Afrique du Sud : en finir avec les entreprises publiques budgétivores !

L’Afrique du Sud a beaucoup trop d’entreprises publiques et trop peu d’état de droit. Pour investir dans un meilleur état de droit sans augmenter la pression fiscale il est impératif de mettre fin aux entreprises publiques dépensières et inutiles.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Afrique du Sud : en finir avec les entreprises publiques budgétivores !

Publié le 17 juin 2017
- A +

Par Garth Zietsman.
Un article de Libre Afrique

Selon la tendance mondiale, les pays riches ont de larges gouvernements. L’Afrique du Sud a un gouvernement de trop grande taille qui ne cesse de croître. Selon la tendance internationale plus un pays est pauvre plus il a d’entreprises publiques, et plus les investissements publics représentent une part importante de l’investissement national.

L’Afrique du Sud a plus d’entreprises étatiques et d’investissements publics que la moyenne par rapport à son niveau de développement. Une évaluation récente a dénombré au moins 717 entreprises publiques (SOEs) dans le pays pour un actif total de 1 trillion de rands, soit 27% du PIB, et des investissements publics représentant plus de 30% de l’investissement total.

Comme le montre le Tax Freedom Day en Afrique du Sud, qui tombe cette année le 25 mai, le même que l’année dernière, mais six semaines plus tard qu’en 1994 et 2 mois plus tard qu’en 1972, les entreprises publiques représentent un fardeau important pour le contribuable et l’économie.

Bas retour sur investissement du public

Le retour sur investissement dans le secteur public est plus faible que dans le secteur privé car dans une entreprise publique les incitations des parties prenantes et la bureaucratie associée, ainsi que le manque de concurrence, n’encouragent ni l’efficacité ni l’innovation. Ce que le gouvernement sud africain ne nie pas. Dans son rapport sur les entreprises publiques, il a déclaré que, au cours des cinq dernières années, le retour sur investissement dans les entreprises publiques a été réduit au faible taux de 2,9%.

Soulignons que certaines entreprises publiques sont tellement inefficaces que non seulement leurs pertes sont lourdes mais chroniques. Un exemple évident est celui de South Africa Airlines (SAA), qui a coûté au Trésor public plus de 35 milliards de rands depuis 2007. Le gouvernement affirme pourtant ne pas avoir l’intention de se débarrasser de cette société ou de la privatiser.

L’exigence de service public

Il n’existe pourtant aucune bonne raison de la garder. Le but d’une entreprise étatique n’est pas de créer des emplois, mais de fournir un service public performant. En employant presque autant de personnes, les entreprises privées pourraient fournir un service de bien meilleure qualité sans faire de pertes. Il en va de même pour toutes les autres entreprises publiques.

Pourtant, la SAA n’est pas la plus grande source de pertes parmi les entreprises publiques d’Afrique du Sud. En 2014-2015, cinq entreprises publiques ont réussi à générer des pertes de 20,6 milliards de rands, ce qui a aspiré 2% des recettes publiques. On pourrait penser que ce n’est pas énorme ; pourtant, cette somme aurait pu permettre de doubler le taux de fourniture de logements, sans parler des milliers d’emplois qui auraient été créés.

Le fait que les entreprises publiques soient rentables ou pas importe peu, elles constituent un frein direct pour le reste de l’économie en créant des distorsions car elles sont protégées de la concurrence. Protéger ou soutenir des entreprises inefficaces ralentit la croissance de la productivité et réduit le nombre d’emplois durables.

Des entreprises publiques inutiles

En résumé, les entreprises publiques sont inutiles pour le bien-être et l’emploi ; sont inefficaces et budgétivores ; sont un frein à l’économie ; entraînent des coûts d’opportunité importants ; exposent le Trésor à un risque important et le pays à une dégradation de sa note souveraine.

Toujours selon le même rapport, un autre domaine où le gouvernement sud-africain a sous-performé est celui du maintien de la paix, de la justice et de la bonne gouvernance, c’est-à-dire l’état de droit. Le gouvernement, au lieu de s’immiscer dans l’économie, devrait avant tout se focaliser à assurer l’état de droit. Fournir un système de justice solide est certes coûteux mais nécessaire.

Selon les normes internationales et le niveau actuel de la dépense gouvernementale, les dépenses consacrées à la consolidation de l’état de droit en Afrique du Sud sont inférieures de 26 à 27% à la moyenne alors même que sur ce point le pays devrait dépenser plus que la moyenne tant les besoins sont énormes, surtout dans le domaine de la justice.

Ainsi, l’Afrique du Sud a beaucoup trop d’entreprises publiques et trop peu d’état de droit. Pour investir dans un meilleur état de droit sans augmenter la pression fiscale il est impératif de mettre fin aux entreprises publiques dépensières et inutiles.

Sur le web

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

C'est un combattant infatigable de la liberté et de la dignité des Hommes qui vient de s'éteindre au Cap en Afrique du Sud. Desmond Tutu a eu deux vies, celle d'un homme d'église et celle d'un activiste inlassable des droits de l'Homme. Son nom reste attaché à la lutte contre l'inhumanité et les traumatismes du régime de l'apartheid en Afrique du Sud.

Des expériences formatrices

Né en 1931 à Klerksdop en Afrique du Sud dans une famille modeste mais éduquée, il parlait Xhosa à la maison et a été élevé dans la foi anglicane. Il a appris ... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Julien Plouchart.

Il a officiellement mis fin à l'apartheid et libéré l'icône Nelson Mandela: Frederik de Klerk, dernier président blanc sud-africain et prix Nobel de la paix, est mort à 85 ans #AFP pic.twitter.com/QL2FBrR84j

— Agence France-Presse (@afpfr) November 11, 2021

Le dernier président blanc d'Afrique du Sud Frederik de Klerk s'est éteint à l'âge de 85 ans. Ce dirigeant a eu une destinée particulière : alors qu'il fut un homme fort de la dictature sud-africaine des années 1980, i... Poursuivre la lecture

fiscalité
0
Sauvegarder cet article

Par Martin Van Staden et Jacques Jonker[1. Martin Van Staden et Jacques Jonker sont analystes pour la Free Market Foundation.]. Un article de Libre Afrique

La fédération syndicale Cosatu (Congrès des syndicats sud-africains) a récemment appelé à des augmentations d’impôts, touchant en particulier les riches, afin d’arrêter la spirale économique négative dans laquelle est embourbée l’Afrique du Sud.

Toutefois, l'économiste Arthur Laffer, connu pour avoir popularisé la courbe de Laffer, nous montre qu'au-delà d'un certain seuil,... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles