Industrie de la Défense : à quand la fin de l’État actionnaire ?

Toute impérieuse qu’elle est, la Défense ne répond-elle pas nécessairement aux lois du marché ?

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EGVA - Dassault Rafale M - French Navy By: Steve Lynes - CC BY 2.0

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Industrie de la Défense : à quand la fin de l’État actionnaire ?

Publié le 20 septembre 2018
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Par Alice Perrin.

Alors que le secteur de la Défense devient de plus en plus concurrentiel, la France a tout intérêt à se doter d’une stratégie adaptée aux lois du marché et, de fait, faire confiance au privé plutôt qu’à l’État.

À en croire certains « spécialistes », Défense et intérêts privés ne font pas bon ménage. Secteur régalien par excellence, la première doit demeurer, selon eux, dans le giron de l’État, coûte que coûte. Les enjeux — dont l’intégrité du territoire national et de ses habitants — sont bien trop sensibles pour être délégués à la sphère privée. Soit. Mais lorsqu’il s’agit d’industrie, la réflexion est-elle la même ? Toute impérieuse qu’elle est, la Défense ne répond-elle pas nécessairement aux lois du marché ?

La réponse fera grincer des dents. Pourtant, il semble bien que, quel que soit le secteur industriel, « trop d’État » a effectivement tendance à freiner le développement économique d’une entité donnée. Les interrogations sur l’État actionnaire ne sont pas nouvelles ; en février 2017, déjà, la Cour des comptes, dans un rapport sur la question, énumérait les travers de la puissance publique lorsqu’elle intégrait les conseils d’administration : omniprésence infructueuse, conflits d’intérêts, contradictions… autant de dérives que les sages de la rue Cambon souhaitaient voir gommées. La solution selon eux ? Que l’État devienne un « meilleur actionnaire » en se désengageant progressivement de ses participations, de 40 à 50 % dans certains cas.

Quelques semaines avant la publication du rapport, c’est l’Institut Montaigne qui avait rendu un pareil, et cinglant, verdict. « La fonction d’actionnaire, qu’elle soit purement financière ou stratégique, n’est pas adaptée aux pouvoirs publics. Ce n’est ni une critique ni un problème : c’est un fait qu’il convient d’assumer pour mettre fin à une ambiguïté contre-productive » estimait ainsi David Azéma, vice-président du think tank et ancien directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE). « L’État n’est pas un “Homo œconomicus” et ne le sera jamais : le vouloir actionnaire, c’est espérer de lui ce dont il n’est pas capable ni responsable ».

Un actionnariat superfétatoire

La chose est aisée à comprendre. L’actionnaire recherche avant tout la rentabilité — un objectif capitalistique assumé —, ce qui présuppose une nécessaire part de risque, que l’État, devant assurer sa stabilité dans le temps, est bien trop frileux pour prendre ; là non plus, rien d’anormal. Le paradoxe de l’État actionnaire, donc, est d’autant plus valable lorsque le secteur industriel dans lequel il intervient est concurrentiel. Or, du propre aveu de l’administration, la Défense intègre le champ des secteurs hautement concurrentiels et stratégiques. Pour ce qui est du marché de l’armement, notamment, dont « la crise a favorisé l’exacerbation de la concurrence » selon le site Internet du ministère des Affaires étrangères.

Et il y a fort à parier que cet élan sera durable. Si l’industrie française de la Défense (5 000 entreprises pour 400 000 emplois, soit le quart des capacités européennes) souhaite conserver son rang, elle a tout intérêt à réfléchir exclusivement en termes de retour sur investissement. D’autant plus que, selon la Diplomatie tricolore, « les industries européennes, et françaises en particulier, doivent compenser par leurs exportations l’important différentiel entre les crédits européens et les budgets américains ». Sous-entendu : si Paris désire conserver Washington dans sa ligne de mire industrielle et économique, il est grand temps qu’elle adopte une stratégie adéquate.

Une présence étatique superflue

Problème : non seulement, l’État est loin de pouvoir apporter une vision stratégique aux entreprises dont il est actionnaire — en témoignent la perte de Safran sur un oubli de l’APE ou encore les votes contradictoires des administrateurs représentant l’État chez Nexter —, mais sa présence au board des entreprises de défense est superflue.

En effet, l’État français effectue déjà un contrôle à l’export pour tout ce qui est matériels de guerre ou assimilés. La vente d’armes, de guerre ou dite duale, est soumise à l’aval du Service des biens à double usage (SBDU) ou de la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériel de guerre (CIEEMG). Ce dispositif dit d’export control permet de contrôler — et donc d’autoriser ou non — ce que les entreprises de Défense françaises commercialisent à l’étranger. Impossible donc que des savoir-faire français puissent être vendus à l’ennemi.

Le contrôle à l’export n’est pas le seul outil dont dispose l’État français pour garder un œil sur son industrie de Défense. Grâce à son « carnet de commandes », notre gouvernement dicte la ligne de conduite, en termes d’innovation et de production, de ses entreprises de Défense, qui ne pourraient se financer sur leurs fonds propres sans l’assurance d’importants volumes de ventes à l’arrivée. Dès lors, à quoi bon vouloir à tout prix rester actionnaire quand on dispose déjà, sans l’être, d’outils de surveillance et de contrôle si efficaces ? Mystère…

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  • A plus ou moins long terme,nous finirions par être le seul des grands pays développés à importer nos armements. Déjà, les fusils d’assaut de nos militaires… (d’Allemagne, en plus, bravo pour le symbole), ou certains composants high-tech de nos missiles . J’en oublie, sans doute.
    Ce n’est pas comme ça que nous conserverons notre indépendance.
    Disons qu’il faudrait un secteur protégé pour nos propres besoins et un autre tourné vers le commerce international.

    • Le seul candidat 100% français qui postulait à l’appel d’offres pour le remplacement des fusils d’assaut était malheureusement bien trop petit poucet pour assurer le volume de production demandé… Un Chiffre d’Affaire annuel d’environ 10-12millions d’Euros, pardon mais c’est un peu petit bras quand on aspire à remplacer 50 000 fusils d’assaut.

    • bravo pour le secteur protégé! il réalise avec de plus en plus de retard les équivalents de nos concurrents
      exemple: mise en service en 1984 du mirage 2000, premier français a commande de vol électrique quand les belges ont achetés en 1975 le F16

      • D’un autre côté, les pays capables de mettre au point des avions de chasse se comptent sur les doigts d’une main, et la France en fait partie.
        De même pour un sous-marin nucléaire. S’il y a un domaine qui ne mérite pas de « French bashing », ça serait bien celui de la défense.
        Ce qui n’enlève rien à l’article qui pointe une anomalie réelle bien qu’ancrée fortement dans l’Histoire du pays – après tout, sous l’Ancien Régime, les manufacture d’armes et les arsenaux étaient royaux, eux aussi.

      • Tellement de retard qu’on fait partie des 5 nations sur la planète qui disposent et produisent en local:
        -Des armes atomique
        -Des missiles de croisières
        -Une force aéronavale disposant de la technologie CATOBAR (en réalité, la France est le seul pays avec les USA à disposer de cette technologie.)
        Pas trop mal quand même pour un pays de 65 millions d’habitants.

  • Et pourtant la privé sait faire et , surtout , il sait compter . Quand la France et l’Angleterre ( hé oui ! ) ont décidé de creuser un tunnel sous la Manche – irréalisable pour certains  » experts  » – il été décidé qu’il s’agirait
    d’une réalisation privée à l’exclusion de toute intervention d’Etat . Madame Tatcher a été formelle sur ce point . Malgré toutes les difficultés le résultat est là pour le plus grand bien de la planète !

