La réforme Macron suffira-t-elle à sauver la France ?

La France est un pays qui a crucialement besoin, depuis des années, de changer son logiciel « dépenses publiques – impôts – dette ». Tous les politiciens en parlent sans jamais y parvenir, parfois même sans jamais rien tenter pour y parvenir. Et Macron ?

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Emmanuel Macron at European Council 22-23 june 2017(CC BY-NC-ND 2.0)

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La réforme Macron suffira-t-elle à sauver la France ?

Publié le 18 novembre 2017
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Par Nathalie MP.

Quand on se veut « ni de gauche ni de droite », quand on a cultivé le flou sur son programme électoral le plus longtemps possible pour n’effaroucher personne, quand on a surtout compté sur l’enthousiasme, la jeunesse et la nouveauté pour susciter l’adhésion et qu’on a fini par promettre qu’on allait libéraliser « et en même temps » continuer à jouer à l’État stratège et à l’État providence, quel niveau de réforme peut-on espérer faire aboutir une fois qu’on se retrouve au pouvoir ?

Rien de très libéral

Alors que les cinq ordonnances Travail signées par Emmanuel Macron en septembre dernier, et déjà en vigueur pour une large part de leurs dispositions, seront ratifiées prochainement par l’Assemblée nationale, un front syndical mollement rassemblé tentait avant-hier une ultime journée de mobilisation pour dénoncer – c’en est presque pavlovien – « une politique libérale visant à accroître les inégalités au profit d’une minorité ».

Avant-hier également, l’INSEE nous informait que le taux de chômage à fin septembre 2017 s’établissait à 9,7 % (9,4 % en métropole), en hausse de 0,2 point sur le trimestre précédent et en baisse de 0,3 point depuis le début de l’année. Comme la marge d’erreur est de +/- 0,3 point, on peut considérer qu’en dépit des hausses et des baisses qui alternent depuis plusieurs mois, notre taux de chômage n’amorce pas de véritable repli et reste imperturbablement accroché à un niveau qui oscille entre 9,5 et 10 % de la population active.

En outre, quand on se livre au jeu des comparaisons internationales – sur ce critère du chômage mais cela vaut également pour beaucoup d’autres, il n’y a pas vraiment lieu de se réjouir : selon les chiffres de l’Union européenne à fin août 2017, l’Allemagne est à 3,6 %, le Royaume-Uni à 4,3 % et les Pays-Bas à 4,7 %. Pourquoi pas nous ?

Les ordonnances Travail visent justement à alléger, simplifier et libéraliser notre code du travail afin de réduire les multiples freins à l’embauche qui paralysent les employeurs. Mais quoi qu’en disent Gérard Filoche, la France insoumise de Mélenchon et les syndicats les plus archaïquement obtus, elles n’ont rien de très libérales et ne sont guère radicales.

Retouches à la marge

Concrètement, elles proposent surtout des petites retouches à la marge, bienvenues certes, mais dont l’impact sur l’emploi risque d’être très discret car aucun des points vraiment importants n’a été abordé de front, à savoir les 35 heures et le salaire minimum. De plus, si l’indemnisation du chômage que nous connaissons a des vertus protectrices, elle compte aussi parmi les plus généreuses des pays de l’OCDE. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un rapport de la Cour des comptes de 2016 sur les comptes de l’Unédic (voir page 6 du PDF). La motivation à retrouver rapidement du travail en est forcément affaiblie.

Le Projet de loi de finances ou PLF 2018 est un autre bon exemple du décalage gouvernemental permanent entre les bonnes intentions annoncées et les politiques effectives.

Alors que les niveaux de notre dépense publique (57 % du PIB), de nos prélèvements obligatoires (45 % du PIB) et de notre dette publique (96,5 % du PIB fin 2016) ont atteint l’insoutenable, alors que le gouvernement a annoncé vouloir « baisser en même temps la dépense publique et les impôts pour plus de croissance et plus d’emploi », on aboutit finalement pour 2018 à une augmentation des dépenses et des prélèvements en euros constants de 0,5 % et 1 % respectivement.

