Service public et redistribution : l’utile confusion

Comment peut-on avoir un réel débat sur les politiques de redistributions en France quand personne n’est capable d’en connaitre le montant précis ?

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Service public et redistribution : l’utile confusion

Publié le 13 septembre 2014
- A +

Par Emmanuel Bourgerie.

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Jouons à un petit jeu : je mets quiconque au défi de me dire combien coûtent exactement les politiques de redistributions en France. Facile, allez-vous me répondre, il suffit d’additionner le RSA, la CMU, les allocations familiales et autres aides financières. Oui, mais ce n’est pas tout : il faut aussi (et surtout) compter la part de redistribution distillée dans chacun des services publics que l’État fournit.

L’État ne se contente jamais de fournir simplement un service, derrière chacune de ses actions, il ajoute un peu de redistribution, et souvent avec les meilleures intentions du monde. Du coup, il faut ajouter les tarifs étudiants des transports en commun, il faut distinguer dans l’assurance chômage ce qui est de la réelle assurance et ce qui est de l’aide aux plus pauvres et il faut mesurer la différence que chacun paie pour profiter des services dits « gratuits », que ce soit par le biais de la TVA ou des cotisations sociales.

Vous allez me dire que je chipote, mais comment peut-on avoir un réel débat sur les politiques de redistributions en France quand personne n’est capable d’en connaitre le montant précis ? Je peux vous dire combien nous coûtent la retraite ou la santé, mais ce ne sont pas des politiques de redistribution en théorie, ce sont des services publics. La confusion vient du fait qu’ils soient fournis à tous, riches comme pauvres, mais favorisent ces derniers qui ne paient pas le même tarif pour y accéder.

Ce qui est, comme je l’ai dit, fait avec les meilleures intentions du monde, mais c’est un énorme mélange des genres. Le but d’une assurance n’est pas de redonner l’argent des riches aux pauvres, mais de se prémunir contre un risque. On assure une voiture pour ne pas avoir à payer plein pot en cas d’accident. Idem pour la santé – nous payons la sécurité sociale pour ne pas avoir à payer le plâtre d’un os cassé. Idem pour l’école – l’argent de la TVA est utilisé pour fournir une éducation aux enfants.

Mais je ne suis pas ici en train de remettre en cause les services publics – je pense que c’est là une autre discussion. J’aimerais juste poser une simple question à ceux qui se considèrent comme démocrates et défendent les services publics et la redistribution d’État : peut-on décemment avoir un débat démocratique quand il est aussi difficile de mesurer le coût et l’impact réel de la redistribution ?

L’INSEE est capable de donner la différence entre les inégalités de revenus avant et après transferts, mais la tâche est très difficile et l’explication est complexe.

Pourquoi, alors, entretenir cette confusion ? Si les transferts (sous forme monétaire ou en nature) cumulés représentent 230 milliards d’euros comme le décompte l’INSEE, pourquoi ne pas avoir un impôt sur le revenu qui lève ces 230 milliards (au lieu de 75 comme nous avons aujourd’hui) et qui ensuite le redistribue de façon directe et transparente sous forme de chèques ?

contrepoints 674 service publicLe problème avec la confusion actuelle est que l’on voit qu’il est impossible de changer quoi que ce soit sans priver quelqu’un de son revenu. Pourquoi ne peut-on pas ouvrir la santé ou la retraite à la concurrence ? Parce que quelqu’un pourrait ne pas avoir les moyens de se soigner. C’est se tromper de problème : si quelqu’un n’a pas assez de revenus pour payer une assurance santé, alors mettons le sujet sur la table et parlons de redistribution directe pour compléter son revenu au lieu de socialiser l’intégralité d’un secteur. Cette logique semblerait absurde pour les voitures ou la nourriture, pourquoi la santé ferait exception ici ?