  • C’est la volonté absolue de nos élus de se mêler de tout, surtout de ce qui ne les regardent pas, qui pose problème!

  • la photo de couverture; le Rafale M est un bel exemple du n’importe quoi de l’état actionnaire et donneur d’ordre.
    Cet avion, a été construit et acheté pour que la marine ne renouvelle pas l’achat d’un avion américain (le F18) proposé des 1975 dans le marché « du siècle » belge en tant que prototype F17.
    Il a été prévu que cet avion serait lancé si un autre client était trouvé. On a dit que armée de l’air et marine constituaient « deux clients »
    l’industrie de défense française n’ayant pas les moyens de sa RetD, compte sur l’état pour le faire et acheter ses produits souvent non concurrentiels et pas toujours au point.
    le nombrilisme franco français se gargarisant de ses réalisations sans jamais les comparer aux produits étrangers au même stade de développement ou de commercialisation.
    Même le prive rejoint l’industrie de défense qui n’est plus un moteur de l’innovation.

    • F 18
      En 1971, l’US Air Force émit des spécifications pour un nouveau chasseur
      Le YF-17 fait son premier vol le 9 juin 1974
      le 2 mai 1975, l’US Navy annonça en effet qu’elle avait retenu de son côté la proposition de Northrop lança le programme qui aboutit au F-18 Hornet
      Le F/A-18A fit son premier vol le 18 novembre 1978

      RAFALE
      À la fin des années 1970, les forces armées françaises expriment un besoin d’un nouvel avion de combat
      le programme est lancé le 26 janvier 1988 : le monoplace Rafale C vole le 19 mai 1991, la version marine M, le 12 décembre de la même année,
      source WIKIPEDIA

      • ok pour le F18, mais après on se laisse embarquer dans des programmes autrement plus couteux genre F 35 ? Et on se fait pigeonner comme bon nombreux de nos voisins européen à financer la R et D américaine pour 0 retombées et un avion à problèmes ?

      • Et malgré ce « nombrilisme », au final on se retrouve avec un des meilleurs avions sur le marché, et qui correspond parfaitement aux besoins formulés par les deux composantes qui l’ont commandées. Même s’il n’est pas parfait, la cellule est très bonne et sa modularité lui permet d’upgrader régulièrement ses systèmes. Oui, la maintenance est hors de prix, comme pour la totalité des avions de combat modernes, oui on en est encore à cannibaliser certains modèles pour en faire voler d’autres. Mais à part aux USA et en Chine, je ne connais aucun pays ou ça n’est pas la norme…

  • Le problème c’est que l’industrie de la défense dépend énormément de l’export, et que tout le monde souhaiterait être capable de tout fabriquer tout seul. Sauf que une fois qu’on arrive sur la scène internationale, on a à faire à des gros trusts grassement subventionnés par leurs gouvernements respectifs (l’exemple le plus caricatural étant Lockheed Martin).
    Et puis la présence de l’Etat dans l’industrie de la défense est quelque chose d’ancestral en France (Colbert, Gribeauval, Vauban), de plus véhiculé par l’esprit fondamentalement jacobin de la République. C’est juste très Français, et ça demande une certaine dextérité du secteur privé pour en profiter (ce que Dassault sait très bien faire, tout comme Nexter, DCNS ou MBDA)

    • le caractère prive de NEXTER et DCNS n existe que sur le papier, quant à Dassault et MDBA, l’état y est bien présent.
      Qu’elle est l’entreprise française qui peut se prévaloir de l’absence d’ex fonctionnaire « pantouflant » en son sein?

      • @ hma
        On n’est pas dupe, évidemment.
        Le Rafale n’était pas mal mais trop cher, argument fatal!