Et ce n’est qu’un budget, c’est-à-dire un exercice limité à des nombres qui s’alignent gentiment sur le papier. L’expérience montre, et a montré encore tout récemment, que les dépenses françaises ont la désespérante habitude de déraper tant on préfère maintenir la paix sociale à coups de promesses financières hâtivement sorties d’un chapeau (une prestidigitation qui s’appelle impôts et dette supplémentaires) plutôt que de tenir un discours de vérité aux Français.

Et si on baissait les dépenses publiques ?

La bonne politique serait en effet de « baisser en même temps la dépense publique et les impôts pour plus de croissance et plus d’emploi » (comme annoncé et pas tenu par le gouvernement), et ce serait de le faire dans des proportions significatives pour que les sommes restituées aux acteurs économiques via une forte baisse des prélèvements aient un impact notable en matière de consommation et d’investissement.

Comme il n’est pas forcément simple d’ajuster parfaitement le « en même temps », la question se pose de savoir s’il faut commencer par baisser les dépenses puis seulement ensuite les impôts ou s’il faut d’abord relancer la machine en baissant fortement les impôts et les cotisations sociales (choc fiscal), quitte à aggraver le déficit pendant un ou deux ans, et ensuite baisser les dépenses (c’était l’option initiale de François Fillon).

Dans les circonstances particulièrement tendues des comptes publics de la France, aucune des deux options n’est très satisfaisante pour un homme politique. La première, la plus orthodoxe, est celle qui a ma faveur car ce sont bien d’abord nos dépenses effrénées qui nous poussent à l’impôt puis à la dette. Elle correspond à ce qu’on appelle avec horreur « l’austérité » – une austérité qui vient après des années d’argent jeté par les fenêtres, mais peu importe, c’est de l’austérité et ça suffit à vous classer dans la catégorie des très méchants.

Il y aurait pourtant des choses simples à faire, comme par exemple geler les embauches de fonctionnaires et ne pas remplacer les partants pendant une certaine période et exiger de ceux qui sont en poste qu’ils effectuent leurs horaires complets et réduisent leur absentéisme mirobolant.

Le conservatisme social des Français

La seconde est plus simple à mettre en œuvre sur le plan social – encore qu’en France toute baisse d’impôt est analysée comme un « cadeau aux riches », même quand elle concerne les classes moyennes.

Elle est également risquée car dans un premier temps elle accroît la dette à un moment où l’on s’attend à ce que les taux, absurdement bas actuellement, remontent. De plus, elle devient compliquée à défendre vis-à-vis de l’Union européenne (UE) car la France recule depuis plus de cinq ans le moment de repasser sous les 3 % de déficit.

Mais le principal obstacle, depuis toujours, reste que les Français ne veulent pas entendre parler de changer quoi que ce soit de fondamental dans nos structures. Seul un incroyable effort de parler vrai et de pédagogie pourrait amener une majorité d’entre eux à s’y rallier. Or ce n’est pas ce que les dernières élections ont montré, bien au contraire.

En réalité, chaque jour qui passe rend l’adoption de l’une ou l’autre méthode (ou, mieux, des deux en même temps) de plus en plus nécessaire, mais également de plus en plus douloureuse et de plus en plus périlleuse à présenter à l’opinion publique tant la tâche à accomplir augmente à mesure qu’on ne fait rien. Or jusqu’à présent on n’a pas fait grand chose, d’où notre dette proche des 100 %, « inexplicablement » accompagnée d’un taux de chômage beaucoup trop élevé et d’une croissance toujours à la traîne des autres pays européens.

Le mini choc fiscal de Macron

Mais de toute façon, comme le montre le PLF 2018, Macron ne s’est engagé ni d’un côté ni de l’autre, ni séparément ni en même temps. Aucun choc fiscal n’est à l’ordre du jour, aucune redéfinition approfondie du périmètre et des missions de l’État n’est à l’étude, aucune remise en cause de notre État-providence ultra protecteur n’est envisagée.

Pour être tout à fait exact, Macron a bien tenté un mini choc fiscal, surtout en direction des valeurs mobilières, mais comme les baisses (ISF, taxe d’habitation, cotisations sociales…) sont plus que compensées par des hausses (CSG) on se retrouve dans une situation quasi inchangée par rapport aux années précédentes.

