Trois idées reçues sur la limitation à 80km/h

Les premières interprétations concernant la limitation à 80km/h sont sujettes à caution.
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Trois idées reçues sur la limitation à 80km/h

Publié le 13 août 2018
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Par Rémy Prud’homme.

Ces jours-ci, tous les médias clament haut et fort que la mortalité routière, en France, a baissé en juillet de plus de 5% (par rapport à juillet 2017). Ce chiffre est certainement exact.

Mais il est utilisé pour « prouver » que ce recul est causé par la baisse de la limitation de vitesse sur les routes secondaires instaurée le 1er juillet. Tantôt le lien de causalité est affirmé. Tantôt, il est suggéré, pas toujours avec subtilité, comme le montre ce titre d’un grand journal du matin qui juxtapose l’information avec un panneau de limitation de vitesse à 80 km/h.

Là est le mensonge.

L’objectif est de faire croire que la politique de réforme du gouvernement obtient des résultats, que le gouvernement avait raison de prendre cette mesure impopulaire, et que ceux qui s’y opposaient n’avaient aucun souci des vies humaines. En réalité, la baisse enregistrée en juillet ne signifie absolument rien, pour au moins trois raisons.

1. La baisse de la mortalité est calculée sur l’ensemble des routes

La première est qu’elle concerne l’ensemble des routes et même des rues de France. Pour porter un jugement sur la modification administrative intervenue, les seules données intéressantes concernent évidemment l’accidentalité des voies dont la vitesse maximale a été limitée. Moyenne biaisée. La baisse est peut-être plus élevée, ou plus faible, que l’accidentalité sur l’ensemble des routes du pays.

2. La mortalité dépend de plusieurs autres facteurs

Deuxièmement, l’évolution de la mortalité dépend de bien d’autres facteurs que la limitation de vitesse, tels que l’importance du trafic, sa structure, la météorologie, etc. Pour établir une causalité, il est bien entendu nécessaire de prendre en compte (on dit : contrôler) tous ces facteurs.

3. La mortalité était en baisse avant la limitation à 80km/h

Troisièmement, la mortalité routière a sensiblement diminué pendant les six premiers mois de l’année (par rapport à la même période de 2017), c’est-à-dire avant la mesure vantée. En mai, elle a été de -8,4% ; en juin, de 9,3%. Un esprit malveillant, considérant que 5% est bien inférieur à 9%, pourrait en conclure qu’en juillet, la mesure de limitation n’a pas accéléré la baisse de mortalité, mais l’a au contraire freinée ; sa conclusion serait mal fondée.

Il ne s’agit pas ici de discuter les gains et les coûts de la mesure de limitation. Encore moins de nier son possible ou probable effet positif sur la mortalité routière. Il s’agit de mettre en évidence un mécanisme de propagande. Il est bien naturel que les gouvernements mettent l’accent sur leurs succès plutôt que sur leurs échecs, et fassent dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas.

Par paresse ou par ignorance, les médias servent de caisse de résonance à ces manipulations. On a connu cela lors de la Première Guerre mondiale, lorsque le gouvernement transformait les défaites en victoires et les reculs en « replis stratégiques ». Il s’agissait alors d’empêcher l’invasion de la France. Il s’agit aujourd’hui de gagner deux points dans les sondages d’opinion.

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  • Il y avait aussi moins de monde sur les routes pour les vacances, donc moins de Français qui sont parti ! en avaient-ils les moyens encore ?
    Et il n’y avait comme l’année passée pas d’accident de bus !
    Hélas on peut en parler longtemps mais une chose est certaine, la manipulation permanente de notre élite d’escrocs n’a plus de limites au point ou les derniers dictateurs en place en Europe doivent se retourner dans leur tombe au regard des petits manipulateurs qu’ils étaient. Certes ils n’avaient pas les mêmes moyens mais le résultat est le même, appauvrissement de la population et de l’économie au profit d’une minorité d’escrocs en col blanc et aujourd’hui de leur centre de formation l’ENA.