        D’autre part, quand on fait partie, par exemple, de l’OTAN/NATO, il peut être utile de se battre avec des armes qu’on connait, même fournies par un allié. La FN belge (fabrique nationale d’armes de guerre) a vendu son fusil FAL dans bien des pays amis, pas à cause de sa sophistication, à cause de sa simplicité! Combien de « clairons » français ont trouvé d’acquéreurs étrangers? Toute entreprise a besoin de vendre pour vivre!
        Sinon, la connivence entre armurier de guerre et état ne me parait que normale et logique, autant que l’achat d’armes allemandes pour équiper l’armée française. Entre libéralisme économique et chauvinisme protectionniste, il faut savoir choisir!
        Je dis ça, je ne dis rien: c’est vous qui payez!

        • @mikylux
          Bonjour,
          « Combien de « clairons » français ont trouvé d’acquéreurs étrangers? Toute entreprise a besoin de vendre pour vivre! »
          Par « clairons » parleriez-vous du FAMAS ? La Manufacture d’Armes de Saint-Etienne n’existe plus. Sa seule production était le F.A.M.A.S, elle ne produisait rien d’autre de significatif. De plus, vu que c’est l’Etat qui décide qui fabrique quoi, c’est lui qui a fait couler la M.A.S (comme l’appelle les stéphanois), qui existait depuis des siècles (Manufacture Royale). Il n’a pas fait couler que celle-là, avec ses règlementations, ses interdictions, ses contrôles, de toutes sortes, tout un pan de l’industrie de l’armement français, pour les particuliers ou l’Etat, s’est évaporé. Il y avait des usines d’armes dans toute la France ou presque. La France a d’ailleurs un passé dans le domaine des armes fort conséquent (la poudre utilisée par les armes à feu est une trouvaille française et a suplantée la poudre noire, de même que la forme des projectiles, par exemple). Rien qu’à St-Etienne, (ville d’armuriers bien avant d’être une ville de mineurs), il n’y en a quasiment plus, et leur disparition a plombé la ville. Autour de St-Etienne, des entreprises fabriquaient des canons pour les chars, ou des chars, d’autres en construisaient pour les navires.
          Dans ces conditions, il est difficile de pourvoir au remplacement d’une arme qui équipe l’Armée française depuis 1973. Il n’y a plus de structure pour en produire.
          Je ne suis pas tant contre le fait que l’Etat se soit approvisionné chez H&K pour remplacer le FAMAS, que le fait que l’Etat ait tout simplement tué, auparavant, la possibilité qu’une entreprise française puisse s’en charger.

          • J’ajoute que l’Etat aurait dû ‘redistribuer’ l’argent qu’il nous soutire à une entreprise française, au lieu de le refourguer à une entreprise, certes européenne, mais étrangère. La « redistribution de richesses » chère aux socialistes et à notre Etat, (qui, de fait, nous coûte un bras !) n’est pas supposée enrichir une boîte hors de nos frontières, ni même un autre pays.

            Concernant la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne (surnommée ‘Armeville’ après la Révolution :
            « Dans les années 1890, l’usine compte plus de 10 000 ouvriers et près de 9 000 machines ce qui permet de produire plus de 1 600 fusils par jour, ainsi que des revolvers,des carabines, des mousquetons, des épées et autres sabres-baïonnettes. En 1894, la Manufacture devient un établissement d’État dirigé par le ministère de la Guerre. » 11.000 ouvriers en 1940, 2200 en 1981.
            La manufacture a aussi produit des modèles d’armes sous licence, de chez H&K tels le G3 et le MP5, de Beretta avec son 92F et le M12, (le pistolet mitrailleur de la Police Nationale depuis 30 ans).
            Les gouvernements successifs depuis 1940 ont progressivement fini d’achever la M.A.S, entreprise d’Etat, reprise en 1989 par une autre entreprise d’Etat (Giat industrie) pour fermer en 2001 et voir y naître la Cité du Design.
            La Manufacture d’Armes de Tulle (manufacture royale créée en 1777) qui a employé jusqu’à 4700 ouvriers pendant la Première Guerre Mondiale, a fermé vers les années 90.
            La Manufacture d’Armes de Châtellerault (implantée sur ordonnance royale en 1819) a employé jusqu’à 8000 personnes en 1919. Elle a fermé en 1968.