Il y a environ un mois, l’INSEE a revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2017 de 1,6 % à 1,8 %. De son côté, le gouvernement a inscrit 1,7 % dans le PLF pour 2017 et 2018, en espérant faire mieux. Il n’en fallait pas plus pour que toute la presse en extase souligne à quel point « Emmanuel Macron entame son mandat avec une ligne bleue à l’horizon ».

Il est certain que 1,8 % de croissance en 2017 et 2018, ce sera nettement mieux que les 1,1 % qui ont été obtenus en 2016. Mais cette façon de voir les choses a l’inconvénient de masquer à quel point la France se contente de peu.

L’Union européenne a publié la semaine dernière ses prévisions économiques d’automne. Notamment, la croissance dans l’UE devrait être de 2,3 % en 2017 et 2,1 % en 2018. Le taux de chômage continue de baisser : il tombera à 7,8 % cette année, puis à 7,3 % et 7 % en 2018 et 2019.

Quant au déficit public moyen dans la zone euro, il n’a jamais été aussi bas : 1,1 % en 2017, pour baisser jusqu’à 0,9 % et 0,8 % les deux années suivantes.

Or on voit sur la carte ci-dessus que la France fait partie des pays qui auront la croissance la moins élevée. L’UE table sur 1,6 % et non pas sur les 1,8 % retenus par l’INSEE. Quant aux chiffres de dette et de déficit, ils restent accrochés à 96,9 % et 3 % respectivement jusqu’en 2019. La Commission européenne considère de plus que les efforts structurels annoncés par la France sont insuffisants.

La fin de la mentalité anti-entreprise ?

Un chef d’entreprise à qui je m’ouvrais de ma déception à propos de la réforme du Code du travail m’a répondu en substance : « Eh bien moi, j’y crois. En termes de mesures, ce n’est peut-être pas beaucoup, mais tu négliges le fait que c’est toute une mentalité anti-entreprise qui est en train de changer. Un vent de liberté souffle sur la France, c’est complètement nouveau et c’est énorme ».

C’est possible, et Emmanuel Macron n’a certes pas négligé de faire passer dans ses discours enflammés une sorte de « choc de confiance » façon « Yes we can » destiné à redynamiser le moral des Français et les placer face à un avenir ouvert où tout devient possible plutôt que de les confronter directement aux affres du déclassement qui nous guette petit à petit.

Penser printemps… et après ?

Mais je doute que cela soit suffisant pour enclencher un cercle économique vertueux dans lequel chacun se mettrait à envisager l’avenir avec optimisme et agirait en conséquence sur la base des seules assurances verbales du Président. Car malgré tout le charisme d’Emmanuel Macron pour nous faire « penser printemps », malgré des déclarations souvent justes et bien orientées, les chiffres sont têtus et les actions concrètes du gouvernement sont minces.

Le « choc de confiance » est nécessaire, mais personne ne pourra prétendre réformer vraiment la France sans avoir cherché aussi à rassembler les Français sur la nécessité (douloureuse, à coup sûr, plus on tarde) d’engager des coupes profondes dans notre administration pléthorique et notre système social étouffant. Pour l’instant, si ce sont des discours qu’on entend, ce n’est pas ce qui se fait. Reste à compter sur la croissance mondiale pour nous garder la tête hors de l’eau.

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  • très bonne analyse : en effet, le principal remède aux maux de la France – l’hyper fonction publique – serait de tailler dans les effectifs dont les salaires sont rémanents. Mais Macron, visiblement, n’ose pas s’atteler à cette tâche pourtant indispensable

  • ce qui est impératif c’est de ramener la dépense publique à 49 % …la seule chose qu’ils savent faire ::des taxes. ..et malgré ça, la dette du PIB augmente allègrement. ..le reste des paroles …

  • E. Macron a dit, je fais ce que je dis et je dis ce que je fais or il n’a jamais dit qu’il diminuerait la dette de la France et qu’il ramenerait le chômage au niveau des pays européens. F.FILLON l’avait dit et les français ont voté E.Macron. Il nous faut attendre 5 ans

    • @ le papet
      Eeehh! Fr.Fillon n’était plus candidat!
      Pourquoi? (pas les prétextes!)
      Et par qui?
      Et combien de ses « meilleurs amis politiques »?