Nous avons des services qui sont d’une affligeante inefficacité. Je ne parlerai pas de l’école tant c’est évident. Je n’aborderai pas la façon dont l’université gratuite redistribue autant du riche vers le pauvre qu’inversement. Sans évoquer la santé publique qui est la plus chère d’Europe, ni notre système de retraite qui est une véritable Pyramide de Ponzi. On ne peut rien changer, dans aucun de ces domaines, car chacun a sa petite part de redistribution qui interdit de la remettre en cause.

Tant que l’on ne posera pas de réforme claire pour distinguer politique sociale et service fourni par l’État, nous ne pourrons réformer aucun de ces domaines, qui pourtant en ont cruellement besoin.


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  • confusion effectivement volontaire permettant des politiques de rectifications d' »injustices » sans fin.

  • Je vais tout à fait dans votre sens. Il y a schématiquement deux types de « redistribution » de l’impôt et des taxes. La horizontale qui se présente souvent sous la forme d’une assurance mutuelle (santé, chômage) ou d’un service (réellement) public comme les infrastrucutures routières et électriques… Cette redistribution donne un accès égal (a priori) à un service à tout les citoyens. Riches et Pauvres (et le 80%restant de français moyens) sont tous sur un plan horizontal.
    Puis il y a la redistribution verticale qui consiste schématiquement à prendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres à travers des moyens d’allocations spécifiques, des tarifs réduits ciblés, sous conditions de revenus bien entendu. Cette redistribution verticale qui va du haut vers le bas par la contrainte d’Etat a pour unique objectif la réduction des inégalités.
    L’Etat providence, la sécurité sociale, l’ensemble des services publics (ou assimilés comme tel), toutes les participations de l’Etat dans des secteurs économiques… sont un enchevetrement de redistribution verticale et horizontale. Il est alors très difficile d’en tirer un fil unique sans en tirer un autre auquel il est noué.
    Il doit y avoir débat sur la redistribution mais il lui sera difficile d’être clair !

    http://geoffroylaville.over-blog.com/2014/08/du-bon-et-du-mauvais-de-la-redistribution.html

    • et il y a surtout un problème qui est en quelque sorte que le système économique hors ces « redistributions » serait tout autre…on peut essayer d’évaluer le montant redistribué mais on ne sais pas trop par rapport à quoi car sans redistribution le système serait différent, je veux dire , il y a des riches ponctionnés dans notre système qui ne sont riches que parce que ce système existe …

      La question est toujours ..mais pourquoi redistribuer?

      En premier lieu ….l’argent n’est pas distribué, il est gagné le plus souvent, alors il est difficile de le REdistribuer.
      Je suis un horrible « socialiste » ( qui ne se reconnais plus depuis longtemps dans le ps ou m^me la gauche) qui pense qu’une aide sociale d’état aux démunis est acceptable, mais qu’une seule allocation sociale est suffisante, et j’ai encore beaucoup de mal avec le revenu de base qui me semble être un encouragement à la paresse.

      • Le revenu universel est au contraire une incitation à travailler, en le comparant au système actuel

        Aucun système social nevitera l’existence d’une fange de population refusant le système.
        Pour éviter les trappes à paresse, il faudrait supprimer toute aide sociale. Je ne le conçois pas plus que vous.

        Le revenu universel versé au citoyens français, en monnaie locale non convertible à le mérite d’être lisible, ,simple et efficient.

        • Moauis j’ai lu un peu de littérature là-dessus mais c’est oublier que les prix se calent en fonction du revenu des gens. On le voit très bien avec les APL pour les étudiants pour lesquels les loyers mini se sont calés à 400E quand l’APL est à 175E environ.

          Outre que 65 millions x 500E par mois ça donne 390Mds d’euros.
          Et 500E par mois ça t’empêche pas de coucher sous les ponts.

          FAIL

  • « Jouons à un petit jeu : je mets quiconque au défi de me dire combien coûtent exactement les politiques de redistributions en France. Facile, allez-vous me répondre, il suffit d’additionner le RSA, la CMU, les allocations familiales et autres aides financières. Oui, mais ce n’est pas tout : il faut aussi (et surtout) compter la part de redistribution distillée dans chacun des services publics que l’État fournit. »

    C’est exact et c’est pourquoi bon nombre de personnes préfèrent vivre au crochet de l’état. Prendre un travail dur et mal payé est moins intéressant que ne rien faire.
    Par exemple il est plus intéressant de garder soit même ses enfants en bas âge que de faire appel à une nounou si vous êtes au SMIC. A moins de place en crèche, dans ce cas vous bénéficiez d’un « privilège » difficilement quantifiable.

    Même des gens aisés peuvent accéder aux aides pour les plus défavorisés: Place en crèche, accès HLM, passe droit lors d’inscriptions…sans parler d’abus de biens public en tous genre. Le système d’aide est donc pervertis par ceux-là même qui le mettent en place.

    De plus, c’est ignorer que les gens en veulent toujours plus. Même un assisté dans le temps aura toujours envie de plus d’aide. L’avantage du libéralisme est qu’il laisse a chacun le choix de configurer son mode de vie a ses ambitions.

    • oui, mais en cas de mômes , il n’y a pas que la redistribution en jeu, il y a une politique nataliste assumée….et ça a un coût..
      il en va de même pour les dits services publics , tout le monde paye et une partie seulement en profite , avec par dessus le marché , des tarifs préférentiels qui ne sont pas « sociaux »..

      en clair pas moyen de savoir..

      avant le libéralisme si au moins on connaissait les buts politiques visés par les subventions et si on pouvait évaluer si ces buts sont atteints! En ce sens la » redistribution » est plus simple..égaliser les salaires et tant pis si ça décourage tout le monde de travailler ou si la richesse produite diminue..

      • « il y a une politique nataliste assumée »… assumée par qui , assumée en quoi ?

        L’état n’a pas à s’occuper de ce qui se passe dans le slip des français.
        Si on fait des gosses c’est qu’on a les moyens de les élever et non qu’on compte sur les aides de l’argent des autres.

        Des pauvres qui font des gosses ça fait des gosses de pauvres qui deviendront pauvres eux-mêmes, y a des statistiques là-dessus. C’est trash mais c’est comme ça. A l’état de nature ceux qui se nourissent mal ou qui sont en mauvaise santé ne se reproduisent pas : c’est la nature qui a prévu cela.

        Donc l’état n’assume pas sa politique de natalité car il n’est pas capable de briser la spirale de pauvreté et d’assistanat que ça entraîne. Et en plus il change constamment les règles en cours de jeu.

    • Très exact.
      Je connais un certain nombre de gens (surtout des femmes, mais bon… y a-t-il un rapport?) qui sont fonctionnaires alors qu’ils pourraient avoir un vrai boulot productif, parce que bon « y a trop de pression dans le privé », « les vacances, on choisit pas leurs dates dans le privé ». Cet emploi garanti, surpayé vu le boulot qui y est fait, est théoriquement « au service de la population »… Mais constitue une double redistribution. Des riches vers les « pauvres » et de ceux qui veulent bien faire des efforts vers ceux qui ne veulent surtout pas se bouger.

      Les HLM et ces autres aides est pour l’État une façon claire de corrompre la population. 60% des français (grosso modo) sont éligibles à un HLM. Il n’y a de « logements sociaux » que pour un nombre bien plus restreint. Résultat ? L’arbitraire du fonctionnaire et du politique local, qui échangent des faveurs en toute injustice. Idem pour les places de crèche, les places dans les « bonnes » écoles publiques et « bonnes » universités…

      Ce que Bastiat rappelait il y a déjà longtemps. Si l’État promet 4 pains aux pauvres, il en prend 6 aux « riches », en mange 2 (un pour prendre, un pour donner) et jette le reste au démunis. Résultat net ? Les riches on perdu 6, les pauvres ont été insultés et sont incités à rester pauvres, 2 fonctionnaires ont renoncé à un boulot honnête pour travailler pour Léviathan. Une société corrompue.

  • Ce billet, même s’il parle d’un vrai problème, est assez consternant dans l’énonce des faits, l’analyse puis donc l’énoncé d’une solution.

