Faut-il revenir sur l’État-Providence ?

Pour redresser la France, il faut faire le choix clair du renoncement à l’État-providence, ce qui à terme sera profitable aux Français.

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Faut-il revenir sur l’État-Providence ?

Publié le 28 juillet 2017
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Par Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

L’amputation du budget de la Défense souligne l’hésitation du pouvoir sur ses priorités. Probablement parce que sa position au regard du périmètre de l’État demeure incertaine. Certes le discours exprime la vision d’un État fort et d’une libération des initiatives.

Mais la question reste de savoir si la nouvelle majorité est, ou non, disposée à revenir sur le modèle de l’État-providence qui pèse sur les charges des entreprises, sur le pouvoir d’achat des ménages et plus généralement sur la dynamique de tout un peuple.

Le taux de prélèvements obligatoires oscille en France entre 45 et 46% quand la moyenne européenne est proche de 34%, ce qui était le taux français dans les années 70. C’est l’élargissement du domaine de l’État qui a accru ses besoins.

Extension du domaine de l’État

Là où le rôle du pouvoir royal était autrefois clairement cantonné aux fonctions de justice, de défense extérieure et intérieure et éventuellement de garantie de la monnaie, la modernité se définit notamment par l’extension des interventions régaliennes aux domaines social et économique.

Il s’agit désormais pour le pouvoir, qui se démocratise – et sans doute en partie pour cette raison-, de considérer selon les termes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en préambule à la Constitution de 1793 que « Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux… ».

Et tandis que le budget de l’État est contenu à hauteur d’environ 11% du PIB après déduction des prélèvements au profit des collectivités locales et de l’Union européenne, c’est surtout le budget social qui est devenu obèse, représentant environ le tiers du PIB.

Le champ de l’intervention publique

La question est donc bien désormais celle du champ de l’intervention publique. Il ne paraît pas prêt de se rétrécir quand la seule solution à la totale déficience du RSI consiste à le faire absorber par la Sécurité sociale, alors que ce pourrait être l’occasion de donner aux professionnels indépendants la possibilité de s’assurer auprès de la compagnie ou mutuelle de leur choix, la Sécurité sociale ne conservant à sa charge que les dépenses de solidarité qui relèvent de l’impôt.

Trop de mesures semblent s’arrêter à mi-chemin. Pour accueillir les bacheliers écartés de l’université, une alternative à l’augmentation des budgets publics serait de lever le monopole de la collation des grades et de favoriser la création d’universités privées.

La réforme en cours du droit du travail, attendue comme un signal majeur de libération des relations sociales, laisse craindre une certaine pusillanimité quand le doublement des seuils donnerait à lui seul une bouffée incroyable d’oxygène aux entreprises sans coût pour les finances publiques.

L’erreur de la condamnation de la rente immobilière

La taxation forfaitaire à 30% des revenus mobiliers et la suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières encouragera l’investissement et la croissance économique, mais la condamnation de la soi-disant rente immobilière en pervertit l’esprit et en atténue l’effet.

Pourquoi ne pas étendre la taxation forfaitaire à tous les revenus au-delà d’une franchise qui permette qu’aucun contribuable ne soit plus taxé qu’aujourd’hui, ce qui serait possible, tout en augmentant le produit de l’impôt, en en étendant l’assiette à celle de la CSG ?

Et en matière d’ISF, il conviendrait pour le moins que les taxes foncières soient déduites de l’impôt et qu’en soient exonérés les investissements en faveur du secteur industriel et commercial.

Réforme de l’école publique

La courageuse et nécessaire réforme de l’école publique qui s’annonce pourrait être complétée d’une plus grande liberté donnée aux parents en accordant pour chaque élève un bon scolaire à remettre à l’école, publique, associative ou autre, à laquelle ils confieraient leurs enfants dans un cadre légal ayant pour objet d’éviter les dérives.

L’école privée est 30 à 40% moins onéreuse que l’école publique et la concurrence favoriserait l’efficacité du secteur public lui-même, ainsi qu’en témoignent les nombreux exemples étrangers, par exemple néerlandais ou suédois.

En matière de dette publique, notre pays dépense tous les ans 135 milliards d’euros de plus que l’Allemagne et il est plombé par les mesures à retardement que le précédent gouvernement a décidé.