  • Macron n’a pas mis en place le premier levier de l’efficacité des réformes : la simplification. Un autre article énumère les 5 taxes qui s’appliquent au tabac ; pourquoi 5 sinon pour protéger le système et ses profiteurs par obfuscation volontaire, comme on le fait pour certains logiciels ? On augmente la CSG, mais on crée des tas de niches compensatoires pour telle ou telle catégorie, si bien que l’effet de la mesure devient intraçable et impossible à évaluer dans un modèle économique.
    Donc non, Macron ne sauvera pas la France, la preuve : il est déjà en train de brouiller ses traces en prévision de la recherche de responsabilités.

    • @ MichelO
      J’observe cela depuis longtemps: la complexification législative et règlementaire qui n’hésite nullement à franchir le niveau de l’absurde jusqu’à contenir bien des contradictions dans des cas réels … grâce à un arbitraire laissé à la bonne volonté de l’administration qui partage ainsi clairement une partie du pouvoir! L’administration, c’est 5 millions de familles de fonctionnaires indéboulonables (ceci dit pour ceux qui prétendent que « yaca » virer 1 million de fonctionnaires: ce ne serait même pas légal!). Bien sûr les fonctionnaires veulent se justifier et toute aggravation de la complication de la loi ou des règlementations est bonne à prendre pour justifier plus d’administration, limitant d’autant la liberté individuelle: le pouvoir y gagne en contrôle! De ce côté aussi, la France est championne!

      Et non, E.Macron ne sauvera pas la France en 5 ans après 40 ans (plus?) d’erreurs consciencieusement approfondies!

  • Bonjour,
    La montagne accouche d’une souris.
    Quand on veut bien prendre un peu de temps et regarder le contenu réel de la nouvelle Loi Travail, on s’aperçoit très rapidement que c’est une coquille presque vide.
    Il y a , bien sûr, quelques avancées avec application immédiate et d’autres qui ne seront effectives qu’en 2019….
    Mais sur le fond c’est à dire sur le pourquoi un employeur embaucherait plus aujourd’hui qu’hier . Qu’avons -nous comme VRAIES mesures ?
    Cette loi ne touche pas à la durée légale du travail, ni aux seuils sociaux (mesure envisagée par F Rebsamen , il y a quelques années – Ministre du Travail socialiste de F Hollande), ni aux rémunérations….
    A suivre.

  • Tout dépend de ce que lui permettront de faire l’Europe et surtout Allemagne ainsi que la finance internationale …
    En guise de réformes nous avons à faire à une complexité technocratique en évolution exponentielle et une législation délirante …
    La simplification du mille feuilles administratif ne semble pas être pour demain et commencez donc par diviser par deux le parlement et le sénat ainsi que la cohorte des parasites de la république

    • La cohorte de parasites: ce sont un million de fonctionnaires en trop.

    • Pour les bonnes mesures, il n’y a pas besoin de l’accord de l’Europe, ni de l’Allemagne, ni des financeurs internationaux. Il n’y a que quand les conséquences des réformes sont douteuses que ces accords sont nécessaires.
      Quant à commencer par diviser par deux le parlement et le sénat, c’est juste une manière élégante de repousser aux calendes grecques toute autre réforme, alors qu’il ne s’agit que de millions dans une situation où il faut des dizaines de milliards de changement.

    • @ toubib
      Baisser les dépenses c’est ce qu’exige l’Allemagne et les financiers, car les taux remontant la France va se retrouver dans la situation de la Grèce et couler la zone euro, provoquant une crise mondiale.

    • @ Toubib
      « Tout dépend de ce que lui permettront de faire l’Europe et surtout Allemagne ainsi que la finance internationale … »

      Vous oubliez aussi la France capable de se bloquer totalement elle-même, pas seulement pour le fun syndical, mais pour dire non à tout sacrifice indispensable de « droits « zacquis » » ou « d’acquis sociaux ».

      L’Europe vous montre que 40 heures par semaine, au bureau, 4 semaines de congés annuels, la retraite à 67 ans: tout cela est humainement possible dans d’autres pays pas moins civilisés!
      Qui oserait proposer ça en France?
      Paralysie nationale garantie!

  • Macron est un étatiste, antilibéral, communautariste, immigrationniste, globaliste qui prend les problèmes à l’envers. Exemple pour faire baisser le chômage la priorité n’est pas de réformer le code du travail qui n’aura des effets qu’à la marge, mais de BAISSER les dépenses publiques de 100 mlrds par an. En fait ce type utilise et utilisera des leurres pour maintenir le plus longtemps possible un statu quo qui convient à ses commanditaires (oligarchie actuelle au pouvoir). On sait déjà tous qu’il va échouer.

  • Baisser les dépenses, c’est virer des fonctionnaires, et virer des fonctionnaires, c’est créer des chômeurs en plus. On est dans le m….

    • Pas du tout. Un fonctionnaire en moins dans les domaines non-régaliens, ce sont à court-terme deux emplois privés rentables en plus, sans parler de la satisfaction accrue du citoyen censé bénéficier du service public. Si créer des emplois de fonctionnaires réduisait le chômage, il serait en France au plus bas mondial !

      • @ MichelO
        Sauf que maintenant qu’ils sont fonctionnaires statutaires, impossible de les virer!

        • Il ne serait pas si difficile que ça de les « exfiltrer » en leur permettant un détachement vers un secteur privé s’ils y gagnaient plus, et en rendant progressivement le retour peu attractif.

          • @ MichelO
            Quel syndicat acceptera sans garantie pérenne de l’emploi? Combien vaut cette garantie de l’emploi?

            Non la solution, c’est l’engagement de 0 fonctionnaire, rien que des contractuels! Et 1 pour 2 nouveaux retraités, ou les 2 systèmes en même temps! Pourquoi ne pas essayer?

  • Avec Macron, rien de changé, l’Etat français tente toujours davantage de s’installer dans une relation cavalier cheval avec la population.

    Chargée d’un cavalier obèse et capricieux dont les injonctions contradictoires, au fil de dizaines d’années, la fait tourner en bourrique, la population est conditionnée pour régresser au stade d’âne bâté et il ne peut toujours pas en résulter quoi que ce soit de bon.

  • Macron lui n’a aucune intention de réduire les dépenses, la preuve pour 2018 le budget non seulement ne baisse pas, mais il augmente!

    • @ Virgile
      Soyons sérieux: toute réforme nécessite des moyens et avec le « budget insincère » du prédécesseur et les pièges laissés à son départ, le bilan 2017 enfin éclairé est en faillite, en réalité!

      E.Macron est mathématiquement le moins responsables des « trous financiers » laissés par ses 4 prédécesseurs (Fr.Mitterand, J.Chirac, N.Sarkozy et Fr.Hollande)! Le condamner est trop facile et prévoir l’avenir n’est pas crédible!

      Je ne suis pas « pro-Macon »! Comme étranger, je m’en fous! Mais un « bashing » de principe est stupide!

      Le jour où les « libéraux » français auront construit un vrai parti, ils comprendront qu’entre la théorie et la pratique, il y a de la marge! Mais avant ça …

  • Nathalie MP, je souscris à 100% à votre analyse!

  • Chère Nathalie,

    J’aime jusqu’à votre prénom qui vous va si bien et je partage, une fois de plus, vos constats.

    Cependant, étant toujours à la recherche des principes premiers, seuls à même de caractériser un problème et, en cela, seuls éventuellement (principe nécessaire à défaut d’être suffisant) à même de faire émerger les pistes à sa résolution effective, je pense que vous faite l’impasse sur les causes qui font, par exemple, que « les Français ne veulent pas entendre parler de changer quoi que ce soit de fondamental dans nos structures ».

    Pourtant, à mon sens, là est la clef de nos problèmes. À ne pas voir au-delà des conséquences, ce qui permettrait de traiter les causes nous reste largement inaccessible.
    Ainsi, de remarquables analyses sont produites quotidiennement sur Contrepoints. Avec plus ou moins de talent (je pense beaucoup pour ce qui vous concerne, Nathalie), elles dénoncent les innombrables manquements, turpitudes et dérives d’une société sens dessus dessous en restant, le plus souvent, au stade du diagnostic.
    Mais il manque la théorie unificatrice, celle qui rendrait profondément intelligible tous les désastres dénoncés de notre société, à la fois dans leur manifestation, mais aussi et surtout dans leur fondement.

