Grèves : comment limiter les effets désastreux des blocus dans les universités ?

Un enseignant à la Sorbonne en colère propose des pistes de réflexion pour limiter les effets négatifs des blocus et de l’agitation permanente dans les universités. Analyse.

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Grèves : comment limiter les effets désastreux des blocus dans les universités ?

Publié le 11 janvier 2020
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Par Frédéric Mas.

Cette année encore, la grève a perturbé la tenue des partiels de plusieurs universités à travers le pays. Pour protester contre la réforme des retraites, certaines universités parisiennes comme Nanterre ou la Sorbonne ont été perturbées par des blocages organisés par divers syndicats et associations d’extrême gauche.

Dans un coup de gueule récent posté sur son blog, Pierre-Henri Tavoillot, maître de conférences en philosophie à l’université Paris IV Sorbonne et auteur de Comment gouverner un peuple roi ? (Odile Jacob, 2019), s’est insurgé contre ces désordres, cause du « suicide » des universités françaises.

Démonétisation de la réputation de l’université

L’impossibilité de poursuivre une année universitaire normale, de tenir des cours et d’organiser des partiels participe à la démonétisation de la réputation des établissements et des diplômes.

Comme nous le disions nous-mêmes il y a quelques années à propos des blocages, une fraction de l’extrême gauche utilise l’occasion des grèves pour organiser le désordre à l’université, introduisant des éléments extérieurs à la fac comme des revendications elles-mêmes indépendantes de la vie de l’université. Ce travail de sape se ressent dans les classements internationaux.

La Sorbonne a perdu 8 places en 2019 dans le classement international de Shanghai, classement où les universités françaises ne brillent pas en général par leurs performances.

Pierre-Henri Tavoillot propose des pistes de réflexion pour limiter les effets négatifs des blocus et de l’agitation permanente. La première repose sur le vote obligatoire des étudiants aux élections syndicales, et les deux autres sur l’organisation des cours et des examens par internet.

Si la première solution est difficile à mettre en place en pratique, et minore le vrai problème de gouvernance des universités1 la piste technologique mérite d’être explorée sérieusement.

La solution technologique

Pierre-Henri Tavoillot explique ainsi qu’il a été conduit à enregistrer sur youtube certains cours pour maintenir le contact avec ses étudiants. Il ajoute que « les examens (écrits ou oraux) devraient pouvoir se faire via internet avec des conditions de sécurité acceptables pourvu que les sujets soient un peu inventifs (et non plagiables sur internet). Les dispositifs de vérification existent. »

Ces pistes de sortie de crise correspondent à ce que proposent les MOOC, c’est-à-dire les organismes de formation à distance, qui existent autant au sein des universités qu’au sein de certains centres de formation professionnel privés.

Plusieurs établissements prestigieux, comme Berkeley ou Harvard aux USA, mais aussi l’ESSEC ou Polytechnique, ont pris au sérieux cette nouvelle manière de transmettre de savoir. D’abord perçu comme un moyen de démocratiser les savoirs, le MOOC pourrait ainsi être un moyen de sauver les universités françaises.

  1. quel intérêt de donner davantage de poids aux revendications aux « usagers » au sein des différents conseils ? Depuis l’origine, c’est la porte ouverte à la politisation des établissements d’enseignement, politisation qui n’existe pas dans les Grandes écoles, et cela au plus grand bénéfice de tous. Mr Tavoillot reconnaîtra sans doute ici une objection assez platonicienne d’esprit…
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Créer un compte Tous les commentaires (24)
  • interdire les syndicats dans les universités , virer les enseignants activistes , rétablir la sélection a l’entrée..
    *voila easy

    • pas easy du tout…d’abord ce n’est pas les syndicats qui posent problème mais ce qu’on les laisse faire..

      pareil pour l’activisme..mal défini..

      et pour la sélection… sur quels critères???

      je pense qu’un université théologique dans un état théocratique pourrait proposer la même chose..

      en effet les syndicats ..en france actuellement…les enseignants gauchistes ou politisés… en france actuellement… posent problème…

  • Bah , c’est assez facile de supprimer ces blocages d’université ,il suffit de la rendre payante ,un gauchiste ne paie jamais rien.

  • Je trouve fascinant et plutôt effrayant de constater qu’en face de problèmes, on ne cherche pas à les régler mais plutôt à les contourner en utilisant, bien sûr, un deux ex-machina, la Technologie, remède à tous les maux de notre société…
    Refaisons un baccalauréat qui ne permette pas à un débile léger de le décrocher, refaisons de l’accès à l’université non pas un droit mais la conséquence de la réussite à cet examen devenu plus sélectif, et je pense que bien des problèmes se régleront comme par enchantement…

  • « comment gouverner un peuple roi » ? mais le peuple n’est pas roi, s’il l’était il aurait des trains qui roulent et pourrait étudier et passer ses examens. Ce sont des factions minoritaires bien déterminées qui sont à la manœuvre et ce depuis … toujours en ce qui me concerne.

  • Donc la solution serait de remplacer les Universités par le CNAM. En l’état actuel, cela permettrait à de nombreux étudiants de suivre un parcours balisé plutôt que d’aller à la pêche aux cours sur internet (quand le Professeur les publie). Finalement pourquoi pas plutôt que des diplômes sans aucune valeur pour lesquels en plus les parents se saignent bien souvent. Cela permettra de fermer ou de limiter les cours de récréation et de réattribuer les fonds à de nouveaux établissements. C’est effrayant, oui RB83 mais le pourrissement est tel que ….

  • Il y a une chose toute simple à faire lors d’un blocage, c’est envoyer les forces de l’ordre. Identifier les complices à l’intérieur des facs et les radier à vie. Mais pour cela, il faut visiblement une énorme paire de couilles.

    • Que nos mafieux au pouvoir n’ont pas, surtout le petit roitelet qui adore rouler des épaules devant les media, mais dès ceux-ci parti coure se réfugier dans les bras de maman!

  • Un MOOC ne remplacera jamais un enseignement en réel, c’est un peu comme si on imaginait une équipe de football entraînée de la sorte…

    • pourtant c’est l’avenir, ne pas vouloir le voir c’est suicidaire.. Harvard propose deja des cours diplômants via le net .. c’est sur que c’est plus sérieux que l’enseignement prodigué par une bande d’allumés ..
      dans quelques années on aura le choix d’assurer sa formation dans des universités
      prestigieuses depuis le cantal ou ouagadougou..ou sa classe de 5eme avec les meilleurs profs du pays , bien payes , bien considérés etc..
      et là j’en connais qui vont se sentir très seuls..

  • Je fais toujours cours, qu’il y ait grève ou pas. Je fait toujours l’examen à la date prévue grève ou pas. Il n’y a aucune tolérance/compensation en cas de grève (ni pour moi, ni pour les élèves). Je n’ai jamais eu aucun problème avec ça, ni aucun blocage. Ah oui je précise, je ne suis pas en lettres…
    Ces problèmes concernent exclusivement les facs de sciences humaines!

  • Donner l’argent aux étudiants plutôt qu’aux universités. Privatisation + Vouchers.

    Changer les directions et les administrations des universités, beaucoup trop favorables aux grévistes et fauteurs de troubles, et beaucoup trop méprisantes envers les vrais étudiants qui ne souhaitent qu’une chose, étudier en paix.

    Les fauteurs de troubles ? Même pas une centaine par université, qui agressent impunément des dizaines de milliers d’étudiants. Bon à savoir : quand la police intervient, c’est plus souvent pour protéger les grévistes face à la fureur de moins en moins contenue des étudiants victimes des blocages. Intolérable laxisme jusqu’à l’inversion des valeurs, pour ne pas dire complicité active du pouvoir avec cette violence marginale.

    • Et comment fait-on pour attirer les meilleurs professeurs ?

      • d’abord comment on distingue les meilleurs professeurs….
        autrement dit la privatisation ne permet que d’aller dans le sens de l’amélioration au sens d’optimisation de la satisfaction des besoins et désirs de la société …
        les meilleurs sortiront du lot..

  • pas très constructifs tous ces commentaires….à part la trique ou le bâton, je ne trouve rien ! Pour moi, il n’y a que la solution du chèque-éducation alloué aux parents qui font le choix de l’établissement. Le parent choisit et le chèque est envoyé à l’établissement automatiquement si l’enfant (ou l’étudiant) assiste et participe aux cours. Bien évidemment, la qualité de l’enseignement doit être contrôlée. Mais cela entrainerait une remise à plat conséquente des comportements des fonctionnaires imbus de leurs prérogatives…

  • peut être simplement en rendant l’enseignement payant..
    i

  • L’une des moins mauvaise sinon meilleurs solutions est de commencer à ÉDUQUER son enfant dès la naissance avec des valeurs tel que sens de l’effort respect des hiérarchies, des « sachants  » et gout de la responsabilité individuelle, et un minimum d’ambition.
    Le reste en fin de compte fonctionnait pas si mal que cela, et s’est détruit avec l’avenue des cogestions et du syndicalisme élevé comme condition sinéquanone à l’adhésion au groupe.

    • avec la …. venue.

    • il est difficile de distinguer les sachants des non sachants, voire des sachants des trucs inutiles;..

      il faut enseigner que les sachants qui valent quelque chose se trouvent là où il y a la libre concurrence des idées et que les connaissances sont testées…
      le monde académique coopte….ça peut poser problème…
      trop d’universitaires ne méritent pas le respect…

  • Et offrir des vacances aux plus agités dans des îles paradisiaques du pacifique sud : Mururoa par exemple, menu poisson, poisson, poisson et poisson . . .

  • Au delà du syndicalisme étudiant tenant toujours le même discours prévisible depuis un demi siècle, ce qui devient réellement inquiétant à l’université c’est la disparation totale de l’esprit critique. A la fois dans l’académisme pur mais également dans la place que prennent des pseudo sciences qui ne sont en réalité que de l’idéologie. Dans ce contexte l’absence de sélection est très utile pour recruter des gogos à qui l’on peut bourrer le crâne et délivrer des assignats universitaires en guise de diplôme de master. La sélection à l’entrée reste un tabou mais force est de constater que les établissements qui la pratiquent sont rarement bloqués par des grévistes juste frustrés de ne pas être au niveau.

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