La passion de l’égalité. Essai sur la civilisation socialiste, de Drieu Godefridi

Une étude de Drieu Godefridi sur la passion qui agite le socialisme, toutes écoles confondues.

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La passion de l’égalité. Essai sur la civilisation socialiste, de Drieu Godefridi

Publié le 11 juillet 2018
- A +

Par Drieu Godefridi.

Quel est le plus grand dénominateur commun de tous les socialismes, qu’ils se revendiquent ou non de cette appellation incontrôlée ? La  passion de l’égalité. C’est à cette conclusion qu’aboutit Drieu Godefridi dans son Essai sur la civilisation socialiste.

Cette passion de l’égalité ne ressort pas toujours à première vue des textes des auteurs proto-socialistes ou socialistes, auxquels l’auteur se réfère, parce qu’elle se dissimule derrière d’autres mots, tels que justice ou liberté. Mais elle est essentielle à tout socialisme.

Le mot d’égalité pris isolément, sans précision, peut prêter à confusion. C’est pourquoi il convient de distinguer l’égalité matérielle de l’égalité des droits, que d’aucuns confondent, voire considèrent comme identiques, alors qu’elles sont en fait antinomiques.

Isonomie et isomoirie

Les Grecs de l’Antiquité faisaient justement la distinction entre l’isonomie – le droit est le même pour tous – et l’isomoirie – les parts sont les mêmes pour tous. Si le sens de l’isomoirie est évident, arithmétique, il convient de préciser que l’isonomie bannit la loi arbitraire.

Comme le dit l’auteur, pour montrer que les deux concepts ont des objectifs distincts, l’isomoirie peut parfaitement s’accommoder de l’arbitraire et l’isonomie de l’inégalité matérielle ; ils sont contradictoires si on tente de les mettre concurremment en oeuvre.

La confusion est patente dans les deux exemples qu’il donne, l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, parce que dans l’un et l’autre cas il s’agit d’un processus d’égalisation par la loi des conditions matérielles, ce qui est contraire à toute isonomie.

Quelle que soit la forme que prend le socialisme, c’est une question de périmètre : il peut être racial, sans frontière, transhumaniste… il est égalisation des hommes : matérielle par redistribution autoritaire de richesses ou corporelle par débarras des tares naturelles.

De quelle éthique le socialisme est-il le nom ?

–  Le socialisme politique se dresse entier sur la valeur de l’égalité, et le socialisme politique est son valet.

Ne pouvant remettre en cause ouvertement les principes bien ancrés du droit civil – autonomie de la volonté des parties, consentement entre elles, obligations entre elles, rien qu’entre elles – le socialisme politique le grève d’exceptions : d’où l’inflation des lois pour égaliser dans les détails, faute de pouvoir le faire en règle générale.

L’impôt est l’autre instrument de cette égalisation forcée : proportionnel, il est en réalité progressif ; progressif, il est en réalité exponentiel.

D’où vient cette éthique ?

L’égalité est née comme valeur le jour où un homme s’est levé pour dire : Vous avez, et je n’ai pas. Justice !

Fondé sur l’égalité matérielle, qualifiée par d’aucuns d’égalité réelle, le socialisme est voué à l’échec, parce que « l’inégalité […] est un indépassable fait de nature ». Pour en sortir, pour être libre tout simplement, il faut renoncer à cette valeur de ruine…

Drieu Godefridi, La passion de l’égalité. Essai sur la civilisation socialiste, Texquis, 176 pages.

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