En abandonnant le libéralisme, la droite s’est tiré une balle dans le pied

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La défaite électorale que vient de subir la droite servira-telle à lui faire comprendre ses erreurs ?

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

La droite française n’obtient que 126 sièges aux élections législatives. Cette défaite, alors qu’elle disposait d’un boulevard après le mandat catastrophique de la gauche sortante, est selon nous imputable aussi à l’échec de Nicolas Sarkozy. En abandonnant ses convictions et en refusant de devenir ouvertement libérale, la droite française s’est suicidée. Le même phénomène a eu lieu au Royaume-Uni avec l’échec – relatif – de Theresa May.

Normalement, les défaites électorales servent à tirer des leçons pour l’avenir. Celle que vient de subir la droite servira-telle à lui faire comprendre ses erreurs ? On peut en douter. Pour comprendre la situation d’aujourd’hui, il faut remonter à l’élection et à la présidence de Nicolas Sarkozy.

En 2007, l’ancien président faisait campagne autour de la « rupture avec le modèle social français » et pour des réformes drastiques dont la France a besoin. Élu brillamment (rappelons, par rapport aux résultats obtenus par Emmanuel Macron et par En Marche, que Sarkozy a obtenu 31 % des voix au premier tour et le parti de la majorité présidentielle, 45 % aux législatives, avec un taux de participation de 60 %), il n’a pas suivi le message des Français qui souhaitaient une vraie transformation du pays.

Alors qu’il bénéficiait de la majorité aussi au Sénat, dans les régions et les départements, Sarkozy s’est contenté d’une politique de compromis qui lui a fait perdre toutes les élections suivantes.

En reniant le libéralisme et la volonté de réformer, la droite s’est tirée une balle dans le pied

Aujourd’hui, la droite n’a toujours pas compris la leçon. Elle n’est pas la seule. La conservatrice Theresa May a voulu faire du « conservatisme étatique » en espérant attirer des électeurs du Parti travailliste. C’est exactement le contraire qui s’est produit aux élections.

En reniant les idées libérales, elle a fait fuir une partie de ses électeurs et gonfler les rangs des travaillistes. Les conservateurs ont perdu la majorité absolue gagnée haut la main par l’ancien Premier ministre, David Cameron, après avoir mené, depuis 2010, une politique de réformes. Theresa May a eu un discours très flou sur la baisse des impôts et sur la continuation de la réforme de l’État alors que David Cameron, entre 2010 et 2015, avait supprimé plus de 600 000 postes de fonctionnaires (15 % du total) et lancé une forte baisse de l’IS jusqu’à 17 % pour 2020.

Évolution du nombre d’agents publics (base 100 en 2011)

Evolution du nombre d'agents publics (base 100 en 2011)

INSEE, ONF (Office for National Statistics)

À l’inverse, les leaders libéraux étrangers qui ont maintenu leur politique et leur discours ont eu plus de succès. Début avril, aux Pays-Bas, Mark Rutte, le leader du centre-droit, était donné battu par son adversaire d’extrême-droite.

Au pouvoir depuis octobre 2010, Rutte a préféré insister sur la nécessité de continuer les réformes libérales tout en singeant le discours anti-immigrés de son adversaire. Aux Pays-Bas, sur le marché du travail, la flexibilité joue un rôle très important.

L’employeur bénéficie d’une totale liberté de licencier pendant deux ans tandis que le chômeur a tout intérêt à accepter les emplois qui lui sont proposés. À cela il faut ajouter le système néerlandais de retraite avec trois piliers, dont la capitalisation. Et le départ à la retraite est à 67 ans.

Enfin, l’école aux Pays-Bas est libre et concurrentielle. Plus de 75 % des élèves sont scolarisés dans une école privée. Ces écoles sont autonomes, disposent d’un budget propre et bénéficient de la liberté d’embaucher et de débaucher les enseignants qui sont des employés de droit privé.

Il faut espérer que la droite française apprenne de ses échecs et des exemples étrangers. Il est temps qu’elle devienne représentative des Français qui souhaitent effectivement que la France soit réformée.

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