    Ce fondement, je le pense, c’est donc une opinion, est d’ordre culturel. Essentiellement d’ordre culturel.

    Notre société est gangrenée depuis (il y a des débats là-dessus) des décennies par l’idéologie socialisante qui est un véritable poison pour la pensée. Elle s’est instillée dans toutes les consciences, même celles de ses détracteurs. Elle a recréé, en marge de la réalité, un monde, son monde, qu’elle impose aux individus.
    Elle s’appuie sur les instincts les plus vils de la nature humaine ; ceux-là mêmes qui nous poussent à aller chercher chez l’autre les raisons de nos défaillances.
    Elle désigne le Bien et le Mal, le Bon et le Mauvais, le Fort et le Faible, le Beau et le lait, l’Art et l’art, l’Intellectuel et le populiste…
    Parce qu’issue des médiocres, elle se propose d’arbitrer entre les hommes. Elle a conceptualisé ce qui justifie sa position (ne pouvant l’appuyer sur la réalité et les faits) et l’asservissement des Hommes. Elle se place au-dessus des Hommes, des sans-dents.

    Ainsi, nous ne voyons que des ombres projetées sur le fond d’une caverne.
    Il suffit d’écouter consciencieusement les désinformations quotidiennes (un JT de 20h00 par exemple) pour en faire la démonstration. Ils ont réinventé jusqu’au langage.

    Vous voudriez, comme moi, baisser les dépenses publiques, changer le conservatisme des Français (« mettre un frein à l’immobilisme » comme le disait un fameux humoriste) et bien d’autres choses encore, alors attaquez-vous aux racines du mal.

    Détruisez, pour la refondre complètement, la grande usine à conditionnement (l’EN). J’ai 3 enfants encore scolarisés, dont 2 aujourd’hui dans l’enseignement supérieur, les dérives sont permanentes. Redonnez un sens à l’excellence, à la saine compétition, à l’émulation individuelle et collective. Etc.
    Diminuer drastiquement le périmètre des compétences de l’état. Surtout, comme on dit aujourd’hui, renversez le paradigme. Concevez-le comme un serviteur. Abattez le Léviathan qui a créé un monde où la liberté est un mot vide de sens. Un monde orwellien. Rien de ce qui concerne chacun de nous n’échappe plus au monstre (notre santé, ce que nous pensons, ce que nous disons, où nous voyageons, ce que nous faisons, ce que nous achetons et épargnons, ce que nous votons, la couleur dont nous avons peint nos volets…)
    Changez radicalement nos règles démocratiques. Nombre et compétences des élus, mais, surtout, là encore, la place de ceux-ci dans notre représentation collective. Ils doivent être les serviteurs de ceux qu’ils représentent. Ils doivent être issus de ceux qu’ils représentent, ils ne doivent jamais devenir des professionnels des missions qui leur sont assignées.
    Ramenez les partis politiques à la place qui doit être la leur. Changer leur financement. Changer les règles des scrutins. Créez un monde où l’avènement, par exemple de Nathalie MP comme présidente de la république, est possible pour chaque scrutin.
    Libérer la culture dans toutes ses dimensions de l’emprise idéologique de la bête (celle qui veut « supprimer tous les déterminismes pour l’Homme ». Celle qui veut éliminer notre monde, votre monde, pour l’avènement d’une utopie mortifère, contre nature.
    Réformez le financement des syndicats qui ne doivent vivre que des cotisations de leur membre. Réformez les règles qui verrouillent la représentation syndicale au profit des dinosaures, inféodés à l’idéologie socialisante, qui bloquent toute réforme salvatrice.
    Réformez le droit du travail et tous les principes du dialogue social fondé sur une vision manichéenne dans laquelle celui qui crée richesse et emploi est vu comme le diable. Rééquilibrez les pouvoirs dans les entreprises de telle sorte que les soldats de l’idéologie ne puissent plus détruire autant d’emplois et d’initiatives.
    Etc. Etc. Etc.

