Idée reçue : “Le capitalisme tue lui aussi”

Les « crimes » du capitalisme sont une excuse assez piteuse pour minorer ceux du communisme.

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Idée reçue : “Le capitalisme tue lui aussi”

Publié le 31 mai 2018
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Par Eddy Willers.

Tous les régimes communistes de l’histoire ont engendré des morts. Le chiffre issu du Livre noir du communisme atteint même 100 millions de morts. Nous pouvons donc déclarer sans sourciller que le communisme est une menace directe pour la survie de l’espèce humaine.

Pourtant certains militants communistes trouvent toujours le moyen de dédouaner un système politique qui n’a laissé pour testament que des cadavres : “ce n’était pas du vrai communisme”, “il faut relativiser, regardez surtout les avancées sociales” ou encore “le capitalisme tue et on ne compte pas ses morts”.

C’est sur cette dernière excuse piteuse et minable que je souhaite m’attarder aujourd’hui.

Les causes des morts issues du capitalisme seraient nombreuses : accidents du travail, pollution, burn-out etc. Il est absolument fascinant de voir que ces personnes imaginent que ces causes de décès n’existent évidemment pas dans des régimes communistes qu’elles appellent de leurs vœux.

Le paradis communiste

Pour leur rafraîchir la mémoire, il est bon de rappeler que :

  • les dirigeants soviétiques n’hésitaient pas à prélever directement sur les salaires des ouvriers des sommes qui servaient à financer les dérapages des budgets de l’armée
  • un décret de juin 1940 instaurait un délit de paresse, retard et manque d’implication pour lequel 3,6 millions de personnes ont été condamnées entre 1946 et 1952, les condamnations impliquant un travail forcé en plus des horaires de travail habituels,
  • les directeurs d’usine jouissaient de pouvoirs de sanction élargis, permettant notamment de refuser un changement d’appartement …

(“Forced Labor in Soviet Industry: The End of the 1930s to the Mid-1950s”, A. Sokolov)

Nous sommes donc loin du paradis promis par nos militants communistes. Quant à la pollution, je m’étouffe en voyant à quel point l’environnement est le cadet des soucis des pays communistes. Il suffit pour cela de s’attarder sur les statistiques issues de l’article de Maria Shahgedanova et Timothy Burt paru en 1994 “New Data on Air Pollution in the Former Soviet Union”.

En 1988, l’URSS était le deuxième plus gros pollueur de la planète. Ses émissions représentaient 79% du total des États-Unis pour un PIB cependant 50% inférieur. Ce qui revient à dire que l’URSS polluait 1,5 fois plus que les États-Unis par unité de PIB supplémentaire.

Enfin, pour aborder le sujet du bien-être au travail, je vous laisserai juger les niveaux de mal-être dans la fonction publique hospitalière française. Nous avons beau entendre à longueur de journée que cela est dû à un management libéral et à l’austérité, le bilan à la fin de la journée est le même : ces personnes travaillent dans la fonction publique.

Une insulte faite aux victimes

Le fait que l’État gère la santé n’est en aucun cas un gage de réussite de la gestion des burn-out.

Au travers de ces menus exemples, nous nous rendons donc compte que mettre sur le même plan les morts issus de camps de travail forcé, de balles dans la tête tirées par une police secrète ou de famines organisées et des morts issus d’accidents du travail ou de la pollution est une insulte sans pareil envers les premières victimes.

La pollution n’est pas l’apanage d’un système capitaliste. Elle est évidemment regrettable mais il faut être aveugle pour affirmer qu’elle est mieux gérée en Chine qu’en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Suisse. Je vous laisse fortuitement deviner quel est le pays communiste et quels sont les pays libéraux dans le précédent exemple.

Les communistes vivent dans la culture de l’excuse permanente et il ne fait donc pas de mal de les rappeler à leurs responsabilités : celle de la mort directe de 100 millions de personnes.

