Un milliard d’export… d’électricité

Nos voisins n’ont pas, ou ont moins, de centrales nucléaires que la France, mais ils semblent satisfaits de nous acheter l’électricité produite par nos réacteurs (surtout les Italiens qui sont nos meilleurs clients)… pour notre plus grand profit.

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Centrale Nucléaire By: strelitzia --- - CC BY 2.0

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Un milliard d’export… d’électricité

Publié le 12 septembre 2017
- A +

Par Michel Gay.

Sur les douze derniers mois (juillet 2016 à juin 2017), le solde exportateur d’électricité de la France est de 35 térawattheures (35 TWh = 35 milliards de kilowattheures) pour un gain d’un milliard d’euros.

Plus précisément, durant cette période, la France a exporté 56 TWh vers ses voisins européens à un prix moyen de 40 euros par mégawattheure MWh) pour un total de 2,3 milliards d’euros, et elle a importé 21 TWh à un prix moyen de 56 euros/MWh pour un total de 1,2 milliard d’euros (voir PJ). Le bilan bénéficiaire d’un milliard d’euros couvre largement les frais du combustible.

 

Le coût de fabrication du combustible

En effet, le rapport de la Cour des comptes de 2012 annonçait un coût de fabrication du combustible (y compris l’achat d’uranium naturel) de 5,21 euros/MWh. Il faut y ajouter la provision pour déconstruction et pour fin de cycle du combustible (2,62 euros/MWh), puis la réévaluation ultérieure de l’ANDRA (Agence Nationale pour les Déchets Radioactifs) d’un €/MWh supplémentaire. Il est donc retenu 3,62 euros€/MWh.

Soit, au total 8,83 euros/MWh, arrondi à 9 euros/MWh.

Un réacteur qui exporte sa production à 40 euros/MWh couvre donc plus de quatre fois le seul coût variable du combustible incluant la gestion des déchets.

Les frais fixes sont identiques, que le réacteur fonctionne à 50 % ou à 100 % de sa puissance maximale. Si les tranches sont prolongées à 50 ans, puis à 60 ans, le coût global de la déconstruction et de fin du cycle du combustible ne changera pas, donc la répartition des coûts fixes par MWh produit baissera.

Le coût total de nos importations annuelles d’uranium naturel, compte tenu du recyclage d’une partie du combustible (appelé MOX), est de l’ordre de 0,4 à 0,8 milliard d’euros pour une production annuelle d’électricité  d’environ 420 TWh.

Nos voisins n’ont pas, ou ont moins, de centrales nucléaires que la France, mais ils semblent satisfaits de nous acheter l’électricité produite par nos réacteurs (surtout les Italiens qui sont nos meilleurs clients)… pour notre plus grand profit.

Comme disait Madame Aubry (ancienne ministre du Travail dans les années 1990) : « c’est gagnant-gagnant ! »

PJ issue du site des douanes :

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  • Quand on parle de « gain », on comprend en général bénéfice. Or en l’occurence votre milliard n’est que du chiffre d’affaire. Certes, plus loin, vous parlez des coûts, mais sans parler du coût du personnel, particulièrement élevé chez EDF.
    Bref, mériterait un approfondissement.

    • non , comme l’auteur l’a bien explique le seul cout variable est le combustible. tout le reste est frais fixe donc on a bien
      benefice +prix de vente-combustible

  • Vous saurez que nous, les Suisses, sommes très friands de votre nucléaire (notre pays ne produisant pas assez d’électricité). J’ai vu des chiffres estimant qu’en France c’est l’équivalent d’une centrale nucléaire entière qui tourne rien que pour nous.

  • Y a pas de quoi être fier de brader notre énergie nucléaire…sauf si cette energie est revendue à une filiale d’EDF…

  • et quand on lit le rapport de RTE, on peut lire « Le solde des échanges de la France s’établit à 39,1 TWh avec 71,7 TWh d’export et 32,6 TWh d’import, en diminution par rapport à 2015 »
    « Dans le détail, le solde des échanges aux frontières diminue de plus de 29% avec la Grande-Bretagne, de 27% avec la Suisse et de 16% avec l’Italie. Il augmente de plus de 6% avec l’Espagne. Le solde avec la région CWE (Central West Europe) devient
    importateur pour la première année depuis 2010 »
    donc une situation qui se dégrade………
    et le pire est à venir « Au cours des huit premiers mois de l’année, les prix de marché ont été au plus bas depuis plus de dix ans,
    avec 28 €/MWh en moyenne en France. » et pas 40€ comme le prétend M Gay

    • Selon les douanes, c’est bien 40€/MWh le prix moyen d’exportation.
      Le chiffre de 28€ correspond au « bénéfice » de chaque MWh du bilan positif d’exportation à 40 €/MWh moins les importations (moindre) à 56€ /MWh qui auraient eu lieu même si nous n’exportions pas.

        • Le prix moyen du marché est de 28€, pas le prix d’exportation.
          Voici ce que dit RTE dans le lien que vous indiquez :
          « Au cours des huit premiers mois de l’année, les prix
          de marché ont été au plus bas depuis plus de dix ans,
          avec 28 €/MWh en moyenne en France. Les prix spot
          enregistrent à partir de l’automne une hausse très
          importante dans toute l’Europe, avec des pics de prix
          en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et en
          Suisse ».

          • l’electricite ne se conserve pas et son prix de vente sur le marché de gros varie a chaque instant

            il ne vaut rien en cas de surproduction; mais atteint des sommets en cas de pénurie,,,, comme pour tout produit

            donc le prix moyen ne veut rien dire

  • Puisque l’électricité nucléaire est un bon produit d’exportation, pourquoi diable vouloir réduire le parc nucléaire?

    • @ Jacques Peter
      L’avantage des acheteurs existe bien: moins de nucléaire sur leur sol, c’est bien moins de responsabilités
      acheter de l’électricité se fait (tant qu’il y a un fournisseur) « au détail », selon les besoins qui diminuent proportionnellement à la production nationale non nucléaire (dont le renouvelable en développement)
      La charge, jusqu’ici mal connue et probablement évolutive du prix du démantèlement des centrales et de la conservation des déchets est soigneusement laissée au fournisseur d’électricité.
      L’alternative du gaz (fournisseurs multiples) reste comme « roue de secours »
      L’hypothèse d’une décision commune européenne de sortir du nucléaire reste de l’ordre du possible, dans un avenir à moyen ou à long terme.

      Je ne refuse donc certainement pas la décision de mon pays d’acheter de l’électricité (même « verte » jusqu’en Norvège) plutôt que d’installer une centrale nucléaire sur notre sol. C’est un choix qu’approuverait la majorité de la population! (Ici, pour un petit surcoût, vous pouvez commander une plus grande part d’électricité verte: libre à vous de choisir. « C’est votre choix! »)
      Bon on verra les prévisions de @ karl34, dans l’avenir.

      • L’hypothèse d’une décision commune européenne de sortir du nucléaire

        Que l’UE(RSS) se mêle ses oignons…

        • L’UE n’est qu’un ensemble de pays! L’UE ne décide de rien! Ce sont encore bien trop les « chefs d’état et de gouvernement » (exécutifs!) qui décident (le « Conseil européen »), le passage du pouvoir au Parlement (les élus de tous les pays) serait un pas démocratique, encore bien timide, malheureusement freiné par le Conseil! Donc l’UE ne décidera pas. Le boss du Conseil est actuellement très clairement A.Merkel qui abandonne le nucléaire, et elle n’est pas seule! Va-t-elle supporter longtemps un risque à proximité de ses frontières? Comme déjà dit: ce n’est pas pour demain! Et Fr.Hollande a bien décidé de fermer une centrale!
          Si la France veut retrouver sa crédibilité européenne, elle doit d’abord faire le nécessaire pour le pacte de stabilité, sans ce « passeport », elle ne retrouvera pas sa place!

          • J’observe que toutes les remarques négatives sur l’électronucléaire sont essentiellement faites sous couvert de pseudonymes.
            Concernant A. Merkel il ne faut pas oublier qu’elle doit défendre à la fois son lignite charbon particulièrement polluant et qui fourni pès de la moitié de son électricité et son industrie éolienne qui en marin nous fournira de l’électricité à 220 euros le MWh de l’éolien marin contre 39 pour notre électronucléaire grand carénage compris.
            Que deviendraient-ils si le recours à l’électronucléaire se généralise en Europe.
            Quant au risque couru, en plus d’un demi siècle nous avons fait fonctionner une centaine de réacteurs et nous n’avons déploré aucun mort qui a fait mieux.
            Si les centrales de Fukushima avaient été équipées comme les nôtres de recombineurs d’hydrogène et de filtres à sable, les rejets auraient été minimes, par ailleurs malgré cela ils n’ont eu à déplorer aucun mort.
            Quand à la pollution atmosphérique en Europe L’Allemagne et le Danemark en sont les principaux responsables et nous exportent leur pollution

  • ce qui est étonnant dans cet article et cette conversation, c’est que personne ne semble savoir que la majeure partie de l’électricité s’échange sur des marchés à terme qui n’ont qu’un lointain rapport avec le marché spot…..
    Aprés, 1€ restant 1€ il est bizarre de trouver formidable que l’on vende de l’électricité qui coute (selon la cour des comptes) 62 € au formidable prix de 40 €
    il y a quand même un point positif, quand on importe à 59 € cela nous coûte moins cher que de produire nous même

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