Les magiciens de l’éolien

Les magiciens de l’éolien excellent à donner l’illusion de l’urgente nécessité du développement des éoliennes au détriment des populations et de l’harmonie des paysages.

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Les magiciens de l’éolien

Publié le 26 avril 2018
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Par Michel Gay.

Les principales techniques des magiciens telles que le détournement d’attention, la réduction du champ visuel, la mise en condition mentale (subjectivité), et l’escamotage sont utilisées par les promoteurs des éoliennes. Ils excellent à donner l’illusion de l’urgente nécessité du développement des éoliennes au détriment des populations et de l’harmonie des paysages.

Le détournement d’attention

Il est impossible de contester les dimensions gigantesques des machines éoliennes de plus de 180 mètres de haut. Les promoteurs ont renoncé à prétendre dissimuler leurs constructions dans les sites où elles sont installées. Mais ils proposent de créer un nouveau paysage « hybride », mi-industriel, mi-naturel…

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Le détournement d’attention est, par exemple, le suivant : « Une éolienne n’est pas plus laide qu’un pylône électrique ou, surtout, qu’une centrale nucléaire« . L’affirmation détourne l’observation hors du sujet. Ce n’est pas parce qu’un pylône est laid qu’une éolienne ne l’est pas.

De plus, « comparaison ne vaut pas raison » : une centrale nucléaire produit en continu et à la demande beaucoup plus qu’une éolienne, et même que 10.000 éoliennes soumises aux caprices du vent.

L’attention doit porter sur les éoliennes, et non sur un autre « objet » rapproché artificiellement.

La réduction du champ visuel

« Une éolienne n’est pas laide ». Chacun ses goûts. Sa conception moderne confère à l’éolienne une forme de beauté relative.

Mais c’est réduire l’observation car il ne s’agit pas d’UNE éolienne mais de dizaines, et même de milliers de machines tournantes de plus de 150 mètres de haut, parfois juchées sur des collines et des montagnes (et non d’un « parc » ou d’une « ferme », mots choisis à dessein pour leur connotation bucolique). Elles se présentent toujours comme un ensemble et non comme un objet isolé.

« Une éolienne n’est pas plus haute que  la Tour Eiffel. »

Oui, mais cette dernière est un objet d’art, unique, avec une histoire et un nom propre. Serait-il imaginable d’en voir 10 000 sur notre territoire ?

Leur élégance supposée ne prend pas en compte le lieu qui les reçoit. Une série de machines colossales visibles du Mont St-Michel, ou depuis la Montagne Sainte-Victoire, ou de tous les sites constitutifs de notre richesse culturelle, oblige à dénoncer au minimum leur incongruité, voire leur laideur.

La subjectivité comme arme de manipulation mentale

 « La beauté du paysage est affaire de subjectivité« , ce qui rend tout jugement inutile. La subjectivité donne effectivement le droit d’affirmer son choix esthétique dans les limites floues du jugement commun et… de la loi.

Chacun peut aligner des nains de jardin sur sa pelouse. Ce choix artistique personnel respectable sera cependant difficile à comparer à la valeur des créations du sculpteur Rodin.

Sauf à cultiver le paradoxe provocateur, une décharge sauvage sur le bord de la route n’a pas la même puissance sublime que la Pointe du Raz ou du Mont Blanc.

Le concept de subjectivité de la beauté ne définit pas le bon goût et n’en garantit pas la valeur. Il peut être fondé de l’évoquer pour refuser de dénaturer un site quand un industriel prétend imposer une dizaine de machines de plus de 150 mètres de haut sur un territoire jusqu’alors préservé.

La nécessité d’établir des règles s’est imposée pour maintenir une qualité des espaces publics. Au nom de la subjectivité de la beauté, nul ne peut bâtir une chaumière normande dans le massif des Écrins. Réciproquement, un chalet suisse ne sera pas autorisé en Bretagne.

La législation du goût l’emporte sur les choix individuels et en corrige les aléas.

Étrangement, en ce qui concerne les éoliennes, cette règle se voit battue en brèche par une réglementation complaisante soutenue par le syndicat des énergies renouvelables et le monde politique souvent complice.

Même si l’environnement souffre de perturbations, l’éolien « doit » se développer selon les écologistes-promoteurs convaincus du bien-fondé de cette industrie : « Il faut développer, construire, massifier les parcs solaires et éoliens, dans un calendrier qui s’impose comme une évidence« . L’urgence de l’utilité teintée d’une certaine idéologie écologiste l’emporte sur toute autre vision de la société et de ses valeurs esthétiques ou affectives.

