Attentat à Marseille : la faute de l’administration

L’argent de l’État-providence fait défaut pour assumer correctement les missions régaliennes.

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Attentat à Marseille : la faute de l’administration

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 octobre 2017
- A +

Par Jacques Garello.

L’attentat de Marseille a suscité une légitime émotion, mais aussi une juste colère ; comment un individu sans papiers fiché par la police et arrêté à Lyon a-t-il pu commettre son crime le lendemain ? C’est que la classe politique s’intéresse davantage à ses pauvres qu’à ses missions.

L’explication de l’incroyable histoire a été donnée par toute la presse : ce Tunisien en situation irrégulière arrêté et mis en examen à Lyon aurait dû faire l’objet d’une procédure de reconduite à la frontière. Mais le centre de rétention administrative de Lyon était saturé. Et la personne en préfecture chargée de signer l’obligation de quitter le territoire était absente.

 

Une charge contre l’administration

C’est une charge terrible contre l’administration.

Elle révèle un triste choix de la classe politique française depuis des générations, qui préfère que l’État s’occupe de ce qui ne le regarde pas et délaisse ses devoirs les plus impératifs.

Pendant la campagne électorale nous avons été régalés avec le couplet des droits régaliens. C’était une bonne chose dans la mesure où on signifiait que certains domaines légitiment le monopole de la coercition confié à l’État, sous-entendant par là qu’il y avait bien d’autres domaines où il intervient en dehors de sa sphère naturelle.

Une vraie rupture eût consisté à recentrer l’État sur ses missions régaliennes. Mais comment abandonner le fameux système social français qui amène les pouvoirs publics à spolier les uns pour assister les autres ? L’État-providence ne peut disparaître car la redistribution est une mine électorale, permettant de piper les voix au prétexte de justice sociale et de solidarité.

 

Fabrique de la pauvreté

Comme on l’a dit : ils aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent. En effet les chômeurs, les précaires, les vrais miséreux sont les enfants de l’État qui pénalise le travail, l’épargne et l’entreprise, et crée ainsi toutes les conditions de l’appauvrissement général.

L’argent de l’État-providence fait défaut pour assumer correctement les missions régaliennes. Alors que l’on consacre plusieurs milliards au financement des aides sociales, des subventions, des privilèges, les budgets de la justice, de la police sont ridicules, et la surenchère vertigineuse concernant les postes à créer dans ces administrations nous a mené à 5000 ou 10 000 personnes recrutées, alors que les emplois aidés sont au nombre d’un million et demi !

 

Plus de place en prison, plus de place en centre de rétention

Mais que le centre de rétention de Lyon soit saturé, que l’on manque de places dans les prisons, et qu’en conséquence on laisse en circulation les assassins et les grands délinquants, cela constitue un vrai scandale qui dure depuis des décennies.

Les dépenses publiques n’ont aucune raison d’atteindre 57 % du PIB. Elles devraient être plafonnées à 12 % environ, ce qui permettrait d’avoir une police, une justice et une armée à la hauteur de leurs missions. Bref, de financer les missions régaliennes.

Avec les 45 points de différence, on aurait supprimé le chômage bien sûr, et la misère extrême, tandis que la société civile pourrait prendre en charge la solidarité, et volontairement, avec ceux qui sont dans le besoin. La sécurité et la liberté seraient mieux garanties par un État minimum. Aujourd’hui l’État obèse est devenu impuissant.

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  • Très bonne analyse.
    Que l’Etat se limite à ses missions régaliennes et les assume (sans se défausser sur des sociétés privées dont ce n’est pas le rôle-contrôles radar par ex).
    Mais ledit Etat étant la cause et la conséquence de nos maux, comment faire alors que nos concitoyens sont prosternés devant lui et entretenus dans une culture économique au mieux nulle et au pire dévoyée?

    • l’article oublie qu’un agent de l’Etat n’était pas à son poste : quelle excuse pour justifier cette désertion ?
      Quelle sanction pour cette absence ?

      • Vous avez sans doute lu l’article en diagonale: ce manquement y est explicitement mentionné.

        • @ Gerald555
          « la personne, en préfecture, chargée de signer l’obligation de quitter le territoire était absente. »

          On ne dit pas pourquoi!
          De toute façon, que l’administration, dans l’ensemble, ne soit pas toujours aussi efficace dans son travail qu’il faudrait ni aussi bien gérée que souhaité par la population, fait peu de doute, par comparaison avec d’autres pays: quelle part mange-t-elle des 57% de PIB?

  • selon , LCI , il restait 3 places de disponiblez le samedi aprés midi ; La préfecture du Rhone rappelle qu’en complément de la permanence assurée par un menbre du corps préfectoral 24 heure sur 24 , la préfecture du rhone tient les samedis dimanches et jours feriés une permanence  » éloignement  » de 9 heure à 17 heure destiné à prendre les mesures nécéssaires en ce qui concerne les étrangers en situation irrégulière qui sont interpellés ; deux jeunes filles sont mortes alors que cela aurait put être évités ;

  • Devant l’absurdité de la gestion de l’Etat, les fonctionnaires sont de plus en plus dans un état d’esprit démissionnaire (ne veulent plus compenses les carences politiques).

    • Tout à fait exact. D’ailleurs je pense que nous devrions tous « démissionner » en tant que productifs et priver l’Etat de ses resources. Une « grève » randienne en somme.

  • La démagogie et le clientélisme tôt ou tard il faut passer à la caisse. 35 heures, régimes spéciaux de retaites, subventions en veux tu en voilà pour les amis……..Au final l’ argent manque là ou il en faut.

  • Pour l’analyse complète des manquements de l’État dans cette affaire , l’article de référence de Saucisson- Pinard : saucisson-pinard.blogspot.fr/2017/10/complicites.html?m=1

  • Espérons que, contrairement au vel’d’hiv, on n’assimile pas « l’administration » à la France…..

    • @ Pemba
      Avec 5 millions (ou 6 ou 7), centraux, régionaux, départementaux, communaux, comités, conseils, agence et autres organismes, c’est tout de même un sérieux « échantillon »! Bien plus que celui d’un sondage!

  • Il y a en l’instance un manquement grave et avéré de l’Etat, symptôme de son dysfonctionnement de plus en plus généralisé. Mais le plus grave est ailleurs: Nous sommes attaqués par une idéologie totalitaire et gravement antilibérale, tous les jours et partout. Nous ne réagissons pas collectivement en raison du « politically correct » mortifère ambiant, qui sévit jusqu’au parlement et au gouvernement, sans parler des juges, des journalistes et des administratifs. Tout ceci détourne l’Etat de ses responsabilités, dont la première est de faire appliquer la Loi. Les citoyens sont les premiers responsables de ce qui leur arrive. Ne pas réagir alors qu’on massacre nos proches et notre civilisation est un signe de grave décadence, voire de déchéance.

    • Oui . Tribunal de Senlis affaire Hutin voir Courrier Picard (si leurs archives sont accessibles ) , j’ avais écrit avec mon identité , comme ici , mon désaccord avec le jugement le 26/02/2010, le père de la victime s’était écrié  » alors mon fils est mort pour rien !  » Sauf erreur il n’ y avait pas d’ autre objection que la mienne . MORILLE Alain

    • @Hank.R
      Bonjour,
      Dans une démocratie, le rôle premier d’un Etat est de garantir les Droits de chacun de ses habitants. Appliquer la loi, si c’est l’Etat qui s’en occupe, il la changera pour s’arranger. Appliquer la Loi est du ressort du Judiciaire, aucunement de l’Etat (via l’Administration) ni même de l’Exécutif. Le rôle de la Force Publique est d’assurer les Droits de chacun. Celui de l’Armée est la défense du territoire.

      – « Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. » ;
      – « Art. 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. » ;
      – « Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »

      • Garantir les Droits ET faire appliquer la Loi. Sinon pourquoi une police pour dresser des contraventions pour infractions routières?