  • A titre d’expérience de puis le passage du 80 km/heure .je roule plus souvent à 60 ,65km/ heure que de 80 .Ensuite de moins de distance de distance de sécurité, c’est plus à la queue leu- leu ..des poids lourds qui vous colle au cul …et le malheur être derrière une voiture sans permis où un tracteur agricole avec une ligne blanche continue ,la totale ..par contre les petites routes communale faire gaffe …les villages traversé en trombe…pas plus ni moins de de police routière…quoi-que !!!
    et pendant ce temps le secrétaire général de la sécurité routière vous fait l’éloge avec un sourire narquoi du 80km/h.et s’autorise de se garer sur une piste cyclable .nous n’avons pas les mêmes valeurs. exemplarité ne fait pas partie de son vocabulaire !!! Par contre notre chef de gouvernement droit dans ses bottes ,une copie de son mentor Juppé..pour réduire la dépense publique pas très compétent..et qui a retourné sa veste pour un bout de pouvoir !!! attendons la suite …quelques taxes en plus le contraire serait étonnant !!!

  • « Par paresse ou par ignorance, les médias… », je crois que vous avez oublié un vecteur, peut-être le plus important : « par intérêt ».

  • il est vrai que le gouvernement n’a pas mis longtemps pour claironner ce soi disant succès ; à croire qu’il était à l’affût ; il est beaucoup trop tôt pour savoir si cette mesure est efficace mais ce gouvernement est prêt à tout pour remonter dans les sondages ;

    • En même temps, vu le (faible) temps qu’ils ont attendu pour déclarer que les expérimentations sur le 80km/h étaient concluantes, vous n’espériez pas une étude impartiale et constructive de leur part, si ?

      • @ AxS
        réponse: non!
        Mais, c’est évidemment très probable: une collision frontale à (80+80) 160 km/h tuera moins qu’à 180 et plus du tout à 0!
        Y aura-t-il moins d’accidents? C’est possible mais beaucoup moins sûr!

        • Les collisions frontales à la vitesse limite sont-elles une proportion significative des accidents ? J’en doute fortement.
          Et accessoirement, Une collision frontale entre deux véhicules à 80 chacun est, comme nous l’avons fait remarquer à plusieurs reprises, équivalente à une collision à 80 de chacun des véhicules avec un mur (qu’on peut imaginer fictif entre les deux).

        • Tu parles Charles… Une collision est potentiellement mortelle dès 40 km/h… La vérité, c’est que l’hécatombe commence dès 50 km/h…
          J’attend donc l’abaissement de la vitesse limite sur route à 50 km/h tout en ricanant…

          • Et pour être en totale sécurité, il faudra aussi l’imposer :
            * aux trains
            * aux avions, très dangereux lorsque leurs roues sont encore sur la piste (décollage/atterrissage)
            * aux bateaux
            * aux fusées spatiales

  • Bonjour

    Je pense que mécaniquement la baisse de la vitesse entrainera une baisse des victimes.
    Comme toute activité humaine, il faut considérer le rapport bénéfice/risque. Une vitesse à zero, plus d’accident.. mais plus de bénéfice. Où mettre le curseur. Combien est le nbre acceptable de victimes. Je craint pour l’avenir car on est dans la logique du principe de précaution, et la détestation de la voiture comme outils de liberté.

    • « Mecaniquement la baisse de la vitesse entrainera une baisse des victimes ». Je ne pense pas car cela va diminuer la vigilance, faire éventuellement prendre des risques lorsqu’on a un boulet devant à 60km/h, une vitesse dangereusement proche de celle des camions et pour finir, quelle est l’incidence de cette mesure pour les inconscients qui roulent à une vitesse trop élevée, se fichent des limitations et qui sont probablement ceux qui font la grosse part des statistiques de morts sur les routes secondaires (avec l’alcool et la drogue bien sur)

    • Guido Brasletti
      13 août 2018 at 9 h 27 min

      Moi non plus, je ne le pense pas. Il est inconcevable d’oser tracer une droite en prenant deux points : la mortalité à 90 et la mortalité à 0. Les expériences manquent pour isoler le facteur vitesse. Pire, les résultats des pays voisins qui roulent plus vite ont tendance à infirmer cette intuition.
      De mon côté, je pense que vu nos routes et nos véhicules, 80, 90 ou 100 c’est kif kif.
      Si la mortalité doit baisser elle le fera pour de toutes autres raisons comme elle l’a fait pendant les 40 ans où on a roulé à 90.

      • @ Guido Brasletti
        J’ai quand même bien lu qu’il y avait eu des essais de cette limitation à 80 dans des zones-test pendant plusieurs mois.
        C’est donc ces essais et leur résultats que je n’ai pas vu passer! Pourquoi?

        • En France, il y a eu une expérimentation fixée à deux ans sous le précédent quinquennat sur des tronçons de route dans 4 départements pour examiner le lien entre vitesse (réduite à 80) et mortalité routière.
          Au bout de deux ans, on ose venir nous expliquer que :
          – l’expérimentation est trop courte, il aurait fallu 5 ans
          – le bilan ne sera pas rendu public
          – l’expérimentation n’avait pas pour but de valider le lien entre accidents et vitesse, mais seulement vérifier la baisse de la vitesse moyenne quand on met des panneaux 80 (c’est un mensonge, il suffit de relire les propos du ministre Cazeneuve)
          – il ne fait aucun doute qu’une réduction de la vitesse engendre une réduction des tués, donc on n’a même pas besoin de le démontrer…
          On nous avait promis aussi que l’expérimentation se ferait à contexte constant, cad pas de travaux d’amélioration des voies sur les tronçons concernés. Evidemment, il n’en a rien été, puisque le gouvernement sait parfaitement que des routes bien entretenues ainsi que la disparition de zones accidentogènes ont un réel impact sur la sécurité routière.
          Bref, une expérimentation biaisée, des résultats pipeautés de bout en bout et une mauvaise foi totale de la Sécurité routière et du gouvernement.
          Si vous n’avez pas vu passer le bilan, c’est parce qu’il est au mieux inexploitable, au pire pas pertinent pour justifier la baisse des vitesses. Et qu’il aurait offert de sacrés angles d’attaque aux détracteurs de cette fumisterie étatique.

        • La réalité, c’est que la décision de faire rouler les Français comme des veaux qu’on mène à l’abattoir a été prise depuis longtemps. Le précédent gouvernement avait tenté de le faire mais devant la fronde avait reculé sur une position de repli, qui consistait à laisser passer les élections : deux ans, ça tombait en juillet 2017. Après les élections ! On refile la patate chaude aux suivants !

          Quelques députés LREM ont d’ailleurs vendu la mèche. Parmi les argumentaires pour faire passer le 80, ils ont dit que ça fait quand même suffisamment longtemps que les esprits ont été préparés (pour eux, c’est à cela que servait l’expérimentation) pour qu’on se décide maintenant. Comme si le fait d’en avoir parlé pendant 2 ou 3 ans suffisait à emporter l’adhésion du peuple. Z’ont pas du voir que l’hostilité à cette mesure est restée intacte depuis 2015…

          • @Guido Brasletti
            Bonsoir,
            Et malgré l’hostilité constante, plusieurs millions de signatures aux pétitions, comme nous ne sommes pas en démocratie, les représentants n’en ont eu rien à faire des contestations populaires soft. Décret du premier ministre du 15 juin, voté le 21 juin à l’Assemblée Nationale par 170 députés (dont 7 abstentions) sur 577 (soit 70% d’absents). Par contre je ne trouve pas le résultat au Sénat. C’est chouette d’être dans l’Exécutif et de pouvoir décréter des lois à son bon vouloir, et de les voir confirmer par 2 pelés et un tondu.

            • J’ai pas compris, un décret voté à l’assemblée nationale ??
              Depuis quand l’AN a son mot à dire concernant les décrets ?

              • @AxS
                Bonjour,
                Je dois dire que moi non plus je ne comprends pas. Cependant, la loi est inscrite dans le code de la route comme un décret signé par le premier ministre, et les députés l’ont aussi votée.
                A mon avis, le vote de l’A.N est une sorte de validation.
                Normalement, le gouvernement ne pourrait pas faire de décret séparation des pouvoirs oblige.

                • Je crois qu’il y a deux choses distinctes.
                  1. Un décret, acte du ressort de l’exécutif, règlementant la vitesse maximale sur les routes
                  2. Une ou plusieurs propositions de lois, émises par des députés, qui ont du faire l’objet de votes au niveau législatif. J’en ai une en tête : celle qui consistait à donner aux elus locaux la faculté de définir les vitesses limites.

                • Alors justement si :
                  Le gouvernement a toute latitude concernant les décrets. C’est la partie réglementaire du droit : les articles nommés en R- dans les codes. Et c’est son boulot : exécutif, décrets d’application.
                  Le parlement (AN + Sénat) est obligatoire pour voter les lois, c’est la partie législative : Les articles L-.

                  La constitution fixe les limites entre les deux, avec deux périmètres distincts, et une hiérarchie stricte : Loi > Décret.
                  * Un décret peut modifier un autre décret, mais pas une loi (sinon censure).
                  * Une loi peut modifier une autre loi, mais si elle modifie un décret, elle sort du domaine législatif et est rétrogradée au niveau d’un décret. Et peut donc être modifiée par un simple décret par la suite.

                  Cette hiérarchie est vitale : Un décret n’est qu’une décision arbitraire d’un décideur qui n’a rien à demander à personne pour le signer (ou presque – cf avis en Conseil d’Etat)
                  Une loi au contraire est le fruit d’un long travail de débats, discussions, etc, par la représentation des citoyens. Donc censé fournir plus de garanties contre l’arbitraire.

                  A noter que cette hiérarchie n’existait pas sous la IIIe République, et ça a causé sa perte : les décrets pouvaient modifier des lois. L’arbitraire des dirigeants pouvaient couvrir les décisions de la représentation des citoyens.
                  Et en 1940, le passage au régime de Vichy s’est fait de cette façon.

                  • @AxS
                    Le fonctionnement est tel que vous le décrivez, cependant je le trouve anormal. L’Exécutif n’a pas à faire de loi, ni de décret, pas même d’application. Une loi est présentée puis votée ou non à l’A.N puis au Sénat, et le président de la république y appose sa signature, en sa qualité de garant de la Constitution (il peut aussi jugé que la loi votée ne respecte pas la Constitution). Une fois signée elle n’a pas besoin d’un décret d’application. Aucun gouvernement n’a à faire de loi. Ce n’est pas son rôle. Et dès qu’il en la possibilité il déborde et court-circuite le Législatif.

    • « Où mettre le curseur. » La vous avez LA question, excellente question.

      « Combien est le nbre acceptable de victimes. » Et là, très mauvaise question : il n’y a aucun autre nombre acceptable que 0. « Tu ne tueras point », etc.

      Du coup, comment attendre 0 victimes ?
      Certainement pas en n’agissant que sur la vitesse, ce n’est qu’un facteur aggravant.
      Une politique de sécurité routière efficace doit prendre en compte tous les facteurs, jusqu’aux améliorations technologiques des véhicules et des routes.
      … mais ça demande aux ministères de travailler, et ça coûte plus que ne rapportent des PV pour excès de vitesse, leur choix est vite fait…

      • bah, vous savez, ils finiront bien par interdire les chars à bœufs…
        Que ne feraient-ils pas pour rester au pouvoir ❓

      • @AxS
        Bonjour,
        « Où mettre le curseur ? »
        « Du coup, comment attendre 0 victimes ? »
        C’est simple : on criminalise le fait de mettre une clé dans un Neiman, dans une fente, ou de faire démarrer un moteur.

    • Il est loin d’être évident qu’il y ait une baisse mécanique des victimes, en particulier si on prend les seules statistiques valables, qui doivent être rapportées aux passagers.kilomètres et non à la population qu’elle utilise ou non l’automobile. Mais vous avez parfaitement raison et c’est cela qui compte, l’optimum doit résulter de la confrontation des risques et des bénéfices, comme dans les autres activités humaines. Les efforts du gouvernement et des propagandistes de la sécurité routière visent à faire oublier l’existence de cet optimum, ce serait une catastrophe pour eux si même sans savoir chiffrer les risques, il apparaissait évident que l’optimum se situait à une limite supérieure à la limite actuelle, voire dans le recours à la responsabilité individuelle avec différentes mesures d’encouragement par les assureurs sans limite imposée par la force. En conséquence, le gouvernement fera tout pour présenter les chiffres de manière trompeuse, à la soviétique.