    « L’État ne se contente jamais de fournir simplement un service,… »
    Désolé, un service ne se fournit pas, il se propose et en général on ne le paie pas avant de l’utiliser et on ne le paie que si on l’utilise. Là, on le paie même si on ne l’utilise pas : les transports, la culture… etc…

    « Je peux vous dire combien nous coûtent la retraite ou la santé, mais ce ne sont pas des politiques de redistribution en théorie, ce sont des services publics. »

    Des services publics ! MDR… ce sont des assurances et en plus elles sont gérées par des entreprises privés.

    > Le chômage et la retraite sont des assurances « garantissant » des perceptions de revenus différés.

    > La santé est une assurance même si bizzarement la cotisation est proportionnelle au revenu ce qui se justifie uniquement par l’indemnisation d’un arrêt maladie. mais ça reste une assurance par le fait que les bénéficiaires sont uniquement ceux qui ont cotisé. L’état compense toutes les éxonérations en utilisant l’impôt.

    « La confusion vient du fait qu’ils soient fournis à tous, riches comme pauvres, mais favorisent ces derniers qui ne paient pas le même tarif pour y accéder. »

    La confusion est dans votre tête comme dans la tête de tous les socialistes, voir ci-avant.

    « On assure une voiture pour ne pas avoir à payer plein pot en cas d’accident. Idem pour la santé – nous payons la sécurité sociale pour ne pas avoir à payer le plâtre d’un os cassé. Idem pour l’école – l’argent de la TVA est utilisé pour fournir une éducation aux enfants. »

    >>> Non, on n’assure pas sa voiture ! C’est un objet ! C’est soi-même qu’on assure pour les dommages que soi ou un autre conducteur pourraient causer à une autre personne, à son véhicule ou à des biens.
    Excepté quand la loi nous oblige de nous assurer, on fait un calcul pour vérifier la pertinence par rapport aux coûts, au désagrément etc…. Dans certains pays développés on n’est uniquement obligé d’assurer les dommages corporels que l’on pourrait causer à autrui mais pas les dégats matériels qui eux peuvent se régler en privé.

    De plus en France l’indemnisation personnelle du conducteur responsable d’un accident est une garantie optionnelle indépendante du véhicule conduit, donc c’est bien soi que l’on assure.

    >>> On ne paie pas la sécu : on cotise. Et ce n’est pas pour payer le plâtre, c’est parce que c’est obligatoire !

    La TVA n’est pas plus prélevée pour l’éducation des enfants que pour acheter des rouleaux de PQ aux fonctionnaires. L’affectation de dépenses aux recettes est interdite. Et à moins que le budget de l’éducation nationale ait doublé, votre affirmation n’est même pas juste pour ce qui est des montants.

    « Si les transferts (sous forme monétaire ou en nature) cumulés représentent 230 milliards d’euros comme le décompte l’INSEE,…  »

    Il faudrait apprendre à lire : 230mds c’est uniquement les prestations en nature.

    Tiré du rapport de l’iNSEE : « En 2003, les ménages ont reçu 230 milliards d’euros de transferts en nature, essentiellement pour l’éducation et la santé. Ces transferts équivalent à 23 % de leur revenu disponible et s’ajoutent aux transferts monétaires. »

    Et l’apothéose vu que l’analyse est mauvaise :

    « pourquoi ne pas avoir un impôt sur le revenu qui lève ces 230 milliards (au lieu de 75 comme nous avons aujourd’hui) et qui ensuite le redistribue de façon directe et transparente sous forme de chèques ? »

    ben, voyons !

    • sauf que dès que l’état se mêlé de ces services par des cotisations qui ne sont pas ce qu’elles devraient être..redistribue par ce moyen.

      mais c’est incalculable.

      • Non il n’y a pas de redistribution sur les cotisations santé ou retraites sur les salaires.
        Ce ne sont pas des services. Seuls les cotisants en bénéficie, c’est la définition d’une assurance.
        Les cotisations sont élevées car l’assurance est mal gérée.
        L’auteur ne sait pas que certaines allocations sont uniquement relayées par la SS (AME) ou l’Unedic (ASS/ARE) mais payées en réalité par l’état.

        L’auteur de l’article parle de la redistribution en nature, c’est à dire en services : transport, culture, éducation etc… pour lesquels on ne paie pas directement ou alors très peu en comparaison du coût réel : on ne paie pas l’école suivant l’usage qu’on en fait, on ne paie pas l’assistante sociale, on ne paie pas certains transports à leur coût réel, mais pour tout cela ça ne veut pas dire que l’on paie peu et d’ailleurs l’auteur fait complètement l’impasse là dessus.

        Comme tout bon socialiste il fait rentrer les recettes suivant les dépenses sans même se poser la question de l’ efficience des dépenses. Ca coûte tant, donc il faut prélever tant . Son calcul à la fin, outre qu’il est faux, est symptomatique.

        • « Non il n’y a pas de redistribution sur les cotisations santé ou retraites sur les salaires. »
          Et bien si il y a redistribution sur les cotisation santé et les retraites :
          – Pour la santé : les fonctionnaires ne paient rien aux services de santé : la part salariale est « prélevée » mais absolument pas reversée à la Sécu. Et la part patronale … n’existe même pas. Et pourtant tout ce joli petit monde touche la sécu… sans parler de l’absence de jours de carence, sans parler des 26 jours /an d’arrêt maladie !!!
          – Pour les retraites : l’état pique dans les caisses du privé pour financer celles du public. En fait il n’existe pas de caisses publiques, les retraites des fonctionnaires sont prises directement sur le budget de l’état. Mais cela est largement insuffisant. Donc il prend environ 1.5 milliard chaque année dans les caisses du privé.
          Tout ceci est de la REDISTRIBUTION : des travailleurs vers les fonctionnaires…. ou plutôt : vers les électeurs de gauche !!!

          • Si vous pouviez arrêter de raconter n’importe quoi (comme l’auteur de ce billet), ça relèverait le niveau et ça éviterait de me faire perdre mon temps pour rectifier, il y a tant de débats plus intéressants dans le libéralisme.

            Un peu de lecture et vous verrez tous les reversements que font l’état, les conseils généraux etc… au titre des prestations sociales (maladie, famille etc..). je l’ai lu, Il n’y a pas de raisons que vous n’en fassiez pas autant avant de raconter des conneries.

            http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Certification-des-comptes-du-regime-general-de-securite-sociale-exercice-2012

            On s’en fout de la part salariale ou patronale à partir du moment où l’état reverse au régime ce que coûte ses assurés (les fonctionnaires). Il est en sorte son auto-assureur mais fait gérer cette assurance par le régime général en compensant à l’euro près.

            D’autre part les absences des fonctionaires (ainsi que tous les avantages et accessoires de coût) sont supportées par le budget de l’état, donc par les impôts (et la dette…) et sont donc vues comme de la redistribution en nature. Et c’est là qu’on se rend compte que l’auteur est à coté de la plaque avec ses 230Mds.

            Pour les retraites l’état est aussi son propre assureur.

            Et là c’est assez facile puisque tous les fonctionnaires qu’ils soient d’état ou des collectivités sont payés directement par le budget de l’état et des collectivités qui disposent d’une ligne à ce sujet. Notez svp que la fonction publique est obligatoirement à 99.99% de la redistribution en nature : éducation, police, armée. personnel de toutes les administrations…

            230Mds… MDR !

            Pour ce qui est de la FPH (fonction publique hospitalière, il me semble qu’elle dispose et provisionne son système de retraite dans son budget. Anyone ?

        • bah je veux juste dire que les impôts et taxes sont de toutes façon, ,dès lors qu’ils ne financent pas les devoirs régalien de l’état , une redistribution .
          Mais les impôts et taxes ont en général une justification, qui n’est pas toujours la justice sociale par l »égalisation des revenus , mais souvent sinon presque toujours ça revient au même. La politique nataliste fait partie des aides qui ne sont pas conditionnées aux revenus et ne procède( procédait?) pas tout à fait d’une redistribution…

          Mais compte tenu que les revenus tels qu’ils sont dans notre pays sont du fait que l’état soit omniprésent ne sont pas ceux qu’ils seraient si l’état n’intervenait pas, le calcul est difficile à faire ou plutôt biaisé.
          Le principal argument selon moi,en faveur du libéralisme est son efficacité constatée ,dans le monde moderne ,à faciliter la création de richesses par l’augmentation de la productivité.
          La volonté de s’enrichir individuellement par le travail est bien un puissant moteur d’enrichissement collectif , les inégalités de revenus sont une bonne choses pour l’économie moderne et c’est là le pire aspect des politiques de redistribution.

          Le calcul du coût de la redistribution est donc biaisé

          • ah oui, et surtout, la volonté d’égaliser les revenus exprimée idéologiquement est d’une toute autre portée que l’acceptation démocratique de lever un impôt pour aider les plus démunis car mais bon sang pourquoi les salaires devraient ils être égaux?

            Je le répète aussi, prétendre redistribuer signifie que vos revenus ont été distribués et ne correspondent en rien à votre utilité sociale.
            En tant que fils de paysan je pense peut être à tort d’ailleurs que les revenus ne sont pas directement liés à l’utilité sociale, la rente existe, même si elle est difficile à définir. J’ai trop vu de fermiers aller porter le fermage à des propriétaires qui n’avaient jamais travaillé de leur vie. J’ai aussi constaté l’efficacité du progrès technique pour foutre ne l’air tout ça.

          • Même les services régaliens sont de la redistribution: la police, la justice, la défense nationale c’est de la redistribution en nature comme le non-régalien : l’éducation, les services municipaux etc…

            L’état ne fait d’ailleurs pas de différence entre régalien et non régalien.

            • oh certes…

              mais sans autorité assurant la sécurité, sans possibilité de faire respecter les contrats, je ne suis plus certain que l’économie tournerait aussi bien , c’est donc très acceptable comme minimum collectif et il me semble aussi que ça a montré son efficacité.
              Je ne suis pas un libéral, je suis pour la libéralisation.

  • Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 :
    Art. 13. Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

    L’impôt n’est pas une « arme » de redistribution des richesses. Mais un moyen de financer les pouvoirs régaliens de l’état !!!

  • Et encore, il n’est pas parlé dans l’article des coûts des prélèvements eux-même (les fonctionnaires chargés de ces prélèvement) des coûts de gestion, de redistribution et enfin, partie non négligeable, des coûts de contrôle : Le nombre d’inspecteurs en tout genres chargés d’espionner les citoyens pour savoir s’ils n’ont reçu que ce que des règlements alambiqués et incompréhensibles leur ont octroyé.

    Puis il reste ce qu’on ne voit pas : Le coût économique giganstesque de ces montants pharaoniques dont est privé le marché libre, et donc l’emploi.

    • Les premiers bénéficiaires de l’assistanat et de l’état providence ne sont pas les assistés mais bien les différents niveaux de fonctionnaires et fonctionnaires élus ( théorie du Public Choice pour ces derniers ) …

      Donc , si vous voulez limiter ou supprimer l’assistanat , votre coeur de cible ne seront pas les assistés mais les distributeurs d’assistanat !!! ( cqfd)

      • Les entreprises sont également très bien loties

        • Celles qui sont connectées et celles qui perdent du pognon, oui. Les autres, pas vraiment.
          Mais c’est vrai que 110 milliards d’aides pour 70 milliards d’IS… Les entreprises qui gagnent payent pour les autres, et plus encore, les gens qui produisent payent pour ceux qui détruisent.
          Mais c’est le principe de base de la redistribution, non ?

  • Les socialistes disent habituellement que parler de la pression fiscale est une idiotie, car on retoucherait ce qu’on paie…
    C’est exactement parce qu’il ne s’agit pas de redistribution, mais de service que leur argument est faux.

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