Non, l’Union européenne n’est pas essentielle pour préserver la paix en Europe

Martin Shulz semble penser que c’est l’Union européenne qui garantit la paix en Europe. C’est oublier que ce sont les échanges commerciaux qui entretiennent les bons rapports entre pays.

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Non, l’Union européenne n’est pas essentielle pour préserver la paix en Europe

Publié le 28 août 2017
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Par Bill Wirtz.

En septembre, les Allemands se rendront aux urnes pour élire un nouveau parlement. L’ancien président du Parlement européen, Martin Schulz, aujourd’hui chef du parti social-démocrate (SPD), est l’opposant le plus sérieux face à la chancelière Angela Merkel. Schulz est connu pour ses coups de gueule excentriques et son ton agressif, surtout quand il s’adresse aux sceptiques de l’Union européenne.

Lors d’un récent rassemblement, Schulz a déclaré :

Oui, il existe une alternative pour tout, y compris pour l’Europe. Mais l’alternative à l’Europe que nous avons aujourd’hui, nous la connaissons déjà : c’est l’Europe du siècle dernier ! La mort, le fantasme des grands et des puissants empires, le règne de l’autocratie. Ce n’est pas mon Europe, ce n’est pas l’Europe sociale-démocrate.

Raviver les souvenirs de la guerre pour soutenir l’UE ?

Ce n’est pas la première fois que Martin Schulz fait une telle déclaration. Après que la République d’Irlande eut voté par référendum contre la constitution de l’UE en 2005, Schulz avait déclaré que les Irlandais avaient « ouvert la porte au fascisme ». Il a également traité le député néerlandais Daniël van der Stoep de fasciste pour avoir demandé au président de la Commission européenne Barroso de publier des détails sur ses comptes de dépenses en 2010.

En dehors de sa tendance à utiliser ces mots lourds de sens au coeur du Parlement, Schulz a peu à offrir politiquement. Ses années passées au Parlement européen n’ont laissé aucune marque. Mais ses remarques sont représentatives d’un argument commun parmi ceux qui soutiennent la construction européenne.

Emmanuel Macron a déclaré que quitter l’Union européenne conduirait à la faillite de la France. L’ancien Premier ministre britannique David Cameron, exprimant son soutien pour rester dans l’UE avant le référendum de Brexit, avait brandi la menace selon laquelle sortir de l’union « pourrait conduire à une nouvelle guerre ».

Voilà ce que c’est que d’être un partisan classique de l’UE dans la politique européenne : sortir des références de la Seconde Guerre mondiale et penser que tous les eurosceptiques sont des xénophobes et des nationalistes extrêmes.

L’Union européenne est-elle garante de la paix ?

Il y a peu de vrai dans les déclarations de Martin Schulz. Il est facile de répondre à la question de savoir si l’Union européenne a maintenu la paix en Europe. Cela s’explique non seulement par le fait que l’UE n’existe dans sa forme actuelle que depuis le Traité de Maastricht de 1992, mais aussi par le fait qu’il n’y a jamais vraiment eu de paix sur le continent.

Alors que l’Europe de l’Ouest est restée majoritairement pacifique, le reste du continent a connu un total de 41 conflits armés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des conflits étaient limités à une zone réduite ou se sont produits dans un seul État : par exemple, la Campagne des Frontières de l’IRA en Irlande, les années de plomb en Italie et le conflit basque entre l’ETA et l’Espagne. Il y avait aussi des conflits militaires entre les États, parmi lesquels la guerre de dix jours entre la Slovénie et la Yougoslavie, l’invasion turque de Chypre, la guerre de Transnistrie, les guerres de la morue, la guerre du Kosovo et la guerre en Bosnie.

Mais même si nous recherchons simplement la raison de la paix en Europe occidentale, la réponse n’est pas une structure politique gigantesque créée dans les années 90, mais une politique commerciale plus libre qui existe entre l’Allemagne et la France depuis les années 50.

La vraie garantie contre la guerre, c’est le libre-échange

Le plan Schuman, du nom du ministre français des Affaires étrangères, était un discours de 1950 dans lequel il a suggéré la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, une autorité chargée de centraliser les réglementations commerciales avec l’intention précise d’éviter une autre guerre entre l’Allemagne et la France. Sa théorie était que l’intérêt mutuel d’un commerce entre les deux pays les empêcherait de se faire la guerre dans le futur. Schuman n’a pas eu besoin d’une politique agricole commune ou d’un budget de défense de l’UE pour sa vision.

Donc non, Herr Schulz, la fin de l’UE ne mènerait ni à la mort ni à la destruction de l’Europe. Les eurosceptiques ne recherchent pas non plus à raviver les conflits armés. Existe-t-il des personnes critiques envers le projet européen? Certainement. Cependant, accuser tous les opposants à l’Union européenne d’être racistes et nationalistes extrémistes ne vous attirera aucune sympathie, ni pour vous, ni pour l’Union européenne.

À lire aussi : 4 réflexions sur l’Union Européenne « Prix Nobel de la Paix »

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  • Non seulement l’U.E. n’est pas essentielle pour préserver la paix en Europe ; mais elle nous prépare la 3° guerre mondiale qui sera causée (comme les 2 précédentes) par l’Allemagne en raison d’une politique d’imitation irréfléchie qui mènera à une guerre de religions que souhaitent de nombreux industriels pour faire marcher leurs affaires.
    Pauvre monde.

    • Faut cesser la paranoïa. Le seul danger vient de la Russie, mais tant que les ricains sont là ils dissuadent l’impérialisme russe, frustré et aigri par la dissolution de son empire passé!

      • Ah Virgile et son aimée Russie !
        C’est sur, dans son cas il faut cesser de parler de paranoïa au profit de psychose !

  • L’europe n’est sans doute pas nécessaire pour préserver la paix, mais il est devenu quasi impossible d’en sortir unilatéralement, surtout si l’on est dans l’eurozone.
    L’idéal serait sans doute une Europe des nations, unies par des valeurs communes, mais sans le « machin bruxellois » et les milliers de pages de contraintes qui vont avec.

  • Grâce à Martin Schulz nous savons désormais que la Suisse est l’Europe du siècle dernier, le fantasme d’un grand et puissant empire, et le règne de l’autocratie. Merci Martin ?

  • Comme c’est bizarre, les conflits se sont développés depuis 25 ans à la périphérie de l’UE : Yougoslavie, Transnistrie, Ukraine, Proche-Orient, Libye, etc… Un hasard ?

  • « Alors que l’Europe de l’Ouest est restée majoritairement pacifique, le reste du continent a connu un total de 41 conflits armés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des conflits étaient limités à une zone réduite ou se sont produits dans un seul État : par exemple, la Campagne des Frontières de l’IRA en Irlande, les années de plomb en Italie et le conflit basque entre l’ETA et l’Espagne. »
    Euh, les exemples cités sont tous en Europe de l’ouest… A moins que ce ne soit ironique, ce ne sont que des contre-exemples par rapport au propos…

  • Assurer la paix en Europe, sortir de plus d’un millénaire de conflits meurtriers, devenus de plus en plus ruineux en raison des progrès technologiques, telle était l’intention des « pères fondateurs ». On peut, effectivement, dire que l’absence de conflits ouverts, depuis, ne doit rien aux traités signés, mais un certain nombre de « bras de fer » se sont réglés lors de nuits bruxelloises. De plus, la mise au régime sec des armées nationales (sauf la française), fait qu’aucun conflit sérieux ne pourrait plus éclater entre des nations européennes. Le problème est maintenant extérieur à l’Europe, devenue dépendante du bouclier américain. L’Europe ne peut pas se défendre, unie, contre un ennemi commun.

    • @ Pyrrhon
      D’où la nécessité actuelle de conserver l’OTAN-NATO, mais la demande américaine est une plus grande autonomie européenne militaire commençant par les 2% de financement et au moins un essai d’alliance des pays décidés à rester dans l’U.E., ce qui ne se fera que par une politique en commun qui reste à la traine!

      La difficulté européenne reste le choix « cruel » entre « l’Europe des nations » (Ch.De Gaulle) et une « Europe fédérale », assez bien représentée par le « Conseil européen des chefs d’état et de gouvernement », d’un côté, le « Parlement européen’ de l’autre.

      Les Français sont encore clairement divisés sur la question.

  • Je serais enclin à penser que c’est d’abord la paix qui favorise le libre-échange et par la suite le libre-échange entretient la paix mais sans garantie définitive. Une nation c’est aussi une idendité.
    La paix en Europe de l’ouest est me semble t-il la leçon de la guerre, qui a dévasté, ruiné et blessé moralement ce continent, et parallèlement l’émergence d’un emnemi commun : l’URSS. Maintenant est-ce que l’Union jour un rôle ? Probablement mais dans quelle proportion difficile à dire. On est tous un peu skyzophrène sur le sujet.

  • Les promoteurs de l’Europe inversent la cause et la consequence : ce n’est pas l’UE qui a etabli la paix en Europe, c’est la paix qui a permis la construction europeenne. Et cette paix est permise la dissuasion nucleaire et le degout des peuples europeens vis-a-vis de toute tentation guerriere sur leur continent.

    Le camp europhile ressemble de plus en plus au camp de la non pensee. On y reflechit pas avec sa tete, on y reagit avec ses emotions : « mon detracteur est soit un c_n soit un faciste ». Et sans nous expliquer par quels processus la dissolution de l’UE engendrerait l’emergence de regimes totalitaires sur le continent; il suffit pourtant de constater que les 2 pays les plus democratiques d’Europe sont la Suisse (hors UE) et la GB (en train de quitter le machin). Et on peut logiquement pronostiquer que plus l’UE montrera son incurie dans tous les domaines, plus ses defenseurs adopteront une attitude irrationnelle.

    • @ Velon
      Non ce n’est pas l’U.E. (qui n’existait pas) quia établi la paix en Europe mais les accords de la CECA (traité de Paris 1951), groupe de 6 pays, 3 ou 4 d’un côté, 2 ou 3 de l’autre, la France n’étant ni seulement vainqueur ni seulement vaincue, grâce au Général condamné. 6 pays qui formeront un ensemble commun au-dessus des nations, édictant des règles dans ces 2 secteurs essentiels, à cette époque: l’énergie-charbon et la métallurgie.

      C’est bien ce noyau dur qui a fondé l’idée d’Europe Unie, avec d’anciens adversaires, ensemble. Ce genre de réconciliation rapide est suffisamment rare pour être salué!

      Penser que la France, seule, s’en sortirait mieux en sortant de l’Union Européenne et l’Eurozone, est évidemment ridicule et illogique, totalement contraire aux efforts de votre président et de sa majorité: votre responsabilité dans l’état de l’Union est écrasante! La France qui veut maintenant influencer la politique de l’Union, n’a pourtant rien fait pour que sa gestion financière soit compatible avec celle de l’Union: l’Europe existe pour favoriser vos points forts, pas pour partager votre refus borné de réforme, essuyer vos dettes ou compenser votre gestion irraisonable, bref servir de bouc émissaire de votre absence de politique efficace qui refuse les règles de bon sens: déficit budgétaire tendant vers 0 et pas 4%, dette maintenue à 60% de PIB, pas plus, et inflation annuelle limitée à 2 % / an. C’est pourtant pas compliqué! Et dès 1997, vous avez été prévenus!

      Mais non, rien en 20 ans! La France souveraine veut conserver son train de vie: ses fonctionnaires et élus pléthoriques, ses 36 000 communes non fusionnées et toutes ses absurdités de lois et règlements innombrables afin de conserver à chaque Français ses combines de privilégié!

      Il n’est pas exclu que la France demande encore à l’Europe des subsides « exceptionnels » ou des « exceptions provisoires », sous un prétexte ou un autre.

      Pa sûr que dans le prétendu (en France) couple Franco-Allemand, l’entente cordiale perdure si E.Macron se persuade que réformer est impossible, en France!

  • L’union européenne n’est pas nécessaire pour préserver la paix en Europe ; en revanche certains l’estime nécessaire pour préserver leur pai€.

  • L’UE est aujourd’hui un facteur de tensions génératrices d’affrontement.
    La politique migratoire de l’UE et sa législation des « Droits de l’Homme » qu’elle entend imposé politiquement et de manière inamicale à tous, dont aussi au pays qui négocient pour participer au « grand marché » est très dangereuses et d’ailleurs cela va finir mal. Les lézardes avec les pays de l’est UE (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Roumanie) apparaissent déjà mais aussi avec la Grande-Bretagne « brexitaire » et la Suisse (accords bilatéraux).
    Tout cela finira mal.

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