Le Royaume-Uni promis à de nouvelles élections ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Rt Hon Jeremy Corbyn, Leader of the Labour Party, UK By: Chatham House - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le Royaume-Uni promis à de nouvelles élections ?

Publié le 11 juin 2017
- A +

Par Andy Price.
Un article de The Conversation

Qui, d’un gouvernement conservateur ou travailliste, arrivera à survivre jusqu’aux prochaines élections ?

Le Parti conservateur a perdu sa majorité parlementaire lors des élections législatives anticipées du 8 juin 2017, appelées par la dirigeante du parti et première ministre Theresa May, laissant le Royaume-Uni avec un Parlement sans majorité, et un gouvernement sans feuille de route politique claire. Peu après la clôture du scrutin, alors qu’un sondage réalisé à la sortie des urnes indiquait que les conservateurs ne disposeraient pas d’une majorité absolue, le cours de la livre sterling a immédiatement baissé sur les marchés internationaux. Quelles peuvent être les conséquences de ce scrutin pour le Royaume-Uni ?

Avant d’en analyser les résultats et au-delà des inquiétudes sur le risque d’instabilité qui résulte de ce vote, il faut d’emblée souligner que l’absence de majorité parlementaire souligne nettement les divisions de l’électorat britannique.

En effet, le référendum du 23 juin 2016, qui a mené au Brexita coupé le pays en deux ; et les répercussions politiques et sociales ultérieures ont démontré à quel point la situation du pays était complexe. Que cette complexité se soit reflétée lors des législatives anticipées ne devrait pas être considéré comme problématique. Ces législatives traduisent simplement la situation réelle de la scène politique britannique.

Vers un gouvernement conservateur minoritaire

Comment analyser les résultats des élections ? Qu’impliquent-ils pour l’avenir du pays ?

Comme prévu, avec 319 sièges à la Chambre des communes (la chambre basse du parlement), les conservateurs restent majoritaires dans le pays. Cependant, il leur manque 7 sièges pour obtenir une majorité parlementaire (326 sièges requis, sur un total de 650).

Le vote pour le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, pro-Brexit) s’étant effondré – le parti ne dispose même plus d’un siège au parlement –, la seule option qui puisse permettre aux conservateurs d’obtenir une majorité est de s’allier avec le Parti unioniste démocrate (PUD) d’Irlande du Nord. Ce dernier, fort de 10 sièges, devrait permettre aux conservateurs de disposer d’une très faible majorité parlementaire.

Cependant, pour élaborer un programme et gouverner pendant cinq années, le Parti conservateur devra être particulièrement discipliné. Quelques voix dissidentes seraient en effet suffisantes pour que le gouvernement perde sa majorité – ce genre de situation étant généralement la norme du jeu politique parlementaire.

Un gouvernement minoritaire soutenu par le PUD générerait une situation particulièrement inconfortable pour le Royaume-Uni alors que celui-ci, dans la perspective du Brexit, est confronté aux négociations les plus difficiles auxquelles il ait dû faire face depuis plusieurs générations.

L’imprudence de Theresa May

Le Parti conservateur risque, en outre, de se déchirer sur son leadership ainsi que sur la nomination du Premier ministre. Qui pourrait donc remplacer Theresa May ? Car il faut appeler un chat un chat : Theresa May, qui a appelé à la tenue de ces élections législatives anticipées, rappelons-le, a commis là l’une des plus importantes erreurs de jugement dans l’histoire politique britannique contemporaine.

Le Premier ministre britannique Theresa May, appelant à des législatives anticipées.

 

Cependant, celle qui s’est montrée particulièrement inflexible lors de sa campagne pourrait bien être tentée de demeurer à son poste. Son maintien compliquerait sans nul doute les affaires du Parti conservateur ainsi que celles du futur gouvernement. Comment un pays aussi divisé pourrait-il continuer d’être dirigé par une personnalité aussi affaiblie ?

Quant au Parti travailliste de Jeremy Corbyn, alors qu’une défaite inéluctable lui était promise, il a finalement gagné 10 points – passant de 30,45 % des voix en 2015 à 40 % 2017 – et plus de 30 sièges (avec un total de 261). Si ce score le place loin derrière les conservateurs (319 sièges) et qu’il aura bien du mal à forger une majorité, il représente une victoire importante. En effet, si Theresa May a appelé à des élections législatives anticipées, c’est parce que les sondages annonçaient un effondrement historique du Parti travailliste.