Le statut de la fonction publique

Au-delà des économies déjà sévères annoncées à bon escient, il faut engager des réformes structurelles qui passeront nécessairement par une remise en cause progressive du statut de la fonction publique, surprotecteur et désuet, sans laquelle l’État et les collectivités locales ne sauront pas gérer efficacement leurs ressources humaines : la France a 1,6 million de fonctionnaires de plus que la moyenne européenne et 3 millions de plus que l’Allemagne (en rapport à la population).

Il est du rôle de l’État et plus généralement de la collectivité publique de veiller au bien commun. Mais celui-ci n’est pas le devoir de prise en charge universelle des citoyens dont se croit investi l’État-providence qui détruit ainsi à petit feu la responsabilité individuelle.

Or les premiers choix de la nouvelle majorité inquiètent à cet égard : l’exonération de taxe d’habitation réduira l’autonomie des communes et déliera les citoyens de leur rapport aux contraintes des réalités locales tandis que la prise en charge des cotisations chômage et maladie déresponsabilisera les salariés à l’égard de leurs assurances sociales.

Pour redresser la France, il faut faire le choix clair du renoncement à l’État-providence, ce qui à terme sera profitable aux Français. L’ambiguïté demeure toujours une tromperie de soi-même et des autres.

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  • l’état pourrait déshabiller paul et ne pas habiller jacques…..mais il ne le pourra pas ; il veut s’occuper des Français les plus pauvres , il veut s’occuper des migrants à qui il a décidé , quoi qu’il en dise ,de fournir abris et argent de poche , il veut protéger les plus fortunés ….et d’ou va t’il tirer l’argent dont il va avoir besoin si ce n’est dans la poche des contribuables et nottament des Français moyens ? l’état providence à de beaux jours devant lui ;

    • J’ai grandement l’impression que vous confondez vouloir et faire.
      Moi je veux coucher avec Adriana.

      Si vous avez un patrimoine de 20M€ qui vous rapporte 2% soit 400,000€, vous aurez à payer :
      – 62,000€ de CSG
      – 161,710€ d’impôts sur le revenu
      – 12,000€ de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus
      – 244,467€ d’ISF

      Soit au total 470,177€ d’impôts, ce qui est supérieur à vos revenus.
      Vous êtes taxés à 117.5%… sans compter les taxes sur la consommation… mais bon, s’il ne vous reste rien, vous ne consommez pas !

      Alors vous allez commencer à vendre votre patrimoine… et là vous allez être taxé sur les plus values de cession….

      Moi je veux ressembler à Brad Pitt, ça sera peut être plus facile avec Adriana

      • En fait, quand on dispose de 20 millions d’euros de patrimoine, il y a longtemps qu’on a fui cet enfer fiscal.
        Pour Adriana, je vous laisse le rêve…

      • Quand on ne ressemble pas à Brad Pitt, on s’évade à l’étranger. Et là, des Adriana, il en 13 par paquets de 12 🙂
        Et puis,vous faites qu’il ne rapporte pas grand chose : vous choisissez les plus-values, non imposables après quelques mois.
        Je vous laisse à votre enfer fistal 😉

  • En finir avec l’Etat-Providence, soit, c’est vivement souhaitable.
    Mais comment y parvenir dans un pays colberto-marxisant, économiquement inculte?

  • Je pense que tout ça Macron le sais, le problème c’est que +51% des Français ne le savent pas car on leur apprend l’inverse depuis le berceau.

    Il est beaucoup plus facile de gagner sa vie en glissant un papier dans une urne qui va prendre l’argent des autres que de travailler.

    A partir du moment ou le système le permet, il est plus simple de se rassembler en +51% et de choisir combien on prend aux autres. c’est ce qui se passe.

    Il faut voir a deux coups d’avance pour comprendre qu’a terme c’est mauvais pour tout le monde. Au temps dire qu’il ne faut pas compter dessus vue notre éducation économique.

    C’est la le paradoxe, c’est que la démocratie qui se voulait protéger la liberté du peuple contre le pouvoir s’est en fait, via la théorie des jeux, transformée en un système qui supprime les libertés du peuple face a lui même, ou en tout cas face a ses +51%.

    Pour palier a ça, le premier step serait déjà de transformer la démocratie représentative en une démocratie plus directe du type suisse.