Escamotage et stigmatisation

Certains magiciens escamotent l’objet « du délit » (l’éolienne) en le cachant derrière les contestataires qualifiés d’égoïstes atteints par le syndrome « NIMBY » (not in my backyard / pas dans mon jardin). Refuser un équipement qualifié d’’indispensable par un promoteur éolien ou un élu local ne peut s’expliquer que par un égocentrisme méprisable, une vision myope de l’intérêt public, et par un manque inadmissible de sens civique.

Qui n’adhère pas à la vision technocratique portée par des politiques acquis à la cause écologiste, se voit frappé du sceau infâme de l’incivisme !

Le « nimby », par son expérience locale, pourrait bientôt accéder au statut supérieur de « lanceur d’alerte » si prisé par les médias. En attendant, les promoteurs se montrent toujours cyniquement décidés à mettre le paysage français en coupe réglée.

Selon la vision dogmatique et financière des thuriféraires de l’éolien, la contestation ne peut venir que de personnes ne comprenant rien à l’importance du réchauffement climatique et à l’urgence de sauver nos enfants de ce péril imminent alors que les éoliennes n’économisent pas ou peu de CO2).

Elles ne comprennent rien non plus à l’incidence positive des retombées financières des éoliennes (acquittées par les impôts des autres Français), ni à l’activité locale et aux (pseudos) emplois bientôt engendrés qui permettront la renaissance des villages soumis à l’exode rural.

Le projecteur se focalise ainsi sur celui qui conteste, et non plus sur les raisons profondes de son mécontentement. Le procédé est connu depuis les rhéteurs antiques.

Stigmatiser les opposants permet de masquer les sujets de fond comme, par exemple, l’intérêt économique des éoliennes ou leurs effets bénéfiques sur la réduction des gaz à effet de serre.

En décembre 2017, il y avait en France près de 7000 éoliennes (!) pour produire à un coût élevé, et surtout de manière erratique, environ 5% de notre électricité.

Les dérives qui accompagnent le développement des éoliennes deviennent de plus en plus insupportables aux citoyens pris pour des pigeons dans cette triste foire où apparaissent de plus en plus les ficelles des illusionnistes du vent.

Voir les commentaires (19)

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Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • L’éolien est à la production d’électricité ce que les dirigeables sont au transport aérien, une impasse romantique !

  • A propos de tour Eiffel. Souvenons nous de la manière dont elle a été accueillie à son érection et des qualificatifs utilisés à son encontre…
    Eh bien il en va de même pour les éoliennes. On crie (certains c’est vrai plus que d’autres et plus longtemps surtout s’ils sont inféodés au lobby nucléaire) on s’habitue on accepte et on aime !
    Le principal problème aujourd’hui est qu’un parc eolien ne profite pas toujours financièrement à la commune qui l’a sous les yeux. Il paraît que le gouvernement travaille à une modification de cet aspect.
    Et croyez moi, le jour où ceux qui vivent à proximité bénéficieront des retombées financières, ils vont vite les trouver vachement belles les eoliennes, même les plus indécrottables opposants !

    • @ Jrdc
      À part que l’article disait bien que le comparatif ne tenait pas vu qu’il n’y a qu’une seule tour Eiffel.
      Mais bon vous avez réussi à placer les mots : « inféodés, lobby, et nucléaire », votre job est fait.
      Vous liez ensuite « Le principal problème » à un déficit de profit, votre côté libéral en somme.
      Et de nous sortir du chapeau le lapin du bénéfice. Il est beau mon lapereau !
      Alors que le problème de l’éolien, c’est son subventionnement et surtout la hauteur à laquelle il s’effectue.

    • @Jean Roule Du Cable
      Relisez l’article : l’auteur évoque LA (= 1 / UNE) tour Eiffel par opposition aux milliers d’éoliennes qui envahissent des paysages.

      En fait, il faut que la construction d’éoliennes respecte les règles protégeant le cadre bâti et le cadre non bâti ; dans cet esprit, des rangées d’éoliennes dans certaines régions de la Beauce ou de la Brie qui ne sont que de plates étendues de champs ne pose pas problème.

      Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que cette source d’énergie intermittente et de puissance limitée n’est pas à l’échelle du problème et pose d’ailleurs de sérieux problèmes de gestion en raison de son rythme erratique et peu prévisible, en tout cas tant qu’on ne saura pas stocker efficacement, durablement et massivement l’énergie : on progresse (cf. par exemple l’efficacité croissante des batteries d’ordiphones) mais on n’a pas encore atteint ce résultat hautement souhaitable.

      Quant au couplet sur les « vilaines » centrales nucléaires … Si vous préférez les ökologiques centrales au charbon, voire au lignite des cousins germains avec soufrage de l’atmosphère à jet continu, c’est votre droit. C’est le mien de n’en point vouloir.

      • On ne pourra jamais stocker assez d’énergie pour alimenter le réseau l’hiver, les jours où faute de vent et par grand froid nécessitant une quantité énorme.

      • C’est dingue comme le sujet les gens racontent n’importe quoi…
        L’implantation des éoliennes sur les cretes de collines ou montagnes posent en réalité beaucoup moins de problèmes esthétiques pour les « spectateurs » pour au moins deux raisons. De près elles soulignent sans la corrompre la ligne de crête et de loin elles se fondent dans le ciel. A 5-10 kms elles deviennent ainsi quasiment invisibles…
        Et je vous prie de bien vouloir ne pas le faire dire ce que je ne pense même pas : a aucun moment je n’ai évoqué l’esthetique des centrales nucleaires..

    • je savoure d’avance le jour ou vous serez envahi d’éoliennes autour de vous, m’est à penser que vous en reviendrez..

    • La tour Eiffel est toujours aussi moche, mais comme elle attire des touristes qui nous rapportent des pépètes, on lui pardonne. Le problème des éoliennes, c’est qu’elles coûtent bien plus qu’une autre centrale aux contribuables qui les ont devant les yeux…

    • Ce n’est pas vraiment le problème, bien que cela défigure le paysage. Elles ne produisent de l’électricité que 25% du temps! Les 3/4 restant il faut compenser par des centrales fossiles qui rejettent de la pollution et du CO2. C’est en hiver que la consommation est à son pic maximum. S’il n’y a que des éoliennes sans centrales d’appoint, on reviendra aux bougies et au brasero!

      • Toujours le même mensonge. La production électrique via les energies fossiles a tendance à baisser même dans les pays qui ont beaucoup développé l’eolien…

    • On verra bien quand ces gens trouveront des cadavres d’oiseaux protégés découpés en morceaux par ces saloperies dans leurs jardins.

      • Vous savez quels sont les deux plus gros prédateurs des oiseaux ? Les chats et les parois vitrées. Ca se chiffre en milliards. Les éoliennes en milliers. Y a pas photo.
        Par ailleurs lors des constructions des parcs, il est tenu compte des couloirs migrateurs…

  • « En décembre 2017, il y avait en France près de 7000 éoliennes (!) pour produire à un coût élevé, et surtout de manière erratique, environ 5% de notre électricité. »

    Si l’objectif est la diminution du CO2, il faudrait rapprocher ces éoliennes non pas de la seule production d’électricité, mais d’énergie (chauffage, carburant, industrie…). Et là, de 5% on tombe à 1% ! Mais les écolos sont obsédés par le nucléaire…

    A ce propos, en Allemagne, le 1/4 des éoliennes vont perdre leur contrat de subvention d’achat d’électricité. Que croyez qu’il va se passer ? Que ces éoliennes vont voler de leur propre ailes et produire de l’électricité gratuite sur un matériel amorti encore fonctionnel ?
    Non : Sans achat forcé, l’électricité de l’éolienne se paie au prix du moment quand il vente… pas quand les consommateurs le veulent. Ajoutez à cela que les autres éoliennes subventionnées vont produire aussi, et faire chuter les prix ! Si on ajoute l’entretien (20ans !) et les risques, il vaut mieux pour les producteurs se débarrasser des anciennes afin de profiter au mieux encore des subventions !
    Bref, un cercle parfaitement vicieux…

  • En même temps, pour des gens qui vendent du vent…

  • La seule chose qui est « renouvelable » dans les énergies « renouvelables », ce sont les impôts nécessaires pour les financer.

    Ce qu’il faut rechercher, ce ne sont pas des énergies renouvelables, mais des énergies financièrement (ie librement) renouvelables.

    Le reste est une escroquerie financée par la contrainte.

    Vive la planète! … vive la planète libre!

  • Un nouvel article de Contrepoint sur l’éolien ! 😀
    Vous avez fait ma journée, merci…

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