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  • il faudrait commencer par donner une définition du capitalisme..
    ça a sans doute pas mal à voir avec la liberté et l’individualisme…
    je rappelle aussi que selon un mode de pensée analogue je présume comme on dit la pollution tue…
    reste que fondamentalement je suis persuadé que ces sujets sont pourris…car politiques ET une personne est parfaitement fondée à penser , en dépit des avantages associés à l’usage du feu, « je considère que les risques particuliers liés au feu telle les brûlures frappant au hasard sont si terribles que l’usage du feu devrait être interdit. » grosso modo ..d’accord on augmente l’espérance de vie des gens, d’accord le risque est minime…mais inacceptable car « particulier ».

    Je ne pense pas que je diverge, le refus d’un risque justifiant l’abandon de la liberté…

    • Absolument. Commencer d’abord par la définition…
      Je suis assez tenté d’opposer le libéralisme au communisme, qui sont avant tout deux systèmes politiques. Et encore faudrait faire une distinction entre communisme et dictature du prolétariat.
      Le capitalisme ne joue pas sur le même plan : c’est avant tout un système économique, du reste relativement soluble dans des économies planifiées à parti unique (ex le capitalisme d’Etat à la chinoise).

      • Sûr que ce qui n’existe pas est parfaitement soluble dans n’importe quel délire politicien (et donc pourquoi pas dans la dictature socialiste chinoise).

  • A rappeler que l’URSS avait subsidié la naissance de Grün, le parti écolo allemand, ayant correctement analysé que ce parti serait un boulet pour l’économie capitaliste allemande. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le parti écolo reste dominé par des trotskystes / lambertistes.
    A souligner aussi la brillante réussite du « socialisme du XXI° siècle » au Vénézuela, où les gens votent avec leur pieds, en quittant le pays à raison de 10.000 à 30.000 personnes / jour (selon les sources) pour échapper aux pénuries.

  • C’est une rhétorique que chaque coco apprend dans son école Marxiste. Le terme exact est « wataboutisme ». L’accusation d’autrui pour nier ses tares. C’est une technique inventée du temps de la guerre froide par les soviétiques pour détourner les questions lorsqu’il devaient justifier les crimes. De l’anglais « what about » (qu’en est il de). Un communiste accusé répond toujours « qu’en est il du capitalisme. Qu’en est il de pinochet. C’est juste un concept du déni industrialisé à la Bolchévique.

  • Selon moi, environ 80% des choix de vie des Français sont dictés par la contrainte fiscale, ou par la contrainte règlementaire, ou par une combinaison de celles-ci. Dans ces conditions, comment pourrait-il y avoir un contrôle démocratique de ces contraintes, alors que les électeurs ne peuvent comparer les avantages d’un société de libertés, qui n’existe pas sous leurs yeux, et ceux de la société de contraintes dans laquelle ils vivent?
    Comme dit votre célèbre éditotialiste, ça va forcément bien se terminer!

  • Et encore, car Alexandre Yakovlev, adjoint de Gorbatchev et membre du Politburo, donc bien placé pour connaître la vérité, affirme que le nombre de morts est très largement sous évalué, qu’il estime à 60 millions pour la seule URSS.

  • « La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, c’est le CAMP DE CONCENTRATION. » – Trotski

    •  » Qui ne travaille pas ne mange pas » à décrété un jour un dirigeant soviétique qui n’a jamais travaillé un seul jour de sa vie, qui a laissé crever ses semblables victimes de son la famine en 1891.

  • L auteur se contente de denigrer le communisme (pas dur) mais ne donne aucun argument pour dire que le capitalisme ne tue pas.
    De toute facon comparer capitalisme et communisme est comme comparer une orange et une fusee. Ca n a rien a voir. le communisme est un Systeme POLITIQUE. le capitalisme est un systeme economique. On peut tres bien avoir des pays communistes avec une economie capitaliste (enfin partiellement) comme en chine

    • Je viens de me rendre compte que j’ai fait pratiquement le même commentaire que vous…
      Comme quoi il n’est pas exclu qu’on ait raison…?

    • En même temps, est-ce qu’il y a un seul système politique qui n’a jamais été responsable d’une mort humaine ?
      Donc forcément on ne pourra pas trouver d’argument pour dire que le capitalisme ne tue pas non plus…

    • Le capitalisme serait un « système économique » ? On en apprend tous les jours…

      • Moi qui croyais que le capitalisme était un régime juridique de droits de propriété légitimes, on m’aurait menti ?

