Libye : le trafic d’esclaves n’a pas disparu

Libye : le gouvernement de transition n’est pas capable d’arrêter le business scandaleux et lucratif du trafic d’êtres humains.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Libye : le trafic d’esclaves n’a pas disparu

Publié le 23 juin 2018
- A +

Par Gabriella Lima.

Le trafic d’êtres humains est un sujet sensible mais peu discuté. Il est difficile à croire que cette pratique barbare n’a pas disparu.  Le cas des réfugiés libyens a pour autant soulevé de nouveau cette question. Le 7 juin, le Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies a sanctionné six chefs de réseaux de trafiquants de migrants en Libye. Mais ce n’est qu’une goutte dans l’océan.

Une plaque tournante de trafic humain

Le réseau des trafiquants est composé de groupes armés, qui contrôlent les frontières sud et une partie de la côte du pays. Les marchés illicites se trouvent principalement à proximité de Tripoli. Des migrants, essentiellement des jeunes hommes, y sont vendus comme esclaves pour une somme allant de 300 à 500 dollars.

Originaires surtout du Nigeria, du Sénégal et de Gambie, les migrants sont capturés alors qu’ils font route vers le nord de la Libye, d’où ils comptent gagner l’Europe en traversant la Méditerranée. Tout au long de ce voyage, ils sont capturés par  différentes milices opérant dans le pays. Les autorités libyennes, dont beaucoup tirent profit du trafic, font semblent de ne pas le savoir.

Un contexte politique très instable

En effet, le gouvernement de transition n’est pas capable d’arrêter ce business scandaleux et lucratif. La Libye est meurtrie par les luttes d’influence et les violences entre groupes armés rivaux depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011.
La disparition de l’esclavage dans la deuxième moitié du XXe siècle fut liée à l’urbanisation et au développement industriel. Néanmoins, une reconfiguration économique après l’assassinat de Kadhafi, l’émergence des groupes armés contrôlant l’industrie pétrolière et le déclin des conditions de vie, tout cela a favorisé de nouveau ce commerce illicite.

Il est évident que pour régler le problème, il faut s’attaquer à ses racines. Le pays a besoin d’un ensemble de dispositions visant à mettre fin à l’instabilité et au chaos politiques. Certains croient que la crise, à laquelle la France a contribué à l’époque, devrait se résoudre avec le temps.

Contrairement à tous les espoirs, elle risque de s’aggraver. Les dirigeants libyens ne sont pas pour autant pressés à l’idée de stabiliser le pays alors que les leaders étrangers semblent ne pas pouvoir comprendre que le seul moyen d’arrêter l’afflux de migrants dépend du retour de la paix en Libye.

Voir les commentaires (16)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • ou comment quelques individus , dont un dénommé sarkozy , ont grandement contribué à la situation actuelle …..

  • Lorsqu’on a éliminé Kadhafi on a oublié que c’était lui le rempart contre l’anarchie Merci à Sarkozy et Bernard Henry Levy pour leur vision des concéquences qui en résulteraient.

  • Il n’y a pas qu’en Lybie. Dans tout le nord de l’Afrique et le Moyen-orient l’esclavage n’a toujours pas disparu. Lire Malek Chebel qui évalue à 2 millions le nombre d’esclaves contemporains: L’esclavage en terre d’Islam.
    Remarquez que les associations continuent de reprocher aux occidentaux la traite atlantique qu’ils ont supprimé au XIXe siècle, mais pas un mot ni une protestation contre l’actuelle, car elle est le fait des pays musulmans!

    • @ Virgile
      Déjà lire: « Il est difficile à croire que cette pratique barbare n’a pas disparu » situe bien le niveau de l’article, sa naïveté et son hypocrisie! Nier que les professionnelles parisiennes ne venaient pas d’ailleurs en nombre d’ailleurs, à côté de vocations plus ou moins contraintes autochtones, n’est évidemment pas réaliste!
      L’oeuvre de N.Sarkozy en Libye, avec ses alliés, fut évidemment indéniablement crétin et sans effet positif. Comme d’habitude!

  • Cet article relève de la plus basse médisance !!!
    Ce pays a été « démocratisé », « pacifié », libéré du joug d’un dictateur « sanguinaire », (un jour ami au 14 juillet, déchu ensuite) par les hautes oeuvres civilisatrices de Sarkozy et BHL ou Botul

  • Enfin un média qui ose aborder cette réalité . Mais il n’a a pas que la Lybie et d’autres pays Africains sont concernés . Mais vouloir aborder le problème de l’esclavage autre que celui des Noirs pour les Antilles est quasiment impossible. Partout les bien pensants et les  » modérateurs  » veillent !

  • En Lybie et au Soudan dans cette région l’esclavage islamique n’a jamais cessé.
    Attention si vous le répétez vous êtes classé raciste et poursuivi en France

    • @ Esprit critique
      L’esclavage n’est pas du tout une exclusivité islamique, loin de là!

      • Que voulez vous dire ?
        Que l’esclavage a existé ailleurs c’est pas le sujet de l’article ni celui de mon intervention.
        Si vous connaissez des non musulmans esclavagistes et n’ayant jamais cessé de l’être dans la région dont on parle, j’attends tes infos !

  • L’esclavage a préexisté au commerce triangulaire et c’est logique d’ailleurs, pour acheter des esclaves il fallait bien qu’il y en existe ! Mais on ne vous parle toujours que du marché triangulaire et de ce méchant occident esclavagiste. Mais les Noirs et Antillais n’ont pas besoin desOccidentaux pour être réduits en esclavage, ils le font entre eux. Lors du séisme de 2010 à Haïti, ceux des campagnes ont envoyés nombre de leurs enfants chez la famille ou une connaissance en ville pour qu’ils puissent continuer leur scolarité et que se sont-ils retrouvés à faire : les esclaves domestiques ! Des retaveks, situation que j’ai découverte à cette occasion mais qui est en fait tout à fait usuelle !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Jonathan Frickert.

C’est une information qui risque de faire tache d’huile : seulement quelques jours après l’annonce de retrait des troupes américaines d’Afghanistan, la France aurait d’ores et déjà rapatrié par avion militaire des réfugiés proches des talibans.

Une nouvelle qui rappelle la double menace qui pèse sur l’Hexagone quelques semaines après la fin d’un conflit afghan vieux de 20 ans. Une menace sécuritaire d’abord, rappelant que lors de la vague d’attentats qu’a connu le pays au milieu des années 2010, de nombreu... Poursuivre la lecture

Par Katsiaryna Zhuk, Grenoble École de Management (GEM). Un article de The Conversation

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alexandre Loukachenko en 1994, les tensions ont été constantes entre l’UE et le régime de Minsk. Pour autant, la frontière était demeurée, bon an mal an, une fenêtre d’ouverture. Aujourd’hui, elle semble se fermer pour de bon. Trente-deux ans après la chute du mur de Berlin, trente ans après la disparition de l’Union soviétique, sommes-nous sur le point de voir émerger un nouveau rideau de fer en Europe ?

Des longu... Poursuivre la lecture

Par Emmanuel Blanchard. Un article de The Conversation

Alors que la « liberté de voyage » avait été reconnue aux « indigènes » par la loi du 15 juillet 1914, les circulaires Chautemps de 1924 établirent un nouveau régime de contrôle migratoire entre les départements d’Algérie et la métropole. Les promesses d’égalité formulées à la fin de la Première Guerre mondiale s’estompant, les arguments des partisans d’un contrôle des déplacements furent entendus.

Les « Algériens musulmans » furent les seuls passagers ciblés par la mise en ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles