Minima sociaux : Macron a raison

Dans un coup de com’ comme il les aime, Macron a balancé que les minima sociaux coûtaient « un pognon dingue » et que les bénéficiaires ne s’en sortent pas. Il a mille fois raison.

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Minima sociaux : Macron a raison

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 juin 2018
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Par Thibault Doidy de Kerguelen.

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas », déclare Emmanuel Macron dans une vidéo diffusée sur Twitter par sa directrice de la communication, Sibeth Ndiaye. Ces propos sont tenus alors que des ministres et des députés ont multiplié les déclarations sur l’évolution de certaines prestations sociales. Quelque chose se prépare et nous assistons tranquillement au lancement de quelques ballons sondes.

Macron a raison sur le constat

Il y a dans cette vidéo des moments gênants pour celui qui cherche à se faire passer pour Jupiter.

Croire benoîtement que l’éducation serait une voie ou un moyen permettant de remettre les personnes engluées dans les minima sociaux sur le chemin du travail nous fait irrésistiblement penser à quelque chose du genre « ils n’ont plus de pain ? qu’ils mangent de la brioche ! »

C’est une attitude stupide de quelqu’un qui croit que parce qu’il a fait des études tout le monde peut en faire et qu’il suffit de faire des études pour ne pas être au chômage… Qu’il regarde ses stats avant d’ânonner des banalités que nous aimerions tant voir disparaître de la sempiternelle langue de bois politique.

Par contre, sur le fond, sur le constat de ce que coûtent les minima sociaux, il a parfaitement raison.

Pourquoi le système ne fonctionne pas et ne peut pas fonctionner ?

La logique allocative

La logique allocative, que nous connaissons bien en France puisqu’elle y sévit depuis 1945 en particulier à travers les minima sociaux, est une réponse imaginée par des hommes politiques de gauche ou issus de mouvements proches des catholiques de gauche, pour permettre à la collectivité de satisfaire à l’impérieux devoir d’aide à la détresse des individus.

Son principe de base consiste à définir des « droits ». Pour se faire, le système allocatif identifie a priori un certain nombre de « besoins » considérés comme vitaux et pour lesquels il accorde un montant forfaitaire d’aide. Il crée ainsi une aide par besoin identifié et validé.

La logique allocative procède par « ouverture de droits ». Cela veut dire que si vous répondez aux critères définis, vous avez droit aux aides, aux minima sociaux, indépendamment du fait que vous en ayez réellement besoin ou non. Il s’agit dans l’esprit de ses concepteurs d’une organisation qui ne laisse aucune place au jugement personnel ou individuel de la personne en charge de l’octroi ou du refus de l’aide publique. Les droits sont ouverts sur des éléments « objectifs » et « d’égalité » face à ces droits.

Le cumul des allocations

L’esprit humain est toujours confronté à la multiplication des possibles.

Régulièrement, la société se trouve interpellée par de nouvelles situations de détresse auxquelles elle se fait un devoir de répondre par…. une nouvelle allocation ou de nouveaux minima sociaux. Ainsi, d’année en année, se construit une sorte de jungle, de forêt d’allocations et de prestations. Bien malin celui qui aujourd’hui est capable d’établir la liste exhaustive des allocations et aides en tous genres existant dans notre pays.

Entre les prestations sociales  (sommes sonnantes et trébuchantes versées par les CAF, Pôle Emploi, les services sociaux municipaux, les caisses d’assurance maladie, les caisses d’assurance vieillesse, les Conseils généraux, l’Éducation nationale…), les prestations des services sociaux qui financent des accès à des prestations (pass navigo gratuit sur Paris par exemple…) et les prestations fiscales (dérogations aux prélèvements fiscaux ou sociaux , prime pour l’emploi, quotient familial, crédit d’impôt pour garde d’enfant de moins de 6 ans, incitations à souscrire des contrats de complémentaires santé, mais aussi exonérations de cotisations sociales et exemptions de prélèvements sociaux ….), ce sont plus de 700 milliards d’euros qui sont investis dans l’aide sociale.

Cette anarchie kafkaïenne a été décrite par un député socialiste en 2016, (Christophe Sirugue dont vous pouvez trouver le résumé du rapport en annexe). Il a établi qu’il existait 10 minima sociaux différents touchant plus de quatre millions de personnes.

Une nébuleuse d’allocations, de statuts, un coût s’élevant à plus de 700 milliards d’euros, (chiffre qui n’intègre pas les prestations liées au chômage), tout cela pour quel résultat ?

