Fake News : c’est au tour de l’Europe de vouloir surveiller l’opinion des Français

Fake News : donner à l’État le pouvoir de corriger des informations mensongères revient à lui donner une arme de propagande extrêmement puissante.

Par Jean-Baptiste Boone.
Un article de l’Iref-Europe

Une partie de nos élus admet donc couramment qu’il faut lutter contre les fake news. Un problème demeure, c’est que celles-ci ne sont jamais définies clairement. Qu’est-ce précisément qu’une fake news ?

La loi punit déjà la diffamation mais n’empêche personne de prétendre que la Terre est plate. Faut-il mettre nos lois au service d’une vérité validée par l’État ? Ou se cantonner à sanctionner les fakes news délivrées dans les périodes électorales ? C’est ce que propose particulièrement Emmanuel Macron. « La dette française est faible », est-ce une fake news ? « L’État français est en faillite », est-ce une fake news ? « Emmanuel Macron a menti dans sa déclaration de patrimoine », est-ce une fake news ? Le problème du périmètre d’action se pose.

Jusqu’où une affirmation fausse ou non peut-elle influencer l’issue d’un scrutin ? La politique couvre aujourd’hui de tels champs de la vie, que tout semble pouvoir entrer dans la « lutte » pour la vérité. Tout débat public, toute question philosophique, toute controverse scientifique emprunte parfois les chemins de l’erreur. On rétorquera que la fake news est sciemment un argument faux visant à influencer le jugement d’autrui en vue d’un but préalablement défini. Qui pour juger ? Qui pour condamner ?

La Commission européenne se targue de prudence en faisant appel à des experts, des universitaires, pour réfléchir à ces sujets. La France probablement mettra en place une haute autorité. Elle triera, jugera, condamnera, censurera.

L’État, pourvoyeur premier et historique de fake news

Une fois mises en place ces commissions, ces juges, ces experts, ces autorités, qui pour corriger les fake news étatiques ? L’Histoire montre assez bien que l’État, par sa puissance et son emprise, est le plus habile pour créer des mensonges servant ses intérêts du moment.

Il est historiquement le plus dangereux utilisateur de ces méthodes, l’un voulant créer la guerre (nous avons les preuves d’armes de destructions massives), l’autre assurer une réélection ou son élection (le Reichstag a été incendié par les communistes), un autre encore étouffer une affaire compromettante, etc.
Comme acteur principal et leader de ce marché du mensonge, l’État s’inquiète de l’arrivée de nouveaux acteurs qui trouvent dans les réseaux sociaux des relais puissants et une audience très importante.

L’État n’aime pas que l’on marche sur ses plates-bandes et souhaite éliminer la concurrence par la loi, le règlement.

Ainsi, donner à l’État le pouvoir de corriger des informations mensongères revient à lui donner une arme de propagande extrêmement puissante. Qu’elle soit aujourd’hui dans les mains d’un gouvernement modéré ne doit pas occulter d’autres possibilités futures. Quant à le créditer d’intentions vertueuses, c’est absurde. Lorsque l’État se charge de trier le vrai du faux, le danger totalitaire n’est pas loin. Un État doit agir selon le droit, pas selon des opinions.

Un nouvel impôt pour financer notre propre censure

Évidemment, il faut des moyens pour lutter contre le danger majeur que représentent les fake news ! En France, on n’en a pas mais on en trouve toujours lorsque le sujet est capital. Au niveau européen, il est difficile d’obtenir un accord parce que certains pays avisés s’y opposent, dont l’Allemagne. Mais lever une taxe pour un but si noble permet de contourner cet obstacle. On parle de 2 Md€. Cependant, l’histoire des impôts est toujours la même. Une fois que la taxe à faible taux est établie, plus rien n’empêche de l’augmenter petit à petit.

La liberté comme seule autre option

Ce n’est pas l’État qui doit lutter contre les balivernes et mensonges qui sont monnaie courante, c’est notre libre-arbitre. L’État ne doit pas veiller à nous materner, il doit veiller à ce nous ayons les moyens de rester libres, libres face aux mensonges mais aussi face à lui-même. La seule solution qui vaille est l’accroissement de nos libertés.

Mieux vaut renforcer notre responsabilité individuelle, basée sur la capacité de chacun de comprendre et discerner par lui-même, qu’accepter que l’État contrôle l’information et bientôt la monopolise. La liberté d’expression a ses défauts et génère des risques, mais ceux-ci sont infiniment moindres que ceux qui consisteraient à s’abandonner à une vérité d’État qui ne peut être que trompeuse.

Il paraît plus juste et plus urgent de revoir le fonctionnement de l’instruction, de libérer la presse des subventions étatiques et d’assurer la propriété privée. C’est ainsi que librement informés, librement instruits, ayant les capacités matérielles à poursuivre nos fins, nous pourrons mieux nous prémunir contre ces fake news.

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