Le sèche-mains électrique dans le collimateur des écolos

Dyson Airblade By: Marcin Wichary - CC BY 2.0

Les sèche-mains automatiques se font attaquer à cause de mythes propagés sur leurs “risques” : une tentative de légiférer de nouveau sur l’innovation technologique.

Par Bill Wirtz.

Lors des discussions sur les transitions énergétiques et les modes de vie plus écologiques, les avancées technologiques sont même arrivées dans nos salles de bain. Les premiers sèche-mains, que l’on trouve encore dans de nombreux bars ou restaurants, ne faisaient pas grand chose pour contribuer au séchage de nos mains. Au fur et à mesure, des produits plus performants sont apparus sur le marché : de nos jours, des séchoirs automatiques arrivent à sécher nos mains en moins de 10 secondes sans utiliser des quantités de papier.

Pour les commerces, la transition vers les séchoirs à mains automatiques était logique : coût d’électricité minime et suppression des problèmes liés au stockage et à l’évacuation de centaines de kilos de papiers usagés.

Scepticisme face à cette nouvelle technologie

Cependant, ces dernières années nous avons pu constater un scepticisme grandissant envers cette technologie. Des articles intitulés « Utiliser un sèche-mains Dyson, c’est faire exploser une bombe de virus dans une salle de bain » ou « Le Dyson Airblade répand les microbes 1300 fois plus que les serviettes en papier » ont propagé l’idée que ces séchoirs sont en fait dangereux et nécessitent une intervention du législateur.

Dans le cas de l’article d’ARS Technica UK, la qualité de la recherche est non seulement problématique mais manque clairement de probité intellectuelle. Alors que le titre suggère que les sèche-mains automatiques seraient littéralement des « bombes de virus », l’article conclut que :

Nous aurions besoin de plus de recherches scientifiques pour établir si la puissance des séchoirs automatiques contribuent réellement à la propagation de virus.

Il est proprement irresponsable et malhonnête de propager des mythes à travers des titres choquants qui ne reflètent pas le contenu de la recherche.

Aucun problème de maladies

Il y a plusieurs études qui réfutent cette idée de bombe virale. Une recherche publiée dans le Journal of Microbiology en 2000 n’a trouvé aucune différence significative dans le niveau de micro-organismes après le séchage des mains avec de l’air chaud par rapport aux serviettes en papier. Une autre étude réalisée la même année par Mayo Clinic n’a pas non plus trouvé de différence significative dans l’élimination des bactéries entre les serviettes en papier et les sécheuses à air chaud :

Ces données ne démontrent pas de différences statistiquement significatives dans l’efficacité de 4 méthodes différentes de séchage manuel pour éliminer les bactéries des mains lavées.

En avril 2009, un article du bulletin du forum de microbiologie pharmaceutique a passé en revue plusieurs projets de recherche sur les essuie-mains en papier par rapport aux séchoirs à air, et a conclu qu’il n’y avait pas de preuves solides et sans ambiguïté de la dangerosité des séchoirs automatiques.

Pas de problèmes de microbes avec les sèche-mains

D’autres études soulignent, comme celle de l’Institut national de la Santé des États-Unis, que la différence n’est pas suffisamment significative, et que l’importance est avant tout de bien se laver les mains. Il est logique que des mains bien lavées ne présenteront que peu de risques en termes de dispersion de microbes.

Même la série américaine MythBusters était arrivée à la conclusion que lorsque les mains ont été bien lavées, il n’existe aucun problème au niveau de la propagation des microbes.

L’argument sur l’air au sein de la salle de bain ne tient pas la route non plus vu l’utilisation de filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air) qui enlèvent plus de 99% des bactéries et micro-organismes présents dans l’air propulsé. Ainsi, les sèche-mains automatiques utilisent de l’air propre, et non de l’air sale.

Avant tout, il faut se poser la question environnementale : au 21e siècle nous essayons de nous débarrasser du gaspillage quotidien. Il faut se demander s’il est encore opportun d’utiliser des quantités de papier alors que des solutions plus écologiques existent.

Mais en fin de compte, les établissements possédant une  salle de bain sont les plus habilités à décider de leur équipement sanitaire. Le pour et le contre de l’une ou de l’autre technologie retombera sur le jugement de ceux qui achètent le produit, sur la base du feedback des utilisateurs. Il faut également s’intéresser aux recherches scientifiques qui ont été faites et qui prouvent que les mythes sur les sèche-mains ne sont, dans les faits, que des mythes.