Pendant les vacances, allez à l’école… de la Liberté

École de la Liberté

L’École de la Liberté s’adresse à tout ceux qui veulent se former à distance tout au long de leur vie, à leur rythme, de façon simple et ludique.

Par Nathalie MP.

Je sais, « vacances » ne rime guère avec « école ». En ce début du mois de juillet, alors que nos chères têtes blondes referment livres et cahiers, alors que fêtes et kermesses scolaires s’achèvent dans la joie des enfants et les applaudissements émus des parents, alors que concours et examens des plus grands se terminent, nous en sommes plutôt à penser loisir, détente, plage, balade et cornet de glace bien mérités. Mais l’école dont je veux vous parler aujourd’hui n’est pas une école ordinaire, c’est lÉcole de la Liberté.

Tout comme le phare – son logo – évoque le grand large et des horizons nouveaux, tout comme il guide les navires à bon port dans la nuit, à l’image de la chouette de la philosophie qui voit dans l’obscurité, l’École de la Liberté s’est fixée pour objectif de nous aider à naviguer dans l’océan des savoirs en sciences humaines en redonnant une large place à la tradition libérale, trop absente des cursus francophones classiques, et en utilisant les technologies numériques les plus récentes, également peu en vogue dans l’université française, afin de créer un univers propice à la transmission des savoirs, à l’éveil de la curiosité intellectuelle et à la collaboration horizontale de tous les intervenants via des échanges sur un forum.

Quand j’écris « nous », je veux dire que l’École de la Liberté s’adresse certes d’abord aux lycéens et étudiants, déjà très habiles à interroger internet pour découvrir ce qu’ils ne connaissent pas et se renseigner sur une multitude de sujets en dehors de leurs cours universitaires classiques ; mais aussi aux jeunes professionnels et aux personnes, comme vous et moi, déjà loin de leurs années d’études qui veulent retrouver les sciences humaines débarrassées de leurs oripeaux marxistes quasi-imposés dans le contexte français, avec la possibilité de se former à distance tout au long de leur vie, à leur rythme, de façon simple et ludique.

Présentation dans la vidéo ci-dessous (04′ 06″) :

L’École de la Liberté est née dans le prolongement de l’Institut Coppet. Ce dernier, créé en 2010 par le professeur de philosophie Damien Theillier, s’est donné pour mission de mettre à disposition du public francophone les grands textes connus ou moins connus de la tradition libérale française sous forme d’e-books grâce aux possibilités nouvelles apportées par le développement du numérique.

Très vite, s’est imposée l’idée d’utiliser aussi la technique des vidéos de courte durée, 5 à 10 minutes en général, afin de diffuser le savoir libéral auprès d’un public de jeunes lycéens et étudiants adeptes des jeux vidéos. C’est ainsi qu’après des dizaines d’heures de travail – 5 par vidéo sans compter le travail préalable d’écriture – Damien Theillier et Emmanuel Martin, docteur en économie, ont pu mettre en ligne les premiers cours de l’École de la Liberté pour la rentrée de septembre 2016.

Aujourd’hui, le nombre de vues totalisées sur Youtube atteint 94 000. Les vidéos les plus populaires montent à 5 000 vues chacune. Il ne tient qu’à vous, amis lecteurs, de faire monter ce chiffre à 10 000 ! L’inscription au site est gratuite.

Damien Theillier et Emmanuel Martin sont entourés d’une équipe enseignante d’une dizaine de personnes, dont François Facchini, professeur agrégé des Universités à Paris Sud, Pierre Schweitzer de liberaux.org et enseignant à l’Université d’Aix-Marseille et Gaspard Koenig de Génération libre (les cours de ce dernier étant encore à enregistrer). Un Comité d’honneur auquel participent Philippe Nemo et Pascal Salin, qui apporte son prestigieux parrainage intellectuel à l’ensemble.

L’École de la Liberté se présente comme une petite université en ligne, si ce n’est qu’en France le terme « université » est réservé aux établissements officiels d’État. Initiative entièrement privée qui ne vit que de la bonne volonté de ses bénévoles et de dons (au fait, si le projet vous semble intéressant… ici !), elle a donc dû renoncer à s’appeler Université de la Liberté.

Mais comme toutes les bonnes universités de par le monde, elle dispose de son propre programme de cours en ligne, les fameux MOOC ou Massive Online Open Courses qu’elle a elle-même entièrement écrits et filmés, et elle a de plus son ensemble « bibliothèque, vidéothèque, audiothèque » dans lequel étudiants et visiteurs peuvent chercher ce qui les intéresse grâce à un moteur de recherche. Comme le dit Damien Theillier,

L’École de la Liberté, c’est le savoir en libre-échange !

Reprenant à son compte le constat déjà fait il y a plus de 150 ans par John Stuart Mill (voir photo de couverture), à savoir qu’un enseignement centralisé, quel que soit le pouvoir centralisateur, « n’est qu’un appareil à façonner les gens pour qu’ils soient exactement semblables entre eux », l’École de la Liberté cherche à casser l’oppressante uniformité qui règne dans les cercles universitaires français en sciences sociales.

Alors que l’humanisme libéral, incluant l’école autrichienne et l’école de Chicago en économie, est largement inclus dans les enseignements de la plupart des pays du monde, la France se singularise en réservant la part du lion au keynésianisme, au structuralisme et au néo-marxisme. N’oublions pas que nous sommes dans le pays qui a toujours préféré avoir tort avec Sartre que raison avec Aron.

Non pas que les libéraux envisagent de remplacer une pensée unique par une autre. Ils souhaitent au contraire l’instauration d’un vrai pluralisme des idées, d’où leur revendication permanente et fondamentale de voir voler en éclats le monopole de l’éducation dans notre pays.

Pour sa part, l’École de la Libertéen toute autonomie, a pris le parti de fonder son enseignement « sur une vision humaniste remettant l’action humaine et le primat de la liberté individuelle au centre de l’analyse de la société ».

Les cours en ligne, qui se déclinent en six grandes matières (droit, économie, histoire, philosophie, science politique et  sociologie) donnent ainsi une large place aux auteurs libéraux et visent à nous faire redécouvrir le parfum de la liberté.

À titre de premier exemple, citons le module de philosophie « La tradition de la liberté » animé par Corentin de Salle. Dans 18 vidéos de quelques minutes chacune, il nous propose un voyage dans le temps qui commence au XVIème siècle pour parvenir graduellement jusqu’à aujourd’hui, avec quelques incursions dans l’Antiquité grecque et romaine et le Moyen Âge.

Son premier cours cherche à expliquer comment et pourquoi des millions de personnes restent asservies à la volonté d’un seul homme qui se montre inhumain envers elles à travers l’analyse réalisée par Étienne de la Boétie (1530 – 1563) alors qu’il était jeune étudiant en droit dans son ouvrage puissamment anti-absolutiste Discours de la servitude volontaire (vidéo, 06′ 12″) :

En économie et droit, second exemple, Loïc Floury s’attache à montrer en quoi l’analyse économique peut aider à évaluer les règles de droit et permet de comprendre les effets inattendus des politiques publiques. Pourquoi l’encadrement des loyers (règle de droit) cause-t-il finalement une pénurie de logement (conséquence économique) alors qu’on pensait permettre ainsi aux personnes les plus démunies de se loger ?

C’est tout l’objet de son module « L’analyse économique du Droit » dont voici une introduction (01′ 57″) :

Cet enseignement via internet n’est évidemment pas exactement comme un cours donné dans une salle de classe ou un amphi. Le professeur fait son cours mais ne sait ni qui ni où sont ses élèves. Malgré cela, petit à petit, un contact peut se nouer. Pierre Schweitzer, qui enseigne par ailleurs l’économie numérique de façon plus classique à l’université d’Aix-Marseille, a pu mesurer grâce à des retours par emails combien ses cours de l’École de la Liberté avaient trouvé un retentissement concret dans la vie de personnes très variées.

Co-auteur du livre Droit et économie des médias et des univers numériques et attaché aux valeurs humanistes et libérales, l‘expérience de l’École de la Liberté ne pouvait que l’intéresser :

J’enseigne l’économie de l’information et des médias, c’est plus que logique pour moi de participer à diffuser la connaissance par des moyens de communication numériques accessibles au plus grand nombre.

Il voit aussi dans ce projet une sorte de mise en concurrence positive entre toutes les entités qui diffusent du savoir :

L’université continue de jouer son rôle, mais l’existence des MOOC pousse les enseignants à améliorer leur valeur ajoutée pédagogique.

J’aimerais terminer cette présentation de l’École de la Liberté avec une vidéo du cours de Corentin de Salle qui va certainement vous intéresser prodigieusement : « Pourquoi la démocratie ne porte-t-elle pas au pouvoir les gens les plus compétents ? » Réponse selon Alexis de Tocqueville (06′) :

Longue vie à l‘École de la Liberté !

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