Se protéger soi-même de la maladie d’Alzheimer

Plus d’1/3 des démences pourraient être évitées par des mesures de prévention. Neuf facteurs de risques ont en effet été découverts, sur lesquels nous pouvons agir par nous-mêmes et pour nos proches, sans attendre les programmes collectifs.

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Se protéger soi-même de la maladie d’Alzheimer

Publié le 25 juillet 2017
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Par Richard Guédon.

47 millions de personnes souffrent de démence aujourd’hui dans le monde, dont 900 000 en France, et elles pourraient être 115 millions en 2050.  Pour l’essentiel, ces démences sont dues à la maladie d’Alzheimer (70%) et à l’altération des vaisseaux du cerveau (15%).

Ces prévisions inquiétantes, l’absence de traitement curatif et l’importance des ressources mobilisées expliquent que cette maladie est l’une des priorités de santé publique. Une commission de 24 experts internationaux a publié le 20 juillet dernier dans la revue médicale anglophone mondialisée The Lancet un point scientifique complet sur le sujet.

9 facteurs de risques, 1/3 des malades

Ce travail mérite qu’on s’y arrête car il comporte des éléments nouveaux qui doivent être connus du grand public. Il révèle que plus d’1/3 des démences pourraient être évitées par des mesures de prévention échelonnées tout au long de la vie.

9 facteurs de risques de démence modifiables ont en effet été identifiés avec précision dans l’enfance, au milieu de la vie et chez les seniors :

Dans l’enfance, le manque d’éducation scolaire explique à lui seul une fraction des démences futures de la classe d’âge considérée. Le mécanisme de cette fragilité tiendrait au manque de « réserve cognitive » au début de la maladie, autrement dit la disponibilité de nombreuses connexions cérébrales ouvertes depuis l’enfance par l’éducation permettrait de résister aux conséquences cognitives des lésions cérébrales.

Au milieu de la vie, entre 45 et 65 ans, 3 facteurs de risques ont été identifiés : la perte d’audition, qui retranche les personnes de la communication sociale, l’hypertension artérielle et l’obésité, qui exercent une action délétère sur la circulation du sang dans le cerveau.

Chez les seniors, après 65 ans, 5 facteurs de risques peuvent être repérés et traités : le tabagisme, directement toxique sur les neurones et sur les vaisseaux, la dépression, qui effondre les liens sociaux,  le manque d’activité physique, probablement par défaut d’oxygénation cérébrale, l’isolement social qui réduit les échanges cognitifs et le diabète qui lèse rapidement les vaisseaux s’il n’est pas traité.

Pourquoi est-il important que chacun soit informé de l’existence de ces facteurs de risques ?

Agir sans attendre, pour soi et ses proches

D’abord parce que, comme on le voit, plusieurs d’entre eux sont modifiables par des moyens simples par nous-même et pour notre entourage. Le tabagisme, l’activité physique, l’obésité, la perte d’audition sont à la portée de nos propres décisions.

L’éducation de nos enfants dépend de nous, l’isolement social et, à un moindre degré, la dépression ou la perte d’audition dépendent des relations que nous avons avec nos ascendants et proches.

Hypertension et diabète sont des diagnostics médicaux mais la réussite des traitements dépend aussi beaucoup de notre détermination à les suivre. Mieux vaut être informé de l’existence de ces risques et agir individuellement contre eux que d’attendre passivement les programmes collectifs.

Une maladie qui épuise et ruine les aidants

Ensuite parce que les démences, et la maladie d’Alzheimer, sont des maladies très graves, qui atteignent l’identité même des malades dont la personnalité s’évanouit sous les yeux de leur entourage.

Ceux qui ont une personne atteinte dans leur famille savent à quel point la situation d’aidant est épuisante physiquement, psychologiquement et ruineuse financièrement. En l’absence de traitement curatif, la possibilité d’éviter à 1 personne sur 3 de tomber malade chaque année en France n’a pas de prix.