        • La Police pour dresser des PV routiers c’est pour dresser, mater le peuple. Dans ce cas-là, la Police sert d’encaisseur.
          L’Etat est du ressort du Pouvoir Exécutif, dont le chef est chef de l’Administration, c’est pourquoi il y a des ministres, qui doivent donc administrer. L’application de la Loi est du ressort du Judiciaire. Aucun membre de l’Exécutif ne devrait pouvoir dire « Je vais créer une loi ! Je vais créer une taxe ! »
          La Police, la « Force publique » comme appelée dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, doit maintenir et assurer les droits de chacun. Ce qu’elle ne fait plus. Malgré les grands mots qu’on nous déballe, la Police Nationale est devenue une police politique. Si vous ne le saviez pas déjà, la première mission des Forces de l’Ordre est de maintenir et de préserver les institutions de la république, les lieux et les hautes personnalités du gouvernement.
          Une contravention est un condamnation arbitraire pure et simple. Une machine, un agent de l’Etat, vous condamne sans procès ni chance de vous défendre. La démarche de contestation est en plus très compliquée, exprès pour décourager, pour laquelle vous devez payer la dite contravention, ce qui équivaut à accepter votre culpabilité.
          Faire appliquer la Loi par la Police revient à ce qu’elle soit derrière à surveiller, à suspecter chacun. La Police doit être devant pour assurer et protéger les Droits de chacun ainsi que sa personne.
          Céline Berthon, secrétaire générale d’un syndicat des commissaires de Police a déclaré dans Cdans l’air du 2 octobre, que seule la Police maintenait les libertés des citoyens. Ensuite, elle annonce que les « visites domiciliaires » (nouvelle appélation des perquisitions administratives) sont nécessaires pour lever un doute. Personnellement, j’ai frissonné et pesté sur ma chaise.

  • CE N’EST PAS ETONNANT! EXCELLENT ARTICLE.

  • Avant que ce soit la faute des fonctionnaires de la ville de Lyon, c’est la faute des politiciens qui ont supprimer nos frontières.

    • @marc22
      Bonjour,
      Le fait que les politiciens ont « supprimé » les frontières n’est pas le plus grave qu’ils aient fait. Le plus grave est qu’ils piétinent allègrement la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et qu’ils excécrent les Droits qui y sont inscrits.
      Ce n’est pas parce que vous pouvez passer en Italie, en Espagne, en Allemagne sans contrôle qu’il n’y a pas de frontière. Autrement, il nous reste à faire un no man’s land façon Corées. Là vous aurez votre frontière !

  • Céline Berthon, Secrétaire générale du syndicat des commissaires de police, dans C dans l’air, du lundi 2 octobre, nous informait que le fait d’être étranger sans papier sur le territoire national n’était plus un délit. Ceci a été voté par le Sénat et l’Assemblée Nationale. D’après elle, les policiers, ne pouvaient donc pas garder l’interpelé (pour vol à l’étalage à Lyon). Sans papiers il n’avait pas de droits, donc il fallait le relâcher.
    L’homme avait été interpelé 7 fois auparavant, et avait plusieurs alias.
    Pour 1km/h au-dessus de la limite, l’Administration, la Justice, même le weekend, ne vous râteront pas si vous êtes en règle.

    • Edit:
      Concernant la Police, je dirai qu’elle a été très légère aussi puisqu’il ne s’agissait « que » d’un vol à l’étalage d’un vêtement de moins de 50€. Les Forces de l’Ordre ont autre chose à faire de plus importants.
      L’individu, connu des services de police, reconnu grâce à ses empreintes digitales a été laissé libre. Je m’interroge quelque peu :
      – mulitples présentations de fausses identités ;
      – identité réelle inconnue ;
      – utilisation mulitple de papiers douteux (pour ne pas dire faux ou volés)
      – se présente comme SDF mais a tout de même accès à des papiers douteux. (un passeport tunisien, à authentifier, en l’occurence)
      Quand on connaît le zèle que peut avoir la Police, on s’interroge sur ce laxisme.

  • Oui, en tant que citoyen, ce que je suis, il y a de quoi être vraiment en colère, et c’est mon cas. Deux jeunes filles assassinées à cause de l’incompétence de l’administration française. Oui, c’est honteux!

  • imcopetence criminelle d un etat incompetent …mais personne n est surpris …!!

  • @Maria et @Canari
    Etat incompétent oui, de surcroît sous « état d’urgence » et « en guerre contre le terrorisme ».

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