Attentat à Marseille : la faute de l’administration

L’argent de l’État-providence fait défaut pour assumer correctement les missions régaliennes.

Par Jacques Garello.

L’attentat de Marseille a suscité une légitime émotion, mais aussi une juste colère ; comment un individu sans-papiers fiché par la police et arrêté à Lyon a-t-il pu commettre son crime le lendemain ? C’est que la classe politique s’intéresse davantage à ses pauvres qu’à ses missions.

L’explication de l’incroyable histoire a été donnée par toute la presse : ce Tunisien en situation irrégulière arrêté et mis en examen à Lyon aurait dû faire l’objet d’une procédure de reconduite à la frontière. Mais le centre de rétention administrative de Lyon était saturé. Et la personne, en préfecture, chargée de signer l’obligation de quitter le territoire était absente.

Une charge contre l’administration

C’est une charge terrible contre l’administration. Elle révèle un triste choix de la classe politique française depuis des générations, qui préfère que l’État s’occupe de ce qui ne le regarde pas et délaisse ses devoirs les plus impératifs.

Pendant la campagne électorale on nous a régalés avec le couplet des droits régaliens. C’était une bonne chose dans la mesure où on signifiait qu’il existe des domaines qui légitiment le monopole de la coercition confié à l’État, sous entendant par là qu’il y avait bien d’autres domaines où il intervient en dehors de sa sphère naturelle.

Une vraie rupture eût consisté à recentrer l’État sur ses missions régaliennes. Mais comment abandonner le fameux système social français qui amène les pouvoirs publics à spolier les uns pour assister les autres ? L’État-providence ne peut disparaître car la redistribution est une mine électorale, permettant de piper les voix au prétexte de justice sociale et de solidarité.

Fabrique de la pauvreté

Comme on l’a dit : ils aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent. En effet les chômeurs, les précaires, les vrais miséreux sont les enfants de l’État qui pénalise le travail, l’épargne et l’entreprise, et crée ainsi toutes les conditions de l’appauvrissement général.

L’argent de l’État-providence fait défaut pour assumer correctement les missions régaliennes. Alors que l’on consacre plusieurs milliards au financement des aides sociales, des subventions, des privilèges, les budgets de la justice, de la police sont ridicules, et la surenchère vertigineuse concernant les postes à créer dans ces administrations nous a mené à 5.000 ou 10.000 personnes recrutées, alors que les emplois aidés sont au nombre d’un million et demi !

Plus de place en prise, plus de place en centre de rétention

Mais que le centre de rétention de Lyon soit saturé, que l’on manque de places dans les prisons, et qu’en conséquence on laisse en circulation les assassins et les grands délinquants, cela constitue un vrai scandale qui dure depuis des décennies. Les dépenses publiques n’ont aucune raison d’atteindre 57 % du PIB.

Elles devraient être plafonnées à 12% environ, ce qui permettrait d’avoir une police, une justice et une armée à la hauteur de leurs missions. Bref, de financer les missions régaliennes.

Avec les 45 points de différence, on aurait supprimé le chômage bien sûr, et la misère extrême, tandis que la société civile pourrait prendre en charge la solidarité, et volontairement, avec ceux qui sont dans le besoin. La sécurité et la liberté seraient mieux garanties par un État minimum. Aujourd’hui l’État obèse est devenu impuissant.

Sur le web