3 questions à Virginie Calmels

Un entretien exclusif avec Virginie Calmels, présidente de DroiteLib, vice-présidente des Républicains auprès de Laurent Wauquiez.

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3 questions à Virginie Calmels

Publié le 22 décembre 2017
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Contrepoints – La droite est sortie lessivée et désorientée de la campagne présidentielle. Emmanuel Macron, autant par tactique que par conviction, semble, lui, avoir réussi le tour de force d’incarner auprès des électeurs une offre réformiste et libérale traditionnellement attachée à la droite modérée.

Aujourd’hui, c’est cette image de Macron réformiste qui s’effrite, révélant sa nature très classiquement social-démocrate. Qu’avez-vous envie de dire aux libéraux qui se sont laissés séduire par En Marche ? Qu’est-ce qui fait que LR offre une plus grande chance de réformer le pays que l’équipe dirigeante ?

Je crois, comme vous, qu’Emmanuel Macron a fait beaucoup de déçus parmi les libéraux. Malgré les quelques propos parfois intéressants qu’il a pu tenir pendant la campagne présidentielle, il apparaît aujourd’hui comme un social-démocrate, centralisateur et étatiste.

La première chose que je veux dire aux libéraux c’est de ne pas perdre espoir. Je sais que ce n’est pas facile de défendre ces idées dans un pays qui a souffert d’une politique socialiste où l’on a fait croire aux Français qu’ils étaient protégés grâce à un État nounou omniprésent. Pourtant notre pays est suradministré, étouffé par les impôts et la dette de l’État bat des records. Mais il ne faut pas perdre espoir car je suis persuadée que nous sommes en mesure de construire un véritable « pôle libéral » à droite. Si Laurent Wauquiez n’est pas tout à fait libéral, il sait que je le suis et il m’a fait confiance ; montrant ainsi que nous, libéraux, avions toute notre place au sein des Républicains.

Et c’est la deuxième chose que j’aimerais dire aux libéraux : rassemblons-nous, travaillons ensemble, soyons nombreux au sein des Républicains afin de peser de tout notre poids sur l’orientation du parti pour que la Droite ose porter, demain, un véritable projet libéral.

La réponse à votre seconde question est assez facile, il suffit de regarder le programme des candidats plébiscités lors de la primaire pour constater que nos électeurs sont résolument réformateurs.

Ils ont très largement voté pour diminuer les dépenses publiques de 100 milliards, pour réformer le régime de retraite, pour supprimer des postes dans la fonction publique ou pour restaurer l’autorité de l’État avec un régalien fort. Ce n’est pas neutre quand Emmanuel Macron présente, lui, un budget avec des dépenses de l’État qui continuent à augmenter au lieu de diminuer et des mesures sur la sécurité, l’immigration, la défense encore très timides.

Le gouvernement Macron déçoit par la timidité de ses réformes, surtout face à la dette, mais aussi par le recours, très prisé par la classe politique française, à une fiscalité particulièrement étouffante pour tous les secteurs de croissance. Quelle serait votre priorité d’action en cas d’accession au pouvoir ?

Tout d’abord, il est nécessaire de diminuer notre niveau d’endettement. Je rappelle que notre pays est en situation de quasi-faillite et qu’il sera en très grande difficulté le jour où les taux d’intérêt remonteront.

Il est donc urgent de diminuer les dépenses publiques en recentrant l’État sur ses missions régaliennes et surtout en étant capable de faire mieux avec moins. Il est tout aussi urgent de repenser nos administrations à travers le prisme du management et de la bonne gestion.

En parallèle nous devons libérer les énergies, et cela passe par le levier fiscal et le levier normatif.

Comme vous l’avez dit, notre fiscalité est particulièrement étouffante, si étouffante que nous sommes même les vice-champions du monde des prélèvements obligatoires qui, au passage, se rapprochent de leur record historique. Il est crucial de diminuer cette pression fiscale pour redonner du pouvoir d’achat aux Français et relancer la croissance.

Il faut ensuite s’attaquer aux milliers de normes qui parasitent grandement la vie de tous les Français et les empêchent bien trop souvent de travailler et de vivre comme ils l’entendent. La priorité me semble d’être de cesser la « sur-transposition » des normes européennes qui, en plus de nous faire perdre de la compétitivité par rapport à nos voisins, alimente grandement le sentiment eurosceptique. Je propose aussi que nous supprimions une norme, chaque fois que nous en créons une nouvelle, et ce, dans le même secteur.

En somme, si les Français trouvent que la droite que nous représentons est digne d’eux et qu’ils nous confient notre pays, notre priorité sera d’« arrêter d’emmerder les Français » comme disait Pompidou tout en faisant l’effort de diminuer notre niveau d’endettement.