      • Bonjour MichelO
        Je pense qu’un bon discours est un discours qui n’est pas dans le déni. Nier le facteur vitesse (même s’il est minoritaire) est partir perdant et ne pas être pris au sérieux.
        L’optimum de vitesse est une bonne approche, et cette optimum est bien sûr local, on ne compare pas les route de la Beauce et la corniche de la cote d’azur. Dans une optique libérale, moins parisiano-centrée, les départements (communes) pourraient avoir la latitude de gérer ces limites de vitesses (ou vitesses conseillées), les départements français étant très différents (Ariège 0.17 morts/mille hab et Régions parisiennes 0.02).
        En tout cas pas des coup de menton d’un seul homme (qui ne respecte pas les limitations de son coté)

        • La relation entre vitesse et nombre de mort est loin d’être linéaire. Ainsi cet exemple au Montana où pendant qq années la vitesse a été libre sur les autoroutes entraînant une nette diminution du nombre de morts. Nombre qui a augmenté dès le rétablissement des limitations.
          https://www.leblogauto.com/2005/10/vitesse_libre_l.html

        • La vitesse « uniforme » sur le territoire ne devrait être que conseillée.
          A l’époque où il n’y avait aucun radar les panneaux indiquait la vitesse pour prendre en toute sécurité des virages avec les voitures de l’époque, tenant infiniment moins bien la route qu’actuellement (403,404,Arondes, Dauphine, 4 CV…).
          Ces panneaux sous-estimait régulièrement de 20 km/h la vitesse dangereuse ce qui était déjà très stupide car tout un chacun pensait qu’il pouvait « passer » 20 km/h plus vite que conseillé.
          On devrait passer à nouveau sur ce principe de ne signaler que les endroits dangereux avec un vitesse sur les panneaux « réaliste » (non minorée de 20 à 25%) et notamment les villages (tous ne sont pas aussi dangereux à traverser…cf les longues lignes droites sans habitation à parcourir à 50 km/h…pour la sécurité de personne).
          Ensuite mettre les moyens de contrôle sur les distances de sécurité, sur les conduites dangereuses (dépassement dangereux, sommets de côtes , absence de distance de sécurité etc…) et améliorer les infrastructures.
          Et enfin accepter l’idée que la courbe de diminution du risque des usagers de la route est désormais asymptotique et que toute baisse est ridicule : un seul accident d’un bus de 30 personnes, un week-end de beau temps avec sortie de 10.000 deux-roues…faisant bouger les statistiques…
          Enfin et c’est le pré-requis de toute étude sur les dangers de la route, analyser le risque sur le nombre de km/passager, comme pour les autres types de transport.

          • La « Sécurité Routière » n’est pas une officine scientifique mais une officine de propagande. Dès lors, il n’y a rien à en tirer.

        • Le facteur vitesse est sans doute tout à fait insignifiant dans la mortalité routière. Il est noyé dans une somme de facteurs extrêmement majoritaire à commencer par les trois principaux : nombre de kilomètres parcourus, conceptions et états des véhicules ET conceptions et états des routes.

          Une réduction de la vitesse pourrait tout à fait faire augmenter le nombre de morts pour deux raisons :
          – vitesse plus faible = temps de trajet plus long = exposition au risque (même en admettant qu’il soit plus faible) plus longue
          – vitesse limite plus faible = différentiel de vitesse entre les usagers (ceux qui respectent et ceux qui ne respectent pas) plus grand = plus de comportements à risque (plus de dépassement, plus de coups de frein plus ou moins violents, moins de distance de sécurité, etc.).

