La croissance s’améliore, mais pas autant qu’ailleurs en Europe

Alors que partout on se réjouit de la croissance qui repart, on feint de ne pas remarquer que la France ne fait que profiter de la conjoncture mondiale.

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La croissance s’améliore, mais pas autant qu’ailleurs en Europe

Publié le 9 février 2018
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Par Jean-Baptiste Boone.
Un article de l’Iref-Europe

La croissance mondiale attendue pour l’année 2018 se situe entre 3,1% (Banque mondiale), 3,7% (OCDE) et 3,9% (FMI) ; celle de la zone euro devrait atteindre 2,1% selon la Banque mondiale et 2,5% aux Etats-Unis. En France, elle serait de 1,9%. En Allemagne la croissance du PIB serait de 2,3%.

Alors, certes, les deux derniers trimestres ont vu la croissance du PIB en France s’accélérer (+0,5% et +0,6%). Vus de France et comparativement à nos précédents résultats, ce sont des signes positifs. Mais comparés à ceux du reste de l’Europe, ces chiffres sont médiocres et montrent bien plus notre retard qu’une prétendue reprise. Oui, la production en France profite du contexte international mais elle est freinée par l’environnement national.

Si l’on compare les performances de tous les pays de l’Union européenne, de la Suisse et de la Norvège, la France, au 3ème trimestre 2017, était au 23ème rang (2,3%, T3 2017/T3 2016). D’ailleurs, si l’on établit une moyenne du taux de croissance depuis 2007, veille de la crise, la France est très mal classée. Seuls l’Italie, la Grèce, le Portugal, la Croatie et la Finlande font pire. Même l’Espagne, qui a subi très fortement la crise, fait mieux.

En détail, concernant ces variations annuelles calculées trimestre par trimestre, le PIB en France dépasse rarement celui de l’Union européenne.

Taux de croissance ( T/T n-1 )

Source : Eurostat

C’est essentiellement pendant les périodes de récession que la variation du PIB est meilleure en France que dans l’Union européenne. On pourrait en conclure que la France possède un modèle permettant de mieux supporter les crises. Il est vrai que le poids de son système social les amortit sans doute mieux.

Cependant, elle se montre alors incapable de profiter des reprises. Ces crises ont été très onéreuses en dépenses publiques.

La dette publique augmente de 15% du quatrième trimestre 2010 au premier trimestre 2010, soit 182 milliards d’euro. Ainsi la croissance, ou la moindre décroissance, est créée artificiellement. Et la dette pèse sur l’avenir et limite la croissance des bonnes années.

Depuis la fin de l’année 2013, la croissance du PIB en France reste en-deçà de la moyenne européenne. Ce qui devrait être alarmant est pourtant célébré aujourd’hui comme le retour de la croissance pérenne.

Que celle-ci soit trop faible pour avoir une influence significative sur le chômage ou que le gouvernement n’en profite pas pour réduite les déficits publics, personne ne s’en émeut. Ce sont pourtant ces aspects qui devraient être observés et les problèmes qu’ils révèlent, résolus.

Différentiel de croissance

Source : Eurostat

Ainsi, à prix courants, depuis 2007, le PIB a crû en France de 26%, en Allemagne de 34%, au Royaume-Uni de 29%, dans l’Union européenne de 28%. En Pologne et en Roumanie, le PIB a augmenté respectivement de 63% et 61%.

Croissance du PIB entre 2007 et 2016
Pologne 62,5%
Roumanie 61,1%
Russie 42,0%
Allemagne 34,4%
OECD 30,6%
Grande-Bretagne 29,3%
Etats-Unis 28,6%
France 26,5%
Source : OCDE

Non seulement la France pâtit d’une croissance atrophiée qui révèle de lourds problèmes structurels, mais elle a accumulé un retard important depuis 2007. Qui plus est, les gouvernements successifs ont tenté de pallier ces manques par le recours à la dette plutôt que par la réforme.

La situation n’est donc pas reluisante et ne justifie en aucun cas les louanges sur le retour de la croissance. La France reste un pays non réformé et donc fragile. Il est l’un des derniers grands pays d’Europe à végéter dans ses certitudes.

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