Face au terrorisme, l’État doit assurer le régalien : police, défense, justice

Attentat à Nice : quel doit être le rôle de l’État face aux actes terroristes meurtriers ? Redécouvrez notre analyse suite au Bataclan, toujours tristement d'actualité.

Intervention de police sur les Champs Élysée - Crédit photo : Mathieu IPS - CC BY-NC-ND 2.0
Intervention de police sur les Champs Élysée – Crédit photo : Mathieu IPS – CC BY-NC-ND 2.0

Par Charles Boyer.

Le vrai rôle incontestable de l’État, la raison d’être du pouvoir et des autorités, hors pensée anarchiste, sont les fonctions régaliennes : police, défense et justice.

Face au terrorisme, un État fort dans ses fonctions régaliennes

Les fonctions régaliennes consistent à assurer la sécurité des biens et des personnes. Un État qui ne les assure pas est de facto dans une situation d’échec. Il ne s’agit pas de répressif, il s’agit d’effectivement remplir ses missions fondamentales. Les pays les plus sûrs du monde ne sont pas nécessairement les plus répressifs.

Suite aux attaques suicides coordonnées en nombre jamais vues à Paris dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 novembre 2015, la France se trouve en position de se demander à quel point le pouvoir et les autorités du pays remplissent leur mission régalienne. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause le professionnalisme de nos forces de l’ordre. Il s’agit de savoir si les autorités ont bien leurs priorités dans le bon ordre.

L’État actuel ne peut pas faire face au terrorisme car il veut tout faire

Aujourd’hui, nous avons un État mesquin qui se mêle, sans aucune restriction raisonnable, de tous les aspects, même les plus privés et les plus intimes de nos vies. Sa légitimité dans presque tous ces domaines est douteuse. Mais sa mission incontestable, avec quel sérieux la remplit-il ?

Au vu du bilan terrible des attaques de la nuit dernière, je pose deux questions :

Premièrement, en dehors de la Syrie et de l’Irak eux-mêmes, quels États au monde, aujourd’hui, protègent moins bien leurs habitants de la menace EI que le nôtre ?

Deuxièmement, la réponse officielle de nos autorités aux précédentes attaques de l’EI sur notre territoire est de surveiller et d’espionner tous les habitants honnêtes de ce pays. Cette approche massive, inspirée de la NSA américaine, est-elle la plus efficace ? Étant donné la manière dont l’ennemi a pu coordonner dans notre capitale une attaque majeure, impliquant peut-être une logistique assez sommaire et un certain nombre de communications, on se demande ce que la surveillance massive de tous les emails de tous les Français innocents apporte. Certainement, il existe des approches ciblées, de terrain, de vraies approches de professionnels du régalien, qui nous protégeraient mieux que le fantasme d’une population entière totalement espionnée.

Dans les jours qui viennent, un nombre immense de questions vont être posées.

Il faut bien choisir les questions : pour l’instant nous ne savons pas quand la prochaine attaque va avoir lieu. Au vu de la performance de notre État, on peut avoir des inquiétudes quant à ce point.

Une question clé, et urgente, est de savoir maintenant si l’ingérence de l’État dans tous les aspects, même les plus privés et les plus intimes de nos vies, ne le disperse pas au point de diminuer sa capacité à remplir sa vraie mission, le régalien : police, défense, justice.

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