La paupérisation

Concentrons-nous sur ceux qu’une politique dite de solidarité nationale est supposée viser et aider, les plus pauvres, les accidentés de la vie, les victimes collatérales des prises de décisions politiques (je vise ici tous ceux qui ont perdu leur emploi, non pour des raisons de marché ou d’évolution technologique mais parce que des choix politiques ont conduit à la désindustrialisation de la France et que cette dernière a fait disparaître pour eux toute chance de trouver un emploi à faible valeur ajoutée), tous ceux dont la doxa nous dit qu’ils sont visés par les minima sociaux.

  • le nombre de SDF en France a augmenté de 50 % en dix ans ;
  • le nombre de procédures pour loyers impayés a augmenté de 26 % en quatre ans ;
  • le nombre de personnes consacrant plus de 36 % de leurs revenus au seul loyer a augmenté de 42 % en six ans.

La situation du logement s’aggrave pour les plus pauvres malgré le système allocatif.

  • une personne sur deux a renoncé en 2016 à des soins dentaires à cause du prix (moins de 20 % en 2000) et ce malgré les complémentaires, les tarifs conventionnés et les mesures totalitaires diverses ;
  • une enquête menée par la Sécurité sociale sur 29 000 assurés en 2017 a fait ressortir que 20 % des personnes interrogées avaient renoncé à des consultations (en particulier de spécialistes) pour des raisons de coût.

La situation de la santé des plus pauvres se dégrade malgré (ou à cause de ?) l’étatisation à marche forcée du secteur et la multiplication des assistances allocatives en tous genres.

  • le nombre de bénéficiaires du RSA dit socle (c’est-à-dire qui n’ont pas d’autres revenus) a augmenté de 27 % en 6 ans.

Pourquoi 700 milliards d’euros dépensés tous les ans n’enrayent pas la paupérisation ? Pourquoi pléthore de minima sociaux n’enraye pas la paupérisation ?

Le non-travail comme condition d’attribution

Toutes les allocations citées ci-dessus, tous les minima sociaux, sont accordés sous condition de non-revenu. Soit intégralement en cas de non-revenu total, soit défalqués en cas de revenu « partiel », c’est-à-dire n’atteignant pas le montant de l’allocation.

Prenons un exemple simple. Une personne seule élevant un enfant (je fais exprès de ne pas prendre un exemple extrême, mais un cas de figure en deçà du cas de figure médian (deux enfants)). Vous trouverez le détail des calculs pour 8 hypothèses (personne seule, couple, 1 ou 2 ou 3 enfants) en annexe.

Le système allocatif lui assure (sous réserve de quelques ressources que je n’aurais identifiées ou qui n’interviendraient qu’à la marge) un RSA, une allocation logement, une prime de Noël, une prime de rentrée, la CMU-C pour elle et son enfant, une bourse, une aide pour la cantine, le pass navigo gratuit pour elle et son enfant, un chèque énergie, un abonnement Orange minoré. Soit un revenu net global mensualisé d’environ 1489 euros auquel il convient d’ajouter un certain nombre d’accès gratuits à des services (musées, piscines, bibliothèques…), des coûts minorés sur d’autres services publics (le pompon étant probablement le tarif des crèches qui est minoré pour les allocataires alors qu’ils ne travaillent pas…) l’accès à l’aide juridictionnelle, l’accès aux services des associations caritatives (banques alimentaires, vestiaires, assistances…).

Nous sommes, vous en conviendrez, aux alentours d’un niveau de vie correspondant à un revenu net d’environ 1550 euros. Un revenu net de 1550 euros correspond à un salaire de 2012 euros brut, soit à 80 euros près le salaire moyen d’un employé français.

Si demain notre allocataire trouve un emploi à mi-temps lui permettant à la fois de gagner de l’argent et à la fois de s’occuper de son enfant, combien peut-il espérer gagner ? Entre 600 et 800 euros nets ? Ces montants seront défalqués de son RSA à hauteur de 68 %. Ils imputeront les montants des bourses, du chèque énergie, de son quotient familial. Gain net ? Entre 150 et 190 euros ! Quel intérêt a-t-il à accepter cet emploi à mi-temps ? Aucun.

Entre un niveau de vie à 1550 euros sans travailler et un niveau de vie à 1550 euros en travaillant, que choisireriez-vous, vous-même ? Regardez le tableau en annexe. Une personne seule avec trois enfants a sans travailler un niveau de vie correspondant à un revenu de 2500 euros net (3246,75 euros brut). Vous en voyez passer beaucoup des annonces d’emploi à ce niveau de rémunération à destination de personnes dont les qualifications ne permettent pas de prétendre à des postes à forte valeur ajoutée ?

