Un milliard d’export… d’électricité

Centrale Nucléaire By: strelitzia --- - CC BY 2.0

Nos voisins n’ont pas, ou ont moins, de centrales nucléaires que la France, mais ils semblent satisfaits de nous acheter l’électricité produite par nos réacteurs (surtout les Italiens qui sont nos meilleurs clients)… pour notre plus grand profit.

Par Michel Gay.

Sur les douze derniers mois (juillet 2016 à juin 2017), le solde exportateur d’électricité de la France est de 35 térawattheures (35 TWh = 35 milliards de kilowattheures) pour un gain d’un milliard d’euros.

Plus précisément, durant cette période, la France a exporté 56 TWh vers ses voisins européens à un prix moyen de 40 € par mégawattheure (€/MWh) pour un total de 2,3 milliards d’euros, et elle a importé 21 TWh à un prix moyen de 56 €/MWh pour un total de 1,2 milliard d’euros (voir PJ). Le bilan bénéficiaire d’un milliard d’euros couvre largement les frais du combustible.

Le coût de fabrication du combustible

En effet, le rapport de la Cour des comptes de 2012 annonçait un coût de fabrication du combustible (y compris l’achat d’uranium naturel) de 5,21 €/MWh. Il faut y ajouter la provision pour déconstruction et pour fin de cycle du combustible (2,62 €/MWh), puis la réévaluation ultérieure de l’ANDRA (Agence Nationale pour les Déchets Radioactifs) d’un €/MWh supplémentaire. Il est donc retenu 3,62 €/MWh.

Soit, au total 8,83 €/ MWh, arrondi à 9 €/MWh.

Un réacteur qui exporte sa production à 40 €/MWh couvre donc plus de quatre fois le seul coût variable du combustible incluant la gestion des déchets.

Les frais fixes sont identiques, que le réacteur fonctionne à 50 % ou à 100 % de sa puissance maximale. Si les tranches sont prolongées à 50 ans, puis à 60 ans, le coût global de la déconstruction et de fin du cycle du combustible ne changera pas, donc la répartition des coûts fixes par MWh produit baissera.

Le coût total de nos importations annuelles d’uranium naturel, compte tenu du recyclage d’une partie du combustible (appelé MOX), est de l’ordre de 0,4 à 0,8 milliard d’euros pour une production annuelle d’électricité  d’environ 420 TWh.

Nos voisins n’ont pas, ou ont moins, de centrales nucléaires que la France, mais ils semblent satisfaits de nous acheter l’électricité produite par nos réacteurs (surtout les Italiens qui sont nos meilleurs clients)… pour notre plus grand profit.

Comme disait Madame Aubry (ancienne ministre du Travail dans les années 1990) : « c’est gagnant-gagnant ! »

PJ issue du site des douanes :