          • Smith&Wesson, Colt, Remington,Ruger, aux U.S.A, H&K en Allemagne, Glock en Autriche, Beretta en Italie, CZ en République tchèque n’ont pas fermé. Aux Etats-Unis malgré l’adoption par les Forces de l’Ordre fédérales et locales d’armes autrichiennes (Glock) ou suisses (SigSauer), les firmes américaines n’ont pas mis la clé sous la porte.
            Manurhin a fabriqué le MR73, révolver utilisé par le Raid, le GIGN et le GIPN, a fait deux flops consécutifs à la fin des années 90, avec des variantes du MR73. Manurhin a décidé de ne plus produire d’armes à feu.

      • On est bien d’accord, ce sont des entreprises privées mais fortement connectées à l’Etat (qui est soit actionnaire, soit tatillon sur le business que réalisent ces entreprises). Cela ne les empêchent cependant pas de réaliser de beaux succès technologiques et commerciaux: véhicules Griffon et Jaguar pour Nexter (vente en Belgique, Qatar…), missiles Meteor et MMP pour MBDA, sous marin de classes Suffren/Barracuda pour DCNS… Le parasite étatique reste tolérable tant qu’il ne dicte pas ses lubies. Et puis ça fait bien dans les journaux.

  • La défense relève sans conteste du domaine régalien. La production des outils de la défense sont de ce fait à la limite du secteur régalien et du secteur privé.

    Dans le débat, il faut tenir compte de la faiblesse des commandes des systèmes d’armes par souci d’économie, commandes qui doivent pouvoir être augmentées à tout moment lorsque la guerre menace. Ce service particulier, qui consiste à créer et maintenir un outil de production disproportionné par rapport aux commandes en temps de paix, justifie en partie l’implication de l’Etat dans les entreprises privées du secteur de la défense, soit par une rémunération spécifique, soit par des participations au capital. Ne pas oublier non plus les questions de la diplomatie ou de la prolifération des armes, qui imposent des contraintes aux fabricants d’armes, inexistantes dans d’autres secteurs économiques.

    Quant aux fournitures par les alliés, on sait depuis longtemps que les pays n’ont pas d’amis, seulement des intérêts. Il n’y a pas si longtemps, Mitterrand vendait des exocets à la dictature argentine, exocets qui ont fait beaucoup de victimes chez nos « alliés » anglais lors de la guerre des Malouines.

    Donc, un minimum de réalisme dans ce domaine ne nuit pas, ce qui ne devrait poser aucun problème à un minarchiste. Le sujet de souveraineté nationale n’est pas forcément compatible avec une pure logique de marché libre. Le débat, loin d’être clos, doit porter sur la bonne dose de marché et de concurrence à inclure dans l’équation, combinaison de souveraineté et d’efficacité.

    C’est un des rares domaines où l’Etat français n’est pas un si mauvais gestionnaire, si on excepte la question du budget de la défense, scandaleusement faible. Si tout le reste pouvait être géré dans le même esprit, la France serait sortie d’affaire.

  • On peut ajouter que les exportations sont souvent des opérations d’états à états, donc particulières !

    mais globalement, les fonctionnaires aiment bien jouer les administrateurs et autres directeurs dans ces entreprises qu’ils contrôlent : rémunérations juteuses sans risques.

    • Exact. Et le fonctionnaire de la partie « acheteuse » y met de plus en plus sa main dans l’engrenage. Les off-set demandés sur certains appel d’offres sont parfois délirants (remplacement des F-16 Belges, ou chaque province du pays veut sa part d’usine d’assemblage/atelier de réparation), vente de Rafale à l’Inde ou Dassault doit faire une Joint venture avec une boite qui était plus ou moins au bord de la faillite mais copain comme cochon avec certains ministres du précédent gouvernement Indien…

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