    • Si la baisse de la vitesse peut entraîner au mieux une stabilisation de la mortalité, la vitesse étant plus un facteur aggravant que la cause des accidents, en revanche le contrôle obsessionnel de la vitesse provoque la hausse mécanique de la mortalité car elle oblige les conducteurs à se concentrer en permanence sur autre chose que la route et ses conditions de circulation, en détournant leur attention, en augmentant inutilement la fatigue et le stress liés à la conduite et en réduisant leur capacité de réaction aux situations dangereuses. Finalement, l’abus du contrôle de la vitesse provoque des conséquences similaires à l’utilisation du téléphone en conduisant.

      En terme de mortalité routière, RADAR = TELEPHONE.

      Maintenir une vitesse moyenne de 80 km/h avec une marge souple de plus ou moins 20% ne requiert pas le même effort de concentration que le respect absolu d’une vitesse constante ne dépassant jamais 80 km/h mais au plus proche de 80 km/h, le conducteur étant pris en étau entre la pression des radars d’une part et la pression des autres conducteurs d’autre part. Les régulateurs/limiteurs ne sont ici d’aucune utilité dès lors que les compteurs embarqués dans nos véhicules ne sont pas précis et que leurs marges d’erreurs varient d’un véhicule à l’autre.

    • Sauf si la limitation de vitesse conduit à davantage d’accidents…

  • Guido Brasletti
    13 août 2018 at 9 h 20 min

    « Il s’agit aujourd’hui de gagner deux points dans les sondages d’opinion »
    Même pas sûr. Je crois plutôt qu’il s’agit de prouver qu’ils avaient raison.
    Si l’objectif était la bataille de l’opinion, jamais cette mesure ne serait sorti des cartons. Accessoirement il s’agit de faire oublier le racket des radars.

    • @ Guido Brasletti
      Il est probable que la durée de vie des radars sera menacée par les véhicules autonomes à terme, quand le conducteur ne s’ennuiera plus à conduire aux vitesses limitées et que l’ordi sera capable de le faire exactement: ce n’est pas pour demain mais pour après-demain.

      • C’est sûr, il suffira d’obliger les fabricants de véhicules autonomes à les programmer pour ne dépasser le 30 km/h nulle part.

  • Si on veut vraiment évaluer l’impact sécuritaire de cette nouvelle limite, il faut mesurer l’évolution globale de la mortalité et des pathogies, toutes causes confondues, sur la seule sous-population des utilisateurs réguliers des routes nouvellement limitées à 80km/h. Il y a en effet des effets collatéraux plus ou moins subtils qui échappent à l’imagination de l’analyste moyen.
    Par exemple la difficulté et le risque accrus de dépasser les cagouilles qui roulent depuis toujours à 70km/h. Mais aussi l’obligation de se lever plus tôt pour arriver à l’heure et les conséquences de la petite perte de sommeil afférente.
    Et une foule de petites conséquences induites insoupçonnées d’autant moins perceptibles qu’elles seront masquées par la statistique globale des seuls accidents de la route sur tout le réseau national.
    Mais comprend bien que l’objectif réel est de valider a posteriori une décision qui n’a pas été réfléchie.

    • Vous avez raison. Mais nos politiciens raisonnent toujours comme si tous les autres paramètres restaient à l’identique. C’est ainsi qu’ils croient dur comme fer que l’augmentation de la fiscalité rapportera davantage à l’Etat.

    • Mon pauvre !

      Je vous conseille d’aller lire quelques études liant vitesse et mortalité routière ! C’est affligeant mais vraiment. DU N’IMPORTE QUOI ! DES TORCHONS ! Il faut vraiment aller en lire pour le croire. Franchement, je m’attendais à de la merde mais pas à ce niveau de foutage de gueule.

      En gros, en général, ils commencent avec trois colonnes : dates (ex. : Mai 1999), vitesse moyenne (ex. : 68 km/h) & nombre de morts (ex. : 150). Ils prennent une date arbitraire où il y a une inflexion de la vitesse moyenne (à la baisse des torchons que j’ai lu). Ils utilisent les données précédant la date arbitraire pour construire un nouveau jeu de données (forecasting avec un modèle ARIMA). Ils appellent cela des données théoriques. Ils comparent ces données théoriques aux données réelles. ET là, c’est le drame. Plutôt que de dire : c’est pas la même chose donc mon modèle est moisi et ne permet pas d’estimer la réalité ; ils disent (tenez vous bien) : « on a une baisse de la vitesse moyenne et les données théoriques de mortalité sont supérieures aux données réelles, donc la vitesse tue » … Je ne parle même pas de la méthodologie de mesure des vitesses moyennes. Pas besoin.

