Ni Mad Max, ni Walking Dead : ce que défendent vraiment les libéraux

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By: Mikel Garcia Idiakez - CC BY 2.0

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Ni Mad Max, ni Walking Dead : ce que défendent vraiment les libéraux

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 juin 2018
- A +

Par Olivier Maurice.

Il est évident pour un libéral que le mot libéralisme est un terme employé en France totalement à tort et à travers. Synonyme de dérégulation, de laisser-faire, d’ouverture sans contrôle ni limite pour la grande majorité des gens, le sens commun du terme libéralisme est un épouvantail mâtiné d’anarchisme, d’arbitraire, de chaos et de violence mais aussi assez bizarrement fortement empreint de conservatisme et d’autoritarisme.

Il suffit cependant de se déplacer ne serait-ce qu’une journée dans un pays un peu plus libéral que la France (ce qui n’est somme toute pas très difficile) pour se rendre compte que nos congénères Suisses ou Britanniques ne vivent absolument pas dans l’univers à la Mad Max ou à la Walking Dead que l’on nous dépeint comme étant la concrétisation du libéralisme.

Il faut dire à décharge (pour passer par la parenthèse d’autocritique obligatoire au besoin d’être nécessaire) que les libéraux ne font pas grand-chose pour simplifier les choses : entre les diverses visions et versions, le manque de représentation politique plus ou moins assumée et la manie qu’ont certains à compliquer les choses simples en tentant de les expliquer du plus grand nombre de façons possibles, le libéralisme est le plus souvent décrit de façon abstraite, juridique, formelle, voire intellectuelle, alors que bien souvent les gens n’attendent qu’une explication simple et concise qui leur permettra d’engager une conversation sur le sujet sans trop avoir l’air de dire des bêtises.

Une spécificité française

S’ajoute à cela une spécificité bien française, dont l’explication et la critique la plus pertinente vient de l’Irlandais Edmund Burke : réduire la liberté à un concept universel, sans tenir compte ni des traditions, ni de l’histoire, ni du contexte politique, économique, social et culturel, ni des interactions avec lesquelles vivent les individus est non seulement faire preuve d’un idéalisme béat, mais aussi laisser la porte ouverte à toutes les dérives, à tous les excès, fantasmes et fanatismes.

Le slogan républicain Liberté, Égalité, Fraternité a sans doute fait plus de mal au libéralisme que bon nombre de ses détracteurs en faisant croire que la liberté serait un objectif politique ou une récompense accordée au Peuple par un pouvoir magnanime. Beaucoup en retiennent que la liberté est dangereuse et qu’elle a besoin de lois et de gardiens pour surveiller étroitement qu’elle ne cause pas de nuisance à autrui.

La Liberté est naturelle à l’homme

La liberté se vit bien plus qu’elle ne s’explique. Transporter un individu au fond d’un fjord scandinave, sur une île déserte, au milieu d’un désert, d’un océan ou d’une forêt primaire lui fera comprendre bien plus rapidement et facilement ce que libre veut dire que n’importe quel livre, cours ou même discussion ne le pourront jamais.

Cette expérience fera aussi rapidement surgir une caractéristique que bon nombre de libéraux font mine d’oublier ou de minimiser : la liberté fait peur, extrêmement peur. Il n’est pas donné à tout le monde de vivre sereinement dans la solitude d’une ile déserte ou d’un voilier perdu au milieu de l’océan et de savoir maîtriser cette sensation à la fois enivrante et terrifiante d’être effectivement le seul maître de soi-même, le seul responsable des choses qui peuvent alors nous arriver.

Mais côtoyer la peur et le vide sans frontière est grisant et on peut vite ne plus s’en passer. Un libéral préférera le plus souvent vivre concrètement la liberté que passer son temps à débattre avec des gens qui n’ont souvent comme autre objectif que celui d’avoir raison. Moi-même, je ne me serais probablement jamais mis à écrire sur le sujet si l’accident que j’ai eu il y 4 ans ne m’empêchait désormais de poursuivre une grande partie des activités que j’avais auparavant.

La liberté fait partie de l’être humain et du monde. Nous naissons avec, même si cela ne nous est pas du tout évident. Il faut dire que la société protectrice, la famille, l’entreprise… tout notre environnement œuvre à nous cacher cette vérité anxiogène : tout ce qui nous arrive dans la vie dépend toujours de près ou de loin des choix que nous faisons. Rien n’arrive jamais par hasard, nous sommes la somme de nos choix.