      •  » Le capitalisme serait un « système économique » ? On en apprend tous les jours…  »

        cdg n’a pas tort. Sur Wikiberal il est aussi écrit que le capitalisme est un régime économique et sociale.

        https://www.wikiberal.org/wiki/Capitalisme

        • On peut parler de « régime » capitaliste au sens des institutions et des pratiques existantes. C’est un mode d’organisation de la société (et non un modèle) inspiré par l’expérience.

          On peut parler de « système » socialiste (communiste, fasciste…) ou n’importe quel autre régime totalitaire au sens d’une construction de l’esprit, ensemble de propositions, de principes et de conclusions hors sol, faisant table rase de toute expérience, constituant une idéologie apparemment cohérente ayant l’ambition d’expliquer le monde en totalité.

          Dans le premier cas, on est dans le réel, en constante adaptation inspirée par la tradition. Dans le second cas, on est dans la construction artificielle, définitive, holiste, bref dans le constructivisme.

          Il n’y a pas de système capitaliste, en dehors de l’esprit dérangé de Marx et ceux de ses adeptes. L’invention ridicule du capitalisme par Marx aurait tout aussi bien pu être l’invention du « respirisme », terme péjoratif visant à dénoncer le caractère bourgeois de la respiration et favoriser l’émergence de l’apnéisme, caractéristique essentielle de l’homme nouveau libéré de la contrainte de la respiration grâce à la révolution apnéiste, après une période intermédiaire à durée indéterminée où on va quand même continuer à respirer un peu, le temps de créer les conditions de la nouvelle société fantasmée.

          • Vous m’amusez beaucoup avec votre revendication du réel pour un « régime » et pas pour l’autre. Un communiste aura l’opinion exactement inverse à la vôtre. Pour lui, ce qui va de soi, c’est l’aspiration à une société égalitaire, et la monstruosité idéologique le régime capitaliste.
            Votre post ne prouve qu’une chose : vous n’êtes pas communiste.

            • L’aspiration comme l’expiration sont formellement interdites dans le système apnéiste. Ainsi, les sales bourgeois avec de gros poumons ne peuvent plus exploiter les prolétaires avec de petits poumons.

            • Ah oui le réel, parlons-en. Vous mettez un gros et un maigre sur un banc. Une personne normale verra juste que le gros est peut-être en mauvaise santé. Un communiste accusera le gros d’avoir privé le maigre de nourriture.

              Il a fallu sept millions d’années d’histoire de l’humanité pour arriver à trouver un abruti croyant soumettre les sciences de la nature au marxisme-léninisme.

    •  » L auteur se contente de denigrer le communisme (pas dur) mais ne donne aucun argument pour dire que le capitalisme ne tue pas.  »
      Parce qu’il n’ y a aucun argument pour l’affirmer. Dans le marché capitaliste il y a des accidents ou des négligences de certains dirigeants d’entreprises qui peuvent provoquer des morts ou des maladies professionnelles . Mais le capitalisme contrairement au communisme n’a pas besoin de tuer ou d’affamer des populations entières pour exister.

      Souvent les anticapitalistes en voulant prétendre que le capitalisme a ds millions de morts sur la conscience confondent le capitalisme moteur économique avec interventionnisme des états occidentaux.  » Guerres, colonialisme etc… ou pillage du tiers monde par les multinationales en oubliant de dire que si l’état de droit est violé dans ces pays c’est avant tout de la responsabilité des autorités corrompues des pays pauvres qui se foutent de leurs populations.

      • C’est effectivement sur la raison qui conduit aux décès que la différence se fait entre capitalisme et communisme envisagés en temps que régimes.
        Dans le communisme, c’est parce que certaines personnes adoptent librement un comportement qui à terme ne peut que saper toute raison d’être du communisme (qui est idéologique et téléologique), que l’on doit les éliminer.

  • La pluralité des avis sur le capitalisme confirme tout l’intérêt de le définir avant d’en parler…

    • @Jean Roule Du Cable

      Au delà des avis sur le capitalisme et autres systèmes il serait intéressant de réfléchir à la réalité de ce qui semble apparaître à l’origine comme « une sorte d’ordre naturel des choses »: à savoir des intérêts économiques qui seront toujours divergents entre les individus et les nations.

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