      Comment peut-on prétendre que ces torchons sont de la science ? Je ne sais pas. Mais, en tout cas, voilà ce que c’est que les « études » de la sécurité routière … Et voilà ce que cela vaut : 0.

  • Sur le même principe de statistique/causalité grossière, on pourrait affirmer que l’augmentation des excès de vitesse entraine une baisse de la mortalité !
    Ex : https://www.challenges.fr/automobile/actu-auto/80-km-h-en-haute-loire-les-exces-de-vitesse-et-pv-sont-plus-nombreux_604380

  • Pourquoi tant de passion à analyser ou commenterons 80 km/h ?
    Les français n’ont-ils pas d’autres sujets de préoccupation que ces pseudos réformes ? Parce qu’enfin dans ce pays liberticide, si l’on veut y subsister, il faudra bien veiller à obéir à toutes ces lois qui ne semblent avoir comme but ultime de soumettre les citoyens à toujours plus d’arbitraire et de taxes.

    • Le gouvernement utilise la technique du banc de mulets, en faisant s’emmêler et se croiser un tourbillon de proies devant le prédateur (de sujets devant l’opposant), il empêche ce dernier de se concentrer sur l’un d’entre eux et protège ainsi les plus faibles du banc. Donc avec les 80 km/h, nous en avons un dans la ligne de mire, et l’important maintenant est de ne le pas laisser en sortir, peu importe que ce ne soit pas le leader du troupeau.

  • « Il s’agit aujourd’hui de gagner deux points dans les sondages d’opinion. »

    J’ai une idée pour leur faire gagner une dizaine de points d’un coup : Revenir aux 90 km/h et faire amende honorable.
    Efficacité garantie.

    • Jamais de la vie !
      Même en revenant à 90, les dégâts sont irréparables…
      Ou alors les français sont vraiment les veaux pour lesquels les prend l’état, auquel cas il aurait tort de se priver…

      • Il faudrait limoger ceux qui ont promu et décidé les 80 km/h, certainement, mais serait-ce en soi une catastrophe irréparable ?

        • Des dégâts dans l’opinion, je veux dire…
          Enfin l’opinion générale, la mienne est faite, sinon je ne serais pas lecteur assidu de contrepoints.

    • Effectivement, si Macron n’est pas con il annule cette mesure en 2021. Succès garanti aux élections suivantes… Aura-t-il les c…lles de le faire ? Ce sera beaucoup plus facile si entre temps il a viré Philippe…

      • Faudrait savoir ! Il a montré qu’il en a pour prendre une mesure idiote et impopulaire, et il montrerait qu’il en a pour abolir la même mesure ?

        • Pour moi il a fait preuve de faiblesse vis a vis de son PM…
          Il a d’ailleurs été étonnamment discret sur le sujet laissant le grand rigolo s’exprimer sur le sujet.

      • Trop mercantile comme démarche : l’étape suivant sera de donner un porte-clefs pour s’assurer de notre vote.
        Au delà des 80 km/h c’est pour moi la loi liberticide de trop…

  • Un petit article utile. Il explique clairement avec deux ou trois exemples que nos politiques et responsables de sécurité routière ne sont que des manipulateurs et des propagandistes. Cela pourrait paraitre anecdotique, mais c’est gravissime, car la réalité étant maquillée, les solutions proposées sont sans fondements et inefficaces.

    • et ça s’étend sur de nombreux domaines…à vrai dire tous les domaines dont le gouvernement parle et touche..ils diffusent leur propagande mensongère pour tenter de faire croire à l’opinion qu’ils sont aux commandes et qu’ils servent à quelque chose..mais en fait ils ne servent qu’eux mêmes en pillant les français.