La condition de non-revenu à l’octroi des allocations est une cause majeure de l’enlisement.

Cette condition stupide enferme les allocataires dans leur statut.

Travailler entraîne la perte de tout ou partie des allocations et des minima sociaux. Ils ne vont donc pas travailler, même pour des emplois modestes ou à temps partiel car ils ont davantage à perdre (ne serait ce qu’en « qualité de vie » et sans compter les tracasseries administratives et les justificatifs en tous genres qu’il va leur falloir communiquer pour ne pas perdre le peu d’aides auxquelles ils pourraient éventuellement continuer à prétendre) qu’à y gagner.

Cette réalité a pour conséquence qu’un certain nombre de postes ne sont pas pourvus, ou par des emplois intérimaires ou sous-traités dont le coût, supérieur à un emploi direct, s’impute sur le prix de vente du bien ou du service. Il y a donc une quantité de plus-value non produite et de services non rendus dont notre économie aurait besoin.

Cette réalité a pour conséquence que les allocataires sont contraints (à quelques centaines d’euros près gagnés de-ci de-là par quelques petits travaux au noir donc non générateurs de cotisations) à une consommation basique fort peu génératrice de valeur ajoutée et très souvent portée sur des produits bas de gamme importés.
Cette réalité, enfin, a pour conséquence sociologique la création d’une nouvelle catégorie sociale, les « cas soc’ » (abréviation de « cas sociaux »), les abonnés aux minima sociaux.

La condition de non-revenu à l’attribution des allocations et minima sociaux est créatrice de pauvreté car elle condamne environ 4 millions de Français à l’alloco-dépendance.

Pourtant, contrairement au discours tenu par un certain nombre de « pères la morale », le fait de travailler n’est pas une valeur morale, c’est un impératif économique.

Cette distinction est capitale. En effet, que signifie « travailler » ?

Travailler veut dire produire de la plus-value, de la valeur ajoutée. Cela ne veut pas dire « s’occuper ».
Lorsque nos beaux esprits moralisateurs s’attaquent au problème du « travail », ils inventent des « emplois », souvent bidons, rémunérés par l’argent public qui coûtent autant si ce n’est plus que l’allocation dont bénéficierait le récipiendaire s’il restait dépendant de la CAF.

En fait, celui qui travaille permet à la collectivité de s’enrichir, pas de s’appauvrir.
Celui qui vit uniquement de l’argent public participe à l’appauvrissement collectif.
Celui qui ne vit que de l’argent public a besoin de plusieurs personnes qui travaillent pour permettre à la collectivité de financer son mode de vie.
Quand le nombre de ces personnes « parasites » devient trop important, la collectivité ne peut plus supporter leur assistance intégrale. Elle a alors recours à l’emprunt, reportant sur les générations suivantes le coût des « cas soc’ » d’aujourd’hui.

Imaginez qu’il n’y ait plus de condition de non-revenu à l’obtention de minima sociaux

Imaginez que demain cette condition de non-revenu soit levée.

Combien de personnes accepteront un emploi à mi-temps qui leur permettra d’augmenter leur revenu de 600 ou 800 euros ? La dimension de l’enjeu sera totalement différente. Il existera un réel intérêt à travailler, un réel avantage.

Toute la logique perverse que nous venons d’évoquer s’inverse.

La consommation s’améliore aussi quantitativement que qualitativement.
Dans le système actuel qui veut financer la protection sociale par des prélèvements sur la plus-value du travail, de nouveaux cotisants apparaissent.
Le nombre d’irréductibles « cas soc’ » (il y en aura toujours) va en diminuant.

Le meilleur moyen pour que les minima sociaux et le coût de la protection sociale ne soient plus de l’argent jeté par les fenêtres pour uniquement arroser un réservoir de voix socialistes, c’est de permettre le cumul prestations/travail. Pas seulement le permettre dans les textes, comme cela est théoriquement possible aujourd’hui, mais le permettre dans l’intérêt que l’individu trouvera à travailler en plus de percevoir les aides.

Pour que la protection profite à tous

La possibilité qui serait faite de cumuler prestations sociales, minima sociaux, et travail est incompatible avec la logique allocative. Le seul moyen de mettre cela en place est de remplacer le système allocatif par le Revenu Universel.