    • Melissa H, quel beau rêve, mais pas utopique!
      Cette option aurait des conséquences très positives sur la société française : »éducation économique » , moralisation forcée de la vie public, éducation générale. Et surtout, une contrainte de résultats, qui est le résultat concret de multiples petites mesures.

      Mais je crains que ce ne soit pas la volonté des élites françaises: il est plus facile de diriger des ignorants abêtis, et de les conserver dans cet état, que de gouverner des personnes responsables et avides de savoir. Et ce nivellement vers le bas a commencé il y a 25 ans, et a mis la France en faillite .

    • Comme le disait déjà Tocqueville il y a bientôt deux siècles, la démocratie conduit inexorablement à une dictature « douce » (on peut épiloguer sur la douceur), bien plus tyrannique que le système monarchique, dans lequel le pouvoir royal, immense sur un noble que le roi connaissait , l’était beaucoup moins sur les confréries, guildes ou les provinces éloignées.

      • Oui je ne sais pas vraiment comment résoudre le problème, mais il me parait clair que le système qui autorise 51% des gens a interdire aux autres de travailler plus de 35h par semaine ou de leur prendre 50% (75%?) de leur revenus me semble mauvais. La question de savoir combien de temps les autres doivent travailler ne devrait même pas se poser. Idem pour un tas de d’autres libertés. On ne devrait pas pouvoir voter pour ces sujets car ils outrepassent la liberté.
        Peut être que c’est le rôle de la constitution de protéger tout ça, mais force est de constater que ça ne le fait pas.

        La démocratie est peut être le système le moins pire, mais il est loin de garantir les libertés. Ça n’est ni plus ni moins qu’une dictature des 51%, rien ne garantie que les 51% respecteront les libertés des autres. Le système ne le garantie pas. Et on en subit les conséquences tous les jours …

        La dictature éclairée libérale est peut être utopique mais la démocratie garante de la liberté l’est aussi.

        Peut-être faudrait il une démocratie ou toute loi pourra exister si et seulement si elle est votée par au moins 90% des gens. Ainsi on n’aurait seulement un minimum de lois, voulu par quasi tout le monde : interdit de tuer, voler, violer, droit du contrat etc … Le set de lois convergerait probablement vers un Etat uniquement régalien et rien de plus .

        • La démocratie n’est pas le moins pire des « systèmes ».
          Le moins pire, le meilleur, le plus beau est l’absence de « système ».
          ZÉROCRATIE !

          • @ Zer
            Ne faites pas dire à Sir W. Chuchill le contraire de ce qu’il a dit: c’est insultant pour un très grand Homme qui ne mérite pas ça!
            W.Churchill a dit que la démocratie (à la britannique, pas à la française) était le pire des système à l’exclusion de tous les autres … dont le vôtre: la « zérocratie » n’est évidemment que la « loi » du plus fort sans aucun frein! De toute façon, ce n’est, en France, qu’une utopie ridicule!

  • E Macron est comme tous les fonctionnaires : persuadé d’être utile et ne voulant surtout pas perdre une once de pouvoir, même s’il ne règne plus que sur des ruines.

    • @ breizh
      Il n’est pas impossible qu’E.Macron soit en fait le plus habile des présidents élus depuis Ch.De Gaulle, en France mais il est le seul à encore pouvoir modifier le cours de la gestion de la France, aberrante depuis des années.

      Contrairement à J.-Ph. Delsol, il a osé limité le budget de la défense, sans même frémir devant la menace de démission de son Chef d’État-Major: où a-t-il vu une hésitation: son remplaçant, aussi glorieux, le remplaçait le lendemain! (Un simple coup d’oeil sur les troupes britanniques en Syrie montre qu’elles ont bien moins de congés que les troupes françaises: pourquoi?).

      Alors bien sûr, personne ne parlera d’austérité, mais il est temps que la France se mette au régime car comme le prouvent les commentaires ci-dessus, le temps d’une restructuration et d’une rationalisation drastique a sonné dans ce pays qui pense que les autres pays lui sont redevables de quoi que ce soit, par pur chauvinisme! C’est délirant!

      • Sauf que des postes pour réduire les dépenses l’Ifrap en a dénombré un grand nombre pour des sommes atteignant 100 milliards. Il était inutile de taper sur l’armée, déjà très affectée au niveau de ses matériels, plus de 50% en panne!

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