Les entreprises publiques au service d’elles-mêmes

Chères

Chères, très chères entreprises publiques, Plon, 2012 : Voici une vraie enquête à l’intérieur de nos entreprises publiques. Menée par deux journalistes chevronnés du Parisien, elle dévoile un monde à part et hors-contrôle. Pourtant, ce monde survit grâce à l’argent public

Chères, très chères entreprises publiques, Plon, 2012 : Voici une vraie enquête à l’intérieur de nos entreprises publiques. Menée par deux journalistes chevronnés du Parisien, elle dévoile un monde à part et hors-contrôle. Pourtant, ce monde survit grâce à l’argent public.

Par Bogdan Calinescu.
Publié en collaboration avec l’aleps.

Ceux qui donnent des leçons de morale au capitalisme devraient regarder dans leur propre jardin. C’est-à-dire celui de l’État, de ses administrations et des entreprises publiques. Car les dérives et l’opacité sont de règle. J’ai eu l’occasion d’écrire souvent sur les entreprises publiques et de mener mes propres enquêtes. L’ouvrage d’Olivier Baccuzat et de Boris Cassel donne un panorama presque complet des anomalies concernant les entreprises publiques (les entreprises dont l’État est encore actionnaire).

Ce qui est encore plus grave c’est que de nombreux rapports – de la Cour des Comptes, du Parlement et du Sénat – ont clairement pointé tous ces dysfonctionnements. Et pourtant, aucune décision n’a été prise pour y remédier. Le comble c’est que nos fameux services publics coûtent très chers et on les paye deux fois : une premières fois grâce aux subventions publiques et une deuxième fois en payant les services directement. Et les prix ne cessent d’augmenter. En 2006, chaque Français dépensait en moyenne 590 euros par an pour ses besoins énergétiques. Aujourd’hui, c’est sûrement beaucoup plus. Force est de constater que les prix des services publics sont aussi ceux qui augmentent le plus avec l’immobilier. Le prix de l’électricité augmente tous les ans : +2% en 2008 et en 2009, +3% en 2010, +3% en janvier 2011 et +2,9% le 1er juillet 2011. À cela s’ajoutent les coupures d’électricité de plus en plus nombreuses. Pareil pour le gaz : entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2010, les prix du gaz ont augmenté de 63%. Que dire de la Sncf ou de la RATP ? Entre 2002 et 2009, le prix moyen du billet de train est passé de 38,2 euros à 45,2 euros alors que le nombre d’utilisateurs du TGV est même à la baisse. À la RATP, avec le passe Navigo, certains prix ont augmenté jusqu’à 39%. Où sont les services publics que tout le monde nous envie mais que personne ne veut ?

Et ce n’est pas fini ! Malgré les hausses de prix et les subventions, ces entreprises sont endettées ! On estime à plus de 100 Mds d’euros le total de la dette des sociétés dont l’État est encore actionnaire. Sans pour autant tenir compte des retraites qui, souvent, ne figurent même pas dans les comptes. 5 Mds d’euros de dette pour la RATP par exemple qui bénéficie d’abord du monopole des transports publics en Île-de-France et aussi d’une subvention de plus 2 Mds d’euros par an. À la SNCF, on approche les 10 Mds d’euros d’endettement malgré les 12 Mds de subventions annuelles.

Les causes de ces hausses des prix et de l’endettement ? Mauvaise gestion, personnel pléthorique, privilèges énormes. À la RATP, 45 000 salariés se partagent un gros fromage et de nombreux avantages. À la SNCF, les cheminots ont presque deux fois plus de vacances qu’ailleurs et chez EDF les salaires défient toute concurrence.

Le remède à toute cette gabegie est le même pour tout le monde : il faut privatiser totalement là où cela n’a été fait que partiellement et ouvrir à la concurrence comme l’ont fait les Allemands.

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