Chaque citoyen français perçoit un revenu universel dès sa majorité et jusqu’à sa mort. Ce RU sera calculé sur la base du seuil de pauvreté établi selon les normes de PPA.

Pas de cumul possible entre les différentes allocations qui sont toutes supprimées. Tout ce qui est gagné en travaillant vient en sus.

Suppression de toute l’administration sociale qui ne sert qu’à fliquer 4 millions de Français. Le RU universel est accordé de droit avec la citoyenneté, aucune démarche ni dossier ni demande (actuellement 38 % des personnes pouvant prétendre au RSA n’en font pas la demande et se trouvent ainsi parmi les personnes les plus démunies).

Ainsi, la pauvreté est éradiquée en France.

Que la collectivité doit elle de plus au citoyen ?

Évidemment, quelques beaux esprits viendront larmoyer sur le fait que tout le monde touchera le RU et pas seulement ceux qui en ont besoin. Mais c’est un mythe. Ceux qui en ont besoin ne sont avant tout aujourd’hui que ceux qui y ont droit, c’est-à-dire qui entrent dans les cases, dont la demande est complète, avec tous les papiers idoines, estampillés par le fonctionnaire de service.

Il suffit de s’être un tout petit peu occupé de personnes déconnectées du monde pour savoir qu’elles n’ont pas d’avis d’imposition (pourquoi faire une déclaration quand on ne gagne rien ou trois fois rien au black, c’est le meilleur moyen d’être contrôlé), qu’elles n’ont pas de titre de domicile dans les règles (hébergé contre services dans un logement qui ne passerait pas cinq minutes au contrôle d’un fonctionnaire encravaté de la CAF mais qui les satisfait bien) et plus de relevés de compte depuis que la poste a décidé de les mettre en ligne et que c’est à chacun de les télécharger. Alors ils laissent tomber.

Demain, avec le Revenu Universel, ils percevront sans justificatif, sans demande, et croyez moi ils en seront heureux et… sortiront des statistiques de miséreux.

Quant à ceux qui gagnent en travaillant de quoi subvenir à leurs besoin, ils auront toujours la possibilité de mettre le montant de leur RU sur un compte d’épargne de précaution qui leur servira lors du prochain coup dur. Car oui, c’est aussi cela la responsabilisation. Inciter les individus à anticiper. Mettre de l’argent sur un compte d’épargne de précaution, c’est leur permettre, lorsqu’un accident de la vie survient, de ne pas être pris totalement de court.

Et les riches ? Vous savez, ces riches dont toute la classe politique ne cesse de parler mais que personne ne définit. Eh bien eux, ils auront toujours la possibilité de faire don de leur RU à des œuvres caritatives, ce qu’ils ne manqueront certainement pas de faire car, l’avez vous remarqué, dans les pays où le système de protection sociale ne gaspille pas les deniers publics, les riches sont plus nombreux et plus généreux !

Alors oui, Macron a raison sur le constat, oui, les déclarations récentes de ses ministres, notamment sur le regroupement de minima sociaux et l’allègement des frais de gestion semblent prendre la bonne voie… Encore faut il que celle-ci ne soit pas un chemin de traverse nous conduisant à une nouvelle usine à gaz énarchiste, même pompeusement baptisée Revenu Universel.

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  • La question qui fâche et qui n’ est pas évoquée: combien de pognon de dingue en minima sociaux nous coûte l’ immigration?

    • Bonjour,
      Je suppose que lorsque vous parlez d’immigration, vous évoquez l’immigration de peuplement… Ce n’est pas que je veuille faire le pinailleur, mais si nous pouvions éviter d’utiliser le terme « immigration » à tout bout de champ, nous éviterions que les immigrationnistes, dans une réthorique d’amalgame, nous remettent l’immigration de travail ou de protection à travers la gorge.
      Le poids de cette immigration de peuplement dans les comptes sociaux est difficile à chiffrer. Pour l’estimer, retenez que la population issue directement ou indirectement à deux générations, de l’immigration de peuplement représente (officiellement 😉 ) 13% des 67 millions de « Français », mais…. 40% (cherchez l’erreur) des bénéficiaires de minima sociaux…
      Après, vous pouvez aussi calculer l’impact de cette immigration de peuplement sur le logement social, sur les comptes de la sécu, sur le coût de fonctionnement de la justice et de la police, sur l’Education Nationale… Bref, vous risquez vite de vous retrouver en aussi haute estime publique de la part des tenants de l’idéologie dominante qu’un….. Gourevitch, par exemple!

  • C’est très astucieux de présenter ce concept non comme un « droit à un revenu sans rien faire », mais comme un moyen d’éviter les écueils liés aux allocations actuelles, et si bien décrits dans cet article.

    Pour les même raisons, il faudrait remplacer cette expression « revenu universel » par l’expression « impôt négatif » de Milton Friedman, ce qui revient strictement au même dans son application :
    Salaire réel + Impôt% x (Salaire neutre – Salaire réel) = Salaire réel + RU – (Impôt% x Salaire réel).

    Il manque cependant à cet article le volet sur un des minima sociaux les plus handicapants pour l’existence d’un véritable marché du travail : le SMIC qui n’aurait plus lieu d’être en cas d’adoption d’une telle mesure.

    • Bonjour,
      la raison pour laquelle je n’aime pas le concept d’impôt négatif, c’est son mode opératoire. Les personnes qui ont un réel besoin d’aide à un moment donné de leur vie en ont besoin à cet instant « T » et non un an après…
      Imaginez (en fait histoire vue et entendue en direct) qqu’un au chômage qui trouve du travail à plusieurs centaines de km de chez lui. Il ne touchera son premier salaire après un mois de travail. Comment fait il pour vivre si loin de chez lui pendant un mois alors qu’il n’a plus un sou? Aujourd’hui, il va à la CAF et on lui répond qu’il n’existe rien pour sa situation, qu’il lui faut prendre rendez vous au CCAS de sa commune, voir l’assistante sociale de son quartier, les associations, mais la CAF le vire comme un malpropre, il rentre pas dans les cases. Ce type, c’est aujourd’hui maintenant qu’il a besoin d’aide, ponctuellement, pas dans un an après avoir le compte de ses revenus de l’année….

      • Oui bien sûr, quoique votre argument du manque de trésorerie temporaire serait estompé par le prélèvement (ou l’allocation dans l’exemple) à la source, ou des avances de trésorerie qui seraient d’autant plus possibles lors des négociations des contrats de travail que ce marché serait réellement libre.

    • Excusez moi, je ne vous avais pas répondu sur le SMIC.

      Oui, le SMIC est un aberration…. mais. mais je ne suis pas favorable à sa suppression de manière prématurée. Que peut on appeler « prématurée »? Tant que le marché du travail n’est pas rééquilibré. Nous sortons là du sujet de l’article, mais il faut, dans un premier temps, supprimer la totalité des charges qui pèsent sur le travail afin de remettre la plus value marginale produite en France au niveau de celle des autres pays concurrentiels. Comme le coût de la protection sociale se reportera alors sur la consommation, il conviendra de réintégrer la part aujourd’hui appelée « salariale » dans le salaire net. Cette mesure entraînera la création d’environ un million d’emplois en moins d’un an, puis ensuite, régulièrement, l’industrie redevant viable, un solde positif de création d’emplois sur cinq ou sept ans. Le marché du travail se trouvera alors rééquilibré, c’est à dire que les candidats au travail auront des billes à faire valoir face à l’offre (l’économie n’est elle pas avant tout le gestion de la pénurie?)… Il sera alors possible de supprimer le SMIC qui deviendra un vrai handicap à la création supplémentaire d’emplois.
      Je crains qu’une suppression du SMIC prématurée n’entraîne une chute monstrueuse des salaires (le rapport de forces entre l’offre et la demande est trop déséquilibrée) provoquant une situation sociale désastreuse.

      • Oui, c’est bien comme cela que je l’envisageais.
        Merci pour vos réponses pleinement satisfaisantes, et votre très bon article.

  • Juste une petite remarque:
    « … plus de relevés de compte depuis que la poste a décidé de les mettre en ligne et que c’est à chacun de les télécharger. »
    Peut-être pour les nouveaux clients, je ne sais pas. Pour les autres, c’est seulement pour ceux qui le demandent.

    • Vous avez raison et je ne vois pas quel est le rapport avec la pauvreté. La consultation en ligne au jour le jour est d’ailleurs certainement plus pratique pour des gens qui sont contraint de gérer leurs dépenses à l’euro près.

