Les impôts : histoire d’une folie française

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
By: Renaud Camus - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les impôts : histoire d’une folie française

Publié le 14 décembre 2017
- A +

Par Jean-Baptiste Noé.

C’est un livre salutaire que publie Jean-Marc Daniel, consacré à une folie française : les impôts. L’auteur, professeur d’économie et fin connaisseur de l’histoire économique de la France, retrace soixante ans d’histoire, de 1958 à nos jours, qui sont soixante années d’augmentation continue des impôts, de création de nouvelles taxes et d’accroissement des taux. Soixante années au cours desquelles les prélèvements obligatoires n’ont cessé de croître, ainsi que l’endettement de l’État.

Impôt sur les portes et fenêtres, capitation, impôt sur le revenu, taxe sur la consommation (TVA), Jean-Marc Daniel montre comment la France est passée d’impôts de type Ancien Régime à des impôts modernes, tout en conservant souvent les anciennes structures fiscales.

Des ambitions fiscales qui varient

C’est qu’en la matière, il est plus facile de créer que de supprimer. La droite le sait bien, elle qui vota une motion de censure contre le gouvernement de Michel Rocard en 1990 pour s’opposer à l’instauration de la CSG et qui ne supprima pas cette contribution en 1993. Bien plus, le nouveau gouvernement de droite en augmenta les taux.

L’auteur rappelle ainsi les évolutions de la finalité de l’impôt. Celui-ci ne sert plus seulement à subvenir aux besoins essentiels de l’État, mais aussi à redistribuer et à réduire les inégalités puis à modeler les comportements et à construire les choix des consommateurs.

Ainsi, l’impôt n’a plus seulement une fonction de financement, mais aussi de création sociale. Sa nature en est transformée, et à partir de là il est normal que ses taux ne cessent de croître.

La question de l’État providence, racine de la folie française

Son livre propose une autre histoire de la France, à travers sa fiscalité et les palinodies des gouvernements successifs. On peut regretter qu’il n’aille jamais au cœur du sujet et aux raisons profondes de l’existence des impôts.

Ainsi, la question de l’État providence n’est jamais posée, alors que c’est cette structure sociale qui impose une hausse croissante des impositions. De même l’auteur n’évoque pas le rôle joué par la démocratie et le suffrage universel. Car que veut le peuple ?

Moins d’impôt pour lui, mais plus d’argent venant des autres. Ainsi marche la fiction qui permet à tout le monde de vivre aux dépens des autres. Là réside la philosophie de l’impôt et donc la raison d’être des augmentations successives et répétées. C’est donc un très bon ouvrage, à compléter avec celui de Philippe Nemo.

L’ouvrage de Jean-Marc Daniel apporte les faits et les évolutions chiffrées, celui de Philippe Nemo la théorie et les soubassements intellectuels. Muni de ces deux ouvrages, le lecteur pourra comprendre les raisons de cette folie française.

Jean-Marc Daniel, Les impôts. Histoire d’une folie française, Tallandier, 2017, 240 pages.

Sur le web

Voir les commentaires (13)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • Je confirme, deux livres clairs et nécessaires. Deux auteurs toujours enrichissants .

    • @ Did
      Sans doute mais à quoi bon puisque vous êtes destinés à subir sans réagir et que la « droite » qui attaque M.Rocard ne fait qu’augmenter le taux de la CSG qu’il avait inventée?

      Vous êtes en plein dans la caricature dessinée par R.Le Honzec!

      • @ mikylux
        Pas du tout d’accord avec le défaitisme de votre « à quoi bon ». Si je suis destinée à subir parce que la loi du plus fort s’impose à moi, j’ai néanmoins besoin de savoir en quoi c’est un abus de pouvoir et quels sont les arguments et les failles de mon oppresseur pour trouver le moyen de m’en débarrasser (et si je n’y arrive pas, j’aurai au moins la satisfaction d’avoir travaillé pour celui qui me succèdera afin qu’il y arrive ou son successeur, etc). Sinon j’ai honte de mon impuissance, je me culpabilise et cela me rend suicidaire. D’ailleurs dire « à quoi bon », c’est déjà une forme de suicide (outre le fait que c’est égoïste au regard de la succession des générations), donc la dernière chose à faire.

        • @ Virgin

          Vous avez évidemment pleinement raison!

          Mais hélas! Je ne vois nulle part la moindre « résistance » face à votre « état arnaqueur » qui engraisse élus, administratifs et tout autre parasite qui se sert « sur la bête ». Même vu de l’étranger, cela en devient révoltant! (Eh oui, je ne suis pas Français!).

          Donc non! Démissionner est sans doute ladenière chose à faire: même émigrer, c’est mieux!

          Mais toute l’Union Européenne vous a prédit ce qui vous arrive, depuis 1997!

          D’autres pays ont fait ceinture pour remettre le pot droit: la France, pas!
          Pourquoi?

          Je ne vais pas vous récapituler les recettes pour une saine gestion nationale mais vos objectifs ont clairement été définis par « l’Europe » en 1997 mais abandonnés aux « suivants » depuis, de majorité à majorité, sans jamais rien entreprendre: ça ce n’est en rien « cartésien »!

          Et l’Union Européenne ne peut se payer une autre « Grèce » et certainement pas la France, sa prétention, son opulence ou ses émigrés fiscaux, bien sûr!

          La Vième est déjà assez dictatoriale, quelle autorité de plus faudrait-t-il? Pas pour « taxer » mais pour « produire »!

  • Rien que le fait que les analyses présentées fassent remonter à 1958 l’historique de ce délire de taxation pour formater la population me donne envie de les lire et de les faire connaître. Donc je vais me procurer ces deux ouvrages complémentaires parce que l’un sans l’autre me semblait trop limité. Merci de les avoir associés.

  • Charentais Libéral
    14 décembre 2017 at 19 h 15 min

    Le problème français vient de son passé. Dont un grand nombre de gens ne souhaitent absolument pas ouvrir de débat. Donc Etat providence = impôts. Et pour renverser la tendance, pour ne pas dire plus, il faudra attendre un basculement de 50% de la population pour remettre en cause l’édifice des monopoles étatiques. Comme le disait Bastiat tout monopole est un système communiste, le pire est celui de l’instruction publique car quand on instille une erreur dans le système c’est toute la société qui en subit les conséquences. Pour l’Enat, c’est bien les syndicats qui gouvernent le ministère…Donc il faut se rappeler ce que disait JFrançois REVEL, « La France n’avancera pas tant qu’elle n’aura pas crever l’abcès de son passé communiste » Et dieu sait le nombre qu’il y a encore en France. Le socialo communisme est partout, les idées, les structures…, voir les élections présidentielles. Comme dirait H16, ce pays est foutu !!! Il lui faudra un cataclysme pour se redresser….je crois qu’il va nous tomber dessus à un moment. Euro, économie, banque, banlieue, immigration, guerre à venir, ..on a le choix, n’est-ce pas ! Mais rien n’est certain, c’est le principe de la bifurcation. Puisse-t-il y avoir un chemin propice…. En France on attends toujours, l’homme providentiel !

    • @ charentais Libéral

      Oui la France n’a pas sa solution dans son passé historique et pleins de citations de références!

      En fait tout a changé! Et l’avenir ne sera pas la répétition du passé, si pas chez vous, ailleurs, sûrement! La France n’est pas ce que vos politiciens vous en disent dans le sens de vos poils! (ce que vous avez envie d’entendre), mais qui n’est pas la traduction des chiffres officiels connus partout mais cachés derrière des mots éloquents devant les électeurs français avides d’expressions et de formule cinglantes qui changeraient la réalité: on rêve dans le délire global!!!

  • Jean Roule Du Cable
    14 décembre 2017 at 19 h 32 min

    On pourrait à la rigueur supporter une augmentation des impôts si cela se traduisait par un pays mieux « tenu »… hélas, ce n’est même pas le cas. Les routes sont en plus mauvais état qu’il y a trente ans, les urgences des hôpitaux sont débordés, l’administration, pléthorique, est moins efficiente…
    On dirait bien que la seule conséquence de l’augmentation des impôts, c’est de produire encore et toujours plus de réglementation…

    • C’est malheureusement le cas. L’Etat vit pour lui même et le citoyen n’est là que pour payer la gabegie qu’il continue de pratiquer!

    • @ JRDC

      Et de toute façon c’est totalement contraire à vos promesses offertes à l’actuelle Union Européenne depuis tant d’années sans suite, évidemment!

      La France co-leader européen avec l’Allemagne? Vous rigolez?

      Juste un boulet encombrant et structurellement incapable qui coûte bien trop cher pour ce qu’il rapporte peut-être, et qui essaye de « faire la manche », en plus, auprès de ses états- « Frères »: tu parles!!!

  • S’informer face à la désinformation c’est déjà agir. Faire circuler l’information idem.Pour le reste vous ne me connaissez pas…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les dépenses publiques n’ont cessé d’augmenter depuis un siècle. Elles sont financées de deux façons : les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) et les emprunts publics. Comment ont évolué ces trois masses financières colossales depuis le début du XXe siècle ? La réponse est bien connue : ça monte, ça monte. Mais comme les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel, il faudra bien mettre fin un jour à cette évolution suicidaire. 90 % du PIB de dépenses publiques, c’est le totalitarisme. Nous étions à 62 % en 2020. Jusqu’où no... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Par Arnaud Pineau-Valencienne. Un article de l'IREF Europe.

En quatre décennies, le déficit public du pays devient vertigineux. Son origine remonte à la première alternance de la Ve République. La France subit par dogmatisme un chambardement en matière de gestion de ses finances publiques. Nos partenaires américains et anglais nous le ferons comprendre lors d’un somptueux dîner à Versailles par leur silence éloquent.

Les promesses démagogiques fleurissent, « flattent les mouvements d’option » et l’addition se paie immédiatement

Poursuivre la lecture

Formidable développement ce dimanche 19 décembre en politique américaine : le Build Back Better (BBB), 5 trilliards de folles distributions d’argent public aux clientèles démocrates, vaisseau amiral législatif de la présidence Biden, vient d’être officiellement et définitivement coulé par le sénateur démocrate Joe Manchin, qui refuse de cautionner cette orgie de dépenses publiques, la plupart sans motif, dans un contexte désormais inflationniste. Inflation, gestion covid, déroute afghane, absence de résultats, la présidence de Biden menace de... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles