Des mesures pour réduire l’endettement de la France

Bruno Lemaire by UMP photos CC BY-NC-ND 2.0

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé de nouvelles mesures pour réduire l’endettement de la France en 2018.

Par Vanessa Bastos.

Bruno Le Maire a annoncé l’intention du gouvernement de réduire l’endettement du pays, notamment pour éviter une coûteuse remontée des taux d’intérêt. Il a toutefois écarté toute « cagnotte » au cas où les recettes seraient plus élevées que prévu.

« Il n’y aura pas de cagnotte », assure Bruno Le Maire

« Nous devons réduire notre dette parce que cela nous expose à une remontée des taux d’intérêts et que c’est de l’argent dilapidé », a affirmé Bruno Le Maire lors d’une conférence à Bercy. Le ministre de l’Économie et des Finances indique qu’un certain nombre de mesures seront prises dans l’année pour abaisser la dette publique de la France.

Il faut rappeler qu’à l’origine, le gouvernement avait simplement prévu de stabiliser la dette à 96,1 % du PIB en 2018. Bruno Le Maire précise qu’une remontée des taux d’intérêt coûterait près de 3 Md€ à la France. Ainsi, s’il y a des recettes fiscales supplémentaires liées à la croissance, celles-ci seront prioritairement consacrées au désendettement de la France, ajoute-t-il.

Le mécanisme mis en place par Bercy ces derniers mois pour préserver l’État se dévoile donc progressivement. Dans le cadre de ce nouveau cycle, trois sources de refinancement pour l’État seront engagées : la mobilisation des structures à forte trésorerie (logements, agences de l’eau, formation…), la vente d’une partie des actifs de l’État c’est-à-dire la privatisation de certaines de ses participations dans les entreprises, la baisse de ses dotations à destination des collectivités. Il s’agit ainsi d’une nouvelle donne majeure pour ces acteurs locaux.

La dette française, une menace pour les générations futures

Lors de cette conférence baptisée « Transformer l’économie française », Bruno Le Maire avait mis en garde contre l’éventuelle hausse des taux d’intérêt en indiquant qu’elle pèserait sur les charges de la dette française et sur la compétitivité du pays. Selon lui, « la dette est un poison pour l’économie française », elle « constitue une menace pour les générations futures ».

Le ministre a profité de la conférence pour s’assurer que la France tenait ses engagements européens, tout en rappelant qu’en 2017, toutes les décisions nécessaires en matière de dépenses publiques avaient été mises en œuvre pour maintenir le déficit sous la barre des 3 %. Selon les dernières prévisions du ministère de l’Économie et des Finances, le déficit public devrait s’établir à 2,9 % du PIB en 2017, passant sous le seuil exigé par les traités européens, pour la première fois depuis dix ans. En 2018, il devrait atteindre 2,8 %.

La dette publique évaluée à 2.250 Md€ en 2018

Début février 2018, la Cour des comptes avait mis en garde le gouvernement contre tout « relâchement » dans la gestion des finances publiques. Avec l’accumulation des déficits, cette dernière devrait augmenter en 2017 pour atteindre 2.250 Md€ en 2018, selon les chiffres du projet de loi de Finances. « 2.200 milliards de dette, ça dépasse l’entendement », a déclaré le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin qui s’exprimait lors d’une conférence sur la dépense publique organisée par la Fondation Concorde.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) précise qu’une remontée des taux est à attendre à la mi-mai 2019. Cependant, le taux d’emprunt de la France à dix ans a déjà augmenté depuis janvier 2018 puisqu’il s’établissait dernièrement à 1,025 % contre 0,777 % au début de l’année. « Nous ne considérons pas cependant que c’est alarmant, puisque nous avons pris nos dispositions pour considérer qu’il y aura une augmentation et c’est prévu dans la trajectoire des finances publiques », estime Gérald Darmanin.

Une lente remontée des taux

Cette année, la France compte emprunter près de 200 Md€. Or, une remontée des taux de seulement 1 point ferait augmenter la facture globale à rembourser de 2 Md€. Les regards se tournent donc vers la BCE qui, depuis 2007, multiplie les interventions sur les marchés pour maintenir les taux bas. Selon certains économistes, la remontée des taux pourrait être très lente. La dette française pourrait alors continuer d’attirer les investisseurs.

La dette française n’est pas la seule à faire parler d’elle. Les marchés boursiers connaissent également d’importants retournements. Récemment, le Dow Jones clôturait en baisse de 4,61 %, marquant une chute rapide et incontrôlable. Pour optimiser leurs profits et éviter les pertes, les investisseurs n’hésitent plus à s’orienter vers le trading automatique. Ce système permet notamment de supprimer l’aspect émotionnel lié au trading et a déjà fait ses preuves.

Si Bruno Le Maire prépare les Français à un virage majeur à l’égard de la dette publique, sa politique devra toutefois compter avec la réalité de l’opinion. Or, selon un récent sondage de l’IFOP, de moins en moins de Français semblent prêts à faire des efforts pour redresser les comptes du pays (près de 40 % aujourd’hui contre 49 % en juillet 2017).