  • Lorsque le nombre de cotisants et de contribuables imposables baisse, le poids de la dépense publique pèse d’autant plus sur la collectivité. Pourtant, le chef de l’État poursuit sa politique d’abandon de l’industrie menée lors du précédent quinquennat.
    Le prestigieux ministère de l’Industrie, qui fut longtemps la clé de voûte de la politique économique hexagonale, ne dispose plus d’aucun pouvoir maintenant. Qui sait mieux que les victimes de cette politique suicidaire, qu’un pays qui se désindustrialise déplore ensuite une augmentation du déficit commercial, du chômage et de la précarité, de la dépense publique et de sa dette?
    Emmanuel Macron incarne mieux que quiconque, et jusqu’à la caricature, la politique de pompier pyromane adoptée depuis plus de quatre décennies par nos gouvernements. Celui qui pourrait devenir le citoyen le plus coûteux pour l’argent de la République, si l’on tient compte de son parcours et de son espérance de vie, exhume maintenant à son tour le débat à propos des aides sociales et de l’assistanat.
    Si les aides sociales généraient des achats de biens de consommation produits en France, les dix milliards d’euros de RSA ne coûteraient, compte tenu d’une dynamisation induite du tissu industriel et des créations d’emplois, quasiment rien. Mais puisque nous avons opté pour une économie mondialisée, les aides dynamisent surtout les importations et nos dépenses sociales s’accroîtront irrémédiablement jusqu’à l’effondrement de notre modèle.
    Mais Emmanuel Macron, encore ivre du pouvoir que les Français lui ont confié, semble davantage s’amuser de ses mises en scène et des effets de sa communication sur l’opinion des Français. «Les aides sociales coûtent un pognon de dingue»: ces propos émis lors de la diffusion, à minuit, sous les ors du raffiné salon vert de l’Élysée, dans un improbable teaser présidentiel, ne sont pas de très bon goût et sont insultantes pour les dits assistés.
    En effet ce discours démagogique tend à créer une confusion entre la dépense sociale d’une part, d’un montant total de 714 Mds d’euros représentant 33 % du PIB en 2016, principalement alimentée par 600 Mds de cotisations vieillesse et santé ; et d’autre part les minima sociaux dont l’emblématique RSA qui plafonne à 10 Mds d’euros par an et constitue une dépense équivalente à 0.5 % du PIB. Mais dans le pays d’Europe qui s’est le plus désindustrialisé et dont le chômage impacte à des degrés divers près de dix millions de personnes, le chiffre n’apparaît pas si disproportionné. Les postures politiciennes pointant du doigt les conséquences sont inopérantes et il convient de s’attaquer prioritairement aux causes de la pauvreté.

  • Astucieuse démonstration critiquant une usine à gaz coûteuse pour promouvoir une autre usine à gaz peut-être un peu plus simple (cela reste à prouver) mais tout aussi coûteuse maintenant une frange de la population dans une dépendance peut-être moins prégnante vis-à-vis de l’Etat mais tout aussi délétère.
    Il serait plus simple de limiter tous ces allocations, aides et avantages à un plafond suffisant pour survivre mais dans un grand inconfort , ce plafond étant dégressif dans le temps. « Curieusement », vous verrez un grand nombre de ces « cas’soc » retourner à la vie active classique.
    Cela nécessiterait bcp moins de fonctionnaires pour gérer le système et laisserait bcp plus d’argent dans la poche des contribuables pour consommer et créer des emplois…etc
    Evidemment, électoralement parlant, il y aurait un passage difficile à gérer… Passage infranchissable pour notre classe politique actuelle.

    • Bonjour,
      Diminuer le montant des actuelles allocations ne ferait qu’ajouter de la misère à la misère sans rien modifier fondamentalement. En effet, je considère que la paupérisation actuelle est le RESULTAT de la politique allocative, indépendamment des montants!
      tant que vous soumettrez l’aide à conditions d’attribution, vous aurez des armées de flics sociaux payés pour vérifier ces conditions (je ne vois pas où vous trouvez « une usine à gaz » dans le fait que le trésor vire une somme sur le compte des citoyens français tous les mois??????), tant que vous soumettrez l’aide au « non-travail », vous inciterez toujours dans gens à « ne pas travailler ». Quant à l’idée de baisser les allocations en dessous du seuil de pauvreté, c’est tout simplement imbécile (excusez moi) ou idéologique et dans ce cas, dites qu’il faut les supprimer complètement.
      Le RU a un montant et un seul. Ce montant est le même que vous travailliez ou non. TOUT ce que vous gagnerez en travaillant viendra en sus. Y aura-t-il des parasites qui s’en contenteront? Probablement oui, il y a toujours des gens qui sont dans cet état d’esprit, mais leur nombre sera incomparablement plus faible qu’aujourd’hui car l’incitation ne sera plus au « non-travail » mais au contraire au travail et que…. jamais le montant du RU ne sera égal aux revenus tirés des allocs aujourd’hui!!! (un RU à 800€ + (je suis en train d’en étudier la faisabilité) un RU de 320€ pour les mineurs aurait un coût global situé entre 550 et 600Mds€ contre 714Mds pour le système allocatif actuel. Uniquement distribué aux adultes, cela coûte 480Mds€. Vous pouvez faire toutes les simulations, le montant global perçu par les cassoss est inférieur aux allocs actuelles, tant en respectant les seuils de pauvreté, car il n’y a aucune raison que la solidarité nationale aille audelà de cet impératif, éradiquer la pauvreté, éviter à chacun de ses membres de sombrer dans la pauvreté, mais pas plus. Autant le système allocatif permet de « vivre », ne touche pas les plus démunis et interdit de rebondir, autant le RU évite la pauvreté, touche les plus pauvres et incite à rebondir.

      • Heureux de rencontrer un libéral alliant intelligemment cœur et raison, bref un homme complet.
        Très bon article, très bonnes idées !
        Grace a vous, je reprends espoir en l’humanité ! 🙂

      • C’est bien beau, mais à partir de quel salaire paie-t-on plus pour financer le RU qu’on ne reçoit de RU ? Dans cette situation, toucher de l’argent pour en rendre immédiatement plus à l’état a un côté absurde et générateur de frais qui me choque, sans parler du rôle accru donné ainsi à l’état. Il me semble que le RU est surtout un moyen d’augmenter discrètement encore plus la progressivité des prélèvements pour le financer, ou si vous préférez, de réduire l’intérêt de travailler pour ceux qui gagnent bien leur vie plutôt que pour ceux qui sont à la limite du chômage.
        Enfin, il y aurait de très gros perdants : handicapés, étudiants, qui ne manqueraient pas de retrouver des allocations spécifiques, annihilant tout le principe du RU.
        Pour moi, pas de RU, mais une prise en charge universelle en nature des besoins élémentaires humains (ni tabac ni alcool…) sans le moindre superflu pour qui le veut.

      • Vos calculs ne tiennent pas la route. 714 milliards pour le système allocatif actuel ? Vous raisonnez comme si ces 714 milliards étaient uniquement composés d’aides sociales. Parmi ces 714 milliards plus de 300 milliards correspondent aux pensions de retraite et 200 milliards aux prestations maladies ? Peut-on considérer que les pensions de retraite et les prestations maladies sont des allocations ? Bien évidemment que non. Ces dépenses viendraient se greffer en sus d’un RU. Là on explose les compteurs.

    • « Curieusement, vous verrez un grand nombre de ces « cas’soc » retourner à la vie active classique. »
      Embauchés par qui ?
      Si les entreprises étaient intéressées par les « cassoces » l’Etat n’essaierait pas de leur forcer la main avec des incitations financières.

  • Le RU revient à faire de tous les citoyens des fonctionnaires puisqu’ils toucheront un salaire payé par l’Etat. Je comprends bien que cela remplace toutes les aides actuelles, c’est à dire une situation où déjà les citoyens tirent une partie de leurs revenus de l’Etat. Mais tout de même la dépendance à l’Etat s’accroît. Le socialisme progresse.
    Une autre piste serait à l’inverse une approche libérale consistant à réduire l’intervention de l’Etat, à libérer au maximum l’économie des interventions publiques, à réduire la réglementation, à supprimer le smic, à mettre systématiquement en concurrence (par ex. la santé, l’éducation, la retraite), à responsabiliser les individus au lieu de les materner, etc. On privilégierait ainsi l’accès au marché du travail.
    Bien entendu il y aura toujours des cas soc irréductibles dont il faudra que la collectivité s’occupe par des dons volontaires ou une redistribution des revenus.

  • Il faudrait d’abord apprendre à l’école de gérer son budget et mettre de côté. Je préfère un revenu aux citoyens qu’universel…

  • a Olivier 81, ils apprennent quoi à L’ENA …à glander…vu la Santé financière de la France..a L’ENA le mot GÉRER n’existe pas dans leur vocabulaire…

  • sur le fond comme dit l’auteur Macron a raison,sur la forme il se loupe et la finalité c’est que je suis sûr qu’il ne fera rien de profond pour faire changer les choses..juste une mesurette poudre aux yeux dont il a le secret…

  • Où peut on trouver les annexes?
    Donc 50,4 millions de français majeurs à 12000€ par an (seuil de pauvreté à 1000€ par mois en gros) ça fait 605Mds d’€ auxquel on ajoute 200 Mds de maladie (sauf si l’on fait payer aux cancéreux le prix de leur traitement) donc 805 Mds au total, on trouve où les 100 Mds manquant?
    Je suppose aussi fin à terme du SMIC, quid de la création d’un RMIC soit un revenu minimum garanti qui pourrait être fixé au niveau du SMIC actuel et qui prendre en compte salaire + revenu universel ?