C’est finalement le contraire qui est arrivé : en faisant perdre sa majorité au Parti conservateur, le Parti travailliste a réussi à revenir dans le jeu politique. Si l’accord entre les conservateurs et le PUD venait à échouer, le Parti travailliste pourrait même essayer de former une coalition de gauche. Toutefois, celle-ci ne pourrait former qu’un gouvernement minoritaire, qui rencontrerait encore plus de difficultés que celui des conservateurs.

Qui d’un gouvernement conservateur ou travailliste arrivera à survivre jusqu’aux prochaines élections ? Étant donné que les majorités à venir risquent d’être particulièrement précaires, on peut en effet penser que de nouvelles législatives auront bientôt lieu – peut-être même dans les 12 prochains mois.

Plus largement, ces élections du 8 juin 2017 pourraient bien manifester un vrai tournant au sein de l’opinion britannique, qui souhaite visiblement des changements par rapport aux politiques adoptées par les deux principaux partis du pays depuis la crise financière de 2008. Lors des six semaines de campagne, Jeremy Corbyn et le Parti travailliste ont bien saisi cette nouvelle donne. C’est, d’ailleurs, ce qui leur a permis de gagner des voix en très peu de temps. En maintenant ce cap pendant les 12 prochains mois, qui sait ce dont ils seront capables ?

Sur le web-Article publié sous licence Creative CommonsThe Conversation

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Un gouvernement travailliste est impossible à faire.
    L’élection anticipée n’était pas une mauvaise idée mais le problème c’est la totale incompétente de May. May est une première ministre profondément incompétente et a mené une campagne électorale catastrophique. Sans parler du fait que les deux attentats avant l’élection ont fait beaucoup de mal au parti conservateur.
    Je suis partagé sur ce résultat:
    d’un côté, je crains qu’avec cette perte de majorité, le RU ait une politique économique plus socialiste (et donc je trouve cela dommage). De l’autre côté, cela affaiblit May qui est profondément incompétente et qui est pas libérale économiquement. Donc cela pourrait être une bonne chose (changer de leader du parti conservateur et avoir quelqu’un de plus compétent et plus libéral économiquement)

  • C’est quand même très incompétent de voir qu’il y a des gens assez stupides pour soutenir Corbyn qui est un idéologue d’extrême gauche très dangereux. Son programme est ridicule. Ce mec a comme modèle le Venezuela chaviste. On parle quand même d’un type qui a apporté son soutien au terrorisme (Ira, Hezbollah, Hamas,…)et qui est partisan de l’islamo gauchisme

  • Cet article tombe un peu mal les conservateurs ont un accord avec le DUP.
    Expliquez moi comment un gouvernement travailliste serait possible alors qu’ils sont le deuxième parti et n’ont aucun moyen d’obtenir la majorité ? Le parti conservateur peut avoir une majorité avec le DUP et pourrait si nécessaire négocier avec les libéraux démocrates.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par David Camroux. Un article de The Conversation

L’alliance AUKUS, réunissant l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, a officiellement vu le jour le 22 novembre 2021, lors d’une cérémonie de signature discrète à Canberra, environ deux mois après l’annonce publique et spectaculaire de l’accord par les dirigeants des trois pays concernés.

Dans l’intervalle, une avalanche d’analyses s’est concentrée sur les aspects stratégiques et géopolitiques de cette entente pour l’Australie et les États-Unis, tendant à minimiser ses dyn... Poursuivre la lecture

L’Angleterre et l’Australie ne sont plus aux antipodes. La géopolitique post-Brexit opère un bouleversement copernicien sur le plan du commerce international et de la libre circulation.

Boris Johnson a admis que l’adhésion de la Grande-Bretagne à la CEE en 1973 et la fin de ses conditions commerciales préférentielles avec le Commonwealth « ont eu des effets assez dévastateurs sur de nombreux agriculteurs australiens ». Le ministre australien du Commerce a déclaré que l’accord commercial post-Brexit « corrigerait un tort historique ».Poursuivre la lecture

Boris Johnson pensait sans doute avoir vécu la pire semaine de sa vie de Premier ministre la semaine dernière, c’était sans compter le week-end. David Frost, le secrétaire d’État chargé du Brexit, a posé sa démission samedi. Véritable gardien de l’esprit du thatchérisme au sein du parti conservateur et allié de la première heure, David Frost a considéré l’adoption de nouvelles mesures coercitives pour combattre la pandémie comme la goutte d’eau faisant déborder le vase.

Fronde contre le passeport vaccinal

En début de semaine, pratiquem... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles