La leçon économique de Mandela et Deng Xiaoping

Une croissance économique forte signifie une plus grande prospérité pour tous les citoyens. Au lieu d’accroître le fardeau fiscal et réglementaire, le gouvernement doit permettre aux gens de « respirer » socialement et économiquement.

Par Temba A Nolutshungu.
Un article de Libre Afrique

Si l’on souhaite faire avancer la liberté individuelle en poursuivant de hauts objectifs socio-économiques, avec pour finalité la prospérité, le marché libre est la meilleure voie.

Dans sa sagesse, Mahatma Gandhi (1869-1948) déclarait : « Je perçois une augmentation du pouvoir de l’État avec la plus grande peur, car même en minimisant l’exploitation dans les apparences, il inflige le plus grand mal à l’humanité en détruisant l’individualité qui est à la base de tout progrès».

L’échange volontaire, la liberté de concurrence, la protection de la propriété privée et le choix personnel dans la vie individuelle des gens sont les principes fondamentaux de l’économie libre. Ainsi, si nous nous soucions vraiment de la prospérité des gens, nous devrions défendre la liberté individuelle.

Respirer économiquement

Une croissance économique forte signifie une plus grande prospérité pour tous les citoyens. Au lieu d’accroître le fardeau fiscal et réglementaire, le gouvernement doit permettre aux gens de « respirer » socialement et économiquement. Si l’économie croît de 8%, les revenus doubleront en 9 ans.

Si la croissance est de 10%, les revenus doubleraient en seulement 7 ans. C’est une véritable amélioration dans la vie des gens, pas seulement des promesses politiques vides.

Mais pour voir une telle chose se produire, nous devons mettre en œuvre des politiques qui libéralisent l’économie et rendent plus facile le démarrage de nouvelles entreprises et le développement de celles qui existent déjà, l’échange et l’accès à des emplois.

L’alternative étatiste

À l’inverse du marché libre, nous avons l’alternative étatiste qui augmente la dépendance à l’égard de l’État pour l’accès aux services de base, voire aux moyens de subsistance pour de nombreuses personnes.

Nous devrions nous concentrer sur la création d’emplois, et non pas obliger les gens à dépendre des transferts sociaux comme seule source de revenu. Lorsque les individus sont capables de participer au processus de création d’emplois et de richesse, ils deviennent moins dépendants de l’État.

Souhaitons-nous que chacun ait le pouvoir de gérer sa vie ou voulons-nous qu’il soit un assisté de l’État ?

Le rôle du gouvernement dans l’arène économique devrait se limiter à permettre aux ménages et aux entreprises d’opérer librement tant que leurs activités socio-économiques ne sont pas fondées sur la force ou la fraude.

Développer le secteur privé

Son rôle est de veiller à ce que ces politiques se traduisent par un environnement propice permettant au secteur privé d’entreprendre davantage, qu’il s’agisse d’entreprises commerciales, grandes ou petites, formelles ou informelles.

Le gouvernement devrait se retirer des entreprises qu’il contrôle et leur permettre de faire ce qu’elles savent le mieux, c’est-à-dire générer de la richesse et créer des emplois. Le point crucial ici est que le gouvernement ne crée pas de richesse. Il en consomme.

Le gouvernement ne crée pas et ne peut pas vraiment créer de véritables emplois. Il utilise l’argent des contribuables pour subventionner les travaux publics, par exemple.

Le gouvernement ne devrait pas essayer de masquer l’échec des politiques étatiques en utilisant des termes différents.

L’État développementaliste

Considérons, par exemple, l’« État développementaliste».

Il est en général défini en termes de planification macro-économique dirigée par l’État, et est, ipso facto, un scénario étatique. Ce n’est que de l’interventionniste et du dirigisme.

Un tel État est nécessairement d’orientation socialiste car son fonctionnement se base sur ce qu’il juge «le mieux» pour la société ; et pour ce faire, il dictera aux gens leur façon d’agir.

Pour une économie plus inclusive, reflétant la participation du plus grand nombre de personnes à la création de richesse et à la création d’emplois, le marché libre est la voie à suivre.

Il existe un paradoxe fascinant dans le pays étatiste par excellence qui est la Chine. Deng Xiaoping, à la tête du parti communiste, a mis en place les politiques de marché libre les plus radicales de l’histoire à partir de 1978, d’abord dans des zones économiques spécifiques, comme Shenzen dans la province du Guangdong, et actuellement en cours de déploiement dans tout le pays.

Les réformes ont permis d’afficher une croissance annuelle moyenne de 10% du PIB. En conséquence, selon la Banque mondiale, elles ont permis à plus de 800 millions de Chinois de sortir de la pauvreté !

Les réformes du marché libre

Deng a ouvert la voie à ces réformes explicitement en tant que stratégie des marchés libres. Le leadership chinois actuel reflète cette même pensée car il continue à mettre en œuvre des réformes inspirées du libre marché.

Il est étonnant que Lei Keqiang, Premier ministre de la République populaire de Chine, responsable du développement des zones économiques spéciales, ait déclaré : « La réforme consiste à freiner le pouvoir gouvernemental. C’est une révolution que l’on devrait s’auto-imposer ; il faudra un véritable sacrifice et ce sera douloureux ». Il a également déclaré : « Le marché est le vecteur de création de la richesse sociale et la source d’un développement économique autosuffisant ».

Sortir de la pauvreté

Avec ces réformes en Chine, des millions de personnes se sont extirpées de la pauvreté dans des délais jamais enregistrés, ou connus, dans l’histoire de l’humanité.

Nous devons tous nous rappeler ces mots du regretté président Nelson Mandela : « Il ne s’agit plus de savoir si le monde devrait embrasser une économie de marché libre. Le monde globalisé dans lequel nous vivons a rendu impératif d’ouvrir nos marchés à la fois en interne et en externe. Le libre marché n’est pas seulement une exportation américaine ; c’est la voie à suivre pour les économies partout dans le monde. Les marchés fermés et les économies centralisées sont évidemment inappropriés pour notre époque ».

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