  • Avant le système allocatif, c’est le bordel, heureusement depuis le système allocatif, eh bien c’est toujours autant le bordel mais différemment et tout le monde est hyper dépendant du système allocatif (y compris ceux qui ne le touche pas directement).
    Toutefois, l’esprit du système allocatif (qui a hélas dérivé) était d’apporter une aide temporaire à ceux qui sont en situation de détresse, le transformer en RU et le pérenniser pour tout le monde est encore plus aberrant bien que séduisant…

  • Le dernier paragraphe du chapitre sur « la logique allocative » me semble correspondre parfaitement à la définition du revenu universel.
    Et je ne vois pas en quoi les bénéficiaires des minimas sociaux sortiraient soudainement de la pauvreté avec un système qui répartirait sur 51 millions de personnes un budget réservé actuellement à 4 millions de personnes !

  • quand on ne pourra plus augmenter les taxes, les impôts, les charges diverses comment arrivera t on a payer toutes ces promesses sociales onéreuses nous rapprochant d’un systéme communiste pur sang.
    ou l’égalité et la planification sont censées compenser la performance.
    avec notre dette abyssale en continuant comme ça , dirigé par des gens d »un incompetence et d’une arrogance hors pair leur servant d’arguments pas étonnant que nous soyons les derniers, les mis hors circuit et surtout les moins performants au niveau mondial. quand va t on arrêter ce mille feuille fontionnarial qui nous coûte très cher pour un rapport quasi nul , quand nos dirigeants vont ils (s’ils en sont capable) prendre les bonnes decisions pour relancer notre économie , car c’est le travail, et le volume industriel qui fait la richesse d’un pays , les taxes et le social abusif ne font que l’emmener a couler combien peut encore durer la chose , nous serons au premières loges pour rire ou certainement pour pleurer !
    et a part les bobos qui tranquille au coin du feu en font un principe l’immigration doit cesser elle n’a plus lieu d’être depuis longtemps elle nous coûte énormément il y a longtemps déjà G Marchais pourtant communiste si mes souvenirs sont exacts le disait (mais peut être avait il plus de bon sens qu’un Mélanchon)

  • Même avec ce constat réaliste, le contribuable passera toujours à la caisse et qui sera toujours en hausse comme d’habitude. L’État c’est le « tonneau des Danaïdes ».

  • Article et constats intéressant, mais je ne vois pas très bien en quoi le RU est une solution.

    Si le montant individuel du RU est faible, ceux qui ne trouvent pas de boulot vont rester dans la misère. Si le montant est suffisamment élevé pour vivre modestement, pourquoi se fatiguer à chercher du travail?

    Et tous les cas, les sommes en jeu sont gigantesques. Qui va payer? Le RU ne fera qu’écraser de taxes ceux qui produisent la richesse.

  • Cela ne peut fonctionner que si cela remplace une partie non négligeable de la retraite d’état. Donc une partie des cotisations retraites devraient servir à financer ce RU. Pourriez refaire des simulations?
    A mon avis, il faudrait quand même le demander, il serait accordé pour une durée d’une année au plus, sauf pour les retraités et les invalides ou cela serait d’office. Un RU de 200 à 300 Euros au plus pour les mineurs. Après, on doit se débrouiller.
    Si cela fonctionne, on pourra étendre, mais je me permet d’en douter, ce sera difficile d’y passer.

  • le principe d’un revenu qui ne soit pas la contrepartie d’un « travail » me chagrine.

  • Je suis sidérée par l’exemple : une personne seule avec un enfant semble bénéficier de l’équivalent de 1500€ nets, sans parler du HLM. Je supposais cette situation mais je ne m’attendais pas à en avoir la confirmation…

  • Le RU n’est pas autre chose que du communisme. Sa mise en place se traduira par la fermeture totale des frontières et le contrôle des naissances pour empêcher les appels d’air. On ne peut pas être généreux dans un monde ouvert, la preuve par le Danemark ou la Finlande.

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