La guerre commerciale menace-t-elle le monde ?

La « guerre commerciale » qui menace ne fera que des perdants. Elle risque de ranimer l’inflation et de pousser les taux longs à la hausse.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La guerre commerciale menace-t-elle le monde ?

Publié le 8 avril 2018
- A +

Par Simone Wapler.

Il faut déjà avoir peur du changement climatique, du terrorisme, de l’immigration, de l’intelligence artificielle. Devons-nous rajouter sur cette longue liste la « guerre commerciale » ?

Il semble que oui. Cette fois, c’est sérieux.

Un voyage en Afrique me permet de renouer avec une évidence aussi vieille que les octrois et les impôts : le protectionnisme ne paie jamais. Loin de favoriser la production nationale comme le disent ses suppôts, il développe la corruption et la contrebande.

Si le protectionnisme fonctionnait, le Congo serait un pays florissant. Les droits de douanes et les taxes à l’importation sont toujours en définitive payés par nous, les citoyens ordinaires.

Mais voyons cette guerre du côté des pays développés.

Sur le front des États-Unis, l’administration Trump a dégainé l’artillerie lourde :

  • Septembre 2017 : droits antidumping de 220 % sur les avions de transport civil CSeries fabriqués par le canadien Bombardier.
  • Octobre 2017 : droits antidumping provisoires compris entre 97 % et 162 % sur les importations d’aluminium en provenance de Chine
  • Novembre 2017 : droits de douanes de 20 % sur le bois de construction canadien.
  • Janvier 2018 : débuts de protection du marché de l’énergie solaire. L’International Trade Commission (ITC) a déclaré que les importations de panneaux solaires à bas prix, notamment en provenance de Chine, avaient fait du tort à l’industrie. Droit de douane 30 %.
  • Janvier 2018 : droits de douanes sur les lave-linge (!) jusqu’à 50 %
  • Mars 2018 : instauration de droits de douanes de 25 % sur l’acier et 10 % pour l’aluminium.
  • Mars 2018 : 1 300 produits chinois seront surtaxés à 25 %

Fin 2017, le déficit commercial des États-Unis vis à vis de la Chine a atteint 375 Md$ et ne cesse de se creuser :

Tant pis pour le consommateur américain qui paiera plus cher ses maisons, ses lave-vaisselle, ses voitures, ses multiples objets vendus par Wal-Mart ou Amazon.

D’après une étude de Natixis, une taxation des importations de 20 % aux États-Unis entraînerait (compte tenu du poids des importations) une hausse de trois points des prix intérieurs des États-Unis, propulsant l’inflation au-dessus de 4 %.

Si cette étude dit vrai, l’anxiété de M. le Marché est fondée. Les taux longs vont suivre, le crédit quasi-gratuit qui fait bouillir la marmite économique depuis plus de 30 ans va devenir plus cher et nous aurons une magistrale récession.

Toute mesure de rétorsion de la part de la Chine ou de l’Europe ne fera qu’empirer les choses.

Donc, oui, la « guerre commerciale » est une vraie menace pour notre pouvoir d’achat comme pour nos placements financiers.

Sauf que le terme « guerre » ne va pas avec « commerce ».

Le commerce contribue à la paix. En échangeant honnêtement et en contractant des accords gagnant-gagnant les individus apprennent à se connaître et à s’estimer. La « guerre commerciale » est tout simplement le dirigisme appliqué au commerce. Comme tout dirigisme, il est détestable et ne sert que les étatistes de droite ou de gauche.

Pour plus d’informations, c’est ici

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • à charge pour certains dirigeants de cesser cette mascarade ; on a l’impression de se trouver dans une cour d’école ou chacun va renchérir sa supériorité avec des  » na , prend toi ça dans la figure « ….. »sans que rien ne s’arrange sur le fond …..

    • Oui il y a responsabilité des politiques mais elle est à partager avec les gros secteurs industriels qui font pression pour protéger leur pré carré en particulier aux USA, un des pays les plus protectionnistes. Dans les faits tous les pays pratiquent le libre-échange avec une dose de protectionnisme pour maintenir un certain niveau de souveraineté.

  • Quel est le bénéfice du consommateur, comparé aux multinationales ? Quid du travailleur ?
    N’est on pas déjà dans une lutte géo stratégique économique ? Alors, le passage à l’état de guerre, il faudrait un peu m’expliquer. C’est lorsque les classes moyennes rechignent ?

    En attendant, il y en a qui soit profitent directement de ces échanges, soit bénéficient de protection pour que leur activité ne soit pas mis en concurrence…

    Au fait, le prix de l’aluminium a baissé de 4%…

    • Parfois, la guerre sert à construire la paix. « Si vis pacem, para bellum », c’est ce qui a si bien réussi à Trump avec la Corée. Et pour un sale gosse avec un marteau, tout ressemble à des clous.

      • Trump agit comme c’est le cas dans les affaires, sans pitié et sans gants. Le contraire du gentil Obama qui se faisait rouler par tout le monde!

  • La Chine devrait commencer par respecter les règles au lieu de tricher pour piller les richesses de l’occident!

  • La question n’est pas du tout le protectionnisme. Au contraire, la question est simplement de respecter les clauses essentielles régissant le libre-échange mondial, telles qu’inscrites dans les traités du GATT (prédécesseur de l’OMC, dans le domaine du commerce) et du FMI (dans le domaine lié des taux de change). Ces clauses sont en effet violées depuis 45 ans de façon parfaitement illégale au regard du droit international.

    Le préambule du GATT (prédécesseur de l’OMC) indique ainsi clairement (https://www.wto.org/french/docs_f/legal_f/gatt47.pdf) :
    « [Les Gouvernements des pays signataires,]
    Reconnaissant que leurs rapports dans le domaine commercial et économique doivent être orientés vers le relèvement des niveaux de vie, la réalisation du plein emploi et d’un niveau élevé et toujours croissant du revenu réel et de la demande effective, la pleine utilisation des ressources mondiales et l’accroissement de la production et des échanges de produits,
    Désireux de contribuer à la réalisation de ces objets par la conclusion d’accords visant SUR UNE BASE DE RÉCIPROCITÉ ET D’AVANTAGES MUTUELS, à la réduction substantielle des tarifs douaniers et des autres obstacles au commerce et à l’élimination des discriminations en matière de commerce international,
    Sont, par l’entremise de leurs représentants, convenus ce qui suit : … »

    Il n’y a strictement aucun doute que « sur une base de réciprocité et d’avantages mutuels » signifie des parités de change fixées à des niveaux équilibrant les balances commerciales croisées car les statuts du FMI – l’institution jumelle du GATT dans le domaine des taux de change indissociables du commercial international – stipule clairement dans son article 1 (https://www.imf.org/external/french/pubs/ft/aa/aa.pdf) :
    « Les buts du Fonds Monétaire International sont les suivants :
    i) Promouvoir la coopération monétaire internationale au moyen d’une institution permanente fournissant un mécanisme de consultation et de collaboration en ce qui concerne les problèmes monétaires internationaux.
    ii) Faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux [la version anglaise dit « balanced » ce qui se traduit plutôt par « équilibré »] du commerce international et contribuer ainsi à l’instauration et au maintien de niveaux élevé d’emplois et de revenu réel et au développement des ressources productives de tous les États membres, objectifs premiers de la politique économique.
    iii) Promouvoir la stabilité des changes, maintenir entre les États membres des régimes de changes ordonnés et éviter les depreciations concurrentielle des changes.
    iv) Aider à établir un système multilatéral de règlement de transactions courantes entre les États membres et à éliminer les restrictions de change qui entravent le développement du commerce international.
    v) Donner confiance aux États membres en mettant les ressources générales du Fonds temporairement à leur disposition moyennant des garanties adéquates, leur fournissant ainsi la possibilité de corriger les déséquilibres de leur balances des paiements SANS RECOURIR A DES MESURES PREJUDICIABLES A LA PROSPÉRITÉ NATIONALE OU INTERNATIONALE.
    vi) CONFORMÉMENT A CE QUI PRÉCÈDE, ABRÉGER LA DURÉE ET RÉDUIRE L’AMPLEUR DES DÉSÉQUILIBRES DES BALANCES DES PAIEMENTS DES ÉTATS MEMBRES.
    DANS TOUTES SES POLITIQUES ET DÉCISIONS, LE FONDS S’INSPIRE DES BUTS ÉNONCÉS DANS LE PRESENT ARTICLE. »

