La démocratie est-elle le pire système politique ?

Dans leur livre “Democracy for Realists”, Christopher Achen et Larry Bartels font une revue exhaustive de toute la littérature académique sur la démocratie depuis plus d’un siècle. Leurs constats sont très alarmants.

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La démocratie est-elle le pire système politique ?

Publié le 29 octobre 2017
- A +

Par Le Minarchiste.

Il y a quelques années, j’avais écrit un billet expliquant pourquoi la démocratie ne devait pas décider de tout car ce système comporte des failles importantes.

Dans leur livre Democracy for Realists, Christopher Achen et Larry Bartels font une revue exhaustive de toute la littérature académique sur la démocratie depuis plus d’un siècle. Leurs constats sont très alarmants.

La démocratie du peuple

La définition de démocratie est un gouvernement « du peuple, par le peuple et pour le peuple », mais qu’en est-il en réalité ? En fait, le système politique actuel est basé sur une théorie que les auteurs nomment la théorie de la « démocratie du peuple » (folk theory of democracy).

Cette théorie stipule que les électeurs ont des opinions sur les divers enjeux politiques, qu’ils font de leur mieux pour se renseigner sur ces enjeux et sur les positions des partis politiques, et votent pour le parti politique qui les représentera le mieux de façon à ce que leurs avis influencent la société.

Pour que cette théorie soit valide, on devrait observer un certain de niveau de connaissance chez les électeurs, des opinions idéologiques bien ancrées et des comportements rationnels de leur part lors du scrutin.

Des électeurs mal renseignés

Les travaux de Carpini et Keeter démontrent qu’en 1952, seulement 44 % des Américains pouvaient nommer l’une des trois branches du gouvernement des États-Unis (présidence, cour judiciaire, congrès). En 1972, seulement 22 % d’entre eux savaient ce qu’était le Watergate. En 1985, seulement 59 % savaient si le gouverneur de leur État était un démocrate ou un républicain. En 1986, 49 % pouvaient nommer la nation qui a utilisé l’arme nucléaire.

De plus, l’étude de 1996 publiée par Carpini et Keeter ne montre aucune augmentation du niveau de connaissances politiques de la population au cours des 50 années précédentes.

Les chercheurs Richard Lau et David Redlawsk ont utilisé un sondage pour analyser les préférences politiques d’un groupe d’électeurs et leur ont ensuite attribué un candidat « favori » en fonction de leurs préférences. Ils ont découvert qu’ils ont voté pour le candidat les représentant le mieux dans seulement 70 % des cas. Cela implique qu’ils ne s’informent pas vraiment sur les positions des partis politiques avant de voter.

Par ailleurs, si les électeurs étaient bien informés, on s’attendrait à ce qu’ils votent pour le parti au pouvoir lorsque l’économie a été en croissance durant son mandat et vice-versa. Pourtant, ils semblent punir les présidents sortants suite à une mauvaise performance économique seulement durant la dernière année de leur mandat, mais ignorent complètement la situation économique des trois premières années. En revanche, si la croissance du revenu disponible a été bonne durant les mois précédant l’élection, le président sortant a de bonnes chances d’être réélu.

Cette tendance semble avoir été remarquée par les politiciens puisque ceux-ci semblent maximiser la croissance du revenu disponible lors de cette dernière année, soit en réduisant les impôts, soit en augmentant les dépenses et les transferts. Ainsi, la croissance du revenu disponible durant les années électorales excède la croissance du PIB de 40 % en moyenne. D’ailleurs, la croissance économique est généralement inférieure à la moyenne durant l’année suivant l’élection.

Lors de la Grande Dépression, dans les pays où des gouvernements davantage à droite étaient au pouvoir, ils furent remplacés par des partis de gauche (États-Unis, Suède), et vice-versa (en Angleterre et en Australie les libéraux furent évincés du pouvoir par les conservateurs). Dans les pays où siégeaient des gouvernements de coalition, les électeurs se tournèrent vers des partis marginaux. En somme, la réponse idéologique des électeurs face à la Dépression ne fut pas cohésive d’un pays à l’autre, outre le fait que le parti au pouvoir a été puni, même s’il n’avait pas grand-chose à y voir.

Pire encore, selon des études effectuées par les auteurs, les électeurs américains du XXe siècle ont généralement puni par les urnes les présidents sortants à la suite de sécheresses et inondations sévères, et même après des attaques de requins (lesquelles ont failli coûter la réélection de Woodrow Wilson) !

Quand on demande aux gens si l’inflation a diminué ou empiré sous la présidence Reagan, seulement 8 % d’entre eux affirmant soutenir le Parti démocrate affirment que oui. Plus de la moitié répondent qu’elle s’est détériorée. Cette étude fut conduite en 2002.

Dans un sondage mené en 1996, une majorité affirmant être républicaine a répondu que le déficit budgétaire avait augmenté sous Bill Clinton.

Ces graphiques montrent les faits relatifs à ces deux questions :

Ce graphique montre le taux d’inflation aux États-Unis. La flèche rouge illustre la présidence de Reagan.

Ce graphique montre le surplus/déficit budgétaire du gouvernement fédéral américain en pourcentage du PIB. La flèche rouge montre que la balance du budget s’est améliorée sous la présidence de Clinton (i.e. le déficit a diminué et est même tourné en surplus budgétaire).

Ainsi, le problème n’est pas seulement l’irrationalité des électeurs, mais aussi leur ignorance, le fait qu’ils fondent leurs convictions politiques sur des anecdotes, des idées reçues et, surtout sur la vision inculquée par le parti qu’ils soutiennent.

De nombreuses études ont démontré que la plupart des résidents de pays démocratiques ont peu d’intérêt pour la politique et ne suivent pas les nouvelles affaires publiques, hormis un survol des grands titres. Ils ne connaissent pas les détails des débats,  même les plus intenses et saillants du moment. Ils ne comprennent pas vraiment les positions des partis politiques sur les principaux enjeux, et votent souvent pour des partis ayant pris des positions différentes des leurs sur ces enjeux.

Non seulement l’électorat dans son ensemble est très peu et mal informé, mais il semble de plus que ce sont les électeurs les moins bien informés qui détiennent la balance du pouvoir, ce qui est assez troublant.

L’appartenance à un groupe social

Pour les auteurs, le principal déterminant du vote d’un électeur est son appartenance à un groupe social. Le parti soutenu par ces groupes peut changer au fil du temps, ses membres continueront de voter de la même manière, comme par loyauté envers ce groupe.

Ce dernier peut être déterminé par l’origine ethnique, le genre, le type d’emploi, le niveau de richesse, le niveau d’éducation, le milieu familial, etc.

En fait, les électeurs, mêmes les plus informés, font typiquement des choix en fonction de leur appartenance à un groupe social plutôt que par idéologie. Ils adoptent des croyances, attitudes et valeurs qui renforcent et rationalisent leurs loyautés partisanes.

En 1960, 83 % des électeurs catholiques soutenaient le parti démocrate alors mené par le catholique Kennedy, contre seulement 39 % pour les non-catholiques. Une étude effectuée en 1976 à la suite du scandale du Watergate, lequel a significativement entaché la réputation des républicains, a mis en évidence une dérive des électeurs vers les positions démocrates, s’éloignant des positions républicaines. Si les électeurs étaient rationnels, le Watergate n’aurait pas changé leur opinion sur l’avortement ou sur l’importance de réduire les impôts. Notez que cette étude s’est concentrée sur les personnes les mieux informées (premier quartile).

En 2014-15, à la Chambre des Représentants des États-Unis, 98 % des districts à majorité noire ont élu un représentant de race noire contre seulement 5 % pour les districts où la population est à majorité blanche.

Une étude de Gabriel Lentz lors de la campagne présidentielle de 2000 démontre que la corrélation entre l’opinion des gens sur la privatisation de la Sécurité sociale et leur choix de candidat (W. Bush ou Gore) a plus que doublé durant la campagne. L’analyse des sondages et statistiques démontre que les gens ont adapté leur opinion sur cet enjeu en fonction de leur candidat de prédilection. Autrement dit, ils ont laissé le candidat issu du parti politique qu’ils soutiennent les convaincre de la politique appropriée durant la campagne.

De nombreuses études démontrent que les gens changent très souvent d’opinion sur un sujet en fonction de la position de leur parti politique favori, mais changent très rarement de parti favori en fonction de leurs propres opinions sur ces enjeux (i.e. ce que la théorie de la démocratie du peuple infère). Les électeurs se comportent en véritable partisans, et non en citoyens critiques, consciencieux et rationnels.

Pour ce qui est de l’Allemagne nazie, possiblement la plus grande catastrophe démocratique de l’histoire, les électeurs allemands ont d’abord décidé qu’Hitler ferait un bon leader pour le pays et ont ensuite adopté ses vues politiques, incluant la « question juive ». Hitler évoquait le nationalisme durant une période d’humiliation pour l’Allemagne d’après-guerre. En 1932, les partis de droite ont obtenu la même proportion du vote qu’en 1924. La différence est qu’en 1932, le vote de droite s’est consolidé avec les nazis. Il n’y a donc pas vraiment eu de montée de la droite ou même de changement idéologique significatif menant à l’élection d’Hitler. Il n’y a eu qu’un ralliement de la droite derrière Hitler.

Ceux qui ont soutenu Donald Trump et voté pour lui étaient ravis de voir un Blanc chrétien défendre fermement leurs valeurs et se dresser agressivement contre leurs pseudo-ennemis. Qu’il mente, se trompe ou ait des idées désastreuses a été secondaire. Trump s’est accaparé le soutien d’un groupe social, et ce dernier a adopté ses positions politiques et ses « faits alternatifs ».

Certains ont pensé que Bernie Sanders a connu le succès à l’occasion des primaires en raison d’une attirance de la population pour le socialisme. En fait, il n’a obtenu que 9 points de plus auprès des gauchistes, comparativement aux modérés. Mais il a obtenu 11 points de plus auprès des hommes, 18 points de plus auprès des Blancs, et 28 points de plus des indépendants comparé aux démocrates. Ces écarts ne résultent pas de différences politiques entre Clinton et Sanders, mais de l’identification à des groupes sociaux distincts.

Encore plus sidérant : des sondages révèlent que les électeurs de Sanders sont moins disposés à soutenir ses idées que les électeurs de Clinton, comme par exemple une augmentation du salaire minimum,  des dépenses gouvernementales en matière de santé, et aussi des impôts ! Autrement dit, ses électeurs ont soutenu l’homme et ce qu’il représente, et non pas ses idées !

Conclusion

Ce qu’il faut retenir du message de ce livre est qu’on en demande nettement trop au système démocratique et, surtout, aux électeurs qui l’animent. Les taux de participation électoraux généralement très faibles démontrent d’ailleurs qu’une bonne partie de la population ne sait pas vraiment quoi faire de son vote et préfère sagement s’abstenir de voter.

Évidemment, les auteurs ne sont pas opposés à la démocratie. Les élections présentent l’avantage de désigner de manière relativement pacifique le chef d’un gouvernement. En ce sens, la démocratie est le pire des systèmes politiques, à part tous ceux qui ont été essayés.

Les auteurs déplorent l’influence de l’argent dans la politique et particulièrement aux États-Unis, où ils considèrent que de catégoriser le financement de campagnes électorales comme de la liberté d’expression est carrément naïf (voir ceci).

Si l’argent a autant d’influence, c’est bien parce que les électeurs ne votent pas en fonction de leurs opinions sur les principaux enjeux politiques, mais en fonction de leur appartenance à un groupe social. Les campagnes électorales sont là pour les convaincre de se regrouper, rejoindre un parti et voter pour lui.

Pour les auteurs, la démocratie a fait un pas de géant lorsque les peuples ont abandonné l’idée que le pouvoir était d’essence divine. La prochaine étape serait d’abandonner la théorie du pouvoir détenu par le peuple, de considérer la réalité des limites de la démocratie à travers un vote populaire.

Pour moi, il est clair que la démocratie, par la voix de ses représentants politiques doit décider du moins de choses possibles. Il est préférable de placer le pouvoir entre les mains des marchés, et donc d’individus imparfaits et susceptibles de commettre des erreurs, lesquelles leur seront directement imputables.

Les gens font d’ailleurs davantage d’efforts pour se renseigner et réfléchir pour conclure une transaction de marché que pour voter. Ce mode de coopération est nettement préférable à la centralisation des décisions au sein d’un gouvernement, même démocratiquement élu.

Sur le web

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  • Comme l’indique la démocratie exclue l’origine transcendante du pouvoir (origine divine), l’auteur demande que l’on abandonne l’origine immanente du pouvoir (origine du peuple).
    Comme je ne connais je ne connais que deux origines possibles cela implique qu’il ne peut ni ne doit exister de pouvoir.
    Est ce seulement possible ?

    • Vous partez du principe bien jacobin qu’il doit exister UN seul et unique pouvoir.

      • Absolument pas car même dans l’optique d’une atomisation des pouvoirs tout à fait concevable on peut se poser la question de l’immanence ou de la transcendance des ces derniers.

        • Non, vu que vous savez différencier les deux natures, vous pouvez les séparer. Notre monde n’est pas immanent ou transcendant, il est les deux. Pas en même temps, pas partout de façon identique : certaines choses sont accessibles par la raison, d’autre par la foi.

          Pourquoi toujours vouloir opposer le glaive et le goupillon ? Ce ne sont que deux éléments distincts qui n’ont de légitimité chacun par un respect de l’autre.

          • Non on ne peut se poser la question ? c’est dur comme parti pris…

            Vous dites que parce que je connaitrais les définitions de immanent et transcendant je pourrais les séparer (les déteminer ?) puis dans la phrase suivante vous dites que le monde (perso je parlais que de l’origine du pouvoir, le monde c’est vaste… mais bon.) que le monde donc n’est ni l’un ni l’autre, mais les deux, mais aucun, un coup ci, un coup ça, Bof bof.
            Mon est clair on peut considérer que le pouvoir a une origine transcendante ou une origine immanente, l’un excluant l’autre, et cela ayant des implications fort pratiques dans l’appréhension de l’autorité, de la souveraineté etc. Que ce pouvoir soit centralisé ou atomisés n’y change selon moi rien du tout.

            • Le pouvoir doit à la fois être efficace et exemplaire, donc clairement il repose sur les deux natures : immanent pour l’efficacité, transcendant pour l’exemplarité. Mais c’est clairement une question de niveau : autant il est quasiment inutile d’être exemplaire dans la gestion du ramassage des ordures, autant il est fondamental de l’être dans l’application de la justice.

              La nature du pouvoir n’a aucune importance, c’est son exercice qui importe.

              Mais on s’éloigne de plusieurs année lumières du sujet : la démocratie ne tire absolument pas sa légitimité « du peuple » mais des règles de constitutionnalité qui régissent ce pouvoir et son attribution : son immanence n’est qu’illusoire. Et c’est ce tour de passe passe dont il est question dans l’article : en bricolant les règles, les politiciens font passer leur pouvoir comme légitime, alors qu’il ne repose que sur des artifices et de la manipulation.

    • Et le droit? Un constitution assurant sans équivoque les droits fondamentaux et définissant précisément et sans équivoque les pouvoirs (très limité) de l’état serait tout à fait suffisante pour pouvoir se passer de démocratie. De toute façon la plupart du temps la démocratie se résume à la légitimation de la spoliation à travers l’onction majoritaire donc autant se passer de cette pitrerie plus nuisible qu’autre chose et destiné uniquement à porter des démagogues au pouvoir et à flatter les plus bas instants de l’être humain.

  • @ Montaudran
    Oui tout à fait. Il s’agit pour les sociétés humaines de sortir des relations de pouvoirs pour les remplacer par des relations de coopération. Les pouvoirs centralisateurs finissent toujours en dictatures et ils doivent être ramenés à leur plus bas niveau par l’application du principe de subsidiarité. La démocratie (et le droit de vote qui va avec) ne peut fonctionner valablement (à titre transitoire) que dans le cadre de petites entités qui appliquent le principe de subsidiarité et qui coopèrent entre elles.

    Une démocratie représentative comme celle qui sévit en France fait de l’abus de pouvoir car elle ne représente rien ; la corruption des politiques qui la font vivre (pour en vivre) conduit à élire des pouvoirs illégitimes élus sur la base d’une manipulation des opinions. Ces pouvoirs atteignent systématiquement leur seuil d’incompétence. Au final, le pouvoir qu’ils ont se réduit au seul pouvoir d’imposer l’incompétence pour ruiner les efforts de la population. C’est un pouvoir infernal. En France, l’incompétence des pouvoirs publics et parapublics atteint des sommets à proportion du potentiel de richesse du pays dont elle provoque la dilapidation. (Pour mémoire, cette dilapidation s’effectue par l’extorsion d’impôts, taxes, redevances, et contributions dont l’accumulation invraisemblable les assimilent de plus en plus à un racket, outre l’accumulation abusive de lois et de réglementations qui organisent aussi un racket au bénéfice d’intérêts privés pour s’en faire des alliés).

    Comment sortir de ce cauchemar ? Autre question aussi insurmontable : « Comment peut-on manger un éléphant ? Réponse : par petits morceaux. » (Milton Erickson). Comment la population mondiale peut-elle se gouverner? Par petits morceaux. Autrement dit par petits pays qui appliquent le principe de subsidiarité et qui coopèrent ensemble.

    Si les gens (quand ils votent comme quand ils ne votent pas) semblent agir de manière stupide comme le souligne l’article, ce n’est pas parce qu’ils sont stupides, c’est parce que les relations de pouvoir rendent stupides.

    Nous sommes sortis de l’âge de pierre ; les pierres sont toujours là, mais elles ne servent plus d’armes ni d’outils car nous en avons inventé d’autres. De même, nous sortirons de l’âge des relations de pouvoirs (et du même coup d’ailleurs de l’âge de la démocratie). Les relations de pouvoir seront toujours là, mais elles ne serviront plus à mettre les gens dans des conditions qui les rendent stupides. Elles seront remplacées par des relations de coopération qui permettront au contraire à chacun de devenir plus intelligent.

    Quand les gens savent coopérer, ils n’ont même pas besoin de voter. De ce point de vue, quand les relations de pouvoir seront devenues pour nous aussi insignifiantes que les pierres du chemin, nous n’aurons effectivement plus besoin de démocratie (je rejoins l’auteur de l’article sur ce point) : personne ne subira la loi de personne, ni de minorités, ni de majorités, car la loi du plus grand nombre n’a pas plus de légitimité que la loi d’un seul qui ne peut valoir que pour lui-même.

    Comme nous ne sommes pas complètement idiots, nous appliquons déjà ces principes. Ils nous permettent de limiter les effets de la bêtise des pouvoirs qui s’emploient à nous ruiner. Pour savoir les appliquer davantage au détriment de ces pouvoirs, il nous appartient de les considérer avec plus de confiance dans leur efficacité.

    • Absolument, les gens savent très bien discuter du ramassage des ordures ou de l’aménagement du carrefour, en tout cas, bien mieux que des bureaucrates dans leur tour de verre, mais ils n’ont absolument aucune idées des problèmes géo-politiques ou macro-économiques.

    • Hmmm je vous rejoins sur l’idéal mais je trouve que votre propos fleure bon l’utopie; et pourquoi pas.
      Je trouve que beaucoup sur ce site dégaine le principe de subsidiarité et puis plus rien, comme si ils avait tout dit; l’alpha et l’oméga.
      You you yaka vivre en petit groupe c’est pourtant facile…

      • « Il est impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n’est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective. Tel est le cadre de la société civile, conçue comme l’ensemble des rapports entre individus et entre sociétés intermédiaires, les premiers à être instaurés et qui se réalisent grâce à « la personnalité créative du citoyen ». Le réseau de ces rapports irrigue le tissu social et constitue la base d’une véritable communauté de personnes, en rendant possible la reconnaissance de formes plus élevées de socialité.

        De même qu’on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social, que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes. L’objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber.

        Sur la base de ce principe, toutes les sociétés d’ordre supérieur doivent se mettre en attitude d’aide (« subsidium ») — donc de soutien, de promotion, de développement — par rapport aux sociétés d’ordre mineur. De la sorte, les corps sociaux intermédiaires peuvent remplir de manière appropriée les fonctions qui leur reviennent, sans devoir les céder injustement à d’autres groupes sociaux de niveau supérieur, lesquels finiraient par les absorber et les remplacer et, à la fin, leur nieraient leur dignité et leur espace vital.

        À la subsidiarité comprise dans un sens positif, comme aide économique, institutionnelle, législative offerte aux entités sociales plus petites, correspond une série d’implications dans un sens négatif, qui imposent à l’État de s’abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l’espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. Leur initiative, leur liberté et leur responsabilité ne doivent pas être supplantées. »

  • N’oublions pas que la démocratie est une invention de l’aristocratie Athénienne afin de faire taire les meneurs populaires en leur offrant des emplois fictifs honorifiques bien rémunérés.

    • Aristote qui n’ était pas très enthousiaste à propos de la démocratie méttait les électeurs athéniens en garde contre la démagogie des candidats. Toujours à Athènes le dramaturge Aristophane brosse un portrait peu glorieux de la démocratie dans sa pièce « les cavaliers ». Pour combattre le démagogue Cléon , le parti des Cavaliers ira chercher Demos un marchand d’ Andouilles capable d’ embrouiller n’ importe qui.

  • Au vu du titre de l’article, je m’attendais à lire une réflexion générale sur la démocratie : à l’arrivée, j’ai un papier consacré quasiment exclusivement aux États-Unis !

    Soit l’auteur intitule son article  » La démocratie fonctionne-t-elle vraiment aux États-Unis ? « , soit il prend conscience qu’il y a bien d’autres démocraties dans le monde et que la question du bon fonctionnement, voire de la légitimité, de ce système se pose depuis Platon et Socrate.

    Franchement, ce genre d’article m’exaspère parce que volens nolens il contribue à faire penser que toute réflexion sur les États-Unis a ipso facto une valeur universelle !

    Il y a tant d’autres choses à écrire sur ce sujet et l’évolution historique depuis 20 ou 30 ans nous donne l’occasion de s’exprimer sur des questions bien plus intéressantes : à titre d’exemple, je lirais avec intérêt un article traitant de la pratique et de l’enracinement de la démocratie dans des pays asiatiques (quasiment) dépourvus de références historiques et philosophiques en la matière ; je pense là notamment à la Corée du Sud, à Taïwan et au Japon. Cela nous changerait d’une nième variation sur le malaise politique d’un pays dont on veut nous faire penser qu’il constitue LA référence absolue dans tous les domaines.

    • Le titre est finalement mal choisi, je suppose que l’auteur a voulu prendre le contrepied de Churchill mais dans l’article rien n’indique que la démocratie est le PIRE système politique tout simplement parce qu’il n’y a aucune comparaison, nulle mise en perspective. Churchill tout en disant que la démocratie est un mauvais système ajoutait « à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps » et c’était un aristocrate…

      Même la conclusion sur la remise du Pouvoir au marchés devrait être discutée. Est on sûr que le marché peut occuper l’ensemble de l’interaction humaine ?

      • Remettre le pouvoir au marché c’est simplement remettre le pouvoir aux individus, c’est remettre la liberté des individus au centre de la société. La conséquence évidente de cela c’est de rendre la démocratie caduque ainsi que tout état centrale au profit de la simple application du droit.

  • En février 2009, Georges Frêche professeur honoraire d’histoire de droit romain à l’Université Montpellier et membre fondateur du PS est enregistré par ses étudiants lors de son cours magistral;

    Entre autre il dit….

    « Ah si les gens fonctionnaient avec leur tête ! Mais les gens ne fonctionnent pas avec leur tête, ils fonctionnent avec leurs tripes. La politique c’est une affaire de tripes, c’est pas une affaire de tête.
    C’est pour ça que moi quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %. Il y en a 3% avec moi et 3% contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse ».

    « Les cons sont majoritaires ! Et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue, parce que je sais comment les engrainer. J’engraine les cons avec ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, etc.
    Ça un succès de fou ! Ils disent : « Merde ! il est marrant, c’est un intellectuel mais il est comme nous. » Quand les gens disent « il est comme nous », c’est gagné ! Ils votent pour vous. Parce que les gens votent pour ceux qui sont comme eux. Donc il faut essayer d’être comme eux ».

