Idée reçue : “Le capitalisme tue lui aussi”

Les « crimes » du capitalisme sont une excuse assez piteuse pour minorer ceux du communisme.

Par Eddy Willers.

Tous les régimes communistes de l’histoire ont engendré des morts. Le chiffre issu du Livre noir du communisme atteint même 100 millions de morts. Nous pouvons donc déclarer sans sourciller que le communisme est une menace directe pour la survie de l’espèce humaine.

Pourtant certains militants communistes trouvent toujours le moyen de dédouaner un système politique qui n’a laissé pour testament que des cadavres : “ce n’était pas du vrai communisme”, “il faut relativiser, regardez surtout les avancées sociales” ou encore “le capitalisme tue et on ne compte pas ses morts”.

C’est sur cette dernière excuse piteuse et minable que je souhaite m’attarder aujourd’hui.

Les causes des morts issues du capitalisme seraient nombreuses : accidents du travail, pollution, burn-out etc. Il est absolument fascinant de voir que ces personnes imaginent que ces causes de décès n’existent évidemment pas dans des régimes communistes qu’elles appellent de leurs vœux.

Le paradis communiste

Pour leur rafraîchir la mémoire, il est bon de rappeler que :

  • les dirigeants soviétiques n’hésitaient pas à prélever directement sur les salaires des ouvriers des sommes qui servaient à financer les dérapages des budgets de l’armée
  • un décret de juin 1940 instaurait un délit de paresse, retard et manque d’implication pour lequel 3,6 millions de personnes ont été condamnées entre 1946 et 1952, les condamnations impliquant un travail forcé en plus des horaires de travail habituels,
  • les directeurs d’usine jouissaient de pouvoirs de sanction élargis, permettant notamment de refuser un changement d’appartement …

(“Forced Labor in Soviet Industry: The End of the 1930s to the Mid-1950s”, A. Sokolov)

Nous sommes donc loin du paradis promis par nos militants communistes. Quant à la pollution, je m’étouffe en voyant à quel point l’environnement est le cadet des soucis des pays communistes. Il suffit pour cela de s’attarder sur les statistiques issues de l’article de Maria Shahgedanova et Timothy Burt paru en 1994 “New Data on Air Pollution in the Former Soviet Union”.

En 1988, l’URSS était le deuxième plus gros pollueur de la planète. Ses émissions représentaient 79% du total des États-Unis pour un PIB cependant 50% inférieur. Ce qui revient à dire que l’URSS polluait 1,5 fois plus que les États-Unis par unité de PIB supplémentaire.

Enfin, pour aborder le sujet du bien-être au travail, je vous laisserai juger les niveaux de mal-être dans la fonction publique hospitalière française. Nous avons beau entendre à longueur de journée que cela est dû à un management libéral et à l’austérité, le bilan à la fin de la journée est le même : ces personnes travaillent dans la fonction publique.

Une insulte faite aux victimes

Le fait que l’État gère la santé n’est en aucun cas un gage de réussite de la gestion des burn-out.

Au travers de ces menus exemples, nous nous rendons donc compte que mettre sur le même plan les morts issus de camps de travail forcé, de balles dans la tête tirées par une police secrète ou de famines organisées et des morts issus d’accidents du travail ou de la pollution est une insulte sans pareil envers les premières victimes.

La pollution n’est pas l’apanage d’un système capitaliste. Elle est évidemment regrettable mais il faut être aveugle pour affirmer qu’elle est mieux gérée en Chine qu’en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Suisse. Je vous laisse fortuitement deviner quel est le pays communiste et quels sont les pays libéraux dans le précédent exemple.

Les communistes vivent dans la culture de l’excuse permanente et il ne fait donc pas de mal de les rappeler à leurs responsabilités : celle de la mort directe de 100 millions de personnes.

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