Macron s’attaque enfin aux racines du déclin français

Emmanuel Macron a fait le premier pas d’une politique qui redresserait la France. À quand les pas suivants ?

Par Alain Mathieu.

Il n’en avait pas parlé pendant ses campagnes électorales, mais il s’est bien rattrapé le 15 octobre, devant près de 10 millions de Français. À quatre reprises, Emmanuel Macron a mis en cause la jalousie :

Je n’aime pas la jalousie (…) Il ne faut pas être jaloux de ceux qui réussissent (…) Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire : il y a des riches ; taxons-les… Nous n’y arriverons pas si nous ne sortons pas de cette jalousie.

Produits typiquement français dus à cette jalousie, l’ISF, l’impôt sur le revenu à 75 %, l’imposition exagérée des revenus du capital sont les causes directes du départ de France du tiers des grandes fortunes et de l’exil de nombreux entrepreneurs.

La jalousie des Français explique aussi les charges fiscales et sociales imposées à nos entreprises (8 à 9 % du PIB de plus qu’en Allemagne, suivant les sources), qui sont la cause de notre compétitivité insuffisante, de notre déficit du commerce extérieur et du chômage qui en résulte.

Sortir de la jalousie

En supprimant ces conséquences de la jalousie des Français, on redonnerait au pays, à ses entrepreneurs et à ses entreprises, les conditions d’une plus grande prospérité, égale à celle de l’Allemagne, des pays d’Europe du Nord et peut-être même de la Suisse.

Emmanuel Macron a raison quand il dit : « Nous n’y arriverons pas si nous ne sortons pas de cette jalousie ». En demandant aux Français d’abandonner leur jalousie il a montré un réel courage. Car la jalousie est le principal motif du vote socialiste. Ses amis et son entourage socialistes n’accepteront pas facilement la ruine de leur fonds de commerce électoral. Et aucun homme politique de droite n’a eu un tel courage.

Mais il n’est pas en passe d’en tirer toutes les conséquences. Pour aligner les impôts et cotisations français sur ceux de nos voisins, il faudrait réduire massivement nos dépenses publiques, et donc réduire fortement nos effectifs de fonctionnaires et nos allocations sociales.

Ce qui est en cours est dérisoire : 1 600 fonctionnaires d’État de moins en 2018, alors qu’on embauchera environ 440 000 fonctionnaires dans les trois fonctions publiques ; des allocations nouvelles et supplémentaires, y compris des allocations-chômage à des salariés démissionnaires, etc.

Emmanuel Macron a fait le premier pas d’une politique qui redresserait la France. À quand les pas suivants ?