Autonomie, échange et liberté

Est-ce que cela veut dire que le libéralisme est une affaire d’entrepreneurs, de cow-boys ou de rebelles ? Absolument pas, même si il ne faut pas se cacher que ceux qui vivent quotidiennement la liberté seront plus prompts à embrasser les idées libérales.

En fait, le libéralisme est un choix de vie personnel : est-ce que je vois mon rôle de citoyen comme un contributeur à la collectivité, ou est-ce que j’estime que la collectivité me doit quelque chose, à moi et aux autres ?

Il semble clair qu’une société où tout le monde reçoit et personne ne donne ne peut pas fonctionner. C’est pourtant la fiction que promet le socialisme qui veut distribuer la richesse équitablement et qui prétend donner à chacun selon ses besoins.

Le point de vue libéral est inverse : une société harmonieuse est une société où chacun est d’abord capable de subvenir à ses propres besoins, parce que dans ce cas, non seulement ce qui est produit en surplus est tout naturellement distribué, mais les échanges entre individus brassent les richesses et gomment les inégalités. Pour qu’il y ait échange, il faut qu’il y ait richesses à échanger.

L’objectif politique d’une société libérale est l’autonomie de tous les citoyens.

Ce n’est pas à chacun ses besoins, c’est à chacun les moyens de subvenir à ses besoins. Et aussi, à chacun la chance de réussir, d’avoir les moyens d’accomplir au maximum le potentiel qui est en lui.

Évidemment, il est impossible que chacun produise tout ce dont il a besoin : cela requerrait que chacun développe l’ensemble des compétences nécessaires. À vouloir tout faire, on finit par être mauvais en tout. La spécialisation et l’échange sont à la base du fonctionnement de la société libérale. Un bon pêcheur et un bon jardinier ramèneront bien plus de poissons et de légumes que deux personnes qui ne savent ni vraiment bien pêcher, ni vraiment bien cultiver.

Une société libérale reposera sur la diversité et sur la réussite des individus qui la composent. Pour cela, elle tâchera de leur accorder le plus de liberté possible afin qu’ils puissent réussir individuellement et qu’ils puissent par leurs échanges fournir aux autres ce dont les autres ont besoin pour réussir.

L’aspiration au bonheur et à la réussite

Accorder le plus de liberté possible signifie que l’on fait confiance aux gens.

Cela veut dire qu’on les considère comme des individus adultes, responsables et sensés, et non comme des petits êtres fragiles qu’il faudrait prendre en charge et assister du début à l’issue de leur vie.

Le libéralisme s’oppose à l’État socialiste paternaliste (État providence ou État nation) qui ne voit dans les individus que des sujets tous identiques et définis par un cadre légal abstrait : citoyens ou ressortissants pour lesquels il dicterait les droits et les devoirs de façon magistrale et impérative.

La société libérale repose sur un seul principe juridique et éthique fondamental qui concrétise la définition du libéralisme : chaque être humain est unique et différent, et donc irremplaçable. La vie humaine est la valeur suprême, toute vie humaine.

Toutes les autres idées libérales découlent de là. Propriété, liberté, sécurité, aspiration au bonheur… sont des droits que les individus peuvent revendiquer car nécessaires pour protéger leur existence et développer leur autonomie.

Chaque existence, chaque âme, chaque individu est une richesse en soi. Chaque différence est un atout qui viendra compléter les spécificités des autres, qui pourra complémenter cette spécialisation que permet l’échange.

Le corps, mais aussi l’esprit, l’intelligence, l’instinct, la joie, l’enthousiasme … composent ce potentiel qui permet de construire la réussite.

Le pouvoir et la garantie des libertés

Tout le reste : le pouvoir, les lois, les règlements, la nature de la souveraineté, la politique…  n’intéresse pas vraiment les libéraux. Pour la simple raison qu’exercer le pouvoir, construire un empire militaire ou administratif… cet appétit de puissance n’est pas vraiment compatible avec la liberté, surtout avec le respect de la liberté des autres.

Et est-ce vraiment nécessaire ? La coercition, le pouvoir, les lois tentent de se justifier parce que certaines personnes ne jouent pas le jeu de la coopération, parce que certains dépassent clairement les limites acceptables.