    Détruisons la bête, celle qui sévit depuis si longtemps ici, indépendamment des pouvoirs en place qui ne sont que des potiches, celle qui sévit au Venezuela et ailleurs. Libérons nos esprits et nos corps. Libérons l’essence de notre être.

    Je vous remercie très sincèrement pour ce que vous faites.
    Yves
    PS je me suis permis ces envolées, car votre titre parle de « sauver la France »

    • @ Yves81
      Pourquoi voulez-vous que Nthalie fasse tout ça à votre place, selon vos souhaits??? Original!

    • Bonsoir et merci beaucoup pour votre commentaire.

      « il manque la théorie unificatrice, celle qui rendrait profondément intelligible tous les désastres dénoncés de notre société, à la fois dans leur manifestation, mais aussi et surtout dans leur fondement » :
      Ayant adopté la forme du blog, je ne prétends naturellement pas circonscrire tout cela en un article. Disons que j’essaie de « trianguler » la question en m’y attaquant selon plusieurs angles – donc plusieurs articles – au gré de l’actualité.

      « vous faite l’impasse sur les causes qui font, par exemple, que « les Français ne veulent pas entendre parler de changer quoi que ce soit de fondamental dans nos structures ». » :
      Dans cet article, oui.
      Mais j’en ai parlé dans d’autres. Pour moi, il y a une longue et importante influence historique de centralisation du pouvoir entre les mains d’un seul (le royaume de France devient vraiment puissant après la bataille de Bouvines 1214), il y a le goût de l’homme fort qui « sauve » la nation en péril (quitte à la plonger dans les guerres), il y a l’arrivée du socialisme « officiel » en pleine révolution industrielle avec tous les attributs du camp du bien. Il y a sa réplique keynésienne qui consiste à distribuer de l’argent pour relancer l’économie, position qui ne peut que servir les intérêts des politiciens et de leur « clientèle », il y a finalement, au bout de plusieurs décennies de ce genre de politique en France une intrication colossale des intérêts de l’Etat et de ceux des particuliers. A 57 % de dépenses publiques par rapport au PIB, rien n’échappe à l’influence de l’Etat, à tel point que plus personne ne peut lui échapper. L’Etat distribue des subventions, fournit des emplois et des postes très convoités etc… c’est le recours ultime, on en a « besoin » pour vivre et on se tourne vers lui « naturellement ».
      Voir articles : « La lèpre de la démocratie, c’est celle d’un Etat à 57 % » ou « Poids de l’Etat, culture du don et liberté » par exemple.

      L’étude du budget paraît un exercice limité, mais en fait, ce sont des grandeurs monétaires qui traduisent la position de l’Etat par rapport à une bonne partie des problèmes que vous soulevez :
      – Diminuer drastiquement le périmètre des compétences de l’état (—> budget)
      – Ramenez les partis politiques à la place qui doit être la leur. Changer leur financement. (—> Budget)
      – Réformez le financement des syndicats (—> Budget)
      – Détruisez, pour la refondre complètement, la grande usine à conditionnement (l’EN) (—Budget)
      Etc..

      Je suis une ancienne contrôleuse de gestion. je pense qu’on voit beaucoup de chose dans un budget, ce que l’Etat fait et ce qu’il ne fait pas. La diminution des dépenses, c’est l’action concrète de la réduction du périmètre et de la limitation du pouvoir sur la société.

      « I am tired, my heart is sick and sad. I will fight no more » : Pour l’instant, je suis encore dans le « fight » (avec mon clavier). J’essaie de faire passer quelques idées libérales dans mon blog pour toucher je ne sais qui, mais comme le disait si justement Rueff à ses condisciples très peu libéraux et très planistes de X-Crise en 1934, « Je me sens donc parmi vous en état de singularité (..) Je n’en éprouve nul plaisir car ce n’est pas un mol oreiller que le non-conformisme. »

  • Désolé, j’ai oublié un centre de pouvoir capital (il y en a beaucoup d’autres, d’ordre inférieur, comme les « associations lucratives sans but » pour reprendre l’excellente formule de H16) au service du Léviathan.
    Je veux parler du ministère de la propagande. Des médias. Qui sont quasiment tous inféodés à l’idéologie socialisante.
    Des études sociologiques d’électorat le prouvent.
    Réformez donc les modes de financements des médias. Réformez les écoles de journalisme. Créez les conditions pour l’émergence d’acteurs ouvertement favorable à la liberté…

    • @ Yves81
      Soyez réaliste 2 secondes: il n’y a aucune personnalité politique en France se réclamant clairement libérale! Pourquoi attendre un miracle? Engagez-vous!

