Emmanuel Macron, petit père du peuple

Emmanuel Macron by GUE-NGL(CC BY-NC-ND 2.0) — GUE-NGL, CC-BY

Dans ses déclarations récentes, Emmanuel Macron se place comme un monarque au-dessus de son peuple. Et nous considère comme ses enfants.

Par Phoebe Ann Moses.

Emmanuel Macron s’est fait remarquer ce week-end dans une photo prise à Saint-Martin, où il prend la pose accompagné de jeunes habitants.

Macron, le président près de son peuple

Ce n’est pas tant la photo qui nous intéresse ici, bien qu’on lise sur le site de RTL que le jeune à gauche du chef de l’État est un ancien braqueur, tandis que celui de droite fait un doigt d’honneur en prenant la pose. Ce sont surtout les réactions des protagonistes politiques.

Immédiate – et guère surprenante – la réaction de Marine Le Pen sur son compte Twitter :

Valérie Boyer, députée des Bouches du Rhône, retweete quant à elle la photo, rappelant — de manière tout aussi attendue — que le président avait, en certaines circonstances, rappelé le respect qui lui était dû :

Tu dois te comporter comme il faut. Tu m’appelles pas Manu. Tu m’appelles monsieur le président. Ou monsieur.

Emmanuel Macron notre petit père des peuples

Emmanuel Macron a donc senti qu’il valait mieux faire face aux critiques. Face à l’attaque de Marine Le Pen, il choisit de s’expliquer :

Marine Le Pen, c’est l’extrême droite, et l’extrême droite ce n’est pas le peuple. Je suis président de la République et je ne laisserai à personne le peuple.

Traduction : je suis à mon président et il ne me laissera pas aller où je veux. La tournure a le mérite de nous révéler la manière dont Emmanuel Macron envisage le pouvoir : à la façon d’un monarque. Le droit de s’écarter du chemin, de tracer sa propre route, n’est même pas envisageable.

Problème : cette remarque n’est pas un fait isolé. Ainsi, pour se justifier de la fameuse photo qui a fait polémique, le président continue :

J’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises.

Un peu comme un père, en somme… un petit père des peuples. Qui pardonne les fautes, qui aime malgré tout les bêtises. Ne manque plus que le culte de la personnalité. Teasing :

Et comme on l’attend dans un tel contexte, les médias se doivent d’être à la hauteur des attentes du chef de l’État. Sans surprise, ils nous ont présenté successivement des baisses d’impôts qui sont des hausses, des dettes qui sont comblées alors qu’elles ne le sont pas, des fonctionnaires qui vont se mettre à travailler pendant que les députés se votent de coquettes attributions, des prélèvements à la source qui vont nous simplifier la vie…

Comment inculquer au peuple l’envie d’être autonome, de traverser la rue pour trouver un emploi par soi-même, de faire ses propres choix et prendre ses responsabilités si, en permanence, de manière répétée, il subit comme un lavage de cerveau que papa est là pour lui ? L’État-nounou, c’est toujours maintenant…