    Il est à noter que lorsque les Accords de Bretton Woods ont volé en éclat de facto en 1971 et de jure en 1976 avec les Accords de la Jamaïque, ni le préambule du GATT ni les statuts du FMI n’ont été amendés. Ces textes régissent toujours le libre-échange mondial et les flux monétaires associés au jour d’aujourd’hui.
    Simplement, ces clauses essentielles du libre-échange mondial sont quotidiennement violées depuis 45 ans. Le résultats a été le développement de déséquilibres commerciaux massifs et persistants (comme le montre votre graphique de la balance commerciale US-Chine) avec les conséquences néfastes dans les pays développés en termes de baisse du trend de croissance économique réelle, de hausse du trend de sous-emploi, de hausse du trend d’endettement et de pression fiscale, de hausse du trend d’inégalités de revenu et de richesse. Ces conséquences néfastes ont à leur tour, et fort logiquement, des répercussions politiques qui se traduisent par un rejet parfaitement compréhensible des partis politiques établis qui ont si mal compris les conditions d’application du libre-échange mondial pour que celui-ci soit mutuellement bénéfique pour tous.

    Il est totalement inutile de se lamenter de la disparition du libre-échange mondial déséquilibré. Ses conséquences néfastes sont clairement visibles et clairement comprises. Vous oubliez que tout consommateur est ou repose in fine sur un producteur. Que peut bien lui valoir les économies qu’il fait en tant que consommateur si son job de producteur a été délocalisé ?

    La seule question intéressante et urgente aujourd’hui est de savoir comment retourner à un libre-échange mondial équilibré de façon ordonnée et pacifique, afin de renouer avec la prospérité et de désendetter sur base relative non récessioniste. Malheureusement, votre article ne dit rien du tout à ce sujet.

  • L’article oublie 2 choses.
    D’abord, ça ne sert à rien d’avoir des produits pas chers si on est soit même au chômage.
    Et deuxièmement, la Chine ne respecte pas des conditions normales en terme d’échange. Il n’y a qu’à regarder les conditions pour une société occidentale pour ouvrir une filiale en Chine : joint-venture avec un « partenaire » chinois, chargé de piller ce qu’il peut en matière de savoir faire et de technologie. Une telle dissymétrie n’aurait jamais dû être acceptée au moment de l’entrée de la Chine dans l’OMS. Et voir maintenant la Chine porter plainte devant l’OMS relève de la douce plaisanterie, tant la Chine pratique une politique biaisée en matière de commerce international.
    Ces conditions d’ouverture du commerce avec la Chine étaient et sont encore scandaleuses et son à l’origine du déficit commercial de beaucoup de pays avec la Chine. Je ne comprends encore pas aujourd’hui comment on a pu laisser faire ça !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Kody Jensen. Un article de la Foundation for Economic Education

 

Mark Twain est largement considéré comme l'un des plus grands auteurs américains. Naturellement, des personnes de toutes convictions ont essayé de le revendiquer comme leur allié politique. Des libéraux classiques aux progressistes, des personnes de tous les horizons politiques ont trouvé en Twain une âme sœur.

Une preuve du côté des libéraux classiques pourrait être ce que Twain a écrit dans une lettre à propos du président américain Grover Clevel... Poursuivre la lecture

Par Sabine Lula.

Chaque 8 mars, depuis sa reconnaissance officielle en 1977 par l’ONU, on fête la Journée de la Femme. Plus exactement, la « Journée Internationale des Droits des Femmes », comme se plaisent à le rappeler nos amies féministes militantes.

Car oui : la situation des femmes est toujours aussi désespérée qu’au temps des suffragettes et de George Sand, car La femme est encore et toujours l’inégale de l’homme. Il est donc plus important que jamais pour toute femme digne de ce nom de lutter ardemment pour ses droits, su... Poursuivre la lecture

Commerce mondialisation libre-échange Afrique
0
Sauvegarder cet article

Par Julien Gourdon. Un article de The Conversation

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été officiellement lancée le 1er janvier 2021. Cet instrument stratégique vise à soutenir les économies africaines, à favoriser leur développement et à faciliter leur intégration.

S’il est trop tôt pour dresser un bilan de son action, cet article entend examiner les bénéfices potentiels et les défis relatifs à la mise en place de cet accord.

Pourquoi l’agenda « intégration régionale » a été relancé en 2018

Entre 2... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles