Whirlpool : la loi stupide qui fait fuir les entreprises

Un exemple de la sur-règlementation, adoptée à des fins électoralistes, qui décourage les entreprises à s’implanter dans le pays.

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Whirlpool : la loi stupide qui fait fuir les entreprises

Publié le 11 octobre 2017
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Par B. G.

Peu de gens le savent, mais la réindustrialisation du site de Whirlpool à Amiens est la résultante d’une législation nommée Loi Florange.

Le 24 février 2012, François Hollande en pleine campagne présidentielle visite le site d’Arcelor Mittal à Florange.

Les hauts fourneaux étaient censés fermer ; devant cette opportunité électorale, François Hollande prononça un discours très offensif envers le capitalisme et la finance : il promit d’empêcher par tous les moyens la fermeture des sites rentables. Deux ans plus tard, nos chers parlementaires pondent une loi visant à « reconquérir l’économie réelle ».

En clair, l’objectif est d’obliger les grands groupes fermant des sites à trouver un repreneur. Cette loi complètement démagogique fut retoquée par le Conseil constitutionnel car elle ne respectait pas la propriété privée.

Une loi pour éviter les licenciements et les friches industrielles ?

Le projet de loi a donc été amendé : désormais toute entreprise (hors procédure judiciaire) avec un effectif de plus de 1000 personnes en Union Européenne procédant à une fermeture de site (usine, centre d’appel, etc.) et mettant en place un plan social doit rechercher obligatoirement un repreneur (et non obligatoirement le trouver)  pour voir son PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) homologué par la DIRRECTE (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), anciennement DDTE. Beaucoup diront qu’il s’agit d’une bonne loi pour éviter licenciements et friches industrielles.

Je vais tâcher de prouver le contraire (ce n’est pas très difficile). Premièrement, il s’agit d’une rustine, qui vise à empêcher les suppressions d’emploi ; nous n’agissons pas sur la cause (fiscalité et réglementation trop lourdes engendrant du chômage) mais sur les conséquences (la fermeture de site et la désindustrialisation).

Dans une économie d’innovation, la destruction créatrice est normale et souhaitable : mettre des barrières à la destruction empêche la libération des facteurs productifs vers des activités plus rentables et donc créatrices de valeur et d’emplois. Deuxièmement, les patrons cotisent, et donc ont déjà payé des assurances sociales pour couvrir le risque de perte d’emplois.

Extorsion légale

La loi oblige l’entreprise à rechercher des repreneurs puis à tout mettre en oeuvre pour qu’ils s’implantent sur le site. Cela passe donc par des financements privés, dans le cas de Whirlpool, l’entreprise américaine ayant mis plus de 20 millions d’euros sur la table pour financer le projet du repreneur (bien joué à lui).

Il s’agit d’une pure extorsion sur l’entreprise, des fonds privés sont encore une fois sollicités pour pallier notre système économique et social complètement défaillant. En économie, il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.

Emmanuel Macron se félicite de sauver des emplois grâce au dialogue social (alors qu’il s’agit bien d’une obligation légale) mais combien d’entreprises n’ont pas voulu investir dans notre pays du fait de cette sur-réglementation ?

Créer des barrières à la sortie est un facteur de risque et augmente automatiquement le coût du capital exigé par les investisseurs. Imaginer que ces derniers ne prennent pas en compte le maquis social et réglementaire est erroné ; il se passera du temps avant que Whirlpool réalloue prioritairement des capitaux en France.

Cet exemple illustre très bien les maux de notre pays : site non rentable, réglementation, coup de pression des politiques, stigmatisation des entreprises. De plus, les syndicats de Whirlpool tentent de bloquer le PSE et peuvent donc mettre un terme à la reprise du site. Non, ce cas n’est pas une réussite, je vous l’assure.

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  • le problême est toujours le même : l’électoralisme ; et ça fait des décénies que ça dure ;

    • La démagogie en tant que pratique politique a toujours existé. La vraie question demeure le niveau intellectuel moyen et le bon sens de l’électorat, qui permettent de s’en prémunir dans une certaine mesure. Les deux sont en chute libre dans notre pays.

  • En France, on met en place des barrières à l’enrichissement: une fois qu’une entreprise a un soupçon de potentiel de création de richesse, on la taxe au point qu’elle n’est plus viable (car forcément ça dérange les camarades de l’internationale). On s’étonne qu’il n’y ait pas d’émergence de mastodontes français capables de rivaliser avec les US ou la Chine. À part le CACAO, personne n’a le droit d’être riche, tout le monde a le droit d’être pauvre et de vivre aux crochets des boites pratiquant la connivence. Pour le type moyen qui ne comprend pas grand chose à l’économie (et qu’on a forcé à vivre dans les quartiers exploités), le fait de voir transiter un bien (par exemple un article vestimentaire) à des prix inabordables le met dans une rage folle, surtout lorsqu’il voit qu’il ne peut s’offrir ledit objet. Cette jalousie est exploitée (ordre non représentatif et liste non-exhaustive) par les syndicats, socialistes (et assimilés), associations et autres personnalités qui pointent alors du doigt « le système capitaliste » comme responsable de tous les maux. La méthode employée par ces partisans est alors la même: 1) discrédit par la presse subventionnée (pardon, la Congregatio de Propaganda Fide) sur tous les canaux officiels subventionnés par l’Etat (radio, papier, sites) 2) récupération politique par un agent dit agitateur ou tribun 3) établissement d’un agenda politique 4) loi démagogique 5) taxe 6) étouffement du truc qui rapporte pépettes.
    Au final, le type qui ne comprend rien à l’économie ne sait toujours pas qu’un entrepreneur doit payer au minimum 34% de taxes sur le CA, qu’il est imposé sur l’immobilier, sur ses revenus, qu’il doit payer le double du salaire d’un employé s’il veut recruter, etc…
    Lui ne voit que le net qu’il reçoit à la fin du mois de manière totalement no-brain et s’étonne qu’il ne reçoit que si peu… Bah oui tout ton fric part dans les impôts! Source https://www.jesuisentrepreneur.fr/outils-et-guides-pratiques/mes-impots-et-taxes/imposition-benefices.html

    • Belle description du cercle vicieux…Merci

    • @ Sine

      Superbe!

      Tant que le « Paris du pouvoir jacobin univoque » règnera sur la France, en dépensant des chiffres sur du papier sans autres contacts avec la réalité, il en restera ainsi!

      Si une révolution n’est pas indispensable (et d’ailleurs inutilement destructrice), une profonde régionalisation avec décentralisation des décisions importantes est elle, indispensable et d’ailleurs largement pratiquée déjà en Europe (à l’origine de l’idée de régions logiquement cohérentes).

      L’Écosse, l’Irlande, la Catalogne, aujourd’hui, le pays Basque, la Bretagne, la Flandre et la Wallonie …, n’ont pas revendiqué autre chose: plus de pouvoir de décision plus près, éclairé par la « Réalité » locale et ce que les gens du crû veulent ardemment et en nombre!

  • Très belle boucle Sine !

    Que fait notre éducation nationale et que contiennent les cours d’histoire ? Quand re-cultiveront nous cet esprit critique qui fera tomber l’audimat des émissions abrutissantes et permettra aux individus de voir arriver un mur et de voter comme il se doit ?

    En sus, avoir plusieurs corde à notre arc avec des individus dont on à cultivé les qualités propres afin d’avoir des penseurs, des leader politiques, des artisans, des patrons, des ouvriers, des ingénieurs, des investisseurs… Dans tout les domaines, y compris les plus improbables mais qui seront « probablement » demain, les fusées économiques.

    SI nous ne voulons pas que nos enfants annihilent notre travail, c’est sûr eux que doivent porter les grandes réformes. J’ai bien peur que le petit écran, en l’état actuel des choses, ne leur soit pas d’une grande inspiration demain…

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