Il y a de nombreuses opinions chez les libéraux sur le sujet, mais tous s’accordent pour penser qu’un pouvoir quel qu’il soit est dangereux s’il n’est pas formellement encadré. Ce pouvoir est d’ailleurs sans doute le pire poison qui puisse frapper une population quand il abuse des moyens dont il dispose pour favoriser les personnes qui le détiennent, faire le prosélytisme d’un mode de vie ou d’un autre, voire pour imposer des idéologies criminelles totalement délirantes.

Et dans le domaine d’imposer des idéologies criminelles totalement délirantes, le XXè siècle a clairement montré l’horreur que cela signifie, même si nombre de personnes semblent ne toujours pas avoir compris la leçon.

D’ailleurs, imposer par la force ou par la loi une idéologie est toujours une atteinte à la liberté des individus : il faudrait l’unanimité totale et perpétuelle à chaque règle pour que ce ne soit jamais le cas.

Le libéralisme est avant tout une revendication : celle d’imposer au pouvoir de faire primer la liberté et la responsabilité individuelle avant toute autre solution.

C’est aussi une opposition farouche à tous les totalitarismes, qu’ils soient politiques ou moraux. Mais vous avez sans doute déjà compris que pour les libéraux, fascisme, communisme, nazisme et marxisme sont strictement identiques en termes d’horreur et de malhonnêteté intellectuelle.

Longtemps les libéraux ont cru que la démocratie permettrait de créer un pouvoir qui respecterait la liberté des individus. Mais il semble clair que de plus en plus, les idéologues reviennent au-devant de la scène et insidieusement tentent d’imposer leur façon de voir le monde comme étant une vérité universelle qu’il serait criminel de contredire.

On les reconnait d’ailleurs très facilement : tous pointent du doigt les libéraux et caricaturent le libéralisme, le dépeignent comme le mal absolu tout en prétendant en toute mauvaise foi qu’ils sont les mieux placés pour savoir de quoi il s’agit.

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  • Ce bel article devrait remettre un peu d ordre dans la tête des constructivistes de droite qui se pensent libéraux.

    • « Constructivistes », bel exemple de mot propre aux libéraux et que personne d’autre qu’eux ne comprend (le pompon revenant à « catallactique »).
      De fait il n’y a guère que des socialistes; socialistes de gauche, bien connus, et socialistes de droite, honteux. Car, enfin, quelle est la différence concrète entre l’action d’un gouvernement de gauche et celle d’un gouvernement de droite ? Jacques Chirac a-t-il le moins du monde fait reculer le périmètre de l’Etat ? Et nos hommes politiques, toute honte bue, ne passe-t-il pas allègrement d’une allégeance à l’autre ? Simple question de nuance.
      Soyons clair; oublions « constructivistes » et écrivons « socialiste ».

      • Nommer indifféremment « socialiste » tout ce qui n’est pas libéral est le meilleur moyen pour resté incompris, passé pour « ultras » et faire le jeu des extrêmes.

      • Guido Brasletti
        16 juin 2018 at 9 h 18 min

        Le problème avec certains libéraux est qu’ils utilisent le terme « socialiste » à tort et à travers. On comprend bien que pour ceux là, ils voient en lui le diable personnifié, le croquemitaine cauchemardesque… Mais accoler systématiquement le terme « socialiste » à Etat ou parler de socialiste de droite c’est finalement tomber dans la même caricature, dans la même exagération, dans le même manichéisme et dans la même mauvaise définition des choses que les adversaires du libéralisme donnent au mot « libéral »…

        • Je veux bien oublier ‘socialistes’, mais arrivé au bout de mes capacités de réflexion, je ne trouve pas de mot pour qualifier les étatistes adeptes de la redistribution, alors faites moi des suggestions;
          en attendant, je les appelle ‘socialistes’

          • Justement «étatiste» me semblerait plus pertinent ! Les socialos en sont une des composantes.

            • jacques lemiere
              16 juin 2018 at 10 h 11 min

              non pas , le libéralisme veut un état…libéral.
              Il n’y a pas de honte a dire je veux la propriété privée, je veux la liberté d’expression, je veux la liberté économique.
              L’auteur rappelle a juste titre que la liberté fait peur…mais il n’en tire pas la conclusion qu’i s’impose, il n’y aura sans doute jamais de pays libéral. Et donc…il faut composer avec le respect des libertés tout en acceptant leurs restrictions, la question que je me pose est comment sortir de l’économie dirigée de façon « juste »…ce n’est pas évident du tout..comment supporter pour un cheminot de perdre ses avantages quand d’autres les conservent… c’est une chose de jouer avec des règles injustes , s’en est une autre que d’en changer tout le temps.