Des gènes de prédisposition

Il faut également savoir que certains d’entre nous ont génétiquement plus de risques de devenir déments en vieillissant. Si l’un de nos parents est porteur du gène de prédisposition ApoE ε4 (15% de la population) notre risque est multiplié par 3 ; si les 2 parents en sont porteurs (5% de la population) il est multiplié par 11. Ces personnes doivent éviter les facteurs de risques modifiables pour essayer d’éviter le pire.

Carte des risques et chemins de vie

Enfin cette carte des risques de la démence, dans laquelle chacun est libre de tracer son propre chemin de vie, sera régulièrement enrichie les prochaines années par les progrès de la génomique et des bases de données géantes. Il en sera de même pour toutes les maladies chroniques.

 

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  • Les facteurs de risque liés à notre mode de vie provoquent des démences par AVC multiples qui détériorent le cerveau et réduisent ses performances. Elles se différencient de la maladie d’Alzheimer proprement dite? De laquelle les personnes instruites et ayant une activité intellectuelle (lecture, vie sociale, musique) ne paraissent pas spécifiquement protégées. La maladie d’Alzheimer en retire une dimension particulière, pour ces sujets qui passent de beaucoup à très peu.
    Par contre les facteurs génétiques pourraient être sous estimés, surtout si la maladie se déclare tardivement. Mais ils sont aléatoires, et, probablement fragilisants et non déterminants. Il faut éviter d’inquiéter la famille.

  • Prenons les problèmes de l’enfance, le manque d’éducation scolaire
    certains égalitaristes feront remarquer qu’on ne pourra pas tous être des bac+5, alors que d’autres diront qu’au bac, de nombreux candidats ne savent pas toujours lire , écrire et compter réellement, alors, à quant des cours sur la prévention de la maladie liés à ces « manques de notions de base ».
    Prenons ensuite la perte d’audition, l’hypertension artérielle et l’obésité, Et vous croyez que les « djeunes » qui se trémoussent devant les baffles et sonos qui vous délivrent plus de 130 Db(A) dans les oreilles dans certains concerts et boites de nuit, vous écouterons, sans compter les casques audios des smartphones, qui leur font « oublier » la circulation automobile alentour.
    Quant à l’hypertension artérielle et l’obésité, ils sont peut être liées au mode de vie professionnelle subi par la plupart des candidats, alors à quand des procès de réparation à l’encontre des « salauds de patrons du CAC40 et moins »?.
    Et puis, pour compléter le tableau des causes, le tabagisme, la dépression, le manque d’activité physique, l’isolement social et le diabète, tous les maux de notre style de vie occidentale. Et aucun n’échappera à l’une ou l’autre de ces « plaies civilisationnelles ».
    Finalement nous sommes tous des « Alzheimeriens qui s’ignore ».
    C’était peut-être mieux « avant ».

  • Il me semble avoir lu quelque part le fait que nous mangeons de moins en moins de gras affecterait le cerveau et causerait un nombre plus élevé de cas d’Alzheimer. Il serait même indiqué de manger de l’huile de coco. L’huile de coco aiderait même les personnes ayant un début d’Alzheimer à récupérer leurs facultés mentales.

    • Aucun régime « normal » n’est carencé. Nous mangeons suffisamment, en quantité, et en qualité. Par contre les régimes aberrants, stigmatisant tel ou tel aliment, comme le gluten, par exemple*, ne reposent sur aucune base scientifique sérieuse. Il faut manger raisonnablement de tout, avec plaisir. Il faut de méfier du masochisme alimentaire!
      *L’humanité a consommé du gluten pendant des millénaires, sans effet sur son évolution et sa prolifération. Des allergies sont reconnues, mais ce sont des anomalies, pas des signaux en direction du coupable.

      • Ce que je veux dire par rapport au gras, c’est que Big Food n’arrête pas de sortir de la nourriture industrielle qui a de moins en moins de gras, because on nous a inculpé que la gras fait grossir. À la place, on bourre ces mets de sucre/sel pour qu’ils aient un goût acceptable.

        J’ai une amie qui fait un régime qui proscit même l’huile d’olive. Faut être con pas à peu près pour bannir l’huile d’olive de son alimentation.

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