  • les moyens riches veulent garder leurs statut, donc évidemment que vous souhaitez enlever la democratie et mettre un systeme de caste où juste les capitalistes riches ont du pouvoir et les pauvres jamais n’arriveront à s’extirper de la pauvreté. le retour de baton sera violent. mais vous vous en fichez car ça n’arrivera pas de votre vivant ou alors vous aurez déjà bien vécu.
    arrêtez avec vos salades, et dites les choses sans essayer de noyer le poisson : que les pauvres, trop nombreux, ferme leurs g***les, et ne viennent pas dans votre caste, car alors il faudrait partager.

    • Donc le but de la démocratie serait de donner la possibilité aux pauvres de voler les riches en toute impunité ?

      • pas le but mais le moyen.

      • non, il faut mieux éduquer les pauvres sans biais par exemple, et ensuite ils pourront décider d’eux même s’ils veulent que des gens puissent amasser un capital colossal qui sert à rien à part acheter des Yatchs. (d’ailleurs l’un des arguments c’est que ça créé de l’emploi chez les constructeur de Yatch, oui bravo, 500 emplois, pendant ce temps on a besoin de plus de 6 millions.)

    • Vos « moyens riches » conservateurs sont des inventions. Tous les « moyens riches » que j’ai rencontrés souhaiteraient devenir des « un peu plus riches », puis des « encore un peu plus riches », voire des « riches sans complexes ». C’est en France, où la démocratie se réduit à un choix entre énarques et tribuns n’ayant pas la moindre idée de par quel bout commence une élévation sociale, où les pauvres n’imaginent pas qu’ils puissent s’élever sans rabaisser ceux qui les ont précédés et où le fisc s’oppose par tous les moyens à l’enrichissement individuel, que le système stratifié perdure le mieux. Votre démocratie, c’est celle que dénonce l’article, où la stratégie pour être élu est de maintenir le plus grand nombre possible dans la pauvreté envieuse, et à flatter cette jalousie en la prétendant justifiée. L’intérêt des riches, c’est que le plus possible de pauvres les rejoignent dans la richesse, au contraire. Les riches le savent, mais ils sont moins nombreux que les pauvres qui l’ignorent et veulent croire l’inverse…

  • la démocratie sans frein est une tyrannie de la majorité ..c’est un fait.. la majorité est ignorante c’est un fait…mais le monde se débrouille malgré tout comme ça depuis longtemps. On prend des décisions à la con, on peut persister longtemps à les appliquer, ceux qui savent que ce sont des décisions à la con souffrent .. mais du moment qu’on peut partir et quitter le royaume d’ubu, ça va…
    avec quelques grands principes par exemple régit par des grandes charte sur les libertés individuelles la démocratie est un régime fort acceptable. si on a la liberté de le quitter physiquement c’est encore mieux.
    Il me semble que quelques rappels aux mouflets sur les droits de individus seraient une bonne entrée en vie citoyenne..bon voila la constitution ça c’est garanti..et si tu n’es pas content tu peux quitter le pays. tu restes tu dois accepter..On vote par les pieds en somme.

  • Expérience: des étudiants de gauche adorent le plan fiscal de Trump si on leur dit que c’est celui de Sanders et inversement, ils détestent les mesures prises par Obama si on les leur présente comme celles de Trump: https://www.themaven.net/mishtalk/economics/liberal-students-love-trump-s-tax-plan-when-told-it-s-bernie-s–K9hZeAnpEOlJJa2e4lZ2A

    Cela rejoint ce que vous dites. Je pense que si ce phénomène (de soutenir une politique si elle vient de notre parti ou la critiquer su cela vient du parti inverse) existe partout mais à des degrés divers. Et que c’est chez les extrémistes que l’on retrouve le plus ce phénomène.
    Par exemple, en France, chez FN ou FI. FI ressemble plus à une secte qu’autre chose avec un culte du chef. Quand un scandale éclate, les militants du FI trouvent toujours une excuse, ils justifient l’injustifiable. Alors qu’ils seraient les premiers choqués si un politicien d’un autre parti faisait la même chose

  • Churchill avait déjà tout dit en deux citations :
    « Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen »
    « La démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes les autres »

    On pourrait être tenté de remplacer démocratie par libéralisme, électeur par consommateur, gouvernement par société..

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Par Karel Beckman Traduit par Mathieu Chauliac, Institut Coppet.

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Cette liste fait écho à une autre, adressée une semaine auparavant par le président de la République dans un tweet :

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