              • Les libéraux voudraient simplement que les étatistes (ou les interventionnistes à tout va) n’imposent pas des solutions stupides et inefficaces financés par des taxes et impôts. Après les définitions partisanes c’est secondaire…

            • @ indivisible
              Ce n’est que le problème de mettre en mots les notions plus abstraites comme justice, socialisme, riche, gauche ou droite, raison, patrie etc …

              C’est le lecteur qui décide de son acception des termes lus et choisis: c’est donc subjectif, comme l’auteur a le libre choix des termes pour exprimer le message (sincère ou pas) qu’il veut faire passer.

              En cela, l’Anglais est sans doute jugé pauvre quand le Français est jugé nuancé.

              Mais peut-on affirmer que l’une ou l’autre est plus précise (expression de l’auteur correspondant à 5/5 à la perception et compréhension du lecteur) entre auteur et lecteur?

              On a le droit d’en douter!

              Donc étatiste est, sur Contrepoints, clair et neutre.
              Socialiste est bien plus vague: l’URSS se disait socialiste, comme Fr.Mitterrand ou, forcément, G.Marchais mais pas Ch.De Gaulle qui a pourtant renforcé et l’état et la sécu!

              On peut donc voir et croire qu’il n’y a pas à l’assemblée nationale, un politicien prêt à défendre un programme libéral: je peux vous dire que là où cela existe, dans la majorité, éphémère, le libéralisme théorique, pur et dur, de Contrepoints verra se heurter ses convictions à une réalité quotidienne qui ne lui permettra pas de tout résoudre.

              Dans nos pays de l’U.E., il n’est plus possible de faire abstraction du social ou collectif face à des individus vivant quand même dans une collectivité nationale (ce qui favorise l’échange libéral).

          • Guido Brasletti
            16 juin 2018 at 15 h 30 min

            @ Leipreachan
            Pour la clarté de l’argumentation, et pour que chacun puisse s’accorder sur un dictionnaire universel, je vous propose étatiste ou interventionniste ou encore paternaliste suivant les domaines que vous abordez.
            Le terme de socialiste est encore plus flou et plus soumis à interprétation multiple que celui de libéralisme.
            Il ne faudrait pas que l’on puisse se voir appliquer ici la maxime de P. Valery : « certaines personnes se font d’une idée une approche si vague qu’elles prennent ce vague même pour l’idée »…

        • @guido ah bon ? la droite française n’est pas socialiste ? première nouvelle ! Ou voyez vous une réduction de la sphère de l’état dans un programme de droite ? même pas fichue de faire sauter l’isf et les 35 heures quand elle était au pouvoir … la gauche de Schroder était plus à droite que la droite de française …

          • Guido Brasletti
            16 juin 2018 at 15 h 18 min

            Je viens de tenter d’expliquer, à l’instar de Raphaël, que étatiste et socialiste ce n’est pad exactement la même chose.
            Si vous parlez de droite socialiste, vous allez facher et la droite et les socialistes et pire 95 % des Français ne vont rien comprendre à ce que vous dites.
            Il est assez malaisé de se bricoler son petit dictionnaire dans son coin ; et pour tout dire c’est souvent une des caractéristiques des sectes ou des totalitaires…

  •  » A vouloir tout faire on finit par être mauvais en tout « ….que voilà une petite phrase qui pourrait pointer du doigt l’état qui veut se mêler de tout , y compris ce en quoi il ne comprend rien, et qui finalement nous pond conneries sur conneries ;

    • @ véra
      Ne pensez pas ça: chaque « ponte » de l’état mêle-tout a des buts bien précis, des obstacles à franchir, des difficultés à circonscrire … Il y a des « bêtises » paraissant irrationnelles qui peuvent influencer la suite en promouvant un pouvoir, une carrière, un honneur ou un gain d’argent.

  • Article intéressant mais qui fait l’impasse sur un concept fondamental : le consentement.
    La liberté est indissociable de ce concept. On peut tout envisager comme modèle, du moment que les individus y aient librement consenti .

  • L’absence de visibilité politique des libéraux peut s’expliquer par le fait que vivre en libéral est incompatible avec la mainmise sur un groupe d’électeurs clientélisés dans le but d’accéder au pouvoir.

