4 idées reçues à propos des anti-vaccins

Vaccin by Daniel Paquet(CC BY 2.0)

Le discours convenu à propos des vaccins obligatoires peut prêter le flanc à la critique.

Par Wackes Seppi.

« La vaccination, un progrès médical majeur, remis en cause au nom de la liberté de choix » lit-on sur le site de Lutte Ouvrière.

Voici le chapô et l’introduction :

Le projet de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de rendre obligatoires, début 2018, onze vaccins au lieu des trois actuels pour les enfants de moins de deux ans, a relancé la polémique sur la vaccination. Les opposants se font entendre dans les médias et sur Internet, tandis que les institutions de santé peinent à convaincre de la nécessité de cette mesure.

La vaccination est un outil majeur dans la lutte contre les maladies infectieuses et a contribué au recul de la mortalité, en particulier infantile. Sa remise en cause actuelle est le reflet de la perte de confiance dans les autorités sanitaires et l’industrie pharmaceutique, conséquence des multiples scandales qui ont émaillé l’histoire récente du système de santé.

Cela reflète en partie le discours convenu. Aussi, je me permettrai quelques observations.

1.  « Les opposants se font entendre dans les médias et sur Internet » ?

Sur Internet, oui. Mais ne faudrait-il pas inverser le propos s’agissant des médias ? Oui, « les médias font entendre les opposants ». La critique du capitalisme mérite bien une analyse du cynisme de l’« information ».

Sur Internet – sur les réseaux dits « sociaux » –, les insinuations et autres propos trompeurs et manipulateurs touchent essentiellement les tribus des adeptes et les curieux qui tombent dessus un peu par hasard (un hasard qui peut néanmoins être organisé sur les moteurs de recherche). Dans un journal, on les trouvera, souvent sous de gros titres, en tournant une page et, dans le cas de la version électronique, en consultant la page d’accueil.

2.  « Les institutions de santé peinent à convaincre de la nécessité de cette mesure » ?

Ont-elles fait leur travail ? Ce n’est même pas la peine de se demander si elles ont bien fait leur travail. Mettons cependant un bémol : leur message étant moins « vendeur » que celui des anti-vax, elles peinent à intéresser les médias.

3.  « Sa remise en cause actuelle est le reflet de la perte de confiance… » ?

Est-ce vraiment une perte de confiance fruit d’analyses et de réactions personnelles, ou plutôt du matraquage médiatique (et de la carence des institutions de santé) ?

4.  « …conséquence des multiples scandales qui ont émaillé l’histoire récente du système de santé » ?

Même question. Il y a des scandales (des vrais) et des « scandales » qui sont régulièrement appelés à la barre du tribunal de l’opinion par des manipulateurs cyniques. Et ça marche, même chez des gens qui se précipitent à la pharmacie au moindre bobo…

Cela vaudrait aussi la peine, notamment, d’analyser le discours médiatique sur la crise du H1N1 – des marchands de peurs et prêcheurs d’apocalypse quand la pandémie redoutée était encore lointaine, et des râleurs et autres contempteurs de l’ordre politique et social quand la maladie s’est révélée moins redoutable que prévu.

Ces remarques n’enlèvent rien à la qualité du texte de Lutte Ouvrière. Peut-être susciteront-elles de nouveaux textes de même qualité.

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