Le modèle social et politique français est bloqué : non seulement la dette publique le paralyse, mais le maquis réglementaire, administratif et politique encourage le chômage et pousse bon nombre de nos concitoyens à l’exil : qu’est-ce que la droite peut offrir aux jeunes qui envisagent de quitter le pays pour saisir les opportunités que le modèle français n’offre plus ?

La droite doit faire du chômage des jeunes son combat principal. Comment accepter que dans un pays développé, 25% des jeunes actifs soient au chômage ?

Pour ce faire, il est urgent de libéraliser au maximum le marché du travail, en réduisant considérablement le Code du travail tout en diminuant drastiquement les charges qui pèsent sur nos entreprises. Je tiens à préciser que « libéraliser » ne signifie pas mettre en place un capitalisme sauvage. Cela signifie donner sa chance à tous, prôner l’équité et non l’égalitarisme qui nivelle par le bas, orienter les jeunes vers des formations aux métiers d’aujourd’hui et de demain et arrêter d’envoyer des jeunes vers des formations aux métiers d’hier ou sans débouchés.

La France doit aussi redevenir attractive pour les grandes entreprises et pour les investisseurs internationaux, nous sommes sur la bonne voie mais nous sommes partis de tellement loin après le dernier quinquennat qu’il faut absolument aller plus loin : il faut réduire le niveau d’impôt sur les sociétés et instaurer ensuite une stabilité à la fois fiscale, normative et syndicale. La droite doit se saisir de ces sujets.

Par ailleurs, il faut évidemment une politique de formation ambitieuse qui valorise l’apprentissage comme les métiers manuels. Cela passera selon moi par une plus grande autonomie pour les établissements qui doivent pouvoir s’adapter aux envies de leurs élèves.

Enfin, il faut que nos jeunes souhaitent réussir et gagner de l’argent en France ! Il me semble donc essentiel de mettre fin aux prélèvements confiscatoires. Vous savez, on parle beaucoup de « paradis fiscal » ou « d’exil fiscal » ; je réponds qu’il n’y a pas de paradis fiscal sans enfer fiscal, et qu’il est donc temps de ne plus être un enfer pour les contribuables.

La Droite doit être demain, la porte-parole de la jeunesse.

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  • mouais. .. pourquoi la droite ferait-elle cette fois ce dont elle parle toujours et qu’elle ne fait jamais ? Quelles baisses de dépenses constate-t-on dans les régions qu’elle administre ? J’aime bien Virginie Calmels pour le renouveau qu’elle apporte mais elle est bien seule

  • Ouais ,cela fait combien d’années que l’on entend ce discours ?
    Réduire les charges réduire les impôts…..et si on réduisait , d’abord, les dépenses parce que ,retirer les parts patronales de la’feuille de paie implique une augmentation de salaire correspondante ou alors une baisse de prestation ,sécu retraite formations etc déjà en piteux état !

  • Sinon, les coutures de votre veste tiennent le coup ?

  • Deux points :
    1- Suppression d’une norme quand on en ajoute une. Donc, on reste au même nombre de norme. Et Madame Calmels se dit innovante ? 🙂
    2- J’ai beau relire l’article, RIEN, absolument RIEN sur le changement de société dans lequel nous vivons. Rien sur l’IA, rien sur la blockchain, rien sur les thérapies géniques, rien sur l’avance colossale des GAFAM/BATX. Bref, pour l’innovation, on repassera.

  • mouais … J’attends de LR un positionnement à la Thatcher, pour l’instant, on en est encore loin.

  • La première loi a faire est de rendre obligatoire le vote des français à la Présidentielle. Cela éviterait de mettre en place un président par défaut comme E.MACRON et F.HOLLANDE qui effectivement des sociaux démocrates socialistes et non des libéraux comme le souhaitaient les français qui auraient voulu un F.FILLON

    • Le changement du nombre de votants n’intervient pas dans le résultat d’une élection , comme pour un sondage , 1000 avis au lieu de 10000 ne change que la précision du resultat pas la tendance générale et , puis crotte on a le droit de ne pas participer , on est en République !

    • Tu t’es trompé de site.

    • En fait vous voulez une France plus libérale en commençant par installer une contrainte de plus?

  • Comment encore croire en LR pour porter des propositions réellement libérales ? Au mieux, Mme Calmels (en lui accordant le bénéfice du doute quant à la sincérité de sa démarche) servira d’alibi libéral, condamnée à avaler couleuvres sur couleuvres. Qu’ont ils fait de libéral lorsqu’ils étaient au pouvoir ? De la social démocratie molle…

  •  » Je tiens à préciser que « libéraliser » ne signifie pas mettre en place un capitalisme sauvage. »
    Moi j aime bien le capitalisme en liberté, et beaucoup moins lorsqu il est  » domestiqué »

    Faudrait lui expliquer que libéraliser c est limiter les pouvoirs de l’État pour ramener celui-ci à la protection des droits et libertés individuelles. Et basta.

    • Quand on voit son parcours, on comprend pourquoi elle n’aime pas le capitalisme libéral et qu’elle préfère celui de connivence.

    • La droite a toujours peur de perdre son électorat, auquel elle a vendu pendant 70 ans le programme du CNR et l’originalité Française devant le bloc anglo-saxon.

  • Ce qu elle propose est plutôt pas mal si on est de droite.

  • Questions bien gentilles. Comment croire à la sincérité de Mme Calmels ? Jusqu’à présent, LR (et avant UMP, RPR…) se sont surtout distingués par des positions plus proches de la social-démocratie et d’un étatisme bien lourd….

  • Quand on dit « Il est crucial de diminuer cette pression fiscale pour redonner du pouvoir d’achat aux Français et relancer la croissance. » on est plus Keynesien que libéral. Ite missa est

  • Bon, on ne va pas trop tirer sur l’ambulance, mais c’est quand même toujours le même discours de contrition qui ne rime à rien.

    Le libéralisme, ce n’est pas du tout l’austérité version coupes sombres, files d’attentes et tickets de rationnement. Ça c’est le socialisme, version URSS, Allemagne de l’Est, Cuba ou Venezuela (je ne parle même pas de la Corée du Nord)

    Le libéralisme, ce n’est pas réduire la dette parce que sinon le ciel va nous tomber sur la tête, c’est réduire la dette parce que tout cet argent est de l’argent gaspillé, qui ne sert strictement à rien.

    Ce n’est pas réduire le coût de l’Etat (les fonctionnaires sont pour leur majorité payés une misère et de nombreux domaines manquent cruellement de moyens), c’est réduire la place de l’Etat dans l’économie. La main mise de l’Etat sur 25% de la main d’oeuvre, payée par le travail des autres est la source #1 du chômage de masse, du manque de main d’oeuvre qualifiée et donc de compétivité et du déficit du commerce extérieur.

    Ce n’est pas crier sur la mauvaise gestion de l’Etat et le salaire des politiques, c’est crier sur le choix désastreux de considérer un bon quart de notre économie comme un centre de coût à compresser et pas comme un moteur économique et social.

    Ce n’est pas de vouloir réduire l’Etat providence, c’est de vouloir le remplacer par des solutions économiquement viables et bien plus performantes.

    Ce n’est pas de paniquer parce que l’on annonce que l’on va mettre en l’air la micro gestion et la surveillance généralisée et qu’on va enfin faire confiance au tissus social que l’on s’efforce de détruire depuis des décennies.

    C’est un salaire médian à 5 000 euros, au lieu de 1 783

    C’est des libertés garanties : celle de choisir son employeur, son école pour ses enfants, la façon dont on s’habille, sa protection sociale, son assurance vieillesse, et accessoirement ce qu’on mange à la cantine.

    Y’a du boulot !

  • Il va être plus dur pour Madame Calmels de capter la « confiance » des Français pour qu’ils croient en ses promesses que de discourir dans les Tribunes populaires ou médiatiques. Je vote à Droite depuis mon âge de voter et à l’exception du Général de Gaulle ou de son successeur, je n’ai plus jamais retrouvé un Homme Politique capable de diriger la France en respectant ce qu’il a dit avant d’être élu et de faire ce qu’il avait dit après avoir été élu.

  • S’il y avait réellement une chance de libéralisation a droite, on aurait Fillon au gouvernement actuellement. Il était ce qu’il se rapprochait le plus des attentes libérales. Pour ceux qui sont réalistes, la seule voie pour se faire entendre maintenant est de ne plus rien attendre du politique ni au niveau national ni au niveau européen et de trouver un moyen d’uberiser la politique nationale et européenne. Ceux qui veulent vraiment reformer le pays doivent s’unir entre citoyens et uberiser tout ce beau monde. C’est la seule voie.

  • L’enfer génère le paradis et lycée de Versailles

  • L’enfer génère le paradis et vis et versa (autant pour moi)

  • Plutôt que de la critiquer il faut se dire que plus il y aura de personnalités ouvertement libérales dans les partis politiques quels qu’ils soient, plus on aura de chance de voir enfin des politiques libérales mises en oeuvre…

  • si l’on enlève les incantations de ce discours que reste-t-il de concret ?
    sue les points suivants :
    réduction de la dépense publique : où et comment ?
    préservation de nos mœurs, coutumes et traditions ?
    la sécurité : l’immigration, l’islam, ?
    attractivité du travail, société d’assistance non incitative au travail.
    aucun mot de tout cela dans cette interview, madame Calmels à propos que veut dire libéral pour vous ? merci

  • j’ai arrêté à « capitalisme sauvage » …

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