut-être parce qu’il a été annoncé au moment de la sortie d’un énième rapport de la dernière chance publié par le GIEC, les catastrophistes officiels se sont empressés d’annexer ces économistes, en nous expliquant qu’ils étaient des spécialistes de l’environnement et d’ardents soutiens de l’alarmisme dominant. Il n’en est rien.

Paul Romer n’a pratiquement rien écrit sur ce thème ; William Nordhaus a bien travaillé sur l’environnement mais les conclusions auxquelles il arrive sont très différentes du discours du GIEC.

Paul Romer, Professeur à la New York University (NYU), qui a été un temps économiste en chef de la Banque Mondiale, a principalement travaillé sur la croissance économique. Il a contribué à dépasser la représentation classique qui explique la production à partir du travail et du capital, et la croissance à partir de l’augmentation de ces deux facteurs. Le rôle essentiel, explique-t-il, est joué par la technologie, l’éducation, les institutions, le secteur public, etc. – des variables « endogènes » à la société. Son nom est associé à la notion de « croissance endogène ». Le hasard fait que j’ai passé quelques jours avec Paul Romer qui m’avait invité à NYU à un petit colloque sur la voiture autonome : à aucun moment il n’a fait référence au climat, ou au réchauffement ou même au CO2 ; et dans ses publications, je n’ai pas souvenir de travaux sur ces thèmes.

Prudent sur la thèse du GIEC

Nordhaus, Professeur à Yale, a au contraire beaucoup travaillé sur ces thèmes. Il a synthétisé ses analyses dans un beau livre intitulé The Climate Casino publié en 2013. Il accepte, au moins provisoirement, la thèse du GIEC sur un réchauffement causé par les teneurs de l’atmosphère en CO2 anthropique. Il évalue le coût des dommages de ce réchauffement en fonction de son ampleur : coût réel pour un réchauffement de 1,5° (au dessus de la température de 1900), important pour 3°, très grand pour 5°. Et le coût des politiques de décarbonation en fonction de leur ampleur. La confrontation de ces deux courbes lui permet de définir un objectif optimal.

Bien entendu, de tels calculs sont très difficiles à conduire, et Nordhaus, en savant honnête et prudent, est le premier à souligner la fragilité de ses évaluations. Si les alarmistes se donnaient le mal de lire l’auteur qu’ils s’approprient, ils seraient surpris, et furieux, de ses conclusions. L’objectif optimal, désirable pour l’humanité, varie de +2,5° dans le cas (peu réaliste selon Nordhaus lui-même) d’une politique universelle à environ +4° dans le cas (plus vraisemblable) d’une politique non universelle. On est loin du catastrophique +1,5° de la COP 21 ou de l’apocalyptique +2° décrit par le GIEC dans son rapport d’octobre 2018. Selon Nordhaus, un réchauffement de 1,5°-2° est insuffisant, et il faudrait viser un réchauffement deux fois plus important, de 2,5° à 4°. S’il présentait ses travaux à une réunion du GIEC, de l’IDDRI, ou d’un Climate Finance Summit, le Professeur Nordhaus serait accueilli à coup d’insultes et de tomates.

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  • Moi j’ai deux question en ce qui concerne le réchauffement climatique:
    1) si la France devenait le pays le plus écologique du monde et n’émettait plus de gaz a effet de serre que serait l’impact planétaire de 65 millions d’habitants ( nous sommes deja 45 eme au classement)

    2) compte tenu de cette évidence ne sommes nous pas victimes
    d’une surtaxation de l’etat , justifié par la menace des millénaristes que sont les verts politiques agités par de petits malins qui profitent de l’argent public

    • 1. L’ impact serait nul.
      2. Évidemment

      • 1. En effet, l’impact serait nul. Les ressources fossiles économisées par les Français seraient rapidement réallouées à d’autres pays moins vertueux. Ce n’est pas forcément une excuse, juste un constat. Même genre de réallocations des ressources dans les petits efforts individuels. Si tu consommes moins de CO2 dans tes légumes locaux, tu en produis plus en utilisant ta voiture pour aller les chercher. D’une manière plus générale, compte-tenu de la complexité des chaînes de production, la meilleure estimation de ton empreinte carbone, ça reste ton pouvoir d’achat. Si tu as la prétention de consommer tout ton salaire, il y a de très fortes chances que tu pollues.
        2. N’oublions pas les libertés. Il ne s’agit pas seulement d’argent.

        • On rejoint là la notion d’effet rebond. Ce que l’on économise d’un côté en pouvoir d’achat, on le dépense ailleurs. Globalement, on ne fait que déplacer le problème et on n’a pas réduit son empreinte carbone.

        • il a été démontré que plus on est pauvre, plus on pollue. par exemple les fermiers pauvre qui pratique le brulage pollue infiniment plus que les fermiers européens au américain qui utilisent des moyen moderne de production.

        • « la meilleure estimation de ton empreinte carbone, ça reste ton pouvoir d’achat »
          Très bien résumé.
          Et l’estimation serait encore meilleure s’il n’y avait pas de taxes, subventions et réglementations arbitraires.

      • 3. Et tout ce qu’on ne voit pas, c est à dire ce que nous aurions fait avec cet argent.

    • 1) Un pays dont l’atmosphère est dénuée de gaz à effet de serre (CO2 et vapeur d’eau) existe déjà sur terre. D’après la doctrine escrologiste, son micro-climat local devrait être glacial.
      Ce pays, c’est le Sahara, qui n’est pas réputé pour son froid polaire.
      2) Le total mondial des taxations carbone actuelles s’élève à 500 milliards de dollars. Je ne connais pas un seul dirigeant politique capable de négliger un tel paquet de fric, d’autant que c’est pour sauver la planète!

      • Pas tout à fait.
        La répartition de la concentration du CO2 (0.04% des gaz de l’atmosphère) sur terre est relativement homogène. Cf lien (d’un site réchauffiste lol) qui montre une cartographie terrestre de ces variations. Ces dernières sont mise en évidence de manière accentuée grâce à des fausses couleurs impressionnantes alors que les variations ne dépassent pas 2% (de 0.04% ne l’oublions pas). Donc, même au Sahara, il y a du CO2.
        https://www.les-crises.fr/climat-5-concentrations/
        Par contre, effectivement au Sahara (comme dans la plupart des déserts), la concentration en vapeur d’eau est très faible dans l’atmosphère. Cela explique le froid des nuits sahariennes: il n’y a pas de vapeur d’eau pour absorber les rayonnements infra-rouges réémis par le sol qui relâche la chaleur emmagasinée dans la journée.

    • Il suffit de prendre les chiffres de ceux-là mêmes qui promeuvent ces politiques.
      En supposant que l’Europe réduise de 20% ses émissions de CO2, on peut calculer l’impact sur la température, en utilisant les chiffres du GIEC (rapport AR5):
      – Sensibilité climatique (échauffement en cas de doublement du taux de CO2) : 1-2,5°C
      – Part de CO2 anthropique dans l’atmosphère : 25% (hypothèse très haute)
      – Fraction d’origine européenne : 1%
      Calcul de « l’échauffement évité » : 20% x 1% x 25% x 1-2,5°C=0,0005°C à 0,00125°C
      Dépenser des milliards d’euros pour ce résultat est complètement absurde, et tout ce délire nous mènera à la ruine… Mais peut-être est-ce le but recherché par les idéologues malthusiens?

    • Vous aurait-il échappé que l’accord de Paris a été ratifié par plus de 160 pays ? Donc, non, la France ne s’engage pas seule dans la réduction des émissions de GES…
      Votre première question tient donc plus du sophisme que de l’évidence.
      Reste la question du coût, bien réelle. Désamorcée d’emblée par ceux qui estiment que l’inaction conduirait à encore plus de dépenses. Pour eux, l’affaire a tout du pari de Pascal. Mais vous n’êtes pas obligé de croire aux termes du pari.

      • Accord ratifié par bcp de pays en voie de développements qui eux-mêmes produisent peu de GES en raison d’un faible développement économique et qui voient là surtout un moyen de drainer des subventions supplémentaires provenant des pays riches.
        Ensuite, les contraintes de cet accord sont limitées voire inexistantes pour celui qui ne souhaite que très modérément s’y plier et les sanctions en cas de non observances sont nulles. Sans oublier les nombreux « arrangements » et « exemptions » qu’ont obtenu certains pays condition de leur signature. Ainsi la Chine, l’accord qu’elle a signé la déchargeant de tout effort avant de très nombreuses années….
        Donc un accord sans bcp de signification ni contrainte.

  • Ces nominations semblent justifier la thèse de Taleb selon laquelle les prix noble en économie sont des non-events qui récompensent des gens un peu au hasard.

  • J’avais moi aussi vu cette actualité, et regardé les travaux de ce chercheur. De façon intéressante, il n’était fait mention nulle part de ces recommandations… Si je me souviens bien, il estimait à 10% la perte de PIB si on ne fait rien pour le CO2, et à 1% si on limite le réchauffement à 3.5 C. Plus drôle: il considère que les accords de Kyoto étaient inutilement trop contraignant, et que les action en faveur du climat ne sont pas si pressées. Je ne peux qu’être d’accord, car il semble que les résultats d’une éventuelle l’action économique sous plus faible que la marge d’erreur. Tout cela conforte qu’il y a des problèmes plus urgents, en particulier dans les pays pauvres.

  • E pure si muove, et en plus maintenant elle perd son eau. Mais comme rien ne se perd et rien ne se gagne où va l’eau de la terre essorée? Gonfle-t-elle les mers et les océans?

    Dans ma région la sécheresse, c’est comme le chômage, elle s’installe et il faut apprendre à vivre avec. Nous apprenons vite : les cultures changent et, peu à peu, les paysages.

    Nous cherchons des techniques pour relever ce défi, nous devenons inventifs autrement, c’est intéressant. Ceux qui en font le plus en parlent le moins. Ils ne se disent pas écologistes, ils font ce que l’homme a toujours fait : ils s’adaptent, ils agissent pour créer de la richesse autrement, avec un nouveau type de fertilité qui ouvre des perspectives. Ce que nous faisons aujourd’hui aura des effets dans 50 ans et l’eau reviendra. En fait, en silence tout est fait pour ça, tant la vitesse de réaction des hommes est toujours vive pour corriger les erreurs avérées. C’est encourageant.

    Ailleurs, l’écologie politique parle dans le vide car elle n’a rien à proposer à part taxer et elle jette des anathèmes que plus personne n’écoute. Ceux qui paient des impôts se savent rançonnés sans se faire d’illusions et ils attendent leur heure. En attendant, les hommes de la terre pratiquent l’écologie comme ils respirent ; quand elle n’est pas politique, c’est un art ancestral.

    Personne n’agit pour la planète et il revient à chacun d’agir pour son coin de terre de manière adaptée : pas en payant des taxes, mais en sachant quoi planter et comment cultiver. Privilège de terriens enracinés dont sont privés les citadins hors sol.

    D’ailleurs, il conviendrait de donner à cette population urbaine le prix Nobel de l’abnégation. Car elle a accepté de se laisser entasser dans des villes densifiées où elle ne voit plus le ciel pour laisser un immense territoire disponible aux forêts, prés et cultures. Au lieu de se voir sans cesse reprocher de n’être pas assez écolo, elle devrait au contraire se voir reconnue sa contribution massive à la réduction de son empreinte écologique par l’abandon de son idéal, à savoir vivre dans une maison au milieu d’un jardin(à l’horizontal suivant la formule péjorative attribuée à de Gaulle). C’est ainsi qu’elle a répondu à l’injonction du Général : « Ils veulent vivre à l’horizontal, nous les ferons vivre à la verticale ». Quelques dizaines d’années plus tard, majoritairement empilés dans des immeubles, c’est chose faite.

    Tant de docilité mériterait de la part de l’Etat un hommage national à une population aussi apte à dégager la place au sol. Tant d’abnégation dans l’occupation du territoire devrait au moins être reconnue comme écologiquement satisfaisante, au lieu que cette population soit toujours culpabilisée de ne pas en faire assez pour se faire disparaître.

    Cela pour dire que, entre terriens et citadins sans terre, il devrait au moins y avoir une reconnaissance d’utilité réciproque propice à l’écologie afin d’affirmer haut et fort que la France en fait d’ores et déjà assez à ce sujet.

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