  • Ne pas oublier que la statistique de la mortalité routière dénombre les décès survenus dans les 30 jours suivant les accidents. Un bilan réalisé moins de 30 jours après la fin du mois est faiblement significatif car il dépend d’anticipations statistiques qui peuvent toujours être démenties par les faits.

    Suppression des limitations de vitesse.
    Généralisation des vitesses conseillées.

  • D’habitude pour annoncer un « bilan » ou son estimation, (touristique ou autre) on attend au moins l’approche de la fin de saison pour une éventuelle approximation, les données étant incomplètes.
    Rappelons d’une part, que la saison vacancière est à peine entamée, la 1ère moitié de juillet étant en parti travaillée ; d’autre part, tout le monde sait qu’août est, par excellence, la période estivale des congés… et voici que subitement les journaux -plus exactement les journaux subventionnés donc de propagande- clament dès le 13 août les bienfaits des 80 km/h, avec un bilan des plus favorable pour des « vies sauvées » (à vérifier), mais sans nul doute, bénéfique pour les rentrées financières !
    Ces agissements ne sont que la détermination à l’enfumage ainsi que les préliminaires du bilan miraculeux (déjà prêt) concocté par nos forbans et hâbleurs.

  • Plus de 250 morts dans les piscines en France depuis le 1er juin ! Il est urgent d’en limiter la profondeur à 80 mm…

  • Pas un mot sur l’effet éventuel de cette mesure sur la pollution?

    • Ni un mot sur les deux millions que cet impôt a rapportés qui n’iront pas à l’entretien des routes pourries de ce pays.

  • 324 morts sur les routes de France en juillet 2018 à 80km/h, contre 302 en 2014 à 90km/h.
    On peut tout faire dire aux chiffres.
    L’Etat leur fait dire ce qu’il a envie de dire, il omet ce qui doit rester cacher.

  • Au début du mois d’août, une radio dite périphérique annonce un début de saison touristique en demi-teinte en donnant pour explication la tenue de la coupe de monde de football.

    Les gens sont moins partis au mois de juillet, ont donc moins roulé avec moins d’accidents et moins de morts.

    Mais cela, les pontes de la sécurité routière n’en ont pas fait mention. Le mensonge par omission est aussi un péché, non ?

  • Si la vitesse était LE critère qui cause des accidents et des morts, la Formule 1 et le MotoGP seraient des abattoirs.
    Le dernier mort en F1 est Jules Bianchi, lors d’une course, date de 2014, soit 20 ans après Ayrton Senna le 1er mai 1994 en course, et Roland Ratzenberger en qualif’ la veille.
    En MotoGp, le dernier mort en course est Marco Simoncelli, en 2011.

  • Guido Brasletti
    14 août 2018 at 0 h 45 min

    Une idée trop simple (ou trop dangereuse ?) pour nos idéologues anti-vitesse :
    https://www.autoplus.fr/actualite/80-kmh-limites-de-vitesse-science-gouvernement-edouard-philippe-1530090.html

  • je m’en souviendrai au moment de voter !!!
    puisqu’ils sont sourds ..je ‘ai pas d’autre choix…!!!!

  • je voulais dire pas d’autre choix…

  • vos explications sur les décrets intéressant en réalité le gouvernement en place ,fait ce qu’il veut ,il a une majorité absolue donc le débat démocratique est confisqué par le pouvoir en place…la preuve :vous discuter ,je ne vous entend pas et je fais ce que je veux..J’AI DÉCIDÉ…Nous ne sommes plus en Démocratie…c’est le début de la Dictature…
    par contre prendre une décision de réduire la DEPENSE PUBLIQUE …là, il y a un gros malaise …le niveau compétence montre bien
    les limites …de ce gouvernement…nous avons atteint l’asphyxie des impôts indirect….le résultat en final..le pouvoir d’achat diminue,la situation des finances en sera affectée…A tous les niveaux…

  • notre démago secrétaire d’État de la sécurité routière..nos routes et infrastrure ne sont pas trop mal …il y a des baffes qui se perdent ….
    sachant la politique pour entretenir nos routes .en général…alors les ponts !!!

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