Le chèque scolaire, garant de la liberté pédagogique ?

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Le chèque scolaire, garant de la liberté pédagogique ?

Publié le 9 juillet 2018
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Par Anne Coffinier.

Passée un peu inaperçue, une récente étude prospective du département Éducation de l’OCDE met en rapport chèque éducation et liberté pédagogique (« School choice and school vouchers, An OECD perspective”).

Dans une vingtaine de pages consacrées au sujet, l’OCDE ne manque pas d’audace et souligne que la mise en place du chèque éducation serait LE moyen de favoriser une liberté pédagogique réelle. En jeu : ni plus ni moins que la réussite scolaire au sens large, à savoir égalité des chances, qualité de l’instruction et innovation scolaire.

Il semble en effet que plus on maximise la liberté scolaire, plus on minimise les risques d’échec scolaire : cela prête à réflexion notamment en France, où les régimes d’ouverture et de contrôle des écoles indépendantes viennent de subir un sévère tour de vis. 

En effet, l’OCDE souligne que la liberté pédagogique ne peut en aucun cas être une attitude de façade : elle doit être pleinement assumée et même favorisée par les États, afin d’être une offre « réelle, pertinente et porteuse de sens » aux yeux des parents qui, au final, doivent toujours pouvoir avoir le dernier mot quant au type d’établissement dans lequel ils souhaitent scolariser leurs enfants.

Si le chèque éducation est le seul moyen de proposer un réel choix scolaire aux parents aux yeux de l’OCDE, c’est que lui seul permettrait à tous les acteurs de l’éducation de prendre part au système, et les obligerait à un but commun.
La généralisation du chèque éducation aurait par exemple pour conséquence pour les écoles privées de recevoir des fonds publics afin de pouvoir profiter d’une véritable égalité de moyens, et pour les écoles publiques d’avoir accès à une véritable autonomie afin de pouvoir proposer l’offre éducative qui leur paraît la plus pertinente. En France, ce système serait une véritable révolution !

Sur ce dernier point, l’OCDE souligne que le droit aux fonds publics dont bénéficieraient les écoles privées n’irait pas sans devoirs : devoir d’accueil de tous les publics sans discrimination, respect des normes en tous genres imposées aux établissements publics, etc.

L’OCDE poursuit son analyse avec un autre point intéressant : la qualité de l’information donnée et/ou comprise par les parents pèse sur l’efficacité de la liberté pédagogique. Ainsi, même dans les pays où la liberté pédagogique existe bel et bien, et loin de toute considération financière, les parents n’ont pas toujours conscience qu’ils pourraient choisir des systèmes scolaires différents faute d’information, ce qui contribue au non développement de ce système.

Autre enseignement à retenir de ce rapport : la liberté pédagogique réelle, c’est-à-dire mise en place grâce au chèque éducation, ne profiterait pas qu’aux élites et ne renforcerait pas les inégalités. Et l’OCDE de citer les garde-fous mis en place par les pays ayant généralisé ce système, notamment la Belgique flamande.

Autonomie et responsabilisation de tous les acteurs concernés -parents, élèves, acteurs locaux, institutions…-apparaissent comme les maîtres mots d’un système pédagogique libre qui garantisse à tous réussite et excellence.

Mais si le niveau décisionnel doit être au plus près du terrain, et l’offre éducative ultra-adaptée à l’expression des besoins locaux, l’OCDE souligne que la liberté pédagogique ne saurait se passer de la tutelle des États. Charge à ces derniers d’insuffler une vision stratégique globale et des lignes de conduites générales, créant ainsi unenvironnement favorable aux écoles et aux réseaux éducatifs dans toute leur diversité.

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