    Robert Heinlein le décrit bien mieux que moi :
    « Les étiquettes politiques – royaliste, communiste, populiste, fasciste, socialiste – ne sont pas pertinentes. Le genre humain se divise politiquement entre ceux qui veulent contrôler la vie des autres, et ceux qui n’éprouvent pas ce besoin. »

    • Guido Brasletti
      16 juin 2018 at 15 h 54 min

      Certes. Mais le libéral veut au moins pouvoir contrôler la sienne. Et cela implique un rapport de forces politique avec ceux qui veulent le contrôler.
      A défaut d’être au pouvoir, il faut nécessairement que les idées qu’il porte le soient, elles…

  • Si on veut faire simple on peut dire que le libéralisme c’est le respect de la vie, de la liberté et de la propriété. C’est faire reposer la société sur l’individu.
    Bien sûr ça fait peur. C’est pourquoi le goût de la liberté et de son corollaire la responsabilité doit être inculqué aux enfants par les parents, puis par l’école.

  • @ L’auteur : Merci pour ces quelques minutes de félicité, nous aussi on se fait plaisir en lisant.

  • Très bon article mais malheureusement ce n’est pas demain qu’on verra le « Libéralisme adopté par les Français. Ni de Droite ni de Gauche et certainement pas non plus ses adversaires déclarés : les « Extèmes » de Mélenchon à Le Pen. Tous se réfèrent au « Welfare State » L’État Providence. C’est surtout dommage pour le futur de l’humanité

    • Guido Brasletti
      16 juin 2018 at 20 h 09 min

      Il ne faut jurer de rien. L’Etat providence aujourd’hui peine à satisfaire les objectifs que lui ont assigner les Français. Il est de moins en moins providentiel et de plus en plus coercitif. Son paternalisme est devenu celui du père fouettard. Depuis 40 ans les promesses qu’il fait d’une vie harmonieuse et prospère ne sont pas tenues. On commence à s’en fatiguer.
      A tel point que Macron a été élu en prononçant le mot « libéralisme », de façon assumée, presque une première. Même si le compte n’y est pas – Macron se contentant de faire du pâté d’Hollande et de Sarkozy, dans un bocal plus joli – le message passe… Reste a espérer que ce président ci ne va pas tellement ternir le vocable que les Français, croyant avoir tâté du liberalisme, et déçu par le brouet qu’on leur aura servi n’iront pas se précipiter chez les extrêmes-populistes…
      Personnellement, ce n’est pas l’appétence du Francais pour le welfare qui m’inquiète le plus mais bien son tropisme sécuritaire.

  • Selon Charles Gave (http://institutdeslibertes.org/de-la-suprematie-de-lindividu/), la ligne de fracture se situe entre ceux qui privilégient l’individu et ceux qui vouent un culte à la tribu.

    « Les forces du mal reviennent encore et toujours à la charge pour ramener l’individu sous le contrôle de la tribu. »

    Les termes constructivistes, socialistes, collectivistes ou étatistes sont utiles pour étayer le raisonnement mais, trop simplificateurs, ils ne recouvrent que certains aspects de la menace plus générale à laquelle nous devons faire face. Par exemple, est-il pertinent de qualifier le globalisme, l’écologisme ou l’islam de nouveaux socialismes ou de nouveaux collectivismes ?

    On pourrait utiliser le terme plus générique de barbares, par opposition aux citoyens civilisés, en ce sens que les barbares de toutes les obédiences veulent nous renvoyer à l’antiquité tribale dont nous avons pourtant su nous extraire, en sapant et marginalisant tout ce qui fait l’originalité de la civilisation, notamment sa vocation universaliste.

    Deux millénaires de découvertes et de progrès patiemment accumulés nous ont permis de quitter notre condition primitive pour progresser dans le domaine des mœurs, des connaissances, des idées. Ils peuvent être constamment remis en cause par la séduction malsaine que la barbarie exerce partout et toujours sur ceux qui s’y complaisent, entre soif de destruction, haine inextinguible et envie dévorante.

    Ce n’est pas à un choc entre civilisations auquel nous sommes confrontés mais bien à un affrontement permanent entre la civilisation et la barbarie.

    • Très intéressant votre point de vue! Il est vrai que l’ignorance et la bêtise sont les raisons qui provoquent le refus du libéralisme!

      • Excellente contribution !
        Il y a un bout de temps qu’une analyse n’avait activé ma réflexion à ce point, merci…

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