      • « I am tired, my heart is sick and sad. I will fight no more ». finit par dire Chief Joseph, glorieux guerrier des nez percés, assommé par le poids d’une adversité dont la suprématie était devenue inéluctable.
        Je suis pessimiste parce que j’ai de la mémoire et, moi aussi, je suis bientôt vieux. Je me suis longtemps battu. Je n’ai plus la force de le faire au-delà de mon vote et de quelques discussions entre amis.
        J’ai réagi au billet de Nathalie parce qu’elle posait le problème du sauvetage de la France et, surtout, parce que j’ai beaucoup de respect pour ce qu’elle écrit. J’apprécie tant le fond que la forme de ses articles. Je le lui ai dit directement d’ailleurs.
        Mon intervention était parfaitement cordiale.
        Il y a tellement de fois où je ne cherche même plus à discuter.
        Cela fait bientôt cinquante ans que notre pays dérive et autant de temps que ceux voudraient un autre présent et un autre futur que celui qui doit advenir pour nos enfants échouent dans leur entreprise.
        Si nous voulons réussir, il faudrait libérer les pouvoirs que nous avons laissés, d’une façon irresponsable, à ceux qui ravagent ce pays comme tous ceux où ils sévissent.
        Daniel COHEN « La prospérité du vice » analyse parfaitement le deal qui est survenu après guerre entre les forces en présence (en gros, De Gaulle d’un côté et les élites économiques, les communistes de l’autre) et qui nous a conduit là où nous nous trouvons.
        Ont été délaissés des pouvoirs considérés à tort comme mineurs alors qu’ils ont permis de façonner les esprits et/ou de les décérébrer (système éducatif, culture, médias, syndicats, milieux associatifs et myriades de comités Théodule suppôts de l’idéologie mortifère…).
        Je voulais juste réagir à l’article de Nathalie, en poussant un peu le trait, et dire qu’à côté des actions de court terme sur lesquelles il faut bien entendu se battre (baisse des dépenses budgétaires par exemple), il conviendrait enfin d’entreprendre des actions de long terme, plus fondamentales, visant à libérer les pouvoirs politiques précités de l’emprise de l’idéologie socialisante impérialiste.
        Voilà, il s’agit de mon opinion. Je ne prétends pas détenir la vérité (je ressemblerais alors à ceux que je combats), mais c’est ce que pense de l’état de notre pays.
        Cordialement,

        • @ Yves81
          D’abord merci pour cette réponse détaillée et, vous avez raison, cordiale! Merci!

          À la lecture de Contrepoints (depuis 3 ou 4 ans, sans doute), je m’énerve un peu (aussi?). On y voit un libéralisme théorique qui frise la perfection radicale, sans du tout prendre en compte les réalités autrement plus dures, cruelles et « moins honnêtes » de la vie (j’ai 68 ans).

          Oui, il faudrait diminuer et radicalement simplifier la législation et la règlementation, abroger les lois désuètes, éviter de légiférer à tous les étages du mille-feuille et en supprimer des étages! Redistribuer à chaque étage son domaine bien circonscrit, avec un minimum d’administration bien focalisée sur son domaine etc … Bref remettre une rationalité de bon sens, un peu partout!

          J’ai la conviction que l’administration non élue profite d’un pouvoir qu’elle ne mérite pas et que son influence politique illégitime n’est vraiment pas nulle! (Fermeture de l’ENA?).

          J’ai eu le temps de rassembler bien d’autres réflexions avec l’avantage d’un étranger francophone provenant de 2 pays voisins mais qui a travaillé en France des Ardennes à l’Aveyron, en passant par la Vendée, l’Eure et la Bretagne!

          Merci pour cet échange!

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